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Or


Max Izambard, chargé de coopération internationale, a vécu plusieurs années en Ouganda, où il situe l’action de son premier roman, Marchands de mort subite, un polar géopolitique, paru en 2021 aux éditions du Rouergue.
Et si le polar ne se contentait pas d’ausculter le corps malade de la société, ni même seulement de sonder les âmes, mais explorait aussi le vaste monde, nous invitant à décrypter la réalité géopolitique d’un monde globalisé en perpétuel mouvement ? Partons donc à l’aventure avec le polar géopolitique, loin des préjugés, et à rebours des stéréotypes et lieux communs dont est souvent accusé le genre.
Pour cette deuxième émission consacrée au polar géopolitique, cap sur l’Afrique des Grands Lacs. Max Izambard nous transporte en Ouganda, dans une passionnante enquête sur les minerais du sang qui tient le lecteur en haleine de la première à la dernière page. Il nous fait découvrir un pays et sa jeunesse affamée de justice : 80% de la population a moins de 35 ans et n’a connu pour chef d’État que Yoweri Musevini, à la tête du pays depuis 1986.
En novembre 2020, en pleine campagne présidentielle, 54 personnes ont trouvé la mort dans la répression d’un mouvement de révolte déclenché par l’arrestation du principal candidat de l’opposition, l’ancien chanteur Bobi Wine. Ce dernier est devenu l’icône d’une grande partie de la jeunesse urbaine et populaire de Kampala, la capitale de l’Ouganda. La réélection de l’inamovible président Musevini, qui briguant un sixième mandat fut élu avec 59% des voix, en janvier 2021, fut qualifiée de mascarade par l’opposition. Le régime ne cesse de se militariser et durcir, les militaires occupant une place de plus en plus importante dans l’appareil politique et technocratique du pays. Formés par des militaires français, ils sont par exemple déployés pour protéger les sites pétroliers, depuis la découverte de gisements en 2006. Les projets pétroliers de Total, notamment l’oléoduc Eacop, soutenus par la France, sont contestés par des paysans expropriés de leurs terre, menacés s’ils résistent, non indemnisés ou très peu. Les compensations financières sont sous-évaluées et les irrégularités des procédures d’expropriation multiples. Des militants environnementaux soucieux de préserver les parcs naturels et leur faune accusent en outre la multinationale de faire peu de cas de son devoir de vigilance.
Être journaliste en Ouganda, c’est risquer sa peau. Les sujets tabous ne manquent pas : pétrole, trafics d’or, exploitation des ressources naturelles de l’est de la RDC et captation des richesses, corruption, dans un contexte économique dégradé, renforcé par la crise sanitaire et les attentats, arrestations arbitraires, centres de détention illégaux supervisés par l’Internal Secret Organisation, lieux de torture, etc. Anne Marlot, journaliste prometteuse et farouchement indépendante, figure centrale du polar de Max Izambard disparaît, alors qu’elle est partie en reportage dans l’est de la République démocratique du Congo. Quelle vérité dérangeante cherchait-elle à faire émerger ? Dans quelle enquête à haut risque s’est-elle engagée, alors que le pays est secoué par une insurrection étudiante et que Kampala est mis à feu et à sang ? Quelle est cette jeune génération qui se lève face à un pouvoir aux abois ?
ET
Journée d’étude interdisciplinaire Le citoyen-usager dans la co-conception urbaine
Table-ronde animée par Benjamin Loiseau, doctorant en architecture SES – Télécom Paris – Architecture Studio
Intervenants :
Des problèmes d’interférence avec le logiciel Zoom ont déterioré la qualité sonore de cette table-ronde, veuillez-nous en excuser.
Vous pouvez retrouvez toutes les références citées pendant l’émission (vous trouverez également sur cette page les podcasts par sujet traité ainsi qu’une transcription lorsqu’elle sera disponible).
Vous pouvez nous rejoindre sur le salon de discussion de l’émission (salon #libreavous, mais nous n’y sommes pas forcément tout le temps) pour participer à notre discussion en direct, nous contacter ou nous laisser un commentaire.
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Exégèse d’une photographie avec l’historien Tangui Perron qui publie Rose Zehner et Willy Ronis, naissance d’une image (ed. de l’Atelier)
L’auteur reconstitue un contexte politique, social et culturel, et retrace les parcours d’une militante et d’un photographe engagé qui, chacun à leur manière, ont écrit un morceau de notre histoire.
Suicides à Pole emploi : l’opérateur public sur la sellette avec Margaux Duguet et Catherine Fournier
Harcèlement moral, organisationnel et managérial… Pôle emploi, un nouveau France Télécom ? Dix ans après la fusion entre l’Assedic et l’ANPE, un grand nombre d’agents du service public de l’emploi n’ont toujours pas trouvé leurs repères. Depuis 2014, la justice se penche d’ailleurs sur les conditions de travail des conseillers de l’opérateur : une information judiciaire ouverte notamment pour homicide involontaire et harcèlement moral est en cours. Selon la plainte, « plus de 17 suicides auraient une origine professionnelle ». Après plusieurs articles pour franceinfo et un vaste appel à témoignages auprès des salariés de Pôle emploi, les journalistes Margaux Duguet, Catherine Fournier et Valentine Pasquesoone ont poursuivi leur travail d’investigation auprès de ces agents en souffrance. Leurs témoignages décrivent un système en surchauffe, qui devrait être encore fragilisé avec les suppressions de postes annoncées. Diagnostic sans équivoque des syndicats, témoignages, rapports confidentiels préoccupants… l’enquête lève le voile sur la machine à broyer qu’est devenue Pôle emploi.
En plateau
Iegor Gran, écrivain, auteur phare des éditions P. O. L., fils d’Andreï Siniavski, grande figure du monde intellectuel russe et soviétique, a publié en 2022 Le journal d’Alix et en 2020 Les services compétents. Il a également rédigé la préface d’André-la-Poisse, un conte fantastique écrit par son père, et réédité en 2021 aux éditions du Typhon.
Contexte
Quand on demande à Iegor Gran s’il prenait au sérieux les menaces et ultimatums de Poutine amassant ses troupes militaires sur les frontières nord, est et sud de l’Ukraine, il répond qu’il les a d’autant plus pris au sérieux que les États-Unis et les Européens n’ont cessé, durant des années, de conforter la vision de Poutine d’un Occident mou du genou, ne respectant pas les lignes rouges qu’il proclamait, abandonnant ses alliés sur le terrain, ayant peur de faire la guerre, incapable de la gagner, prêt à renier ses principes et capituler pour éviter de se battre, un Occident dépravé et décadent, aux mœurs dissolues, ayant tourné le dos à la religion et autorisant le mariage pour tous !
Depuis des années, Poutine a constaté les signes de la faiblesse occidentale : faibles réactions face aux empoisonnements de ses opposants (ou morts dans des circonstances douteuses) à l’étranger, émotions vite retombées, annexion éclair de la Crimée en 2014, suivant celle de 20% du territoire de la Géorgie à la suite de la guerre de 2008, renoncement à l’action après l’usage d’armes chimiques en Syrie, etc. Conséquence : Poutine a fait monter les enchères. Ce que l’Europe et les Etats-Unis présentent à leurs opinions publiques respectives comme « un dialogue exigeant » face à Poutine est perçu au Kremlin comme une pleutrerie occidentale, souligne Iegor Gran. Cette dernière a conduit à relativiser et minimiser dans l’analyse stratégique à la fois les expériences de guerre du dirigeant russe comme indicateurs de ses capacités destructrices – à Grozny (guerres de Tchétchénie) ou en Syrie (les bombardements d’Alep) – , ainsi que l’ampleur de ses capacités de nuisance dans divers foyers de crise internationale ou dans les conflits gelés, ou non, selon le bon vouloir de Moscou.
Qu’est-ce qui, dans ces conditions, peut arrêter Vladimir Poutine dans sa soif militaire et l’empêcher d’en vouloir toujours davantage ? Peut-on raisonnablement se contenter d’espérer que ses difficultés sur le terrain opérationnel (révélant notamment l’ampleur de la corruption du régime où les détournements de fonds touchent aussi les armées, leurs équipements, la logistique, le ravitaillement en carburants et vivres, ainsi que l’ensemble du complexe militaro-industriel russe), lui fassent revoir à la baisse ses buts de guerre ? Qu’il renonce en fin de compte à « la démilitarisation, la dénazification, la libération » de l’Ukraine et se satisfasse de la totalité de la province du Donbass et de la Crimée ? Pourquoi alors la Moldavie se sent-elle en danger ? Et pourquoi la Pologne et les Etats Baltes, pourtant tous quatre membres de l’OTAN, se sentent-ils aussi menacés dans leur sécurité ? Les sanctions internationales, l’accueil de réfugiés ukrainiens, les livraisons d’armes uniquement défensives sont-elles suffisantes pour renverser le rapport de forces et faire comprendre au dirigeant russe qu’il est désormais sur le point d’être en sa défaveur ? Comment répondre adéquatement à la menace de l’usage du nucléaire tactique ?
En Russie, comment la rhétorique guerrière, la propagande, la réécriture de l’histoire, la soif militaire s’inscrivent-elles dans une soif de revanche reposant sur un narratif selon lequel la fin de l’URSS serait la plus grande catastrophe géopolitique de l’histoire du XXème siècle ayant permis à l’Occident d’humilier la Russie ? Est-ce le cas ? Dans quelle mesure cette représentation du monde manifesterait-elle plutôt un complexe d’infériorité ?
Comment progressivement les espaces de libertés (civiles, politiques, de presse et d’information) se sont refermés, en Russie, durant les trente dernières années, depuis la fin de la Guerre froide ? Qu’est-ce qui différencie néanmoins la société d’aujourd’hui de celle de temps de l’homo soviéticus, à commencer par les moyens aujourd’hui disponibles afin de contourner la censure et s’informer chez soi davantage grâce à internet ? Comment analyser le fait qu’une majorité de Russes, environ 50%, soutient la guerre de Poutine contre l’Ukraine, ou du moins le disent ? Par crainte de la répression ? par apathie ? par conviction ? La majorité des Russes partage-t-elle la vision messianique de son dirigeant, pensant que la Russie est investie d’une mission historique et qu’il lui incombe par conséquent de restaurer, par la force, si besoin, la grandeur perdue de la Russie, trahie par une partie de ses élites trop occidentalisées ? D’où la forte nostalgie impériale et la tentative en cours de restaurer une hégémonie régionale.
En outre, précise Iegor Gran, il importe de prendre en considération ce que représente l’Ukraine aux yeux du régime autocratique de Poutine : un danger, la crainte d’une contamination possible en Russie de la Révolution de la dignité par laquelle la société ukrainienne a fait le choix de tourner le dos à la Russie, à la corruption (et notamment l’achat de ses dirigeants, oligarques et députés par le pouvoir russe), préférant l’indépendance, la démocratie et la construction d’un Etat de droit. D’où la décision de Poutine de punir l’Ukraine, de la piller, de s’emparer de ses richesses, d’en faire une province russe. Or, c’est précisément ce refus d’une domination russe tout comme la décision de défendre leur choix de société progressivement mis en œuvre, qui motivent la très forte résistance des Ukrainiens, de son armée et de sa population civile, refusant de subir le sort des républiques autoproclamées de Louhansk et Donetsk depuis 2014 et 2015. Une résistance héroïque et efficiente que personne n’avait anticipée : ni la Russie, ni les États-Unis ni l’Union européenne. Ni les uns ni les autres n’avaient non plus imaginé qu’une telle résistance forcerait l’admiration des opinions publiques européennes, s’inscrivant d’ores et déjà dans l’histoire comme une nouvelle référence emblématique, un symbole vivant de la lutte pour la liberté émancipatrice et la démocratie.
Pour mémoire, Iegor Gran né à Moscou, avait neuf mois quand son père, Andreï Siniavski fut arrêté par le KGB, après six longues années d’enquête et de traque afin de découvrir qui se cache derrière le pseudonyme d’Abram Tertz, l’écrivain ayant osé défier le pouvoir soviétique et publier en 1959, de l’autre côté du rideau de fer (en l’occurrence, en France, dans la revue Esprit dirigée alors par Jean-Marie Domenach), un article remettant en cause le réalisme socialiste comme cadre unique et imposé de la production artistique et littéraire en Union soviétique. Lequel Abram Tertz avait récidivé quelque temps plus tard en publiant cette fois un récit court relevant du réalisme fantastique.
Son procès, en 1966, se tînt en même temps que celui de son ami l’écrivain Youli Daniel qui lui aussi avait publié sous pseudonyme des textes dans la revue Esprit. Procès retentissant. Andreï Siniavski fut condamné à 7 ans de camp, libéré un peu avant terme, en 1971, grâce notamment à une forte mobilisation de l’opinion publique internationale, et prié de quitter l’Union soviétique deux ans plus tard. Le procès acte la fin du dégel, le refroidissement brejnévien et l’acte de naissance de la dissidence en Union soviétique, même si Andreï Siniavski n’avait avec le régime que des divergences d’ordre esthétique, selon ses propres mots.
ET
Dans cet épisode vous découvrirez BENI BLANCO, rappeur originaire de Montpellier, ville qu’il représente avec fierté dans ses textes mais aussi autour des projets de compilation dont il est à l’origine.
BENI BLANCO a pris le temps de revenir sur ses débuts dans le Rap jusqu’à la sortie de son dernier projet « Mise en bière » sortie dernièrement.
Des anecdotes et un partage d’expérience qui plairont aux adeptes de l’esprit Hip-Hop avec un freestyle en fin d’émission.
Cette semaine, on parle du morceau My Name Is de Eminem sorti en 1999, troisième volet d’un cycle en quatre temps consacré aux Beastie Boys.
Fred de ACOD nous présente son groupe ainsi que ses diverses anecdotes dans le monde du métal. The divine triumph est le premier album d’une trilogie qui expliquera les acronymes mystérieuses ACOD.
(Une idée du coup?)
Agnès Chablat-Beylot présente le Centre des Archives diplomatiques de Nantes (CADN). De création récente (1967), le Centre aménagé dans un premier temps pour répondre à un besoin de conservation et dépôt annexe, « est devenu au fil des années un service d’archives de plein exercice, dont les compétences s’exercent sur les archives diplomatiques rapatriées de l’étranger ». Relevant de la direction des Archives du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, il conserve les archives du réseau diplomatique français de la fin du XVIème siècle à nos jours (ambassades et légations, consulats, services culturels et de coopération) ainsi que les archives des protectorats français en Tunisie et au Maroc, et du mandat français en Syrie et au Liban. Ses fonds sont mis à disposition du public dans la salle de lecture du CADN.
Quels sont les types de documents conservés ? La correspondance diplomatique, qui a évolué dans sa forme au cours des siècles, y tient une place considérable (dépêches et télégrammes), mais il existe aussi bien d’autres types de documents écrits ou figurés conservés (tels que cartes, plans, registres de passeport ou d’immatriculation, photographies, etc.). Ensemble, ils témoignent de la constitution et de l’expansion du réseau diplomatique français à l’étranger. Ils attestent également des jeux de puissance, précise Michel Catala soulignant l’importance de ces archives pour qui veut étudier la politique extérieure de la France.
S’agissant des archives relatives à la France et au monde méditerranéen, Agnès Chablat-Beylot appelle notre attention sur la particularité de ce corpus : son ancienneté tout d’abord à l’image du réseau diplomatique français dans cette région du monde, sa diversité ensuite (archives des postes, des protectorats et du mandat) et sa richesse enfin puisque que ces fonds sont parmi les plus importants conservés par le CADN. Michel Catala souligne que ce corpus d’archives ancien, divers, considérable, atteste de l’enjeu méditerranéen pour la France. Il relève à cet égard l’importance des questions migratoires : la grande diversité de ses formes, l’omniprésence du fait migratoire dans l’histoire des sociétés méditerranéennes, l’intensité des liens tissés avec les espaces limitrophes repoussant pour ainsi dire les frontières du pourtour méditerranéen. La richesse des archives permet de penser les mobilités en termes de trajectoires collectives mais aussi individuelles.
L’ensemble du corpus fait ainsi revivre des moments de l’histoire méditerranéenne de la France en mesure d’apporter des éclairages originaux sur les jeux de puissance, les circulations, les échanges et les coopérations. Citons par exemple certaines archives concernant Salonique (1916) et le cimetière de Zeitenlick, lieu de mémoire du front d’Orient, celles relatives à la diplomatie culturelle d’influence de la France en Méditerranée, au tournant des XIXème et XXème siècles, grâce notamment au développement des établissements d’enseignement religieux et au réseau des écoles françaises à l’étranger, ou bien encore celles relevant de la politique arabe de la France, après 1956, en Afrique du Nord, en Egypte, au Liban, et notamment le télégramme de Louis Delamarre, ambassadeur de la France au Liban (assassiné au volant de son véhicule près d’un barrage de l’armée syrienne à Beyrouth, le 4 septembre 1981), rendant compte au ministère de son entrevue en toute discrétion avec Yasser Arafat, le 21 avril 1980.
La France et le monde méditerranéen. Cinq siècles d’histoire vu par les Archives diplomatiques, ouvrage conçu et réalisé par le Centre des Archives diplomatiques de Nantes, avec ses partenaires universitaires dont Michel Catala, sous la direction d’Agnès Chablat-Beylot, Chef du CADN, Collection Histoire, éditions Autrement, 2022. Préface Jean-Yves Le Drian. Avant-propos Hélène Carrère d’Encausse.
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Un vendredi par mois, de 14h à 15h, Stéphane Manet invite des experts et des penseurs pour débattre et échanger autour des questions du travail,…
Entouré d’une équipe de professionnels du secteur, il décortique les problématiques quotidiennes des travailleurs, des demandeurs d’emploi, des jeunes en insertion, pour tenter d'y donner des éléments de compréhension différents.
Stéphane reçoit chaque semaine des invités, bien souvent des chercheurs du monde des sciences humaines et sociales, tels que Didier Demazière, mais également des autres sciences ou de la philosophie, comme Étienne Klein, des politiques comme Benoît Hamon ou encore des invités de témoignage.