Et si un peuple pouvait habiter plusieurs lieux à la fois ? C'est l'une des questions au cœur de la thèse de Gwendoline Lemaître, dont la thèse a été distinguée par le Prix Michel Serres 2026. La chercheuse est partie en Géorgie auprès des Tush, un peuple de pasteurs déplacés dans les années 1930-1950, qui alternent depuis lors entre trois espaces très différents : leurs villages d'origine dans le Grand Caucase, les plaines où ils ont été réinstallés, et les steppes du sud où hivernent les troupeaux.Ce qu'elle y a découvert, c'est que ces trois lieux ne forment pas une alternance, mais un seul territoire vécu simultanément, à travers les aliments transportés, les plantes échangées, les morts qui voyagent avec les vivants. Et au centre de tout cela, les animaux : brebis, chiens, chevaux. Pour les comprendre, Gwendoline Lemaitre a croisé l'anthropologie avec l'éthologie, la science qui étudie le comportement animal, ouvrant ainsi un regard inédit sur ce que signifie habiter le monde ensemble.