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Dans cet épisode atypique, Guillaume et Maude ont le plaisir de discuter en direct de la Classe Esprit Critique organisée par le réseau Villes Régions Monde en 2022. Au centre de la conversation, on retrouve Laurent Devisme, professeur à l’ENSA-Nantes (et, en outre, directeur de thèse de Maude !), l’un des deux instigateurs, avec Gérard Beaudet, de cette « classe » qui se veut un équivalent francophone de la « masterclass » bien connu dans le monde anglo-saxon.
Dans cet épisode, Guillaume et Emile discutent avec Talia Dorsey, architecte et maintenant Cheffe de la planification et du développement pour le centre PHI qui clôturait en 2022 un concours international d’architecture pour la conception de PHI Contemporain, un nouvel espace d’exposition, de médiation et de recherche qui sera érigé sur un assemblage de quatre bâtiments historiques situés à l’intersection des rues Saint-Paul et Bonsecours dans le Vieux-Montréal.
L’automne dernier, l’équipe de Cadre bâti a fait une virée sur la 20 pour aller à la rencontre de Caroline Gagnon, professeure à l’École de Design de l’Université Laval.Guillaume et Maude ont pu constater la passion qui anime Caroline (en dépit de son mal de gorge audible) autour de questions de design tous azimuts : du coin de rue au mobilier dans les écoles, en passant par les pylônes d’Hydro-Québec.
Il est d’abord question de son parcours atypique qui la mène au design de mode, à la comptabilité, jusqu’à réaliser une thèse de doctorat sur l’évaluation esthétique des pylônes électriques.
Le design est une approche assez large qui vise la transformation — de l’espace, d’objets, de systèmes. Il permet d’intervenir à toutes les échelles, de l’objet au territoire. Proche des domaines de l’art, il requiert une part de créativité, mais aussi une compréhension de la matérialité et de la façon dont les choses sont faites, de même qu’une compréhension des comportements humains, une dialectique qui n’est pas étrangère à la triade vitruvienne à la racine même de l’architecture.
Pour Caroline, le design n’est pas qu’une proposition clé en main ni une recherche de la forme magique ou de « l’effet wow ». Un bon design est une question de dosage et requiert une réelle compréhension du contexte dans lequel il s’inscrit. En bref, faire du design, c’est trouver des solutions simples à des problèmes complexes.
La conversation chemine peu à peu vers une réflexion sur l’utilité sociale du design et sa démocratisation. Ainsi, par le biais du design, il serait à la fois possible d’améliorer les conditions de vie des gens, la durabilité des produits et les expériences esthétiques de l’espace.
C’est ce que Caroline souhaite faire à travers ses différents projets de recherche : comment faire pour intégrer les préoccupations sociales dans les grands projets d’infrastructure ? Comment s’assurer que le mobilier des écoles soit au service de la fonction ? Des questions éminemment complexes qui exigeront, à leur tour, des réponses créatives, réalistes et pratiques.
Dans cet épisode, Emile et Guillaume reçoivent Antonin Margier, géographe, maître de conférences en géographie sociale à l’Université Rennes 2 et, surtout (!), ancien camarade de classe de Guillaume au doctorat en études urbaines. De passage à Montréal pour participer à un colloque sur l’itinérance et la ville, Antonin nous parle de sa trajectoire entre sa campagne natale et la grande ville, puis entre Montréal, Rennes, et finalement Portland où il mène un projet de recherche.
De passage à Montréal cet automne, l’urbaniste français Sylvain Grisot s’est arrêté à l’Espace ville autrement pour nous parler, notamment, de son livre (à succès !) Manifeste pour un urbanisme circulaire : pour des alternatives concrètes à l’étalement de la ville (Éditions Apogée, 2021).
Dans cet épisode, Emile et Guillaume s’entretiennent avec Catherine Fournier, la toute nouvelle mairesse de Longueuil (la « capitale de la Rive-Sud » !). Catherine fait partie de cette Nouvelle Vague d’élu-e-s ayant raflé la victoire aux élections municipales de novembre 2021.
La discussion s’amorce avec un retour sur les inondations du 13 septembre 2022. Nous sommes d’emblée dans le vif du sujet : la vétusté des infrastructures municipales, la nécessité de les actualiser pour faire face aux épisodes de pluie massive qui seront de plus en plus fréquents avec les changements climatiques. Le trait entre l’échelle la plus vaste, planétaire, et ses conséquences immédiates à l’échelle locale est déjà tracé.
On revient ensuite sur le parcours de Catherine, sur son enfance à Sainte-Julie et son intérêt grandissant pour la politique qui l’a mené à l’Assemblée nationale, puis à l’hôtel de ville de Longueuil. Être élue au municipal, nous dit la mairesse, permet de changer de perspective sur les enjeux : tout devient plus concret, plus rapide également, ce qui exige d’être en phase avec le terrain et faire preuve d’agilité.Quelques enjeux auxquels font face les municipalités au Québec sont expliqués : le fameux déséquilibre fiscal, le défi des infrastructures, l’impératif de densification. Des solutions bien concrètes sont aussi proposées, comme l’écofiscalité, « un ensemble d’instruments économiques visant à décourager les activités nuisibles à l’environnement ou à encourager les activités qui lui sont favorables et à en stimuler l’innovation » (Gouvernement du Québec, Le recours à l’écofiscalité, 2017, p.5). Car si, effectivement, des revendications doivent être sans cesse adressées au gouvernement provincial — dont les municipalités québécoises sont très largement redevables —, les villes ont aussi le devoir d’exploiter ce qui est déjà en leur pouvoir et d’innover. Et c’est là l’une de ses ambitions pour Longueuil : innover plutôt que d’attendre que l’innovation vienne d’ailleurs. Ce changement d’approche implique nécessairement une part d’expérimentation, ce que Catherine Fournier aborde avec sérénité, préférant communiquer sans fard avec ses concitoyens sur les réussites comme sur les erreurs de son administration.
Cette conversation est aussi l’occasion de faire un bref retour sur les événements marquants de l’histoire récente du monde municipal : la Commission Charbonneau et le grand ménage municipal qui l’a suivi, puis le tournant des élections de 2021 qui marque une nouvelle étape après une période de transition. Un changement de vision s’opère depuis : d’une municipalité dont les affaires seraient « à gérer », on passe à un réel gouvernement de proximité, avec des orientations politiques claires. Une révolution à petite échelle, quoi !
Dans ce dernier épisode de la saison 2 de Cadre bâti, Guillaume et Emile accueillent Gérard Beaudet, professeur d’urbanisme à l’Université de Montréal et figure incontournable de l’aménagement au Québec.
Gérard a derrière lui un parcours atypique : formation initiale en architecture puis en urbanisme, des années de pratique privée, un engagement précoce pour le patrimoine, des « mauvaises fréquentations » qui lui feront voir une autre échelle d’analyse spatiale, et finalement, une carrière de professeur à l’Université de Montréal qui lui sert aujourd’hui de rampe de lancement pour contribuer au débat public.C’est donc dire le professeur porte plusieurs chapeaux : spécialiste au besoin, intellectuel dans la cité, et citoyen à temps plein. Sa longue liste de publications en témoigne.
En tant que professeur d’urbanisme, Gérard demeure critique de la formation reçue à l’heure actuelle. Elle reste trop près, selon lui, de l’urbanisme de modèle, des « best practices », des « projets structurants » et autres mythes qui produisent trop souvent des greffes qui ne prennent pas, d’où l’importance du temps long, de l’histoire et de l’analyse territoriale.À titre d’exemple, son dernier ouvrage (Banlieue, dites-vous ? La suburbanisation dans la région métropolitaine de Montréal, Presses de l’Université Laval, 2021) propose non pas une critique culpabilisante du mode de vie banlieusard, mais une explication de la complexité de notre rapport à la banlieue et des difficultés bien réelles de s’attaquer à l’étalement urbain.
Un épisode à écouter pour éclaircir quelques énigmes telles que : pourquoi le développement du Quartier latin est-il si difficile à démarrer ? Comment surmonter une grande timidité pour devenir professeur ou tribun ? Ou encore, comment diable prononce-t-on le nom d’André Corboz (avec un « z » muet ou non) ?
L’article du journaliste du Devoir évoqué dans l’épisode :Baillargeon, Stéphane, 2007. « Il était une fois… — La malédiction de l’Est. Le chantier de l’îlot Voyageur va-t-il conjurer le mauvais sort ? », Le Devoir (Montréal), 2007/07/16.
Dans cet épisode, Guillaume et Emile s’entretiennent avec Christophe-Hubert Joncas et Karl Dorais Kinkaid de la coopérative de travail en aménagement l’Enclume. À l’origine de cette initiative, on retrouve une belle histoire d’amitié et de complicité, des expertises croisées et un désir de se mobiliser pour agir autrement en urbanisme.
Oeuvrer différemment ? Ça commence à l’Enclume par une insistance sur le fait de travailler dans le plaisir, et de le faire au quotidien avec des personnes que l’on estime et respecte. C’est aussi aborder le travail aménagiste à partir de considérations éthiques visant à promouvoir une vision plus culturelle de l’aménagement et une sensibilité au territoire et à ce qui le façonne.
Il est aussi question dans cet épisode des « espaces équivoques », ces lieux inusités — mais néanmoins foisonnants dans nos milieux de vie — où la définition juridique de l’espace ne correspond pas à son usage. Il y a souvent du privé dans le public, et du public dans le privé…
Sur une note plus intime, vous en apprendrez un peu plus sur l’amour de Karl pour les parcs régionaux, sur celui de Christophe-Hubert pour les rives du Saint-Maurice… et sur les anomalies du cadastre de la Ville de Laval !
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