Il ne se passe plus une journée sans que l’on ne parle de l’urgence climatique, du rapport du GIEC, des fausses promesses des différentes COP.
Pas une journée ou l’on ne parlerait pas du stress hydrique et de la sécheresse qui ne fait plus de distinction de position géographique et place l’humanité dans son intégralité sur un même radeau.
Une situation catastrophique qui nous incite toutes et tous à regarder dans la même direction afin d’éviter le drame annoncé.
Regarder ensemble le mur qui nous attend !
Il y a quelque temps un film nous incitait à nous regarder en face : en nous invitant dans son titre à ne pas regarder vers le ciel : don’t look up - déni cosmique !
L’histoire de deux astronomes qui s'embarquent dans une gigantesque tournée médiatique pour prévenir l'humanité qu'une comète se dirige vers la Terre et s'apprête à la détruire. Deux astronomes qui doivent faire face à la bêtise des politiques, des médias et des peuples de la terre !
“Prémonitoire” diront certains, qui pointeront du doigt le voisin dépeint… on est toujours le con de quelqu’un !
“Cynique” diront d’autres : Hollywood qui cherche à nous donner des leçons.
Pourtant, le film “Don’t look up” introduit une notion cruciale au 21eme siècle, celle de l’hyperobjet, c’est d’ailleurs le nom de la société de production d’Adam Mckay - scénariste, réalisateur et producteur du film !
Les hyperobjets définissent un courant de philosophie et d’écologie pensée par Timothy Morton. Un courant qui pose deux questions cruciales : Comment s'emparer de ce qui nous dépasse ? Comment représenter et agir sur ce qui nous contient ?
Les hyperobjets sont donc toutes ces choses qui sont massivement diffuses dans l’espace et le temps par rapport aux humains. Morton cite : le plutonium, le CO2, mais aussi le plastique et le changement climatique.
Les hyperobjets sont bien réels et consistants, même si l’on ne peut pas toutes les saisir. On peut parfois en attraper quelques-unes de leurs parties, mais ce tout n’est plus une entité isolable.
L'être humain n’est plus face à un monde et une nature dont il est maître et possesseur grâce à des capacités d’objectivation, de construction d’objets isolables. Il est désormais immergé dans un bain relationnel avec des réalités.
Dès lors, le postulat est simple: il nous faut réinventer notre façon de réfléchir pour commencer à appréhender le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui. Le but : franchir le premier pas et esquisser une approche écologique authentiquement postmoderne de la pensée et de l'action.
Timothy Morton nous explique pourquoi il faut renoncer à croire que l’homme est au centre du monde et comment l’art peut nous y aider.
Dans ce numéro de Variations nous tentons également de questionner l’art comme lanceur d’alerte dans l’écologie.
Au programme de ce numéro :
Le catastrophisme climatique dans le cinéma grand public avec Daniel Bonvoisin. Il est l’auteur de plusieurs articles qui questionnent les dimensions politiques de la culture populaire à travers la fiction en particulier dans le cinéma et les jeux vidéo.
Ensuite avec Paul Ardenne, historien de l’art, spécialisé dans l’art contemporain, nous parlons d’art écologique.
Et bien évidemment une sélection musicale en rapport avec la thématique du jour !