Psaume 87 (Hébreu 88) : Dieu de vie, que gagnes-tu à ma mort ?
C’est un psaume soigneusement composé, hautement poétique, où le psalmiste est en danger de mort. C’est une prière de lamentation individuelle, atypique néanmoins, car se termine habituellement par une lamentation contre les ennemis ; or ici c’est contre Dieu qu’est tournée la lamentation. On pourrait dire : lamentation relevant de la théodicée, c’est l’absurde et la révolte devant la mort qui dominent. C’est bien la relation de Dieu à la mort qui est en cause.
Il semble que le psaume soit une prière ne comportant aucune réponse : elle commence en présence de Dieu et finit dans la ténèbre. Ne demeure que la question, abrupte, ayant trait à la mort : pourquoi la mort ? Le psalmiste est aux prises avec le danger imminent de la mort, mais il l’élargit à une question portant sur le fait de la mort qui semble contredire ce qu’opère dans le monde le Dieu du salut. Le psaume a une structure tripartite ferme : 2-10a ; 10b-13 ;14-19. Au centre, comme axe du sens, une interrogation sur la mort où le psalmiste plaide à l'aide d'un argument de théodicée: Dieu de vie, que gagnes-tu à ma mort ?
Tandis qu’Ambroise de Milan met ce psaume dans la bouche de Marie au pied de la Croix, pour Chrysostome, comme pour Augustin, le psaume prophétise la passion du Christ : c’est la prière du Christ face à la mort, et c’est aussi l’Église qui chante ce psaume à sa suite, dans la confiance au Dieu qui ressuscite les morts, jusqu’à que tous ses membres soient dans la patrie.
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