
Sign up to save your podcasts
Or


À quoi ressemblera le futur de l’Internet ? La réponse à cette question plus complexe qu’il y paraît, jaillira sans doute de la conférence Inspirations Marketing 2022, organisée par Comundi et stratégies, à laquelle Visionary Marketing est associée comme partenaire média. Je me suis entretenu avec Noël Cambessedes, président fondateur de Comptoirs, qui y interviendra le 30 juin à 16 h. Le sujet de cette intervention s’annonce passionnant : comment imaginer des produits et développer des marques répondant aux enjeux de demain ? Parmi ces enjeux, il y a le fameux Web3. Ce Web3 dont nous avons déjà débattu et sur lequel nous n’avons pas fini de revenir dans ces colonnes. Zoom sur ce sujet avec Noël dans ce billet et un podcast associé.
Le Web3 (ou 3.0), c’est un peu retour vers le futur puisqu’il y a à peu près dix ans, on en parlait déjà.
Le Web sémantique, parfois appelé Web 3.0, est une extension du World Wide Web par le biais de normes [1] établies par le World Wide Web Consortium (W3C). L’objectif du Web sémantique est de rendre les données Internet lisibles par machine
À l’époque c’était sensé être le Web sémantique, donc un Web plus orienté sur la compréhension de son contenu par des machines, enfin en principe, car on n’en a jamais vu la couleur.
La notion de réseau sémantique a été initiée dans les années 60, et ce concept• a ressurgi un demi-siècle plus tard, mais ce Web 3.0 n’a jamais vraiment vu le jour, comme l’a indiqué le fondateur du Web en 2013 dans un papier sur Scientific American. Les microformats ont fini par jouer ce rôle.
Le terme a disparu… puis il est revenu, quelque peu modifié. De Web 3.0 il est devenu Web 3… Finalement, ce Web3-là n’a plus rien à voir avec le Web sémantique, c’est devenu complètement autre chose.
Un rapport de Gartner paru le 24 février 2022 a précisé ce qu’il y a derrière ce buzzword 3.0. Voici ce qu’en dit l’analyste américain.
Gartner poursuit ainsi en prédisant :
Ils ne se mouillent pas trop. Personnellement, je ne comprends pas pourquoi on n’a pas nommé ce « nouveau » concept Web4. Tant qu’on y était, on aurait pu acter la mort du Web 3.0 et passer à l’itération suivante.
La conclusion du rapport est qu’il s’agit bien d’une nouvelle ère de l’Internet qui s’ouvre, mais qu’on ne verra pas arriver avant une dizaine d’années. D’une part, les entreprises vont être un peu lentes à adopter tout cela, et d’autre part les entreprises centralisatrices vont faire un peu de résistance.
Voilà pour la définition et le factuel, passons maintenant au résumé de ma discussion avec Noël, l’intégrale de cet échange étant consigné dans le podcast joint à ce billet.
« C’était le chaînon manquant. Plusieurs auteurs ont travaillé là-dessus avec les fameux quatre piliers de la civilisation, le premier étant la technologie, puis les nouvelles règles sociales, une nouvelle culture, le quatrième un nouveau règlement politique » explique Noël.
Le Web 3 est décliné de la blockchain : les cryptomonnaies, les NFT, et par extension, le métavers
« Aujourd’hui, la blockchain est utilisée par les grandes entreprises sur un ensemble d’outils. De nouveaux arrivants se sont blockchainisés. Certaines places de marché entrent dans la danse et toutes les banques ont lancé des produits et utilisent la blockchain au quotidien » poursuit le fondateur de Comptoirs.
La blockchain permet de nouveaux modèles économiques, mais aussi l’émergence de nouveaux outils
Pour le Web3 c’est un peu plus complexe que pour les versions précédentes nous explique Noël Cambessedes :
« La première fois qu’on s’est connecté sur Internet, on a compris qu’on allait accéder à des informations. La première fois qu’on a reçu un mail, on a compris qu’on pourrait s’envoyer des messages, et la première fois qu’on a créé un compte sur Facebook, c’était extrêmement intuitif.
Cela l’est beaucoup moins pour le Web3 et c’est une des raisons pour laquelle Gartner donne une durée de dix ans », souligne Noël.
Aujourd’hui le Web3 est encore réservé à des gens qui n’ont pas peur de la techno pour progresser
Tous les secteurs ont été touchés par le digital et tous les secteurs seront touchés par le Web3
« C’est maintenant qu’il faut s’y mettre en se disant : ‘Mais globalement, quels sont les enjeux, comment ça va me toucher et qu’est ce que je veux y faire ?' » explique Noël.
Grâce aux smart contracts, on est capable d’accélérer le mouvement du crowdfunding.
Il y a un impact potentiel sur tous les métiers en B2C où il y a des communautés de consommateurs
« Je prends l’exemple du financement du cinéma à travers des NFT », poursuit Noël Cambessedes.
« On peut s’adresser aux fans des acteurs de réalisateurs, leur promettre grâce aux Smart contracts des parts sur les futures recettes du film, donc ils deviennent investisseurs.
C’est un nouveau business modèle, c’est le public qui va financer les films
Aujourd’hui, transférer de l’argent à l’étranger, par exemple, reste extrêmement complexe. La blockchain propose une solution beaucoup plus rapide, beaucoup moins chère et bien plus immédiate.
La blockchain va simplifier les tâches et faire naître de nouveaux services.
« Avec la blockchain il est possible d’attribuer des parts non sur l’entreprise, mais sur l’activité. De ce fait, tous les sujets de transformation peuvent être autofinancés » explique Noël.
L’application de la blockchain dans les banques permet la sécurisation et l’archivage et des temps de traitement améliorés
« On est un peu perturbés parce qu’on ne retrouve pas les vieux schémas de fonctionnement », ajoute à juste titre Noël. Mais à terme et selon lui, c’est à une véritable révolution que nous assistons. Espérons qu’il ne s’agisse pas d’un emploi abusif de ce terme comme cela est arrivé trop souvent par le passé.
Il faut toujours rester humble face aux innovations
« Il faut surtout rester curieux et positif et c’est ça le plus important » conseille Noël Cambessedes, car « au-delà de tout ce qu’on est en train d’inventer et de vouloir faire, l’important est d’être heureux. Et je pense que ces nouveaux outils peuvent nous aider à être plus heureux ».
Voilà sans doute l’idée du Web3 (le nouveau, pas l’ancien), redécouvrir un Web décentralisé et sorti de l’emprise de ses géants du numérique, un Web plus humain, plus sécurisé et plus inclusif. On ne pourra qu’être d’accord avec cette vue, même si Gartner a émis des réserves.
Et dans ces bouillonnements technologiques, il va falloir aller de l’avant comme l’explique Noël dans sa conclusion :
Le sujet, c’est de faire le premier pas. Et si vous partez dans une mauvaise direction, vous arriverez quand même à bon port, car vous vous serez mis en mouvement.
Voilà une bonne conclusion. Il faut rester humble face à l’innovation. Innovons, innovons, il en restera forcément quelque chose. Nous vous donnons rendez-vous à Inspiration Marketing le 30 juin à 16 h.
The post Web3 : à quoi ressemblera l’Internet du futur ? appeared first on Marketing and Innovation.
À quoi ressemblera l’école du futur ? Pour le savoir, j’ai posé la question à mon ami Philippe Dewost, directeur général de l’Epita, qui vient de publier De mémoire vive – une histoire de l’aventure numérique. Sorti aux éditions Point de bascule il y a quelques mois, son livre est préfacé par Cédric Villani. Il y parle du futur de l’éducation et de la place du digital dans les programmes. Un tirage à part de 42 exemplaires numérotés certifiés par NFT est même accessible ici. Le produit de la vente en sera reversé à des associations de l’Epita travaillant au service des plus démunis autour du site de l’école au Kremlin-Bicêtre. Lors de cette interview, nous avons notamment balayé les différents impacts de la technologie, sans oublier le fameux métaverse, dont Philippe pense qu’il est encore du domaine du fantasme.
Une révolution est ce qui sépare un avant et un après. Ça ne peut pas être quelque chose de continu, même si le fruit de cette révolution numérique est un changement continu
Le numérique n’a aucun secret pour Philippe. Co-fondateur de Wanadoo, il connaît tous les recoins de la technologie, pour avoir longuement exercé dans ce domaine.
Nous nous croisons régulièrement depuis plus de 20 et c’est toujours avec intérêt — et aussi beaucoup d’admiration — que je suis le parcours de Philippe depuis ces temps préhistoriques. Une carrière véritablement impressionnante, il suffit de jeter un œil sur son profil LinkedIn pour s’en rendre compte.
Depuis octobre 2021 il est directeur général de l’Epita, la grande école d’ingénieurs bien connue et il a sorti un livre dans la foulée. Je l’ai donc contacté pour témoigner sur ce nouvel ouvrage et, avec sa gentillesse habituelle, il a accepté de passer dans nos locaux pour enregistrer ce podcast.
Si selon Philippe, nous ne sommes « plus dans une révolution numérique » qui est derrière nous, « c’est l’ensemble des conséquences de cette révolution, que nous sommes plus ou moins préparés à gérer et à mettre en place ».
« La plupart des métiers qui seront pratiqués dans quinze ans restent encore à inventer*. En revanche, le socle sur lequel ils reposent est déjà là », nous dit-il. Alors comment allons-nous réinventer l’école qui y préparera ? Je laisse Philippe répondre à cette question.
Philippe Dewost situe le point de bascule autour de 2007 :
Si la révolution digitale est achevée, nous avons maintenant à entreprendre l’emploi et l’agencement de tous les outils dont nous avons hérité. Encore faut-il que l’on comprenne à quelles fins on les met en œuvre
Le seul moyen de comprendre comment y arriver est « de prendre un minimum de recul et de se poser la question de savoir pourquoi ces outils ont été créés et sont comme ils sont ».
« Quand j’ai commencé à écrire ce livre, je me suis aperçu qu’il existait des monographies extrêmement complètes de l’histoire des protocoles de communication en réseau de 1970 à nos jours, des monographies très complètes de l’histoire du silicium ou de l’histoire de la Silicon Valley, mais très peu de tableaux synoptiques revisitant ces trente dernières années par grandes périodes, éclairant un sujet, un enjeu, avec toujours cette question : comment — ou plutôt pourquoi — en sommes-nous arrivés là ? », explique Philippe.
Toute la question qui est devant nous est : quelle est la réponse la plus adaptée à la révolution numérique ?
La pandémie a subitement fait sauter le verrou culturel et permis d’envisager, parce qu’on n’avait pas d’autre choix, d’utiliser cette technologie pour déployer l’enseignement à distance, et fait basculer l’école dans un modèle beaucoup plus individualisé.
L’École du futur doit trouver dans chaque domaine et pour chaque type de formation un dosage unique entre :
Une partie de la pédagogie passe par la présence, par le regard, par l’interaction avec une salle. Les conférences Zoom ou les formations sur mesure sur Teams privent les participants de l’émotion.
L’émotion prend une part non négligeable dans la capacité de transmission, et notamment dans la capacité que le pédagogue à d’inspirer ses étudiants pour les mettre en mouvement et les rendre durablement curieux, souligne Philippe.
On ne crée pas la soif d’apprendre uniquement avec une vidéo. En tout cas, on la créera de manière beaucoup moins efficace et beaucoup moins profonde
Tout est une question de dosage.
Toutes les écoles dans lesquelles on ne fait que du projet vont produire « des étudiants qui sauront faire », mais qui n’auront pas nécessairement le recul suffisant sur ce qu’ils font.
La technologie permet de faire exploser les frontières et de faire intervenir des professeurs répartis dans le monde entier.
Des modèles d’écoles très intéressantes émergent sur ce type de sujet. Elles peuvent aussi s’affranchir de régulation nationale ou territoriale. La grande difficulté sera de savoir quel type de diplômes elles délivrent : quelle reconnaissance sera accordée à ces diplômes et comment réagiront les instances de régulation au fait que la valeur d’un diplôme puisse leur échapper ?
On voit émerger aussi des écoles qui permettent à des groupes multiculturels de se constituer autour de projets.
La vraie question est de savoir quelle est la valeur dans la durée. Il y a aussi quelque chose d’important dans certaines écoles : certains élèves choisissent certaines écoles notamment en raison de la puissance du réseau d’anciens auquel ils vont accéder.
C’est très criant dans le cadre des très grandes universités américaines de l’Ivy League, c’est tout à fait pertinent aussi dans le contexte de l’Epita, souligne Philippe. » Nous avons un réseau de 8 000 anciens qui sont répartis sur toute la planète, et qui fonctionnent en réseau, puisque c’est une école dans laquelle on fait des computer sciences et qu’il y a notamment la maîtrise des réseaux de télécoms sans lesquels tout ça n’existerait pas « .
Il est trop tôt à son avis pour juger de la force ou de la puissance d’un réseau qui s’est constitué avec les outils formidables que sont les réseaux sociaux, mais dans lesquels la dose entre ce qui est incarné et ce qui est dématérialisé n’a pas assez de recul pour savoir quel est le réglage de curseur qui répondra aux attentes des étudiants qui rejoignent ces écoles.
Il y a deux raisons à cela.
Le plus lent n’est pas la technologie, mais la capacité d’absorber de manière culturelle ces innovations.
La deuxième chose est propre à l’enseignement. Enseigner prend du temps, enseigner un corpus de savoir-faire ou de compétences n’est pas nécessairement compressible.
Autant il est possible de rendre asynchrone l’enseignement, autant il est illusoire de former un expert dans un domaine en deux semaines
Une école fonctionne sur des cycles annuels. Chaque année, il y a une rentrée, un moment d’intégration des nouveaux étudiants et ensuite un déroulé de projets et de cours qui ne sont pas agencés par hasard.
Tant qu’on n’a pas les fondamentaux dans certains domaines, on ne peut pas valablement réaliser les projets.
Réciproquement, on ne peut pas apprendre et découvrir des notions théoriques si l’on n’a pas mis les mains dans le cambouis digital avant.
Tout cela conduit à un cycle annuel. Le retour d’expérience ne peut se faire également que sur un rythme annuel.
Autant le digital va très vite sur le plan des outils, autant sur le plan de l’apprentissage et de la formation, c’est comme les cycles de la nature : il y a des saisons, des moments où des choses germent, des choses poussent, des choses se récoltent. Il y a des cycles incompressibles.
Cela est cadré par l’ensemble des réglementations européennes et françaises qui définissent ce qu’est la formation supérieure, ce qu’est l’enseignement supérieur, ce qui constitue un diplôme.
On ne peut pas aujourd’hui avoir un diplôme d’ingénieur si on n’a pas reçu un minimum d’enseignement en sciences humaines et sociales, d’apprentissage de ce qu’on appelle « les soft skills ».
C’est une chose de savoir développer du logiciel, de savoir coder, mais c’en est une autre d’être capable d’expliquer à un client ce qu’on a fait, d’être capable de manager une équipe
C’est bien d’être un très bon développeur logiciel. Mais il est indispensable aussi d’avoir intégré au cours de sa formation une capacité à interagir avec les autres, et notamment avec ceux qui sont moins doués que soi. Le monde du logiciel vu de l’extérieur est resté encore sur l’image des joyeux hippies de la Californie des années 70. Le tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, n’est pas complètement vrai.
C’est un monde ultracompétitif, ultra darwinien, dans lequel vous êtes au bout de quelques semaines qualifié de génie ou de tocard. Vous devez faire coopérer des gens ensemble sur des projets complexes, car tout ne peut pas être fait à partir d’un seul développeur. Quand vous devez coopérer avec d’autres personnes, y compris des gens qui sont plus doués ou moins doués, vous devez apprendre à gérer les interactions entre des humains qui sont nécessairement imparfaits.
Ces fameuses soft skills sont toute la dimension du management. C’est déjà pris en compte dans les écoles. L’enseignement au lycée et l’enseignement supérieur en général a besoin de mettre une petite dose d’une composante qui est souvent très absente de ces enseignements, qui est celle de l’histoire.
Seule l’histoire vous donne du recul et vous permet d’embrasser le contexte plus général dans lequel ont été faits les outils que vous utilisez et vous permet de vous projeter
Steve Jobs est connu notamment pour avoir utilisé à plusieurs reprises cette formule » connecting the dots « . Il disait en termes de marketing que les clients ne savaient pas ce qu’ils voulaient. Mais il disait aussi qu’il fallait proposer à l’utilisateur des technologies, des services, des interfaces, qui soient en continuité avec ce qui avait été connu auparavant.
L’avènement du multitouch sur les écrans n’était pas pensable sans avoir pris en compte auparavant toutes les tentatives d’interaction qui avaient été faites, notamment via les claviers. C’est la grande époque du BlackBerry, pour ceux qui s’en souviennent. Ces différents moments de l’histoire des technologies s’enchaînent. Il y a un lien entre chaque étape, et innover, c’est prolonger ce lien, parfois en lui faisant subir une inflexion radicale. Mais le point précédent reste connecté.
C’est une question complexe, car cela n’est absolument pas stabilisé, souligne Philippe. Le métavers est devenu un fantasme collectif cristallisé autour de quelques géants des technologies numériques.
Cela suppose l’avènement d’outils qui sont en gestation, mais dont la fluidité d’usage n’est pas encore complètement là, et cela nécessite du temps. Entre le moment où Facebook se renomme en méta, il y a quelques semaines, et le moment antérieur où ils ont racheté Oculus pour commencer à travailler sur les casques de réalité virtuelle, il s’est écoulé plusieurs années.
On en est au stade du fantasme. Beaucoup de sociétés explorent les possibilités et on est dans une phase de défrichage
Il y a déjà eu des tentatives précédentes, comme Second Life, qui ont échoué pour plusieurs raisons, dont une qui était que la technologie n’était pas suffisamment fluide et suffisamment immersive pour le permettre.
Le métavers c’est aussi la capacité d’effectuer des transactions dans ces univers parallèles, au moyen notamment des cryptomonnaies et de leur dérivation que sont les NFT. C’est une révolution radicale, qui elle aussi est en gestation depuis fin 2008 – début 2009 avec le Bitcoin.
C’est une révolution radicale, car c’est la première fois qu’on vient poser sur une infrastructure qui est Internet, quelque chose qui lui est totalement antagoniste.
Internet, si on résume, est une machine à copier de l’information à coût marginal nul. Or, dès que vous voulez faire des transactions, vous avez besoin au contraire de vous assurer de l’unicité de ce qui fait la transaction, que ce soit la contrepartie monétaire ou que ce soit l’objet qui est échangé dans la transaction. S’il n’est pas unique, vous avez un problème.
Sur un plan anthropologique, le métavers va permettre des choses extraordinaires dans un très grand nombre de domaines qui ne sont pas encore bien circonscrits ou bien identifiés. Il y a d’autres domaines dans lesquels le métavers ne pourra pas se substituer à ce qui fait le caractère incarné, physique, de l’interaction sociale et de la présence.
Les réseaux sociaux ont permis de créer du lien à distance, surtout dans le temps, et ont permis de rendre des personnes familières les unes aux autres alors qu’elles ne s’étaient pas vues très souvent.
De la même manière, l’interaction entre deux personnes qui se voient régulièrement, même de manière intermittente, la qualité de présence n’est évidemment pas la même.
Dans le monde de l’éducation, la qualité de présence des étudiants les uns aux autres et les échanges entre les étudiants et leurs assistants jouent un rôle important.
Des étudiants de l’Epita proposeront certainement de faire des simulations de piscine dans le métavers, souligne Philippe. Ce serait assez drôle à imaginer. La piscine se substituera-t-elle complètement dans sa version virtuelle à ce dont les étudiants font l’expérience ?
Une piscine à l’Epita à la rentrée est un moment extrêmement intense dans lequel tous les étudiants sont au même endroit, devant des machines identiques. La salle Cisco par exemple permet de travailler en écoutant de la musique, alors que dans d’autres il n’y en a pas. Les affinités se créent entre étudiants, par le fait qu’ils sont côte à côte en train d’affronter leurs projets sur des plages horaires étendues, qu’ils testent leurs limites, y compris leurs limites physiques, leur résistance à la fatigue.
Le but de la piscine dans son intensité n’est absolument pas d’épuiser les étudiants, précise Philippe, mais de leur apprendre à atteindre leurs limites physiques, de découvrir qu’ils ne sont pas tous égaux face à la fatigue. Certains ont besoin de deux heures de sommeil par nuit, d’autres de 8 heures.
L’important est d’identifier ses limites et d’apprendre à les gérer. Vous ne le faites pas avec une qualité et une proximité identiques si vous n’êtes pas localisés pendant une période très intense dans la même salle
L’avenir nous dira si ce fameux métavers nous apportera des innovations dans ce domaine ou si, finalement, on restera dans le mode hybride qu’on connaît aujourd’hui.
* notons quand-même que tout le monde n’est pas d’accord sur ce chiffre comme le démontre ce billet de Forbes. Certainement qu’il y a là matière à un nouveau billet.
The post L’école du futur décrite par un pionnier de l’Internet appeared first on Marketing and Innovation.
L’impact de l’essor du télétravail sur les espaces de bureaux a été très net : jusque 35 % de surfaces gagnées. De quoi accélérer la tendance, largement antérieure à la crise du Covid, de la transformation des bureaux et des modes de travail. C’est ce que nous explique Antoine Prettre, directeur du département réalisation et conception du groupe Global. Antoine travaille plus particulièrement sur des sièges sociaux, principalement sur l’Ile-de-France. Son cœur de métier est l’aménagement d’espaces tertiaires, particulièrement pour des entreprises traditionnelles. De ce fait, son témoignage, capturé dans les locaux de l’entreprise à Pantin, est particulièrement intéressant, car il nous débarrasse du biais de l’analyse de l’impact du télétravail par les sociétés du secteur de la haute technologie.
Impact du télétravail et évolution des espaces de bureaux
L’aménagement d’espaces de bureaux a énormément évolué ces dernières années, et la crise du Covid a accéléré cette transformation.
Le télétravail génère entre 15 et 35 % d’économies de surface
Ces espaces économisés vont être dédiés à d’autres activités, amèneront les entreprises à déménager ou à travailler sur d’autres sujets.
« Les bureaux très classiques, où un espace répond à une fonction et où on se cantonne à quelques espaces, le bureau, la réunion ou la circulation, se sont complètement transformés » nous explique Antoine.
On tend maintenant à couper la journée en différentes tâches et on va créer autant d’espaces que de tâches dans une même journée
L’apparition du mobilier Contract (mobilier créé spécifiquement pour les lieux à usage collectif, privés ou publics) a amené l’habitat dans l’espace bureaux. Cela s’est très vite accéléré. Le temps où le bureau était un lieu triste peuplé d’armoires grises est bel et bien révolu.
Le mobilier Contract a peu à peu envahi les bureaux, et cette période post Covid a complètement acté la fusion des tendances venues de l’habitat et des aménagements de bureaux.
« L’hôtellerie est complètement dans l’espace de bureaux » explique Antoine, on aménage désormais les espaces de travail comme on aménagerait un hôtel ou une maison.
Il est extraordinaire pour les architectes de pouvoir développer des espaces qui mélangent habitat et bureaux
« Ils savent tous faire évoluer leur gamme plus ou moins vite » ajoute Antoine.
On ne fait plus d’aménagement de bureau sans se poser la question : « quel est le mobilier qu’on va mettre en place ? »
Côté style, le mobilier suédois fabriqué en Chine a moins le vent en poupe selon l’expert du groupe Global.
« Nous travaillons essentiellement avec du mobilier européen, français de préférence, pour répondre aux attentes du client : le chiné, le bobo, le nordique, permettent d’aller choisir dans toutes les gammes de mobilier » développe-t-il.
Prenons quelques exemples de secteurs et leurs différents besoins en matière d’aménagement de bureaux.
Les avocats, par exemple, ont besoin d’avoir de grands bureaux isolés acoustiquement, pour des notions de confidentialité. Malgré tout, ils se posent la question de transformer une partie de leur espace sur des lieux plus communs, qui invitent à l’échange et ramènent les collaborateurs au bureau.
Les assureurs ont une approche de l’espace complètement opposée à celle des avocats, avec de grands services au sein de grands open spaces. Ils ne se posent pas du tout les mêmes questions.
L’espace va être aménagé de manière très ouverte, mais avec des petits lieux informels invitant à se rencontrer et à échanger, tout en servant de séparation des différents espaces.
Les open spaces qui réunissaient 80 personnes sur un même lieu sont aujourd’hui inconcevables
On se limite maintenant à une dizaine ou une quinzaine de personnes maximum, tout en utilisant des espaces de réunions ou des espaces informels pour diviser l’espace.
Les secteurs où le personnel est nomade, avec des équipes souvent amenées à être à distance de l’espace de travail, essayent maintenant de faire se rencontrer tous les membres de l’entreprise. Les entreprises de ces secteurs créent des espaces communs qui invitent à revenir au bureau. Elles créent des espaces « place du village » par exemple, ou des espaces communs hybrides, qui ont la fonction de réunir les gens au travail.
Les espaces de bureau dédiés aux sièges sociaux, avec des entreprises qui se réunissent au sein d’un même espace par les fusions qui arrivent très régulièrement, ont également dégagé de la surface de bureaux de par le télétravail et le flex office.
Ce secteur a tout intérêt à regrouper les différentes entreprises au sein d’un même espace, dans lequel on travaillera toujours à répondre aux différents besoins et à optimiser la surface.
En conclusion, cette libération d’espaces de travail a donné une autre approche aux entreprises.
La crise est tout juste passée, mais les entreprises restent, grâce à ces nouveaux aménagements, beaucoup plus souples
Elles appréhendent beaucoup plus simplement un flux de personnes qui viendraient ou qui ne viendraient plus au travail. L’espace de travail a été transformé et la capacité à s’adapter est beaucoup plus forte.
Le Salon de l’environnement de travail et des achats, porte de Versailles, les 30, 31 mai et 1er juin, traitera du design, mobilier et aménagement des espaces de travail, et ces sujets y feront l’objet de nombreuses conférences et notamment celle intitulée : « À quoi ressemblera le travail après la pandémie ? »
The post Impact du télétravail : jusque 35% de mètres carrés libérés appeared first on Marketing and Innovation.
From the publisher's feed