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Or


Dans l’émission mensuelle en partenariat avec La Cimade, nous recevons Sixte Blanchy, bénévole à La Cimade depuis 4 ans en tant qu’accompagnateur des demandeurs d’asile pour leurs entretiens à l’OFPRA et qui assure des permanences « asile » en présentiel et téléphonique. Maître Magda El Haitem, avocate au barreau de Paris spécialisée notamment en droit d’asile et droit des étrangers sera également au programme de cette première heure.
Avez eux nous décortiquons ce qu’est le droit d’asile. À qui est-il accessible ? Sous quelles conditions ? Quels types de protections sont accordées (statut de réfugié, protection subsidiaire) et pour combien de temps ?
Dans le contexte de la guerre en Ukraine, la Cimade insiste sur la nécessité d’accueillir dignement sans délais les réfugiés ukrainiens qui fuient les bombardements. Elle se félicite des engagements pris en ce sens mais dénonce les discours abjects voulant conditionner l’accueil à des questions de culture, de religion, de couleur de peau…, ou ramenant celui-ci à une opportunité dont on pourrait « tirer profit ».
Ixchel Delaporte est l’invitée de Liberté sur Paroles. Journaliste indépendante elle publie, ” Les enfants martyrs de Riaumont. Enquête sur un pensionnat intégriste “, éditions du ROUERGUE
À partir des archives et des témoignages, Ixchel Delaporte analyse les mécanismes qui ont permis que, durant près de soixante ans, des enfants soient impunément martyrisés avec le consentement de tous.
Paul Maneuvrier-Hervieu a rédigé et soutenu une thèse d’histoire économique et sociale intitulée <em>La Normandie dans l’économie Atlantique au XVIIIe siècle. Production, commerce et crises.
À rebours des représentations d’une Normandie rurale, la région entre de plein pied dans la révolution industrielle. Les ports de Rouen et du Havre jouent un rôle de premier plan dans le commerce extérieur du Royaume de France, deuxième puissance commerciale avec l’Angleterre. Le coton importé des Antilles dynamise le territoire et l’industrie devient la principale activité pour de nombreux habitants.
Paul a étudié ces transformations économiques du territoire en mesurant la dépendance croissante des normands à l’industrie et au commerce extérieur. Ainsi les révoltes de subsistances normandes du XVIIIème siècle ne sont pas seulement conséquentes de mauvaises récolte. Paul montre que des crises sociales éclatent alors que le prix du grain ne monte pas ou à l’inverse des hausses de prix ne provoque pas d’émeutes. Le commerce et l’industrie sont donc déterminants dans ce territoire à l’aube de la Révolution française. La Normandie connectée au monde renouvelle les regards sur les crises du XVIIIème siècle et la dépendance au commerce s’éclaire lors de la signature du premier traité de libre échanges en 1783, de la révolution de Saint-Domingue de 1791 et des guerres contre l’Angleterre.
The Diasonics – Almandine
Hamit Bozarslan, historien et sociologue du fait politique, spécialiste du Moyen Orient, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), auteur de L’anti-démocratie au XXIème siècle. Iran, Russie, Turquie, publié aux éditions du CNRS.
En attaquant et envahissant l’Ukraine sur plusieurs fronts, au nord, à l’est et au sud, le 24 février 2022, Poutine a sidéré une grande partie du monde par son passage à l’acte. En basculant d’une stratégie de la tension maximale (au seuil de la guerre) à la guerre totale, il a osé faire ce qui paraissait improbable ou ce qu’on a refusé de croire possible jusqu’à la dernière minute. Erreur d’appréciation, selon l’historien et sociologue Hamit Bozarslan, car le discours guerrier du dirigeant russe n’est pas métaphorique, il mène à la guerre. Le Président russe agit conformément à ce qu’il a dit ou écrit. Son régime antidémocratique se pense et se pose comme « une réponse nationale, anti-universaliste, virile et guerrière » face à la menace existentielle que représente à ses yeux le système démocratique perçu comme « cosmopolite », « efféminé » et « corrompu », assimilé au mal absolu. Au prix de distorsions du réel et d’un révisionnisme historique, il se croit investi de la mission historique de restaurer la puissance perdue de la grande Russie, sa grandeur trahie par ses propres élites intellectuelles et politiques occidentalisées, et contaminées par les idées européennes de révolution, de libertés civiles et politiques, de droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. L’Ukraine est punie pour avoir voulu maintenir le cap de l’indépendance proclamée en 1991, et pour juger la perspective européenne plus attractive que celle d’une intégration dans une union regroupant l’Ukraine, la Biélorussie et la Russie, sous l’hégémonie de cette dernière. Car aux yeux de Poutine, l’Ukraine est une terre russe, tout au plus une entité folklorique.
Passé l’effet de sidération, on notera en tout premier lieu l’émergence d’une résistance ukrainienne à laquelle personne ne s’attendait, ni côté russe ni côté occidental. Le pays de 44 millions d’habitants n’a pas plié face au chantage et la terreur, y compris nucléaire. La population choisit de se défendre et de se battre, avec les moyens du bord. La résistance s’installe dans la durée. En second lieu, l’offensive militaire russe n’est pas parvenue à progresser aussi vite que prévu, ce qui a empêché la Russie de placer la communauté internationale devant le fait accompli, comme elle le fit en 2014, avec l’annexion éclair de la Crimée. Troisième constat : la réaction sans précédent de l’Europe, des États-Unis, du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale des Nations unies (sanctions inédites contre la Russie, fournitures d’équipements, de matériels de défense à l’Ukraine), et une mobilisation de l’opinion publique internationale face à laquelle la Russie mise au ban est désormais confrontée. Enfin, en Russie même, malgré l’intense répression à l’encontre des opposants et de la société civile et la réduction au silence des médias indépendants, la protestation contre la guerre en Ukraine se fait entendre, qu’elle émane de simples citoyens ou de personnalités du monde culturel, voire d’oligarques tentés de prendre leurs distances vis-à-vis du régime poutinien. Par encontre, aucune manifestation pro-Poutine d’envergure et en soutien à la guerre ne semble se dérouler, contrairement à ce qui s’était passé en 2014.
Le régime anti-démocratique obsédé par la peur du changement, des réformes et de toutes formes de contestation pouvant provoquer sa chute, est-il aveuglé au point de ne pas se rendre compte que la guerre en Ukraine est une fuite en avant qui pourrait lui être fatale ? Comment et à quel prix peut-il continuer à se maintenir en place ? Comment fera-t-il face à ses contradictions (rêve de puissance, nostalgie néo-impériale, grandeur retrouvée d’une part ; effondrement du pacte social de relative stabilité économique et financière ainsi que statut de nouveau paria de la communauté internationale d’autre part ?) Comment faire la guerre (état d’alerte maximale) tout en la niant, et la qualifier d’opération spéciale ?
Le monde de demain ne sera plus ce qu’on pensait qu’il était. Nouvelle guerre froide ? En tout état de cause, il convient de prendre en compte la coexistence de plusieurs temporalités, à court et moyen termes. En Ukraine, les villes bombardées, assiégées, sous blocus, tomberont aux mains des troupes russes, sans renversement du rapport des forces sur le terrain, sans engagement occidental dans le ciel et sur terre. Mais la résistance civile s’organise et se renforcera contre l’occupation, l’oppression et la répression ; la guerre se poursuivra de façon hybride et asymétrique. En Russie, la mobilisation contre la guerre et contre l’autocratie pourrait donner naissance à une nouvelle ère de la dissidence, débarrassée du nationalisme grand-russe. La mobilisation de l’opinion publique internationale contre la guerre et l’autocratie, dénoncées comme menaces à la paix et sécurité internationales, amplifiera la contestation et la résistance ; elle pourrait également en plaçant l’engagement au cœur de l’actualité, contribuer à l’amélioration de la qualité du débat dans les démocraties en crise.
ET :
Cette semaine Alexandre, Khalid et Ethel proposent leurs fines analyses de :
Nirvana – Something in the way
Cause commune reçoit Gaëlle Hemeury, doctorante en géographie à l’Université de Tours.
Chercheuse de terrain, elle a noué des relations étroites avec de nombreux artistes algériens dans plusieurs villes d’Algérie. Elle s’interroge sur cette production artistique dans un « contexte autoritaire » où l’espace public est plus que jamais l’objet d’un enjeu d’appropriation. Citoyenneté, contestation, sociabilités, opportunités, affirmations identitaires se croisent dans un espace urbain où les spectateurs ou les passants sont sollicités, notamment au cœur de la mobilisation politique HIRAC depuis 2019.
La démarche méthodologique, très originale, se réalise dans un chassé croisé de participations expérimentales (l’auteure mobilise son savoir-faire photographique auprès des artistes) et d’observations ethnographiques.
La Team Parole de métaleux se réunit pour la première fois afin de vous proposer une émission différente, un débat constructif et instructif en compagnie de John Correstan et d’Adrien Déquesnes.
Ils nous parleront entres autres de l’association Metal in veins et son mode de fonctionnement, du festival New Blood Fest dont la prochaine édition aura lieu les 14 et 15 octobre 2022 à Culoz ainsi que d’autres sujets concernant la scène metal.
Cette émission est à image de la personnalité de nos invités : passionnée et bienveillante
Bienvenue dans cette édition spéciale «Hugs à OK Corral»
Dans cet épisode vous découvrirez ACAD, jeune rappeur originaire du 14ème arrondissement de Paris qui vient nous présenter son premier projet « Dojo ».
Quand la passion devient un objectif, ACAD est dévidé à s’imposer sur la scène underground et la session freestyle prouve sa légitimité !
Ukraine, 1989
Cette semaine, on parle du morceau Tu T’en Lasses de La Femme sorti en 2021, quatrième et dernier volet d’un cycle en quatre temps consacré au groupe.
Du mélancolique, du joyeux, du naïf, du triste, du beau, du fou, du con. La vie.
Les égyptiens anciens avaient une conception du temps radicalement différente de la notre. Cela se traduisait au plus profond de leur langue aspectuelle où la structure passé, présent et futur n’existe pas, en tout cas très loin de nos formes de langage.
Cette conception du temps se traduit dans la vie de tous les jours et permet de mieux comprendre les égyptiens. Par exemple, ils ne comptaient pas les pharaons successifs ni les années qui passent. Une nouvelle année n’est pas celle qui suit la précédente, mais le recommencement.
Cette conception du temps se traduit dans la cosmogonie égyptienne selon deux aspects : Djet le temps infini des pyramides, de la terre ou des dieux et Neheh, le temps cyclique du soleil ou de la crue du Nil .
Comment se traduit cette conception du temps dans les pratiques des égyptiens ?
Frédéric Servajean, égyptologue
Georges Brassens, Les 4’zarts (1964).
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Un vendredi par mois, de 14h à 15h, Stéphane Manet invite des experts et des penseurs pour débattre et échanger autour des questions du travail,…
Entouré d’une équipe de professionnels du secteur, il décortique les problématiques quotidiennes des travailleurs, des demandeurs d’emploi, des jeunes en insertion, pour tenter d'y donner des éléments de compréhension différents.
Stéphane reçoit chaque semaine des invités, bien souvent des chercheurs du monde des sciences humaines et sociales, tels que Didier Demazière, mais également des autres sciences ou de la philosophie, comme Étienne Klein, des politiques comme Benoît Hamon ou encore des invités de témoignage.