Cause à effet - Magazine du travail, de l'emploi et de la formation

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Cause à effet - Magazine du travail, de l'emploi et de la formation episodes

  • #35 – Les tiers lieux, des espaces alternatifs en Europe ?
    Contexte

    « Au cours des dernières décennies, de nombreuses initiatives citoyennes ont vu le jour en Europe, montrant au passage leurs divergences avec les habitudes de planification traditionnelle, et réussissant à intégrer dans la fabrique urbaine des besoins citoyens non formalisés. Ces initiatives de réappropriation d’espaces urbains ont souvent été vues comme des processus ouverts, porteurs de nouvelles valeurs et produisant des endroits de liberté, à contre-courant des logiques institutionnelles. Quand on étudie les prémisses de ces mouvements, on a souvent tendance à présenter ces initiatives sous un jour particulièrement optimiste, partant du principe qu’elles seraient dépourvues de dimensions institutionnelles ou de logiques de domination. Il apparait pourtant que l’institutionnalisation advient dans toute situation sociale qui se prolonge dans le temps, et ces initiatives n’échappent pas à la règle. Il s’agit alors d’explorer comment les initiatives citoyennes s’institutionnalisent, quels sont leurs processus d’évolution, et de montrer les effets de ces phénomènes sur l’action publique locale. On remarque alors que malgré ce phénomène d’accoutumance et d’institutionnalisation progressive, ces expériences d’appropriation d’espaces continuent à laisser place aux approches hétérodoxes et qu’elles gardent un certain degré de flexibilité, lorsqu’il leur faut faire face à des évènements inattendus. En conservant in fine des valeurs et des manières de faire alternatives, ces mouvements créent de ce fait des institutions alternatives. Alors, même si ces organisations paraissent avoir du mal à innover dans leurs dimensions institutionnelles et leurs gouvernances, les espaces qu’elles façonnent offrent des milieux propices à l’innovation pour leurs usagers, et constituent des sources d’inspiration pour les acteurs extérieurs, qui peuvent alors transférer à d’autres contextes les alternatives qu’ils y trouvent. »

    Ce texte est une traduction libre et quelque peu simplifiée par mes soins de la présentation de la thèse de doctorat en en planification locale et politiques publiques de Francesco Campagnari, soutenue à l’université de Venise, et intitulée Dé-centrées : les initiatives citoyennes entre institutionnalisation et innovation. Francesco Campagnari est aujourd’hui post-doctorant au centre d’études des mouvements sociaux à l’EHESS.

    Lien utiles
    • Le site de Francesco Campagnari
    • Common as third places, Michele Bee
    • Musiques
      • Low – More
      • Fleetwood Mac – Go Your Own Way
      • 52 min
      • #37 – Le droit et la ville avec Michèle Raunet, notaire
        Contexte

        « Le droit est trop humain pour prétendre à l’absolu de la ligne droite. Sinueux, capricieux, incertain, tel il nous est apparu – dormant et s’éclipsant, changeant mais au hasard, et souvent refusant le changement attendu, imprévisible par le bon sens comme par l’absurdité. Flexible droit ! Il faut, pour bien l’aimer, commencer par le mettre à nu. Sa rigueur, il ne l’avait que par affectation ou imposture. (…) Sous une telle lumière, il n’est pas jusqu’aux grands principes du droit qui n’apparaissent comme de simples recettes empiriques, conditionnées, limitées par la nature humaine – des idées, rien de plus, et que l’on aurait tort d’ériger en idoles. (…) Le droit est droit, dans doute, mais les hommes le plient dans tous les sens, le ploient à leurs intérêts, à leurs fantaisies, voire à leur sagesse. Flexible droit, droit sans rigueur. Faut-il, d’ailleurs, s’en lamenter ? Il est peut-être salutaire que le droit ne soit pas cette massue, ce sceptre qu’on voudrait qu’il fût… »

        Ce texte est tiré de l’introduction et de la conclusion du livre de Jean Carbonnier, Flexible Droit, Textes pour une sociologie du droit sans rigueur, paru en 1979 à la Librairie Générale de droit et de jurisprudence.

        Ces lignes posent la question du statut du droit, comme socle du contrat social soumis pourtant aux évolutions sociales et sociétales. A ce titre, la ville est un des champs où l’organisation de la société précède et parfois contredit le droit, qui doit alors s’adapter, à moins que des cadres adaptés n’aient déjà été prévus, mais encore faut-il les connaitre et savoir s’en servir…

        Pour en parler avec nous, j’ai le plaisir d’accueillir Michèle Raunet.

        Michèle Raunet est notaire, et Directrice Générale de Cheuvreux. Elle co-dirige le pôle Développement Immobilier de cette grande étude notariale, elle anime également la réflexion juridique au sein de l’Étude et en dirige le comité scientifique. Membre du Conseil Scientifique du GRIDAUH, ainsi que du collectif Nouvelles Urbanités, elle est Maître de conférence à l’université d’Aix Marseille.

        À l’oreille
        • Georges Moustaki – En Méditerranée
        • Astor Piazzolla – Oblivion
        • Pour aller plus loin
          • Le site internet de Cheuvreux
          • Jean Carbonnier, Flexible droit – Pour une sociologie du droit sans rigueur. 10e édition, Paris : L.G.D.J., 2001, hors collection, 496 p., (ISBN 978-2-275-02008-2)
          • Urbanime Transitoire – solutions juridiques, APUR, 2021
          • Article 544 et articles 711 et suivants du code civil
          • 54 min
          • #71 – Avec des passagères de l’usage
            Contexte

            Le projet de la Foncière Antidote est né il y a quelques années, pour combattre la propriété privée, en favorisant les propriétés collectives — qu’il s’agisse d’habitats ou de lieux d’activités, d’actions, d’expérimentations, — et cela en sortant les lieux, les espaces, les terres, des marchés du logement ou du foncier privé, et surtout sur la durée, pour de vrai, grâce à des baux emphytéotiques pouvant aller jusqu’à 99 ans.

            Les terres ou bâtis ainsi mises à l’abri de volonté d’enrichissement patrimonial, sont ensuite gérées par celles qui en ont l’usage — les passagères : parmi elles Julie et Marion qui ici nous parlent de cet outil.  A la fois dans la théorie de la structure de la foncière, mais aussi avec des exemples vivants tel celui de La Talvère qui, dans le Lot est un espace d’actions en milieu rural.

            Ce contrepoison, cet antidote à la maladie du comptage, de la division, de la discrimination, de l’héritage privé, … d’espaces qui doivent pouvoir rester collectifs à des petites échelles, a pris la forme d’un outil pour user / utiliser sans posséder et sans spéculer, pour lutter et soutenir une transformation sociale. Et des choses entourent la vie de cet outil, pour veiller à ce qu’il ne devienne pas une machine : des réflexions, des écrits — tels que le livre “Habiter sans posséder“, des conférences avec Isabelle STENGERS qui travaille sur les sens communs, etc. Le tout en se posant comme le font Marion et Julie, les questions sur l’entre-soi, sur la capacité à traiter les choses à un niveau national tout en restant à une échelle où les personnes ne connaissent et peuvent décider ensemble.

            À l’oreille musicale
            • CHARLES WRIGHT – Express Yourself
            • A-WA – Hana Mash Hu Al Yaman
            • ADREQI – Valse
            • D’autres sources inspirantes
              • des initiateurices de longue date sur la volonté de laisser le foncier à celleux qui y travaillent : Terre de liens
              • d’autres recherches dans le même sens, vers un réseau européen : la coopérative d’habitation, en France comme on l’a vu dans d’autres émissions avec la Fédération Habicoop ou en Allemagne –  Le syndicat MIETHAEUSER
              • 1 hr 9 min
              • #183 – Le P de RATP est-ce pour Parking Vélos ?
                Émission proposée en partenariat avec Weelz!
                En plateau – en studio – Dione Cordier

                Je ne sais pas vous… Moi, le truc qui m’ennuie le plus pendant mes différents déplacements à vélo c’est garer mon vélo. Le garer et l’attacher. Dans une ville comme Paris, les arceaux vélos, sont souvent bien chargés. D’ailleurs souvent ils sont chargés avec des vélos ventouses. Venez on fait quelque chose contre ses vélos ventouses. Qui pourrissent sur piloti. Qui occupent des places sur lesquelles on pourrait glisser notre bicloune.

                Il y a donc souvent cette petite aventure, “où gare-je mon vélo ?”. Bien entendu, au fil du temps j’ai développé une certaine conscience citoyenne. J’essaye de ne pas attacher mon vélo au mobilier urbain qui n’est pas prévu à cet effet. Souvent, ça finit comme ça, un calcul mental rapide “distance (et temps) perdu à tenter de trouver une vraie place vélo et la gêne de mon spad sur la voie publique sur la place que j’ai vue”… Mon vélo finit sur le mobilier urbain !

                Viennent alors les contorsions pour récupérer le U, les clés, glisser le câble dans les roues. Si en plus il pleut, qu’il fait nuit et 1 degré. C’est vraiment un moment que je n’aime pas. Sans compter l’espoir, un peu fou, de retrouver mon vélo à cette même place quand je reviens. Fermez les yeux et imaginez, un beau parking vélo, avec plein de places, sécurisées à chaque station de métro, de rer ? Vous imaginez le truc ? Si en plus, ces places étaient accessibles gratuitement pour les détenteurs d’un pass navigo ? Vous imaginez ? C’est la mission de notre invité du jour, Dione Cordier, son titre “chargé de projet développement des parking vélos. Son employeur ? La RATP. Allez parlons parking vélos au sein de la RATP. 

                L’agenda, quoi faire, que voir, que lire cette semaine
                • Mardi 29 novembre 14 à 16h Webinar proposé par le Cerama, le thème Tramway et aménagements cyclables, vers un nouveau référentiel. La cohabitation cycliste/tramway était l’objet du rayons libres 155 avec Florian Bonet
                • Viennent de se terminer la ChampionsLeague UCI de vélo sur piste, qui se tenaient à Saint-Quentin en Yvelines… Notez les bons résultats de…
                • Vendredi 2 décembre c’est le premier comité inter-ministériel vélo piloté par Elisabeth Borne…
                • La chronique d’Abel Guggenheim,

                  Comme toujours pour prendre le temps d’aborder les sujets différemment. Cette semaine il nous parle d’une émission de télévision dans laquelle il a remarqué quelque chose de particulier, différent de ce que l’on peut voir usuellement. Pour la visionner, filez là. Les tweets qu’il mentionne dans sa chronique sont ici et là.

                  MUSIQUE Shygirl – Shlut

                  Réalisation : Jérôme Sorrel / Montage final et mise en ligne : Olivier Grieco.

                  30 min
                • #36 – Quoi de neuf dans l’arrondissement de Ménilmontant ?
                  Contexte

                  Embellir le quartier Réunion-Père Lachaise, visibiliser les violences faites aux femmes, ouvrir un EPAHD, Installer des toitures d’écoles végétalisées, Réviser le plan climat, Distribuer des lombricomposteurs, subventionner des associations qui agissent en faveur des sans-abris, Féter l’obtention du brevet des collèges, racheter un terrain pour ouvrir un nouveau parc , faire découvrir les artisans et commerçants du quartier, rénover le quartier Python-Duvernois, agir contre l’isolement des personnes âgées des quartiers populaires, faire respecter le stationnement des trottinettes, devenir un Territoire Zéro chomeurs de longue durée, organiser Le bal des seniors, lutter pour qu’il n’y ait plus un enfant à la rue, accompagner la rénovation thermique des copropriétés, valoriser les invendus alimentaires, promouvoir le réemploi, réaménager la porte de Montreuil, ouvrir un nouveau stade et une jolie piscine, mettre fin au plastique à la cantine,…

                  Comme on peut le constater dans cette liste à la Prévert, les thématiques que j’ai citées sont pour le moins variées. Elles recensent une partie des actions menées par la Mairie du XXème arrondissement de Paris et postées sur son compte twitter en ce mois de novembre 2022.

                  Le 20e arrondissement, également appelé « arrondissement de Ménilmontant », se situe à l’Est de Paris. Troisième arrondissement parisien en termes de population, avec près de 200 000 habitants, son maire est depuis 2020 Monsieur Eric Pliez.

                  Pour aller plus loin
                  • Le site de Paris Habitat
                  • Quelques chiffres concernant le logement social à Paris sur le site de l’APUR
                  • À l’oreille
                    • Anne Sylvestre – Les gens qui doutent
                    • Tiken Jah Fakoly – Africain à Paris
                    • 54 min
                    • #02 – Le collectif Aztechno
                      En tracklist de cet épisode
                      • Structural Anomaly – Down
                      • F.E.M – Machine (feat. Wast)
                      • Ikon – Perspective
                      • David Phoenix – Side effects (Newcomer remix)
                      • Newcomer – Lambo (Nocide remix) – Sortie à venir
                      • AZT 01 – Foax (Live)
                      • Morceau de fin : Last Eko – Orbiter #1
                      • Références et infos utiles
                        • Le collectif Aztechno sur Soundcloud, Facebook et Bandcamp
                        • Prochaine soirée du collectif, le 09/12/2022
                        • 2 hr 27 min
                        • #162 – MAÎTRE DELACOUX
                          Au micro

                          Dans cette émission vous aurez la chance de prendre connaissance des conseils de MAÎTRE DELACOUX, avocate et mandataire d’artiste qui partagera ses tips pour l’accès au droit.

                          Pour des conseils ou même être accompagné en tant qu’artiste, il existe différents moyens gratuits ou payants qui permettent de mieux appréhender ses droits.

                          En plus d’avoir une expérience en tant que Manager, MAÎTRE DELACOUX prendra le temps de transmettre son savoir-faire et ses goûts musicaux.

                          1 hr
                        • #20 – Trans, désir, colère et altérité
                          Mémoire et lutte Trans – TdoR 2022

                          Partout dans le monde, des personnes sont assassinées parce qu’elles sont trans. Elles sont aussi poussées au suicide, enfermées, expulsées et abandonnées face à la pauvreté et aux épidémies. Le TDOR, c’est l’occasion de faire vivre la mémoire de celleux qui ne sont plus là.

                          Faire vivre cette mémoire, c’est nous donner de la force pour construire nos luttes

                          Bienvenue dans cet accords aux corps #20 consacré au TdoR 2022, Rassemblement du TDOR journée du souvenir Trans en hommage à toutes les personnes Trans décédées à cause de la transphobie. Le rassemblement a eu lieu ce dimanche 20 novembre à 17 heures métro Gambetta organisé avec la tolérance de la Mairie du XXe.

                          Vous allez entendre ici la quasi intégralité des interventions, des revendications, des douleurs exprimées lors de ce moment chaleureux, intense et très solidaire qui a rassemblé entre une à deux centaines de personnes. Ce n’est pas énorme me direz-vous ? C’est symptomatique car iels sont l’arbre qui cache la forêt, celle de toustes celleux qui souffrent et ou meurent de la domination, des outrages, punition, interdiction, agression, harcèlement, traumatismes lié au sexisme, à l’ostracisme, à l’oppression, au système.

                          Les personnes trans sont une niche minoritaire qui nous interpellent, grâce à la ténacité de quelques arbres qui en cache d’autres déjà abattus, blessés, déracinés, exilés, mutilés, et qui à moins que la société ne se transforme en profondeur, continueront leur lutte au risque de l’être à leur tour.

                          « C’est la vie perceptive de mon corps […] qui accomplit l’ouverture première du monde. » (Maurice Merleau-Ponty, Le Visible et l’Invisible, p. 60).

                          Après ces prises de parole libres et si vives, reçues de la communauté Trans, s’interrogeant sur la transphobie en Amérique du sud dont les chiffres des ravages sont plus élevés que nulle part ailleurs, notamment au Brésil, en Colombie, en équateur, au Pérou, dans l’ensemble de la partie amazonienne : Comment se passe la fabrication des corps et de l’altérité ? L’ethnologue anthropologue péruvienne Luisa Elvira Belaunde décrit, comme utlime protection contre la rabia – la colère, les rituels et pratiques sexuelles, somatiques, diètes, purges vitales, retraites, usage des plantes, éloignement, mise à distance, abstinence sexuelle et/ou asexualité, pratiqués par les communautés amazoniennes en lutte contre l’acculturation et l’exploitation sexuelle, la discrimination et la pauvreté, imposés par le colonialisme. En épilogue, sont donc évoqués ses travaux – Sexualidades amazónicas. Género, deseos y alteridades, 2018.

                          La lecture d’un court extrait du chapitre 2 de Stone Butch Blues de Leslie Feinberg, trans activiste américaine clôture l’émission. Ce roman culte des tout débuts du mouvement LGBT, est disponible enfin dans sa traduction française sur internet, et téléchargeable en ligne.

                          Belle écoute !

                          À l’oreille
                          • Linda demorrir DJ – Ambiance Disco #5 – 2018
                          • David Bowie – Moonage daidream -1972
                          • Bebe – No+llora
                          • Bendik Giske – live-at-le-guess-who-2021
                          • The Doors – Alabama song
                          • Pour aller plus loin
                            • Le site de Acceptess-T
                            • Le FLIRT – Front de libération transfem, collectif d’aide mutuelle entre jeunes femmes trans
                            • Le site du TDoR, Transgender Day of Remembrance
                            • Trans Murder Monitoring
                            • Les hystériques associées
                            • Le blog de Leslie Fainberg
                            • 1 hr 30 min
                            • Forêts, immensité fragile
                              À la rédaction en chef et à l’animation
                              • Philippe Lesaffre du Zéphyr
                              • Danae Moyano Rodriguez
                              • Luce Burnod
                              • En plateau
                                • Eli Favrichon, d’Envol Vert
                                • Carola Moujan, designer, artiste et chercheuse
                                • Martin Hallégouët de Bluedigo
                                • Jacques Tiberi du Low Tech Journal
                                • Contexte

                                  Dans ce numéro #03, nous allons vous parler du monde merveilleux des forêts ! Il faut s’y engouffrer pour apprécier qu’elles nous apportent. Faites le test, on y entre l’esprit occupé, on en sort l’esprit libéré, non ?

                                  Mais la forêt c’est bien plus qu´un espace de verdure. Les arbres, les forêts nous sont très utiles pour la ressource en bois. La fraîcheur de leur environnement est recherchée l’été.

                                  Mais ils sont de plus en plus fragiles : incendies, sécheresse, attaques parasitaires, canicule.

                                  Beaucoup d’enjeux donc, liés au changement climatique que nous aborderons pour commencer. Nous reviendrons ensuite sur ce que procure l’univers forestier aux humains en matière de bien-être. Puis nous échangerons avec Bluedigo, une jeune pousse qui œuvre dans le réemploi de mobilier. Une façon de limiter l’extraction de bois.

                                  À l’oreille
                                  • Lasdepik – Appel au feu
                                  • Prince wally – Walygator
                                  • Habillage : Vivre FM
                                    Moyens techniques Radio Cause Commune. Diffusion Aligre FM et Radio Cause Commune
                                    Merci à toutes les structures impliquées dans le projet et dans cette émission on citera notamment :
                                    • Franck Calis de LOCOBRAIN et Lucas Vuillod de Mediatico pour les images
                                    • Aymeric Poidevin de la Scoop des sales gosses pour le documentaire en cours de tournage sur notre aventure commune.
                                    • Swan du collectif DMT KORP pour la programmation musicale
                                    • 55 min
                                    • #136 – Des Sex Pistols à l’Intifada
                                      En plateau

                                      Raphaël Jerusalmy, écrivain, ancien élève de l’École normale supérieure (ENS), ancien officier du renseignement militaire israélien devenu négociant en livres anciens à Tel Aviv, s’est imposé sur la scène littéraire en quatre romans, après avoir quitté l’armée pour s’engager dans des actions éducatives et humanitaires. Dans une précédente émission, au printemps 2022, il avait présenté In absentia, son dernier roman paru aux éditions Actes Sud en 2022. Il nous parle cette fois Des Sex Pistols à l’Intifada (éditions Balland, 2020), un livre qui se révèle a posteriori comme la matrice de son œuvre romanesque.

                                      Contexte

                                      Des Sex Pistols à l’Intifada ! De l’ENS à Tsahal ! De l’armée à la littérature, tous les chemins ne conduisent pas nécessairement à Rome. S’agissant de Raphaël Jerusalmy, il serait plus exact de dire que tout le ramène aux livres, à la lecture et à l’écriture, aux livres anciens bien sûr et au Livre par excellence. L’histoire, on le sait, avance parfois par des chemins de traverse, le temps pour un individu de se forger un destin.

                                      Des Sex Pistols à l’Intifada, c’est d’abord le récit autobiographique d’un parcours, celui d’un jeune étudiant parisien de 1968 devenu officier des services secrets israéliens. La chronique d’un révolté qui n’a pas sa langue dans la poche et qui excelle dans l’art de la provocation. Il jubile à bousculer son auditeur ou son lecteur qui, perplexe, se demande comment se fait-il que ce brillant étudiant ne rêve pas de Che Guevara, mais lui préfère le visage d’un jeune soldat israélien vu un jour à la télé, perché sur son tank, en plein désert ? Issu d’une famille juive fuyant la Turquie et la Russie, ce fils de migrants intègre Normal’Sup, pour faire plaisir à ses parents, mais préfère de loin les nuits folles du Palace, l’originalité artistique et la créativité du mouvement punk. Il le dit sans détour, il doit beaucoup aux punks, un mouvement de révolte mal compris, assimilé à tort à la drogue, à la violence et au sexe, alors qu’il était l’expression non violente de la subversion, propre à la jeunesse, capable d’une grande force de conviction. Il doit aussi beaucoup aux rabbins, rencontrés un peu par hasard, dit-il, car dans sa famille on est laïc et non pratiquant. De la sagesse, voilà ce qu’il a gagné auprès des punks et des rabbins, deux autres écoles de vie, à côté du lycée Henri IV et la rue d’Ulm. Quant à la passion pour la bibliophilie, elle démarre très tôt et ne l’a jamais quitté.

                                      Si Raphaël Jerusalmy raconte volontiers quelques-unes des actions secrètes qu’il a menées aux quatre coins du monde, il précise avoir effectué son parcours militaire, si brillant fut-il, en « dilettante », sans jamais être dans la posture de l’individu embrigadé. Il a su garder son indépendance, fixer les lignes rouges à ne pas franchir. Liberté de jugement, esprit critique. Il questionne, il dit son désaccord, il s’inquiète. Lucidité oblige. Sans jeter le bébé avec l’eau du bain. La narration de son parcours militaire au sein de Tsahal se fait œuvre littéraire détruisant bien des idées préconçues sur l’armée, Israël mais aussi la littérature. Apollinaire, Villon, Maïmonide ne sont jamais loin, tout gravite autour d’eux. Si Des Sex Pistols à l’Intifada, est publié trente ans après qu’il quitté l’armée (devoir de réserve), le livre se révèle post festum comme la matrice de son œuvre romanesque, alors qu’il s’est imposé deuis longtemps déjà sur la scène littéraire. L’écriture y est une exaltation rabelaisienne de la force du langage, de sa vitalité, de la verve et du tonus. Souffle haletant du thriller, poésie du voyage, éloge du risque et de la prudence, goût de l’aventure, force épique et dérision. Humour, distance et engagement. Une vie, un parcours, un destin scellé par la parole, le langage, l’écriture et la conviction. Plus qu’une histoire d’amour, une preuve d’amour. A l’image de ces reliures anciennes dont l’auteur se délecte et qui donnent en offrande à chaque livre la forme destinée à le protéger et le parer.

                                      À l’oreille
                                      • Sex Pistols – God Save the Queen
                                      • Ennio Morricone – Pour quelques dollars de plus
                                      • Naomi Shemer – Lu Yehi
                                      • Pour aller plus loin
                                        • Raphaël Jerusalmy, Des Sex Pistols à l’Intifada. Confidences d’un officier israélien du renseignement, Balland, 2021
                                        • Raphaël Jerusalmy, In absentia, Actes Sud, 2022
                                        • Raphaël Jerusalmy, Sauver Mozart, Actes Sud, 2012, Prix Emmanuel Roblès 2013, Prix de l’ENS-Cachan 2013
                                        • Raphaël Jerusalmy, La Confrérie des chasseurs de livres, Actes Sud, 2013
                                        • Raphaël Jerusalmy, Evacuation, Actes Sud, 2017, Prix Amerigo Vespucci
                                        • Raphaël Jerusalmy, La Rose de Saragosse, Actes Sud, 2018
                                        • ET :

                                          • Radio Cause commune, Le monde en questions, n°114
                                          • 1 hr 15 min

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