Bien avant les images satellites, la certitude que la Terre est ronde s’est construite patiemment grâce aux observations, aux mesures et au raisonnement scientifique. À notre échelle, la surface terrestre paraît presque plane : la courbure est trop faible pour être perçue directement. C’est pourquoi la science ne s’appuie pas seulement sur ce que l’on voit, mais sur ce que l’on peut mesurer et vérifier. Sur quels éléments peut-on alors se fonder ? Les éclipses de Lune, les variations des étoiles selon la latitude ou encore l’observation de l’horizon constituent autant d’indices convergents révélant la courbure de la planète. L’expérience d’Ératosthène, astronome du IIIᵉ siècle avant notre ère, illustre la démarche : à partir de la mesure d’un angle d’ombre et de la distance entre deux villes, il calcula la circonférence de la Terre avec une précision remarquable. Depuis plus de deux mille ans, c’est cette accumulation de mesures qui fonde notre connaissance scientifique : la Terre est ronde, non parce que nous l’avons simplement vue, mais parce que nous l’avons démontré.