Cadre bâti

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Cadre bâti episodes

  • Épisode 19 - Les lumières de la ville avec Josianne Poirier

    Dans cet épisode, Guillaume et Emile discutent avec Josianne Poirier autour du récent livre Montréal fantasmagorique, ou la part d’ombre des animations lumineuses urbaines (Lux Éditeur).

    On apprendra au fil de l’échange que Josianne porte plusieurs chapeaux : historienne de l’art, chargée de cours en histoire de l’art et commissaire, son travail est au confluent des études urbaines et de l’art public.

    Depuis quelques années, plusieurs grandes (et moins grandes) villes du monde se sont dotées de plans lumière. L’idée à la base du livre, tiré des constats de sa thèse de doctorat, consistait à interroger les discours sur la mise en lumière de certains espaces urbains à Montréal, discours dont on peut dire qu’ils étaient marqués par un enthousiasme très consensuel.

    La lumière apparaît ainsi comme une force motrice pour réenchanter les espaces urbains et asseoir l’identité de Montréal comme ville créative — on peut penser ici à la mise en lumière du pont Jacques-Cartier visant à faire du pont une icône montréalaise.

    La mise en lumière apparaît aussi comme un outil qui vient pacifier les espaces urbains, pacifier la nuit urbaine et mettre à l’écart certaines populations et certaines pratiques qui ne cadrent pas avec une image normée de la ville.

    Que nous disent ces mises en lumière vis-à-vis d’une vie nocturne urbaine déjà riche et abondante, mais aussi essentielle pour certaines sous-cultures et certains groupes marginalisés dont les pratiques se font plutôt dans l’obscurité ? N’y a-t-il pas là un regard moralisateur sur la nuit urbaine ?Cet épisode, comme le livre de Josianne, aborde de manière dialectique et nuancée la question de la nuit urbaine et des animations lumineuses, la lumière étant en fin de compte un excellent prétexte pour parler de la ville au XXIe siècle.

    1 hr 43 min
  • Épisode 18 - Géographies de l'altérité avec Bochra Manaï

    On avait bien hâte de rencontrer Bochra Manaï, la toute première commissaire au Bureau de la lutte contre le racisme et les discriminations systémiques à la Ville de Montréal. Nul besoin de préciser, s’il fallait encore s’en convaincre, que Bochra n’a pas grand-chose à voir avec la figure polarisante qu’on a bien voulu dépeindre au détour de sa nomination.

    Géographe de cœur (et d’action), docteure en études urbaines de l’INRS (une autre !), Bochra nous livre son parcours au fil des lieux traversés : son enfance en Tunisie, ses années de jeunesse à Paris, sa découverte et son amour pour Montréal. De ses migrations jusqu’à la recherche en études urbaines, elle nous parle du fait de devenir l’Autre, de conjuguer des identités multiples, de cohabiter sur un territoire et de faire cohabiter intérieurement ses identités.Bochra nous livre ici à une géographie de l’intime, à une réflexion sur ces lieux traversés qui nous transforment et nous révèlent à nous-mêmes. Que peut bien vouloir dire quitter son chez-soi, puis arriver dans un nouveau lieu et expérimenter l’altérité ?

    Cet épisode est aussi l’occasion d’explorer comment la recherche transforme la chercheuse ou le chercheur, comment cela nous force à nous situer — et dans le cas de Bochra, à « situer sa propre intersectionnalité » à travers l’étude de réalités autres.

    Au fil de la discussion, les morceaux du casse-tête se mettent en place et on en vient à comprendre ce qui l’anime dans son poste de commissaire, soit le fait de maintenir une « saine tension utile » pour que survienne un changement nécessaire à la Ville de Montréal. Bochra nous donne accès à son quotidien de commissaire : comment localiser les angles morts, identifier les acteurs de la transformation et les soutenir pour, à terme, faire de Montréal une administration — et une ville — inclusive. Devenir l’autre pour mieux revenir à soi : voilà le parcours qui est proposé ici.

    1 hr 55 min
  • Épisode 17 - Histoires de route

    N’attendez pas de cet épisode d’apprendre beaucoup de choses sur la ville ! Il s’agit d’un épisode non conventionnel, enregistré pour le simple plaisir de célébrer le premier anniversaire de Cadre bâti. L’équipe se retrouve début février à Métis, et le voyage pour s’y rendre est l’occasion de se raconter des histoires de route. Profitant du fait que les micros sont installés, Maude, Emile et Guillaume se mettent à table, hormis David notre monteur, pour se raconter des souvenirs de route, une manière de considérer le chemin parcouru avec Cadre bâti. 

    Les histoires de route sont d’authentiques huis clos en mouvement, des moments de mise en tension avec le territoire, d’incertitudes liées aux trajets. Ce sont aussi des parenthèses hors du temps où notre moyen de transport, à deux ou à quatre roues, devient notre seul allié face aux épreuves. On apprend quelque chose de soi quand on teste les limites de sa résilience, et c’est ce qui fait de ces souvenirs épiques des histoires drôles, inquiétantes ou touchantes. Des histoires à partager.

    51 min
  • Épisode 16 - Grand-angle sur les Jardins de Métis avec Alexander Reford

    Pour cet épisode tout en lumière et en neige, l’équipe de Cadre bâti a pris la route vers l’Est afin de rencontrer Alexander Reford, le directeur général des Jardins de Métis.


    Historien de formation, Alexander nous fait faire plusieurs sauts temporels : il nous amène sur les traces de son arrière-grand-mère Elsie Reford au moment de la création d’un vaste jardin privé à partir des années 20, évoque son ouverture au public dans les années 60 par le gouvernement, ainsi que sa mise en vente au milieu des années 1990 et la diversification de sa mission depuis qu’il a pris les rênes de l’OBNL qui assure désormais la gestion du site.

    C’est en grande partie à Alexander que l’on doit les jardins tels qu’on les découvre aujourd’hui. Un lieu éclectique qui jongle entre ses vocations botanique, artistique, muséale, touristique, éducative et paysagère. Au-delà de l’inventaire botanique, c’est maintenant tout un inventaire d’expériences qui s’y rattache.

    Les expérimentations faites à Métis ne s’arrêtent pas aux frontières du site. Pour Alexander, elles sont autant d’occasions de réfléchir à l’intégration du design et de l’art dans le paysage. La Résidence des stagiaires, où s’est déroulé la rencontre avec Guillaume et Emile — fier natif de la région — a ainsi été construite par l’Atelier Pierre Thibault dans le but d’accueillir en résidence nombre de professionnel.les en aménagement et d’artistes engagé.es à essaimer un peu partout la mission des jardins.

    En ce qui concerne l’avenir, Alexander nous parle des Jardins de Métis comme d’un lieu d’exposition et de création, toujours, mais aussi de fabrication, de formation ; un lieu d’incubation au centre d’un écosystème qui vise à transformer notre façon de penser le territoire.

    Cet épisode est l’occasion de prendre la route — littéralement et métaphoriquement — et de longer le fleuve jusqu’aux Jardins de Métis afin de découvrir l’épaisseur temporelle et expérientielle de ce lieu unique.

    1 hr 39 min
  • Épisode 15 - L’existant, l’informel & le transitoire avec Philémon Gravel et Marie-Josée Vaillancourt

    Enregistré à l’Espace Ville Autrement, cet épisode nous transporte dans une discussion complice et animée entre Emile, Guillaume, Philémon et Marie-Josée. Ces deux derniers nous présentent d’abord leur entreprise d’économie sociale, Entremise, qui est spécialisée dans l’occupation transitoire des bâtiments. C’est le problème de la vacance — tous ces bâtiments inoccupés dans la ville — qui a servi d’élément déclencheur à ce qu’est devenu aujourd’hui Entremise.


    Faire avec l’existant, c’est l’une des missions que s’est donné Entremise dont le souhait consiste à repenser le développement immobilier conventionnel. Comment négocier, contourner et adapter le cadre réglementaire rigide qui existe actuellement ? Comment convaincre les acteurs publics et privés de faire la ville autrement ?

    Dans cette optique, l’occupation transitoire permet d’avoir une démarche de projet moins formelle qui vient révéler des usages possibles, redonner une partie de ville aux habitantes et habitants tout en préservant les caractéristiques patrimoniales des bâtiments.

    Cet épisode est un chassé-croisé entre des considérations très pragmatiques sur l’interprétation des règlements d’urbanisme et des réflexions plus théoriques sur les possibilités offertes par cette autre façon d’occuper les lieux, entre des idées novatrices pour “faire la ville autrement” et des exemples concrets de ce qui se fait de plus intéressant ici comme ailleurs.

    1 hr 32 min
  • Épisode 14 - La mobilité comme projet de vie avec Florence Paulhiac Scherrer

    Florence Paulhiac Scherrer est professeure au département d’études urbaines et touristiques de l’UQAM et titulaire de la Chaire internationale sur les usages et pratiques de la ville intelligente. Elle s’intéresse à la mobilité, sous un angle qui dépasse largement les questions de temps de transport, de flux et des infrastructures.


    Se déplacer, c’est beaucoup plus que de passer d’un point A à un point B : c’est un acte qui met en jeu des motivations, un moyen de transport, et tout un ensemble de caractéristiques particulières qui compliquent le mouvement. On pense alors à des limitations physiques, mais aussi aux effets des inégalités sociales sur les déplacements des personnes, à l’expérience du déplacement, à la desserte en transports, aux technologies qui peuvent se mettre au service du transport, etc. La mobilité vécue, en somme, c’est un projet de vie.

    Cet épisode de Cadre bâti est le premier présenté devant public. Il a été enregistré dans le cadre d’un cours du baccalauréat en urbanisme à l’UQAM donné par Guillaume à la session d’automne. L’épisode se clôt ainsi par une période de questions des étudiantes et étudiants.

    Un grand-angle sur la mobilité, donc, où l’on se déplace ensemble entre des réflexions sur les défis de la recherche qualitative sur le transport, les effets rebond des grands projets d’infrastructure, les conséquences de la pandémie sur l’aménagement des villes en plus d’un détour par une critique en règle du populaire concept de « ville des 15 minutes ».

    1 hr 29 min
  • Épisode 13 - Art public, art du détournement avec Michel de Broin

    Premier épisode “hors les murs”, cet épisode est aussi le premier de la seconde saison de Cadre bâti. Pour l’occasion, Guillaume et Maude visitent l’atelier de l’artiste en arts visuels et sculpteur Michel de Broin. Artiste reconnu mondialement, il a œuvré abondamment dans l’espace public avec des œuvres d’art public à Montréal (Dendrites, Révolutions, etc.) et dans plusieurs villes canadiennes et européennes. Plusieurs rétrospectives sur son œuvre ont été organisées au cours des années, dont une exposition en solo au Musée d’art contemporain de Montréal.


    Après un bref tour des lieux, Michel, Guillaume et Maude se mettent à table pour discuter des plus récents projets de l’artiste, du processus qu’implique la réalisation d’une œuvre d’art public et du rapport que ces dernières entretiennent avec la ville.

    Qu’est-ce que l’art public au juste ? Entre la démarche terroriste de l’œuvre organique à petite échelle et la commande publique de l’œuvre officielle qui se déploie à grande échelle, on apprend que l’art public est — entre autres — un combat, un jeu, une guerre de pouvoir ; bref, c’est le fruit d’une démarche de négociation.

    La ville n’est jamais bien loin dans les œuvres de Michel de Broin. Le cadre bâti, les infrastructures urbaines, la signalétique sont souvent détournés, forçant ainsi une perspective nouvelle sur des objets et des espaces du quotidien. Une piste cyclable qui s’apparente à un barbeau dessiné par un enfant, un escalier qui nous ramène au point de départ, des tuyaux entremêlés, des lampadaires agglomérés à leur base. Michel joue avec les normes et les codes, vient déranger et interroger des systèmes bien en place. Toujours ludique, mais toujours critique également.

    1 hr 30 min
  • Épisode 12 - Moments étranges entre étrangers avec Mélissa Mongiat

    Mélissa Mongiat a co-fondé Daily tous les jours avec Mouna Andraos en 2010, année au cours de laquelle elles ont également été lauréates de la bourse Phyllis-Lambert Design Montréal. Ce studio d’art et de design est à l’origine de plusieurs projets interactifs dans l’espace public — le plus connu à Montréal étant sûrement les 21 balançoires musicales du Quartier des spectacles. 

    Cet épisode s’intéresse à la notion de « placemaking » au-delà du « buzzword ». La rencontre avec l’autre est l’un des thèmes porteurs de la discussion entre Mélissa, Emile et Guillaume. Comment le design des espaces publics peut-il contribuer à créer des conditions de convivialité qui mènent à plus d’interactions entre les gens ? 

    L’avenue explorée par Mélissa est celle de la musique et de la danse, avec tout le pouvoir transformateur qui vient avec le fait de créer (ensemble) de la musique et de faire l’expérience de son corps dans l’espace. Le tout s’incarne dans divers dispositifs et installations, ludiques certes, mais qui encouragent l’écoute, la collaboration, la connexion avec l’autre. 

    La somme de ces petits moments anodins de rencontre contribue, selon Mélissa, à une plus grande cohésion sociale.

    1 hr 13 min
  • Épisode 11 - Être ou ne pas être urbaniste avec Olivier Niquet

    Vous voulez faire parler Olivier Niquet pendant plus d’une heure ? Parlez-lui d’urbanisme. C’est « l’exploit » accompli par Emile et Guillaume dans cet épisode de Cadre bâti. 

    Fier urbanologue de formation (et non pas urbaniste !), Olivier Niquet est l’une des rares personnalités publiques qui parlent d’enjeux urbanistiques dans les médias québécois. La trajectoire qui l’a mené à La soirée est (encore) jeune sur les ondes d’ICI Radio-Canada Première est somme toute assez inattendue : elle part du baccalauréat en urbanisme, passe par une recherche sur la participation publique à la maîtrise pour le mener à la radio par la porte de côté.

    Les questions urbaines sont souvent polarisantes ; elles touchent les gens de près dans leur quotidien et ont trait à leur environnement immédiat, ce qui fait en sorte qu’il est parfois difficile de dépasser les premières impressions pour envisager le problème dans son ensemble. C’est un peu le travail que fait Olivier — avec humour, bien sûr — dans sa prise de parole publique : celui de déboulonner quelques mythes, de rectifier les faits quand ses chroniqueurs préférés s’emballent et s’enfargent.

    Cet épisode est aussi une réflexion sur la prise de parole publique et la posture presque radicale consistant à prendre son temps avant de se forger une opinion, voire d’admettre ne pas avoir d’avis sur un dossier particulier. Dans un espace public qui valorise les grandes gueules, il manque peut-être de place pour tout.es ces introverti·e·s qui, comme Olivier, sont plus à l’aise dans la nuance et l’ambivalence que dans les slam-dunks rhétoriques.

    1 hr 23 min
  • Épisode 10 - Faire-ensemble la ville avec Taïka Baillargeon

    C’est d’abord par la littérature que Taïka Baillargeon s’est intéressée aux questions urbaines. Plus précisément, c’est après avoir fait une analyse typo-morphologique par hasard (!) dans son mémoire de maîtrise en littérature qu’elle a basculé vers les études urbaines au doctorat. Depuis peu Directrice adjointe aux politiques chez Héritage Montréal, Taïka s’est jointe à Guillaume et Emile pour une discussion vibrante sur le patrimoine et son ancrage social.

    Pour elle, le patrimoine est beaucoup plus que le simple bâtiment : c’est quelque chose de vivant, d’ancré dans le territoire et entretenant une relation de proximité avec les gens. Ce sont aussi des artisans, des savoir-faire et des techniques qui le font vivre. Le patrimoine se révèle en ce sens comme un pont entre le passé et l’avenir. Il témoigne de façons de penser et de construire la ville, un répertoire de pratiques dont on peut s’inspirer pour penser les enjeux urbains de demain. 

    Ce sont souvent des barèmes, lois, et inventaires qui balisent la sélection patrimoniale, laissant à l’arrière-plan tout ce qui ne rentre pas dans les cases : patrimoine industriel, vernaculaire ou moderne, par exemple. Ces oublis importants nous invitent à revoir nos catégories et à penser plutôt le patrimoine comme des verbes d’action : garder, prendre soin, léguer. En ce sens, par delà la sauvegarde, les bâtiments patrimoniaux constituent autant d’opportunités d’expérimenter la ville aujourd’hui et de donner une voix à ceux qui n’en ont pas.

    Cet épisode est donc une invitation à penser autrement la mémoire patrimoniale, mais surtout — verbe d’action — à faire-ensemble la ville.

    1 hr 23 min

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Cadre bâti est un podcast sur la ville.

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