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Or


Le monde que nous connaissons est un monde dirigé par les sciences. Les connaissances scientifiques sont partout et permettent le fonctionnement du monde tel que nous le connaissons désormais. Dans chaque smartphone, il y a 27 prix Nobel. Les sciences sont le système de structuration des connaissances désormais hégémonique, peu de gens mettront en doute que lorsqu’un avion démarre, il décolle.
Et pourtant, les sciences paraissent de plus en plus lointaines à ceux qui ne la font pas et il sans doute plus que jamais utile, pour comprendre notre monde, comprendre comment les connaissances sont construites, de se construire un esprit et une culture scientifique.
C’était la démarche de Georges Charpak, Nobel de physique, qui a œuvré pour le développement de l’esprit scientifique dans l’éducation et pour éclairer la place de l’esprit des sciences dans la société ; c’est donc à un des fondateurs que nous allons poser toutes ces questions aujourd’hui.
Yves Charpak, épidémiologiste biostatisticien chercheur en santé publique.
Lucky Chops – Buyo
Olivier Petitjean, coordinateur de l’Observatoire des multinationales, une ONG et un site d’investigation. En collaboration avec Corporate Europe Observatory, une autre ONG, l’Observatoire des multinationales publie une enquête sans concession sur les liens entre le gouvernement français et les grandes entreprises, alors que la France assume durant le premier semestre 2022 la présidence du Conseil de l’Union européenne (UE).
L’Observatoire des multinationales est un média indépendant consacré à la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et porté par l’association Alter-médias, créée en 2008, qui regroupe des journalistes, acteurs associatifs, syndicalistes, chercheurs et citoyens et édite le journal Basta !, un média indépendant centré sur l’actualité économique, sociale et environnementale.
La vocation de l’Observatoire des multinationales est de constituer un pôle d’information et de ressources destiné à fournir une information indépendante sur les pratiques des sociétés multinationales et leurs impacts, tout en faisant la promotion des valeurs que sont le respect de l’environnement, la justice sociale et la démocratie. Tous les travaux de l’Observatoire (enquêtes et dossiers consacrés notamment aux grands groupes économiques français) sont mis à la disposition des citoyens, des élus, de la société civile, des pouvoirs publics et des acteurs économiques.
La France a pris au 1er janvier 2022 la présidence du Conseil de l’UE, à la suite de la Slovénie, et en avance de six mois sur le calendrier initialement prévu, en raison du Brexit. Le Conseil, qui a un rôle législatif et politique, est l’institution la plus puissante de l’UE, plus puissante que le Parlement européen et la Commission européenne. C’est aussi la moins transparente : il est difficile par exemple de connaître la position précise des États membres sur certains sujets débattus et arbitrés en son sein, et il est impossible de savoir quels sont les lobbys qui influencent les décisions prises par le Conseil, décisions ayant néanmoins un impact certain sur le quotidien de l’ensemble des citoyens européens. Ceci explique-t-il cela ?
Alors que vont se discuter durant la présidence française (de janvier à juin 2022) plusieurs législations, cruciales pour l’avenir de l’Europe et relatives à l’urgence climatique, au plan de relance, au numérique, au nucléaire, à la fiscalité, aux droits sociaux, à la santé, etc. (avec à la clé d’importants financements publics), on aimerait pouvoir dire que les décisions publiques sont bel et bien protégées de la mainmise et de l’influence des grandes entreprises, y compris au niveau du Conseil. Or, l’enquête menée par l’Observatoire des multinationales et le Corporate Europe Observatory met au contraire en lumière les liaisons dangereuses entre les intérêts publics et privés, ayant pour conséquence de biaiser les priorités du gouvernement français pour l’UE. La présidence française du Conseil de l’UE a été en effet préparée en collaboration étroite avec les industriels et leurs lobbys. Derrière les grands discours sur la démocratie européenne, la souveraineté et le climat, en dépit de l’hommage rendu au Panthéon, à l’occasion du lancement de la présidence française du Conseil de l’UE, à Jean Monnet et Simone Veil, deux piliers de la construction européenne, le président de la République et le gouvernement français se sont-ils alignés, en pratique, sur les demandes et les intérêts des grandes entreprises ?
Le rapport révèle en tout cas que sur les 40 rendez-vous de lobbying rendus publics par le représentant permanent de la France et son adjoint à Bruxelles depuis le 1er juillet, 31 ont eu lieu avec des entreprises ou des lobbys industriels, et seulement 2 avec la société civile. Pendant ce temps, les « portes tournantes » entre secteurs public et privé vont bon train à Paris et à Bruxelles : un conseiller en énergie à la représentation française à Bruxelles a travaillé auparavant pour TotalEnergies, tandis que d’anciens conseillers sur les questions financières travaillent maintenant pour la Société Générale, Amundi et la Fédération bancaire française, principal lobby du secteur. Il en va de même dans les ministères parisiens chargés de la présidence française de l’UE.
D’où la question : la présidence française est-elle sous influence ? Ses accords de « sponsoring » conclus avec les constructeurs automobiles Renault et Stellantis ne sont-ils pas l’illustration la plus criante de cette approche biaisée ?
Promouvoir un plus grand contrôle des forces économiques et de la concurrence, promouvoir le renforcement de l’autonomie européenne sont incontestablement des objectifs louables. Tout l’enjeu est de savoir comment on procède au-delà de toute rhétorique grandiloquente. Qu’est-ce que l’autonomie stratégique si cette dernière ne bénéficie d’aucune charpente institutionnelle ? Car pour affirmer la souveraineté climatique, numérique, industrielle de l’UE, la présidence française veut favoriser l’émergence de « champions français ou européens » dans les secteurs stratégiques. Soit ! Mais les intérêts et les priorités de ces champions industriels européens sont-ils différents de ceux des multinationales américaines et chinoises que le gouvernement français critique ? Qui s’en porte garant ? Faut-il remettre un chèque en blanc à des champions industriels européens sans leur demander de contrepartie et sans s’assurer qu’ils respectent et défendent bec et ongles le modèle social européen ?
« Sous prétexte de promouvoir la « souveraineté économique » de l’Europe, Emmanuel Macron et son gouvernement poussent surtout pour un soutien politique et financier de plus en plus massif aux grandes entreprises et à leurs technologies problématiques », explique Olivier Petitjean. « Notre rapport donne un aperçu du travail d’influence et de lobbying qui s’est exercé depuis des mois pour s’assurer que les priorités de la présidence française du Conseil de l’UE resteraient alignées sur les intérêts des grandes entreprises. »
Plus que jamais, il convient donc de faire preuve de vigilance vis-à-vis de la communication de la présidence français, laquelle coïncidera avec la campagne présidentielle et la tenue des élections en avril 2022. Entre rhétorique et réalisations concrètes, il y aura peut-être loin de la coupe aux lèvres ! La volonté affichée du président de la République de « cesser de construire l’Europe en s’isolant des citoyens » serait-elle contredite dans les faits par son gouvernement peu soucieux de transparence derrière les portes closes du Conseil ?
Quelles propositions afin d’empêcher le Conseil et la présidence française d’être une courroie de transmission pour les milieux d’affaires et l’industrie ? L’Observatoire des multinationales demande de toute urgence d’ouvrir les décisions du Conseil de l’UE aux citoyens européens, de façon à empêcher la capture de l’UE par les entreprises. Il faut édicter des règles strictes pour empêcher l’accès privilégié des industriels aux décideurs, il faut encore un blocage des portes tournantes et enfin conférer de véritables pouvoirs de contrôle aux députés afin qu’ils puissent demander des comptes au gouvernement sur les décisions prises à Paris et à Bruxelles.
« Une présidence sous influence ? Les priorités biaisées d’Emmanuel Macron et du gouvernement français pour l’UE », rapport de l’Observatoire des multinationales et Corporate Europe Observatory, décembre 2021.
Vous pouvez retrouvez toutes les références citées pendant l’émission (vous trouverez également sur cette page les podcasts par sujet traité ainsi qu’une transcription lorsqu’elle sera disponible).
Vous pouvez nous rejoindre sur le salon de discussion de l’émission (salon #libreavous, mais nous n’y sommes pas forcément tout le temps) pour participer à notre discussion en direct, nous contacter ou nous laisser un commentaire.
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Jean-Marc Belotti, Coordinateur FFMC Paris et petite couronne.
Photo Le Parisien/Olivier Arandel
Dehors, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il grêle. Nez au vent. Posé sur sa monture, il ou elle a le regard qui porte loin. Il se faufile, elle est agile. Il aime la sensation de glisse que lui procure ce mode de transport. Elle aime attaquer un virage, prendre la corde, se pencher, déjouer les lois de la physique. Il n’aime pas perdre son temps dans les embouteillages. Elle n’a pas de temps à perdre à tourner 30 minutes pour chercher une place où se garer. Sa monture n’a que deux roues, une selle, la transmission se fait par une chaîne, les mains posées sur le cintre, ou le guidon. Il fait corps avec sa machine. Il y tient. Elle en prend soin. Ils sont cousins sans forcément s’en rendre compte, ils et elles ont plein de points communs. L’une est motard, l’autre est cycliste. Ils sont cousins et pas copains. Ils aiment se détester. n’ont-ils pas pourtant plus de points communs que de divergences ? Il doivent cohabiter sur les mêmes routes, dans les mêmes territoires, ils doivent donc s’entendre. Et pour tenter de s’entendre, quoi de mieux que tenter de se comprendre ?
Il va évoquer la place des cyclomobiles légers. C’est quoi un cyclomobile, ils ont le droit de rouler où ?
Futuro Pelo – Adventures
Corinne Verdier, présidente de la société ALTINNOVA
No parking, no business… vous le connaissez tous cet adage, attribué à un Colombien Bernardo trujillo, dans les années 50, sur la théorisation du modèle économique des hypermarchés, centres-commerciaux. En résumé, si vous ne proposez pas de parking automobile vos futurs clients, ne deviendront jamais vos clients. Le parking voiture est devenu l’alpha et l’omega du commerce. En 2021, alors que nos concitoyens choisissent le vélo pour se déplacer, faire leurs courses… beaucoup ne le font pas. La première inquiétude : “le vol de vélo”. Et quand l’envie est plus forte que la peur (c’est mon cas), qu’est-ce qu’il y a de plus pénible qu’attacher et détacher correctement son vélo plusieurs fois par jour ? J’ai cherché, j’ai trouvé… Attacher et détacher correctement son vélo plusieurs fois par jour, sous la pluie. On annonce qu’une voiture à besoin en moyenne de 3 espaces de parking. Aucune raison que ce soit différent pour le vélo. (Quoique, j’ai déjà vu des vélos pliant sous des bureaux, rarement vu une voiture…).
Quand on regarde les chiffres des aménagements et investissements cyclables, le parking vélo me semble clairement le parent pauvre des investissements :
Voyons donc avec Corinne Verdier, qui représente Altinnova comment on peut adresser ce point. Pour que le “no parking no business” de 1950 ne devienne pas “no secured bike parks, no cyclists on the bike lanes”.
Pédaler au quotidien, on s’y met sous la contrainte ou par goût ? Abel a son avis sur le sujet.
BLUR, ParkLife, c’était en 1994
Geneviève PETAUTON revient dans “un coin quelque part” pour nous faire part des actualités dans les foyers et résidences dites sociales, dans lesquelles les résidents continuent de lutter pour des conditions de vie plus respectueuses : on avait déjà entendu leurs préoccupations dans deux émissions, en novembre 2019, et novembre 2020 avec Geneviève et en décembre 2020 avec des membres des comités de résidents.
Il est question ici d’à la fois répéter combien ces ‘reliquats’ de colonisation sont mis en œuvre par des sociétés gestionnaires (ADOMA, COALLIA, CDC HABITAT, ADEF,…) et que les traitements réservés aux personnes — régulièrement installées en France et ayant travaillé ici depuis de nombreuses années, parfois plusieurs décennies — viennent percuter ce que la société réserve parfois (y compris dans les périodes de pandémie) aux personnes démunies ou aux personnes âgées, notamment venues d’ailleurs.
Pour une (première) fois, “un coin quelque part” est en direct aujourd’hui lundi 10 janvier 2022 !
Geneviève est membre très active depuis longtemps au COPAF
Stéphane Grégoire, président et fondateur Reine Bike (des vélos… connectés)
Contexte
Le XXIème siècle est pour l’instant en tout cas, l’avènement de l’objet connecté. Le phénomène nommé « Internet des objets » c’est bien faire en sorte que des objets puissent communiquer entre eux via des réseaux dont Internet, ces objets sont nommés « objets connectés ». Il y avait 500 millions d’objets connectés en 2003, aujourd’hui plus de 50 milliards.
Lunettes, enceintes, volets, fenêtres, frigidaires, montres, casques de vélo. Si on fait des casques de vélo connectés alors il doit bien y avoir des vélos connectés ? Bien sûr, des vélos connectés il en existe plein, citons par exemple Angell, Iweech, VanMoof, Cow-Boy ou encore Coleen, Voltaire et notre invité du jour, qui représente la jeune marque Reine-Bike.
J’ai eu l’occasion d’essayer nombre de ces vélos mentionnés ci-dessus. A titre personnel, rares sont les vélos connectés à m’avoir convaincu de l’intérêt de ce service en plus. Il n’empêche, on en voit de plus en plus dans nos rues. Alors, ça valait le coup de donner la parole à l’un des acteurs, pour tenter de comprendre, quel est l’intérêt du vélo connecté ? a qui s’adresse-t-il ? Répond-il à de réels besoins ? si oui lesquels ? Crée-t-il de nouveaux besoins ? Avec un vélo connecté (à quoi ?) on pédale plus et mieux ?
Quand un sénateur tente une proposition de loi pour rendre le port du casque obligatoire à vélo, pour tous. Ca fait, flop, encore. Une dernière fois ?
Futuro Pelo – Adventures
Retrouvez Erroiak au micro pour la première de Parole de métaleux de l’année.
De Foghorn à Enterré Vivant, retour sur les différents projets black métal et les covers qui l’ont fait connaitre sur Youtube.
Aujourd’hui je reçois la sculpteur Simone Pheulpin à l’occasion de son exposition “Simone Pheulpin plieuse de temps » au musée des Arts Décoratifs jusqu’au 16 janvier!
Mais avant, imaginez ses sculptures dans les salles du musée des arts décoratifs. Mêlées, le temps de l’exposition, aux collections permanentes du musée, ses sculptures, parmi d’autres objets, se distinguent par leurs couleurs, toutes écrues presque grèges.
Au premier regard, on croit reconnaitre un morceau de roche dans une œuvre, du lichen ou du corail dans une autre, sans jamais être totalement sûr de ce que l’on perçoit. En avançant vers les sculptures, en tournant autour, l’on peut finir par changer d’avis selon sa rêverie : voir une gangue, une spirale minérale puis se raviser encore pour l’hypothèse d’une créature qui se recroquevillerait sur elle-même.
Même la matière de l’œuvre est soumise au doute : serait-ce de la pierre ? de l’argile ? Et puis, tout bien considéré, est-ce véritablement le résultat d’une création de l’homme ou d’une femme en l’occurrence ou simplement celui d’un processus naturel ? Là encore impossible de le déterminer avec certitude. Le regard poursuit sa recherche en hésitant toujours… L’on croit discerner des formes organiques familières : des stries, des effritements de cette roche, des épaisseurs d’écorce, des calcifications, du corail fossilisé, des champignons, l’aspect mousseux du lichen…. C’est cela et ça n’est pas cela.
Intrigué par l’instabilité de la nature même des œuvres dont l’évolution se détermine en fonction de notre position face à elles, je me réfère, pour en comprendre la construction, au cartel. Il est inscrit : « plis de coton et épingles ». Loin d’apporter une explication, cette description engendre mon incrédulité. Me rapprochant au plus près, bravant la distance de sécurité qui déclenche rapidement l’alarme stridente en même temps que l’air réprobateur du gardien de la salle du musée, l’œil, maintenant à quelques centimètres, comme l’objectif d’un appareil photo, fait sa mise au point : je découvre enfin cette matière que m’indiquait le cartel, la moelleuse et chaleureuse trame du coton!
L’énigme ne s’arrête pourtant pas là : Comment l’artiste obtient-elle cette métamorphose de la matière et cette beauté des formes? Et comment un matériau si usuel que du coton peut-il conduire à la suggestion de tant de mondes possibles?
Simone Pheulpin fonde effectivement son art sur deux accessoires simples : des bandelettes de coton des Vosges dont elle est originaire et des aiguilles! La sculptrice procède par plis. Des milliers d’épingles qui maintiennent des milliers de plis…
Cela méritait quelques éclairages de l’artiste….
Christophe Pradeau, Françoise de Loisy (dir.), Simone Pheulpin, éditions cercle d’art, Paris, 2022.
When the saints go marching in Golden Gate Quartet
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Un vendredi par mois, de 14h à 15h, Stéphane Manet invite des experts et des penseurs pour débattre et échanger autour des questions du travail,…
Entouré d’une équipe de professionnels du secteur, il décortique les problématiques quotidiennes des travailleurs, des demandeurs d’emploi, des jeunes en insertion, pour tenter d'y donner des éléments de compréhension différents.
Stéphane reçoit chaque semaine des invités, bien souvent des chercheurs du monde des sciences humaines et sociales, tels que Didier Demazière, mais également des autres sciences ou de la philosophie, comme Étienne Klein, des politiques comme Benoît Hamon ou encore des invités de témoignage.