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Or


Cette année, pour la première fois, il y a, au concours de recrutement des enseignants du CAPES de Sciences Physiques davantage de postes proposés que d’admissibles après l’épreuve écrite.
Autrement dit, tous les postes ne seront pas pourvus à la rentrée, par manque de candidats et en raison du faible niveau de ceux-ci.
Quand j’ai passé le CAPES, il y a maintenant vingt et quelques années nous étions 6000 candidats pour 600 postes. 1 sur 10 était pris. Cette information chiffrée me remplit de tristesse. Encore un élément supplémentaire qui me conforte dans l’idée que l’EN est très malade et que nos enfants et nos élèves en font les frais.
Comment peut-on en arriver là alors que l’on disait (je n’ose plus employer le présent) qu’enseigner est le plus beau métier du monde ?
L’importance des mathématiques dans les programmes de Physique Spécialité est indéniable, comme du temps où j’étais élève finalement.
Je me souviens que, déjà, on enseignait les équations horaires et les équations de trajectoire en physique, nécessitant l’utilisation des primitives, avant d’aborder cette notion en maths. Incohérence totale.Je me souviens aussi, qu’à la fac, je suivais un module de “maths pour la physique"...j’aime bien cette idée d’apporter, au moment venu, les outils mathématiques nécessaires pour comprendre la physique. Que l’on pense les maths comme étant au service de la phsyique.
Depuis deux ans, et le lancement de ma nouvelle activité professionnelle, je refais des maths…
Les épreuves de spécialité ont eu lieu cette semaine, c’est le moment pour les élèves de Terminale de s’accorder un court moment de répit avant les épreuves expérimentales de SVT, de Physique pour certains et le grand Oral pour tout le monde.
C’est le moment pour moi d’essayer de tirer un bilan… modeste et très personnel de ce que je vois de cette réforme du bac, d’un autre point de vue donc…que de ma place derrière le bureau.
On se rappelle que ces épreuves de spécialités étaient prévues autour du 15 Mars et qu’elles ont été décalées par crainte de ne pas avoir fini le programme à temps. Cause louable relayée par des enseignants pressés et pressants, stressés et stressants par cette marche forcée vers une épreuve néanmoins allégée et à la carte puisque présentant des exercices au choix.
Mais avait-on demandé l’avis aux élèves ? Je me doute que oui mais, de mon côté je n’ai rencontré, depuis l’annonce du report, quasiment aucun élève satisfait de ce décalage.
L’un des arts de la pédagogie ce n’est pas de répondre à une question par une réponse, mais de répondre à une question par une autre question.
Si un élève pose une question, il est préférable de le faire réfléchir à la question posée plutôt que de lui apporter une réponse qui, certes, va le satisfaire ou le rassurer, mais ne le fera pas progresser.
Je n’ai jamais vraiment bien réussi à comprendre l’intéret du DM : du devoir maison.
J’entends par DM : l’idée de noter, donc par une note chiffrée, un exercice ou un ensemble d’exercices effectué hors la classe donc, sans contrôle de la part de l’enseignant.
Je comprends l’idée de vouloir que les élèves effectuent du travail personnel à la maison, des exercices d’application, parce qu’il faut s’exercer pour apprendre et comprendre, parce qu’on n’a pas le temps de tout faire en classe.
Mais souvent les collègues qui donnent des DM, proposent des exos difficiles voire limite programme, pour faire réfléchir les élèves, ou parce qu’ils auront plus de temps pour les chercher (ce sont les arguments avancés) et en plus les évaluent pour, ne soyons pas dupes, les obliger à effectuer le travail.
Alors là je ne comprends plus du tout...
Pendant toute ma carrière en classe, c’est amusant d’ailleurs le fait que j’en parle au passé…
Pendant toute ma carrière disais je, il y a un fléau contre lequel je n’ai jamais vraiment trouvé de solution : c’est l’oubli, l’absence, le manque de matériel des élèves.
Que ce soit le manuel scolaire, la calculatrice, les activités effectuées les séances précédents ou même un stylo ou une feuille, j’ai toujours eu l’impression, pendant 20 ans que les élèves n'avaient pas leur matériel.
Bien entendu, quand on n’a pas d’outil, on ne peut pas travailler correctement, on ne peut mêm pas travailler du tout mais comment lutter ?
Qu’on le veuille ou non, notre métier est aussi un métier d’image : nous renvoyons à chaque instant, une image aux élèves... que ce soit grâce ou à cause de notre tenue vestimentaire, de notre coiffure, de notre maquillage, de notre autorité, de notre charisme, de nos tics verbaux et évidemment grâce à notre contenu d’enseignement.
Et je ne vous apprends rien en disant qu’à 15, 16 ou 18 ans l’image est incroyablement importante. Parce que l’adolescent à besoin de s’identifier, d’être identifié, d’appartenir à un groupe, ou de sentir en confiance près d’une personne référente, un adulte.
On dit souvent, à juste titre, que les élèves travaillent mieux si le prof leur plait. Qu’ils fontionnent à l’affect….Mais ça veut dire quoi plaire aux élèves ?
Je me souviens parfaitement, quand j’étais collégien puis lycéen, avoir rempli à chaque rentrée scolaire, dans chaque discipline, une petite fiche de renseignements sur une demipage arrachée d’un cahier ou partagée avec un voisin.
J’étais divisé sur ce premier travail de l’année : d’un côté je trouvais ça super pénible et répétitif mais d’un autre coté cela faisait passer le temps...
Tout naturellement, quand j’ai commencé à enseigner, j’ai reproduit le schéma en demandant à mes élèves, chaque année, pour chaque classe, de remplir une petite fiche de renseignements divers et variés...
Le premier contact avec ses élèves, ses nouveaux élèves... est un moment important dans une année, très important. Pas déterminant mais très important.
Et à l’approche de ce premier contact, le stress ou l’excitation se font sentir.
C’est un moment que j’ai toujours particulièrement apprécié parce que c’est un moment de découverte : découvrir de nouvelles têtes, de nouvelles personnalités, imaginer une dynamique et coller des étiquettes que je pourrai m’empresser de décoller dès la deuxième heure ou la deuxième semaine.
Cette excitation est très souvent mélangée à du stress, du stress semblable à un trac de comédien qui monte sur scène...
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Enseignant pendant vingt ans dans un lycée de Seine Saint-Denis entre 2000 et 2020, formateur d'enseignants entre 2013 et 2020, j'ai démissionné de l'Education Nationale malgré une envie intacte de…
A bout de souffle dans un système auquel je ne crois plus, j'ai jeté l'éponge pour enseigner autrement les maths et la physique.
Cette émission me permet de partager avec vous mon expérience, mes anecdotes, ma décision, mes doutes, mon usure du métier et ma vision de l'Education Nationale....
Un partage pour des réflexions.

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