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S'il y avait vraiment quelque chose de réductible à ce que l'on appelle l' « âme russe », André Markowicz en serait certainement un des meilleurs interprètes. Il est, à coup sûr, un des plus grands traducteurs des géants de la littérature qui construisent la Russie moderne.
Markowicz arrive sur les écrans radars en s'engageant dans le projet un peu fou de traduire tout l'œuvre de Dostoïevski, en dix ans. Un pari audacieux qu'il remporte sur lui-même et qui participe à faire de son éditeur, Actes Sud, un joueur conséquent de la république des lettres.
Le traducteur et poète est devenu, à sa manière, chroniqueur de guerre depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Tous les jours, il commente sur sa page Facebook l'actualité de ce conflit sombre qui a volé la vie à des centaines de milliers de Russes et d'Ukrainiens. Il estime que Vladimir Poutine doit être défait et « humilié ». Toute forme d'atermoiement et d'ouverture à une solution négociée ne ferait que consacrer la logique belliqueuse de Moscou.
Markowicz publiait le printemps dernier un petit essai aux allures de pamphlet, Et si l'Ukraine libérait la Russie?
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Le miracle des Trente Glorieuses reposerait-il un peu, beaucoup, sur la contribution active - et occultée- de scientifiques allemands, certains nazis, recrutés et très bien traités par les autorités françaises après la Seconde Guerre mondiale?
L'histoire de Paperclip, cette vaste opération américaine visant à siphonner les meilleurs cerveaux allemands au lendemain de la guerre, est très bien documentée.
Le légendaire père du programme spatial américain, Wernher von Braun, nazi patenté, membre du parti dès 1937 et inventeur du premier missile balistique, le V2, est accueilli à bras ouvert par ses parrains américains trop heureux de recycler son petit « fond de commerce ». La raison d'État ne connaît aucune morale!
Des milliers d'autres chevilles ouvrières du régime hitlérien vont refaire leur vie chez l'oncle Sam et contribuer à étendre son nouvel empire.
Cette histoire, on la connaissait donc assez bien.
Son pendant français était, à ce jour, plutôt ignoré.
Le scénariste et documentariste Michel Tedoldi est le premier à faire un travail d'investigation en profondeur et à documenter cette filière allemande qui vient très discrètement appuyer l'industrie française jusqu'au début des années soixante. Les secteurs de l'aéronautique, de l'automobile et de l'aérospatial sont particulièrement redevables de cette contribution « Made in Germany » camouflée. Le coq qui cache un aigle!
On comprendra les autorités de l'époque qui ne se vanteront pas trop de cette récolte qui aurait profondément choqué l'opinion publique.
« Un type comme Otto Ambros, c'est fabuleux. C'est un ingénieur qui travaillait à Auschwitz, c'est lui qui a mis au point le Zyklon B.
Donc il est responsable directement de l'anéantissement de centaines de milliers de personnes ?
Et ben, on l'a embauché. Après, les Américains l'ont réclamé. Pendant 2 ans, on l'a embauché, il a travaillé avec les Français. »
Tedoldi estime que de 4 à 5 mille scientifiques, ingénieurs et techniciens allemands ont participé à faire carburer les industries de pointe françaises après la guerre.
Une histoire fascinante racontée dans le livre Un pacte avec le diable, publié aux éditions Albin Michel.
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Charles Gave est un économiste, financier et essayiste français. Il fait une importante partie de sa carrière en Angleterre et à Hong-Kong avant de rentrer chez lui, en France, il y a quelques années. Il y fonde l’Institut des libertés, un think tank très ouvertement libéral, courant de pensée qui tranche dans le paysage français.
Son essai, Des lions menés par des ânes, dénonce dès 2001 les politiques monétaires européennes et leur principal outil, l’Euro. Dans un texte récent, Charles Gave mettait en garde contre une détérioration rapide des conditions économiques et démocratiques aux États-Unis en 2024, pays sur lequel planerait une menace de « guerre civile ».
Il estime aussi que la dette publique, partout en Occident, met en danger les actifs immobiliers et leurs propriétaires. Nous serions bientôt taxés comme des citrons pressés pour éviter la banqueroute de nos gouvernements. « Le problème avec votre maison, c’est qu’elle ne peut pas prendre le train! » Pourrions-nous être les otages de notre patrimoine dans un contexte de crise budgétaire prononcée? Les indices sont peut-être à chercher dans nos comptes de taxes récents.
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Si les humoristes sont très souvent les baromètres de la température sociale et politique, Guy Nantel est l’un de ceux qui dépeint le mieux les travers de la société québécoise depuis une trentaine d'années. Son regard de documentariste et d'observateur a sans doute beaucoup été entraîné par sa participation à l'émission de Radio-Canada, La Course destination monde, en 1993/94. Même s'il remporte cette sympathique compétition, Nantel choisit plutôt le "stand up" comme véhicule pour raconter le monde.
Son humour, très politique, s'inscrit dans le sillon tracé par le grand Yvon Deschamps. En 2020, l'humoriste prend le risque de perdre son sens de l'humour en briguant la chefferie du Parti Québécois. La campagne n'est pas un succès mais lui inspire son plus récent spectacle; Si je vous ai bien compris, vous êtes en train de dire…
Guy Nantel est aussi l'auteur de deux essais, Je me souviens...de rien et Le livre offensant.
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Les miracles sont entêtés! Voilà tout le problème qui confronte les esprits cartésiens, rationnels et généralement athées qui cherchent à démonter la mécanique du miraculeux.
Même les autorités ecclésiastiques semblent manquer de ce petit supplément de foi et hésitent toujours beaucoup avant de crier aux miracles. Une manière probablement de protéger la marque.
Dans son dernier livre, L'insolence des miracles, Didier Van Cauwelaert fait le pari de nous déciller les yeux en nous exposant à des phénomènes inexpliqués qui continuent de bluffer la science moderne, ce que l'on pourrait décrire comme des ...heu...miracles!
Lourdes et ses eaux guérisseuses, le Suaire de Turin, une religieuse vue à deux endroits en même temps, le corps du Padre Pio qui refuse de se décomposer quarante ans après son enterrement, autant d'histoires qui échappent au registre du monde "normal".
Didier Van Cauwelaert s'inscrit directement dans la tradition de Charles Fort et du célèbre Matin des magiciens de Jacques Bergier et Louis Pauwels. Romancier prolifique, il est gagnant de nombreux prix littéraires, dont le Goncourt en 1994. Il a aussi publié un fascinant Dictionnaire de l'impossible, préambule sans doute nécessaire, à l'exploration de ces miracles insolents!
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Saviez-vous que le sociologue, franc-tireur de l'actualité, l'abonné aux tribunes de débat et sérieux chroniqueur au Figaro chante Astérix est là en se rendant vers les plateaux de télé? Oui, la chanson de Plastic Bertrand, pur jus 1985. Vintage! Les paroles sont importantes, révélatrices peut-être? « Ça va faire mal, ça va cogner la bagarre. Seul contre les Dieux, contre l'odieux César...» Mathieu Bock Côté serait-il alors l'Obélix du commentaire politique, véritable menhir de la résistance face aux légions wokes qui menaceraient la civilisation?
Chose certaine, le brillant essayiste livre maintenant le combat chez les Gaulois, terre féconde de la résistance à ces "invasions barbares" contre lesquelles il n'a de cesse de nous mettre en garde. Franz Olivier Giesbert disait du sociologue québécois que sa « fusée était montée très vite » dans le ciel français. Pourrait-il choisir de ne plus jamais atterrir chez lui, au Québec? Dans l'entretien, MBC dit redouter « devenir étranger dans son pays »… le Canada. À choisir, il fera donc le pari de Paris si la fenêtre référendaire devait se fermer pour de bon.
Au menu de cette conversation riche; l'extrême droitisation de ceux qui ont une parole dissidente, la délation qui devient vertu, la tyrannie de la technocratie ET la quête de gloire! Il publiait cet automne, Le totalitarisme sans le goulag.
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Monia Chokri amorce d’abord sa carrière au cinéma comme comédienne. Les réalisateurs Xavier Dolan et Denys Arcand lui donnent, rapidement, une vitrine hors Québec. Son talent est alors vite remarqué par la critique. Son appétit créatif n’est pourtant pas complètement satisfait. Elle passe de l’autre côté de la caméra en 2013 en signant un premier court métrage, Quelqu’un d’extraordinaire. Le film remporte une quinzaine de prix.
Lucide, elle mesure l’ivresse qui vient avec son nouveau rôle ; « On se prend pour Dieu. On invente un monde à soi. » Naviguant entre la France et le Québec, la réalisatrice ne cultive pas la grosse tête. « Le seul moyen de se préserver du succès ou de l’échec, c’est le travail. » Son dernier film, Simple comme Sylvain, a été présenté à Cannes et jouit d’une belle diffusion sur les écrans du monde.
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Cette prophétie n'est pas celle d'un observateur distant, c'est le grand réalisateur québécois Denys Arcand qui le dit lors de son passage à Contact. Il ne se veut pas pessimiste mais plutôt réaliste, peut-être un peu fataliste aussi, comme il l'a souvent été tout au long de sa carrière. Derrière les scénarios qu'il signe, la sensibilité du documentariste aux bruissements de l'époque n'est jamais très loin. Le wokisme, la peur des mots, la censure, la décolonisation, rien n'échappe à son regard attentif dans Testament, son dernier film. Après un succès au box-office québécois, il a été accueilli très favorablement par la critique française. À 82 ans, le réalisateur du Déclin de l'empire américain, des Invasions barbares et du Confort et l'indifférence, goûte aux doux plaisirs de la vie accomplie. Une sérénité qui lui donne une rare liberté de parole. « À mon époque, si je m'étais plaint de mon professeur, j'aurais été congédié, moi, de l'université. Alors que là, c'est l'inverse. C'est le monde à l'envers. »
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Le prévisionniste François Trahan persiste et signe, il maintient ses hypothèses faites en début d'année sur la rapide détérioration de l'horizon économique dans toutes les grandes économies. « Ce sera l'histoire de 2024. » Les embellies sur les marchés boursiers au cours des derniers mois ne sont que des illusions qui émoussent la vigilance des investisseurs selon lui. « Je m'attends à ce que ce soit potentiellement le plus gros événement économique de ma carrière. »
Économiste principal chez Bear Stearns, il avait choisi de quitter la grande banque avant son effondrement dans la foulée de la crise des subprimes en 2008-2009. En mai 2000, il était l’un des seuls à recommander de vendre Nortel et les titres technos dopés par une puissante bulle spéculative. François Trahan a longtemps été considéré comme l’un des meilleurs prévisionnistes de Wall Street et a été nommé au Temple de la renommée des stratèges de la finance. Son indépendance lui donne aujourd'hui les moyens d'avoir une « candeur » rarissime.
Au menu de l’entretien, l’inflation, les taux d'intérêt, la crise de la dette et la corrélation inquiétante entre toutes les grandes économies. Trahan en explique l'impact sur les marchés boursiers et assaisonne le tout de quelques commentaires sur les maîtres du monde : les banquiers centraux!
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Il fut une époque où les crânes des plus grands génies étaient dérobés dans l'espoir de comprendre le fonctionnement de leurs cerveaux. Dans son dernier-né "Les Alchimies", Sarah Chiche déjoue les codes du thriller et de l'essai en mélangeant la fiction et le vrai mystère de la disparition du crâne du grand peintre Francisco de Goya décédé en 1828.
Révélée au grand public avec Les Enténébrés et Saturne, l'autrice change légèrement de registre pour ce cinquième roman aux allures... picaresques!
Un de mes coups de coeur de la rentrée littéraire.
Dans notre entretien, Sarah Chiche raconte comment elle décapitait ses Barbies à l'âge de quatre afin de voir ce qu'elles avaient dans la tête!
Une obession qui annonçait le futur roman ou peut-être, simplement, sa vocation de psychanalyste et de psychologue clinicienne?
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Stéphan Bureau mène de longs entretiens avec des invités qui pensent, créent ou façonnent notre monde. Dans l’air du temps sans être dans l’actualité brûlante, Contact se veut une tribune plurielle…

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