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Quel avenir pour ChatGPT 4 ? En parle-t-on assez ou en fait-on trop ? Notre ami, confrère et partenaire Pierre Nicolas Schwab d’Intotheminds a rassemblé trois praticiens du contenu pour en débattre : Frédéric Canevet (Conseilsmarketing), Laurent Vermot-Gauchy (v11y et chatGPT consultant selon son propre profil LinkedIn) et votre serviteur.
ChatGPT 4 vient de sortir, même si Bing AI l’utilise déjà depuis un bon moment (avec plus ou moins de bonheur dans son intégration, voir un comparatif ici). Or depuis le début de l’année, le buzz sur les IA génératives ne faiblit pas. Les fantasmes les plus fous circulent en boucle sur Internet et dans les dîners en ville.
Là où d’aucuns voient dans ces IA génératives des sauveurs de l’humanité, d’autres imaginent la fin d’un monde (ou presque) aux prises avec les algorithmes et l’automatisation.
La réalité est sans aucun doute ailleurs. En tout cas, j’y vois pour ma part une incroyable occasion de se différencier des machines. Un défi pour améliorer notre créativité et notre inventivité et non pour se soumettre au bon vouloir d’un programme.
Pierre Nicolas a rassemblé nos avis au cœur d’un podcast d’une qualité exceptionnelle. Je n’ai pas grand-chose à y ajouter. Je vous invite donc à l’écouter sur Spotify ou sur la chaîne de baladodiffusion de Visionary Marketing.
Pour vous aider dans votre lecture, voici une transcription abrégée de ce podcast. Pour une analyse plus poussée, nous vous invitons à lire l’article d’Intotheminds.
Pierre Nicolas Schwab Bonjour et bienvenue dans ce nouveau podcast proposé par Intotheminds, cabinet d’études à Paris, à Bruxelles. Aujourd’hui, nous allons parler d’inbound marketing et de création de contenu.
C’est un sujet qui me tient très à cœur puisque je suis moi-même créateur de contenus depuis presque quinze ans. ChatGPT a débarqué dans nos vies il y a quelques mois. Il bouleverse nos existences, et suscite également beaucoup de craintes. Et beaucoup d’interrogations de la part de ceux qui créent des contenus textuels.
J’ai invité trois personnes qui tiennent elles-mêmes des blogs très connus. Yann Gourvennec, Visionary Marketing, Laurent Vermot Gauchy et Fred Canevet de Conseilsmarketing.
Et ensemble, nous allons discuter de son adaptation au contenu, de ce qu’il peut apporter aux créateurs de contenus, de ce qu’il n’est pas et des pièges à éviter et également des premiers retours d’expérience.
Donc suivez-moi, on y va.
Pour ceux qui ont déjà joué un petit peu avec GPT, vous vous êtes rendu compte qu’il y avait sans doute des limites à l’utilisation de ces outils. Et dans ce domaine, tous les blogueurs que j’ai interviewés ont également déjà expérimenté un peu avec l’outil. Le premier qu’on va entendre, c’est Fred Canevet qui lui, a déjà un retour d’expérience assez riche. Ensuite, nous allons écouter Yann Gourvennec qui a un avis beaucoup plus tranché sur la question.
Frédéric Canevet Je me rends compte que chatGPT 4, ça aide, certes, mais cela ne produit pas des contenus à forte valeur ajoutée. Donc souvent je le complète avec la recherche sur Google en anglais et bien sûr avec ma propre expertise, avec des illustrations et une assistante SEO. Le contenu d’expert sera moins mis en difficulté par cette IA parce que celui-ci fait plusieurs milliers de mots (3000 à 4000 environ). Mais pour l’instant, l’outil ne le permet pas.
PNS Mon autre invité, Yann Gourvennec, a un avis très tranché sur le sujet.
Yann Gourvennec L’intelligence. Ah ! Qu’est-ce que l’intelligence ? Pour pouvoir reproduire artificiellement quelque chose, il faudrait encore être capable de le définir. Et bien justement, c’est ça qui est le plus drôle, c’est qu’il n’y a pas de définition de l’intelligence. Il y en a plusieurs. Et encore les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux sur les définitions les plus communément admises.
PNS Yann pointe notamment les dérives des créateurs de contenu qui n’ont à l’esprit que leur classement dans Google et en oublient pour qui ils écrivent : les humains. Ce type de contenu n’est créé qu’à des fins de SEO.
YG Je parle du contenu qu’on appelle contenu SEO. En d’autres termes, c’est la lèpre de l’Internet, c’est-à-dire des contenus qui ne sont pas faits pour des humains, mais qui sont faits pour Google. Avant, on faisait appel à l’esclavage moderne pour écrire ainsi. Et cela va être remplacé par GPT. Non ! Correction, cela est déjà remplacé par ChatGPT 4 et ses amis. Et cela s’est fait de manière instantanée. Je recevais tous les jours une proposition de contenu SEO sur mon site, et cela s’est arrêté du jour au lendemain en début d’année. Depuis, cela a été remplacé par des propositions d’outils générateurs de contenus.
PNS La question se pose donc de savoir ce qu’on peut faire véritablement avec cet outil, qui puisse apporter de la valeur ? Et dans le domaine, il y a beaucoup de personnes qui ont un avis, mais très peu qui l’ont véritablement expérimenté, qui ont exploré les possibilités. On va écouter ce que Fred Canevet en dit. Il dégage trois cas d’usage particuliers.
FC Le premier cas, c’est quand tu écris un article et tu rajoutes en fait énormément de valeur ajoutée et que tu écris un long article. Dans le domaine du marketing par exemple, je sais très bien qu’en deçà de 1500 mots tu ne sors pas du lot. Il y a tellement de gens qui ont créé du contenu, et tellement de contenus automatiques que tu ne sors pas du lot. Tu prends un contenu long, tu l’améliores et là tu peux gagner en visibilité.
Deuxième chose, c’est quand tu prends un contenu court, on va dire 500 à 800 mots et que l’on en modifie 10 à 20 %. même tu vas modifier 30 ou 40 %. Dans une thématique où il y a beaucoup d’acteurs, par exemple dans le domaine du marketing, du CRM, etc. c’est trop court. Cela n’apporte pas suffisamment de valeur ajoutée. Et donc qu’est-ce qui se passe ? Google ne va pas te référencer.
Troisième cas de figure le contenu qui est peu visible, peu disponible, peu écrit sur Google**. Et que tu vas automatiser avec ChatGPT. Là tu peux ressortir. Et en fait ce qui se passe c’est que Google n’interdit pas l’automatisation, il interdit l’automatisation quand ça n’apporte pas de valeur ajoutée.
Je fais deux constats. Le premier, c’est qu’un rédacteur offshore n’aura jamais le niveau de qualité que je recommande pour le marketing. Ce travail sert à produire des articles à faible valeur ajoutée. Par contre, si tu rajoutes quelques conseils en plus, cela peut marcher. En revanche, ce seront toujours des contenus un peu fades, comme avec un rédacteur offshore. Moi je repasse toujours dessus et je rajoute un peu de contenu.
PNS Ce que Fred nous explique, c’est qu’il faut donc l’utiliser, mais augmenter la valeur ajoutée que vous proposez à vos lecteurs. Et cette valeur ajoutée, elle est d’ailleurs au cœur du discours de mes trois invités. Normal, car tous ont compris ce qui permet d’attirer des visiteurs puis de créer une base marketing. C’est du contenu à valeur ajoutée, du contenu qui se différencie du reste. Voici la vision de Yann Gourvennec sur le sujet.
YG Moi, ce que je vais vous dire, c’est l’inverse de ce que vous voulez entendre, c’est-à-dire que vous voulez entendre qu’il y aura plus de contenu. Au contraire, ChatGPT 4 c’est le signe finalement que les bons vieux médias vont revenir à l’ordre du jour.
Parce qu’à partir du moment où on a ne serait-ce que l’impression que tout ce qu’on lit pourrait avoir été écrit par une machine, à partir de ce moment-là, on ne croit plus en rien. Et donc on va avoir besoin de vrais contenus.
Cela ne concernera peut-être pas 8 milliards de personnes sur la planète parce qu’il y en a peut-être 7 milliards qui se contentent de n’importe quoi. D’ailleurs, ils se sont probablement toujours contentés de n’importe quoi, donc ça ne changera pas.
Mais le milliard qui restera aura besoin d’aller trouver la vraie information. Et la vraie information B2B, je vais aller la chercher chez Pierre-Nicolas Schwab parce qu’il va me parler des études de marché et qu’il va me faire une analyse approfondie. Et lui, je sais qui il est. Il a pignon sur rue, on le connaît. Et il me dira un jour « Je n’écris pas mes articles avec ChatGPT 4 ni avec n’importe quel autre outil de ce type ».
PNS Yann Gourvennec voit donc dans ChatGPT une opportunité de se différencier, de trouver sa voie (et sa voix), mais encore faut-il qu’elle soit entendue. Et dans le domaine, je pense qu’il ne faut pas compter sur Google. Mettez-vous en scène, montrez vos talents, partagez vos créations. Et comme le suggère Yann, pourquoi ne mettriez-vous pas en avant que vos articles sont écrits sans ChatGPT ? Voilà une manière intéressante de se différencier. Cette mise en avant de l’humain est aussi au centre de la réflexion de Laurent Vermot Gauchy. Il faut bien que dans la chaîne, il y ait des humains qui produisent du contenu inédit parce que sinon le bazar va tourner en rond. Mais alors, quels types de contenus faut-il produire pour se différencier ? Yann Gourvennec a la réponse.
YG Il y a besoin de concevoir des stratégies de marketing de bouche à oreille qui sont de plus en plus élaborées et de produire des contenus de plus en plus sophistiqués et donc de s’éloigner systématiquement de ces livres blancs tout blanc qu’on voit malheureusement partout. Ce sont cinq pages avec une infographie sur un fond blanc. À la fin de la lecture, on se demande qu’on a appris… Donc finalement, ce n’était pas la peine de le télécharger.
Il va falloir être capable de muscler son contenu de manière beaucoup plus importante. Je ne veux pas dire que c’est nouveau. Je fais que ça depuis dix ans. Maintenant, vous n’aurez plus le choix.
PNS Ne paniquez pas, il y a de la place pour tous et la sophistication des contenus ne veut pas dire que certains vont disparaître. C’est ce que nous rappelle Laurent Vermot Gauchy.
Laurent Vermot Gauchy On peut dire : « Et bien oui, le blog, c’est fini ! ». On peut décider qu’on arrête tout d’un coup tout. Comme pendant le confinement il fallait tout arrêter et se mettre sur Clubhouse. L’écrit, le visuel vont rester.
PN Ce que j’aime au final, c’est le message d’espoir que nous livrent tous ces experts. Il y a de la place pour tout le monde et pour toutes sortes de contenus. Mais en plus, il y a un vrai besoin pour cela.
Cet épisode de marketing et entrepreneuriat vous a plu ? Alors, n’oubliez pas de vous abonner. À bientôt.
*NDLR Notre propre expérience a montré que nous étions plus rapides à suggérer des sujets plus pertinents en B2B. Car ce qui prime, pour établir un calendrier éditorial original, c’est la connaissance du métier, des douleurs du secteur et des centres d’intérêt des lecteurs. Enfin, un effet de surprise par rapport à ces attentes est aussi requis. Bref, tout cela va plus vite en lecture vocale quand on est du métier, et requiert moins de corrections.
**NDLR Si ce contenu est rare et peu documenté, la base de données de ChatGPT 4 sera justement plus faible. Et la tendance naturelle du programme à halluciner du contenu sans logique sera encore plus grande.
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C’est une préoccupation nouvelle qui fait son chemin dans la sphère du Web, l’éco conception de sites Web. Cela s’inscrit dans une perspective de prise de conscience grandissante de l’empreinte carbone du digital, dont nous avons déjà rendu compte dans ces colonnes ici et là. Une communication récente en provenance de la métropole de Grenoble Alpes métropole (grenoblealpesmetropole.fr) nous a amené à nous poser deux questions : qu’est-ce que l’éco conception d’un site Web et quel est l’impact d’une mauvaise conception ?
Visionary Marketing a reçu récemment un communiqué de presse qui a retenu notre attention (vous le trouverez en fin de cet article). Il vantait le nouveau site de la métropole de Grenoble comme étant « pratique, accessible et écoconçu ».
Nous sommes allés vérifier et en effet, le site est très bien noté par websitecarbon.com (de même que le site de notre agence, encore mieux noté, mais notre site d’info qui utilise WordPress, l’est beaucoup moins. WordPress est notoirement inefficace).
Même si la contribution du digital à la pollution de la planète fait figure de petit garçon à côté des champions du monde de l’écocide, il faut bien faire des efforts pour diminuer ses émissions de CO2.
Une loi visant à réduire l’empreinte environnementale du numérique en France a été promulguée en 2021. Celle-ci oblige les collectivités à mettre en place une stratégie numérique responsable d’ici janvier 2025. Grenoble a voulu anticiper l’application de cette loi et montrer l’exemple en promouvant l’éco conception de son nouveau site Web.
Viennent donc deux questions 1/qu’est-ce que l’éco conception Web et 2/quel impact une mauvaise conception peut-elle avoir ?
Selon le site de l’agence digitale Phare Web, il existe 8 points de vigilance pour assurer l’éco conception d’un site Web. Comme il y a des redites, nous avons comprimé la liste pour en sortir les 5 points les plus importants.
Alors, quel est l’impact d’un site mal conçu ? Prenons un site au hasard, et pour arrêter de taper sur l’Île-de-France, prenons un site marchand.
Voici donc un site 67 % moins propre, selon Websitecarbon.com que la moyenne des sites testés par ce calculateur. À quoi cela correspond-il ?
Avertissement : ici, ce n’est pas le site qui est testé, mais la page d’accueil.
Tous ces calculs un peu théoriques nous amènent à relativiser quelque peu l’impact carbone d’une mauvaise conception Web. Toutefois, nous ne pouvons que souligner que si nous accumulons toutes les visites de tous les sites Web on risque vite d’arriver à des résultats marquants. Nous ne pouvons que saluer l’initiative de la métropole grenobloise, d’autant plus que son projet va au-delà de la simple éco conception.
Lire le communiqué de presse
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Quel est l’impact de la cyberflânerie sur la productivité des entreprises ? La cyberflânerie est le nom donné au surf privé et improductif au bureau. Tentons ici de fournir des explications documentées sur l’impact des technologies de l’information sur la productivité des entreprises et des employés.
Commençons ce panorama de l’impact des technologies de l’information sur la productivité par une anecdote. Il y a quelque temps, je me retrouvais dans une équipe projet au sein d’une entreprise du service public. Ce qui était assez inhabituel pour moi.
Je faisais déjà de l’Internet depuis de nombreuses années et étais habitué à être connecté en permanence. Mais en arrivant dans le bureau qu’on nous avait attribué, je me retrouvais dans une salle aveugle. Sans accès Internet ni signal téléphonique.
Que croyez-vous qu’il arrivât ?
Je n’ai jamais autant travaillé de ma vie ! Chaque minute qui passait était investie dans la mission en cours. Avec une totale incapacité d’être distrait par l’extérieur.
Pas de mails, pas de notifications, pas de distractions. Et pas de surf non plus ! Ce fameux surf que l’on qualifie de cyberflânerie en France, traduction de cyberloafing.
Et qui plus est, je sortais bien plus tôt que d’habitude, le sentiment d’avoir bien rempli ma mission.
Il était intéressant d’aller plus loin que cette anecdote pour piocher dans les réflexions sur l’impact des technologies sur la productivité des entreprises et des employés.
Selon les chiffres de l’Insee, en France (en 2016) 99 % des entreprises ont une connexion Internet à haut débit et 64 % ont un site Internet. Aussi, 51 % des salariés utilisent Internet. Ce chiffre, légèrement plus élevé que la moyenne de l’Union européenne (48 %), suscite une interrogation. Internet est-il un facteur d’accroissement de productivité pour l’entreprise ?
Nous concernant, la réponse est évidente. C’est un outil indispensable pour pouvoir travailler. Mais à mesure que les salariés ont davantage accès à l’Internet sur leur lieu de travail, on observe des habitudes de surf non directement liées à l’accomplissement de tâches professionnelles.
C’est ce que l’on appelle la cyberflânerie. Nous sommes revenus sur ce terme dans un article que nous avons rédigé pour le blog d’Egedian Secure-IT (aujourd’hui disparu).
On pourrait croire que l’Internet a été un important facteur de productivité. Pourtant on ne constate pas de forte hausse de la productivité horaire en France
À l’inverse, on s’aperçoit même qu’elle a diminué entre 2006 et 2009. Outre-Atlantique, on observe un phénomène inverse. Cela s’explique en fait par l’investissement plus massif dans les technologies. Tandis qu’au même moment la France investissait principalement dans du capital non-TIC.
On ne peut donc pas dire que les nouvelles technologies n’ont pas eu d’impact sur la productivité. C’est au contraire la timidité des entreprises françaises dans l’investissement des TIC qui a eu un impact négatif sur la productivité.
Cependant, la cyberflânerie reste un risque pour la productivité. Il est nécessaire de bien la connaître pour pouvoir l’affronter.
Le sujet du poids de l’utilisation de l’Internet au travail, véritable casse-tête de nombre de DSI, est un thème important. On sent spontanément que ces habitudes d’usage ont un impact significatif sur l’efficacité de l’entreprise. Le caractère intuitif de ce point de vue n’est cependant pas sans poser des questions de fond sur la façon dont cet impact est mesuré.
Il existe en effet un phénomène nommé cyberloafing ou cyberslacking en anglais, un terme qu’on peut traduire par cyber-flânerie en français.
Ce phénomène est souvent pointé du doigt. Je vous livre ici mes réflexions sur le sujet et quelques pistes de travail pour vous aider à évaluer la productivité de votre entreprise, de ses employés, et l’impact de ce phénomène sur votre activité.
La consommation de services Internet est devenue une constante des entreprises.
En moins de 20 ans, le réseau a su se tailler la part du lion dans les usages de tous les employés. Selon les chiffres officiels, pas moins de 99 % des entreprises françaises ont une connexion Internet. 58 % des salariés utilisent régulièrement un ordinateur, et 51 % Internet.
La moitié des salariés (et probablement la totalité des cadres) est donc directement concernée par l’usage du Web au travail et son impact, positif ou négatif sur la productivité individuelle et collective.
On pourrait croire, avec l’arrivée des nouvelles technologies, et notamment l’Internet, que la productivité des pays se serait envolée depuis les années 80.
Il n’en est rien. Si la productivité horaire n’a cessé d’augmenter, elle n’a pas explosé. Son augmentation a même ralenti.
Et nous avons même observé une baisse entre 2005 et 2009, au moment où elle aurait dû augmenter sous l’impulsion du numérique. L’impact des technologies de l’information sur la productivité serait-il nul, voire négatif ?
La raison de cette diminution est peut-être à trouver dans la comparaison de la productivité horaire entre la France et les États-Unis.
Pendant que la productivité française décroissait, celle des États-Unis explosait. [Voir le graphique comparatif ci-dessous, base 100 en 2010].
Un graphique publié dans une note d’analyse du gouvernement nous en apprend plus sur cette baisse de productivité : la période de creux correspondrait selon ce rapport à une chute des investissements dans les TIC.
Les entreprises françaises n’auraient donc pas su investir assez massivement dans les TIC pour profiter de ces nouvelles technologies, malgré le maintien d’un niveau d’investissement global élevé depuis 2000. Cette faiblesse française dans cette transformation numérique est également révélatrice de mauvaises pratiques impactant directement la productivité, dont l’une rencontrée régulièrement en entreprise. Nous voulons parler de la cyberflânerie.
Nous avons formulé, sur la base de notre expérience, une hypothèse sur la courbe d’apprentissage du numérique par un salarié, résumée dans le schéma ci-dessous.
Nous faisons ici l’hypothèse, sur la base de notre expérience, de l’existence de trois étapes principales dans l’apprentissage des TIC et leur utilisation. À cela, il faudrait ajouter une boucle de rétroaction vers la phase A. En cas de remplacement de la technologie ou d’évolution importante de celle-ci. Mais nous n’en tiendrons pas compte afin de préserver la simplicité du propos. Nos 3 étapes de l’apprentissage des TIC se décrivent comme suit.
C1) sa productivité continue à progresser. Car il poursuit son apprentissage sans entrave ;
C2) sa productivité stagne. Elle ne progresse plus, mais elle n’est pas non plus empêchée par les distractions liées à l’outil ;
C3) les distractions liées à l’outil viennent annihiler le gain en productivité. L’employé est « pollué » par des événements périphériques et consommateurs de temps. Temps personnel sur le Web, consultation des médias sociaux non professionnels, etc.
C’est ce dernier point qui nous intéresse, car il remet en cause la productivité apportée par l’Internet au travail. Celui-ci est causé par la cyberflânerie. Bien que le nom soit encore peu utilisé en France, le terme a été inventé en 1996.
Le phénomène est en effet connu depuis longtemps, et quelques études académiques ont même été menées. Citons celle de Vivien Lim et Don Chen, en 2009. Dans cette étude, la cyberflânerie est définie comme un « acte volontaire de l’employé d’utiliser l’accès à l’Internet de l’entreprise pour un but non lié au travail, durant les heures de travail ». Il s’agit donc d’une perte de productivité directe que subit l’entreprise.
Une étude réalisée en 2013 sur un échantillon représentatif de la population américaine avance que 60 à 80 % du temps passé sur Internet au bureau est consacré à un usage personnel. Il s’agit donc d’un problème réel que tout bon manager ne peut ignorer.
Il faut toutefois nuancer ce concept, et faire la distinction entre une cyberflânerie indirectement liée au travail (par exemple, la veille ou la recherche de solutions), et un autre type consacré uniquement au divertissement. L’étude précédemment mentionnée offre quelques pistes sur les différents types de cyberflânerie. Grâce à un sondage effectué auprès de salariés, concernant le niveau de sérieux d’une activité Internet au travail.
Ainsi, les visites de sites d’actualités sont considérées comme une activité ayant un impact peu important (autour de 1 sur 5). Par contre, la navigation sur des sites de jeux en ligne, d’achat et de recherche d’emploi l’est beaucoup plus (4 sur 5).
On observe également que plus l’impact sur la navigation est considéré comme élevé (perceived seriousness), moins la fréquence de visites (prevalence) est élevée.
Mais pour savoir à quel degré de restriction agir en termes de filtrage, il est nécessaire de savoir répondre à une question fondamentale. « Comment mesurer la cyberflânerie ? ». Pour cela, nous pouvons proposer quelques méthodes pour détecter l’impact de ce phénomène sur la productivité.
Mesurer le coût du temps perdu au travail est ainsi relativement facile. Voir ici Combien coûte à votre entreprise le surf privé au bureau ?
Avec ce calcul, certes un peu théorique, on peut facilement identifier le coût de la cyberflânerie. Ainsi, prenons une toute petite société de 3 personnes. Chacune ayant un salaire brut annuel de 25 000 €. Cette entreprise perdrait annuellement, pour juste une heure quotidienne passée par chaque salarié à cyberflâner, la somme colossale de 16 000 € ! On imagine ainsi ce que cela peut représenter d’argent mal utilisé à l’échelle d’une PME et d’une grande entreprise.
Il convient cependant de nuancer ce calcul en revenant sur la notion de productivité. Rappelons en premier lieu que celle-ci n’est pas équivalente à production.
Vous pouvez ainsi augmenter votre production et diminuer votre productivité. Dans le cas où l’accroissement de ressources, humaines ou en capital, est supérieur à l’accroissement de production qui en a résulté. Vous pouvez aussi et surtout augmenter votre productivité en diminuant le temps de travail. À condition que la production ne baisse pas en proportion, voire qu’elle continue à augmenter.
Ainsi, au cas où l’utilisation des TIC compenserait en résultat le temps perdu au travail en cyberflânerie, il serait quand même tout à fait possible que la productivité individuelle s’améliore. Malgré un temps supérieur passé à surfer pour des besoins personnels au travail.
En fait, le calcul de productivité ne peut être réduit à un calcul macro-économique « moyennisant ». Chaque type de profession mérite un traitement différent. Le vendeur et le consultant sont mesurables au travers d’un résultat de production tangible et facile à évaluer. Si la cyberflânerie n’empêche pas l’augmentation du chiffre d’affaires ou de la marge brute, alors il n’y a pas d’urgence à bloquer ces populations.
Admettons que le calcul de productivité est basé sur une population dont la production ne se mesure pas en chiffre d’affaires ou en données tangibles. Le calcul est alors plus complexe.
Prenons une population de communicants par exemple. Les métriques de production dans ce cas sont souvent sujettes à débat. Ou plus difficile encore, le personnel administratif de la CPAM.
Si la mesure du temps perdu pour ces populations est aisée, le calcul de leur productivité est ardu. Ceci s’explique par le manque de métriques tangibles et comparables. Est-ce le nombre de dossiers patients traités, par l’individu, collectivement… ? Il est difficile de se repérer.
Ce type de mesure donnera des résultats différents selon les individus. Ainsi que leur capacité à compenser la cyberflânerie par plus de résultats et plus d’efficacité dans le travail.
Les études macro-économiques dans ce domaine n’ont en fait pas beaucoup de sens.
Il est donc périlleux d’évaluer la productivité individuelle des employés, surtout au niveau macro. Il est par contre possible de contrôler cette productivité. Notamment pour le personnel qui n’est pas directement à l’origine d’un chiffre d’affaires. Et ainsi, de limiter le temps perdu du fait de la cyberflânerie.
> télécharger la note du gouvernement sur la productivité citée dans cet article
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Les outils d’IA générative d’images comme Dall-E ont-ils une utilité pour les entreprises ? Dans le domaine de la blockchain et de la gamification, l’intelligence artificielle (IA) joue déjà un rôle important dans le cadre du mouvement Web3. L’IA en elle-même n’est donc pas une nouveauté puisque le premier programme d’IA probant a été écrit en 1951, mais elle a beaucoup évolué depuis. Le programme d’IA générative d’images d’Openai, Dall-E, est en vogue depuis l’an dernier. Il brouille encore davantage les frontières entre les capacités des humains et celles des ordinateurs. Jared Roth, étudiant à Arizona State University a imaginé ici quelques usages possibles de l’IA générative d’images pour les entreprises.
Un outil comme Dall-E semble destiné uniquement au divertissement. Mais il peut également être utilisé par les marques pour des choses plus sérieuses. Qu’il s’agisse de publicité, de refonte ou de visualisation, Dall-E s’avère être un excellent moyen pour les entreprises de proposer des idées nouvelles et de monter à niveau supérieur de créativité.
Dall-E a été créé par Openai, une société d’IA. Son objectif avoué est de créer des « systèmes hautement autonomes qui surpassent les humains dans la plupart des tâches à valeur économique ». Dall-E génère des images à partir de textes fournis par l’utilisateur. Ces invites peuvent être complexes ou simples, selon le bon vouloir de l’utilisateur. Elles permettent de créer une image et des variantes de cette image.
Nous avons entraîné un réseau neuronal appelé DALL-E qui crée des images à partir de légendes textuelles pour un large éventail de concepts exprimés en langage naturel.
Pensez à quelque chose dont vous voulez posséder une image… au hasard ! « Un ours violet tenant une fraise dans l’espace », ou « un singe sautant en parachute avec un casque orange peint par Munch », « un rendu 3D de Dark Vador sautant sur une falaise ».
Bien qu’il ne soit pas parfait et que certains rendus soient pour le moins étranges, il fait un travail correct en quelques secondes.
Par ailleurs, Dall-E pourrait avoir son utilité dans le monde de l’entreprise.
Disposer d’une IA générative d’images dans sa boîte à outils permettrait d’envisager de nouvelles perspectives et de stimuler la créativité. Voici comment une entreprise pourrait utiliser cette technologie.
La conception d’un site Web est aujourd’hui un impératif pour les entreprises. Cependant, la création d’un site Web est une tâche difficile et coûteuse, en particulier pour les nouvelles entreprises. Comme de nombreuses entreprises n’ont pas les moyens de le faire, il est désormais possible d’utiliser Dall-E pour tester la mise en page et la conception d’un site Web afin de faciliter le processus de création. Il suffit de taper quelque chose comme « site Web pour une marque de bijoux avec des tons couleur terre » ou « site Web pour un blog de cuisine avec des touches de vert ».
La création d’un logo pour une entreprise est une tâche ardue. Dall-E peut aider à réduire le nombre d’idées et à essayer différents aspects en quelques secondes. Une entreprise peut générer des idées de design et sélectionner celles qui l’intéressent le plus. Elle peut ensuite envoyer cette idée à un graphiste pour qu’il la corrige et la finalise. Twitter pourrait taper « blue clip art emblem of a bird » ou chez Visionary Marketing, « a modern logo with a sun for a marketing company » (un logo moderne avec un soleil pour une société de marketing).
Les entreprises peuvent également, avec cet outil, visualiser les différentes étapes de leur parcours publicitaire. Il s’agit d’une sorte de test qui permet de voir à quoi peut ressembler le nom de l’entreprise ou le produit dans différents contextes.
C’est un peu comme un rêve (NDLR En IA, on parle même d’hallucination), mais Dall-E n’a pas beaucoup de succès avec les phrases. Pour l’instant du moins.
Mais bon, c’est une idée.
Voici un exemple avec l’invite : une « devanture de magasin portant le mot “Company” ». Ou encore, un « affichage électronique sur Times Square avec “Visionary Marketing” écrit dessus et un logo en forme de soleil » ou même une photo de votre produit dans différents contextes.
Il est aussi très utile de pouvoir varier les produits ou les styles publicitaires. Dall-E permet aux utilisateurs de télécharger des photos comme référence et il génère de lui-même des variantes de la créa originale.
Pour une entreprise de bijouterie, téléchargez le design d’un bracelet et le logiciel le modifiera. Pour une publicité, téléchargez votre visuel de départ et il le transformera au-delà de l’idée originale.
Heinz est l’une des premières marques à avoir exploré cette technologie pour ses nouvelles campagnes publicitaires. Elle profite ainsi de la nature étrange des images générées pour communiquer.
Les solutions d’IA générative d’images (Dall-E, Midjourney ou Stable Diffusion…) révolutionnent le traitement des images par les entreprises. Les visuels ainsi produits sont encore imparfaits, mais on peut gager qu’ils ne feront que s’améliorer au fil du temps.
Le fait de disposer d’un outil aussi puissant améliore en quelques secondes l’aspect créatif et le design des marques. Cet outil, qui brouille les frontières entre l’homme et l’ordinateur, est absolument gratuit.
Ces images, qui sont techniquement la propriété d’Openai, peuvent être utilisées à des fins commerciales, car Openai accorde à ses utilisateurs une autorisation totale sur les droits des images.
Du Web design à la création de nouveaux logos, Dall-E s’avère être un excellent moyen pour les entreprises de trouver des idées de création ou de refonte graphique
L’utilisation d’une telle technologie d’IA sera-t-elle une pratique courante dans les entreprises dans le futur ? L’avenir nous le dira.
En attendant, essayez par vous-même de vous exercer avec cette IA générative d’images.
The post IA générative d’images : un allié utile pour les entreprises ? appeared first on Marketing and Innovation.
Le live shopping va remplacer, au fur et à mesure du temps, le bon vieux téléshopping, telle est la prédiction de nos interviewés du jour. On se souvient avec émotion des émissions de téléshopping (alias téléachat) de Pierre Bellemare, un véritable business que l’animateur avait cédé à M6 dans les années 90. Une nouvelle forme de commerce en ligne apparaît désormais sur nos écrans. Il s’agit du Live shopping, une forme de commerce qui appartient à la catégorie du social commerce. C’est ce qu’ont expliqué Mathieu Platret, responsable éditorial, et Sébastien Ducelliez, responsable des partenariats, chez Dealabs.
La grande différence avec le téléshopping, nous ont expliqué Mathieu et Sébastien, c’est que le Live shopping, est fait de manière interactive. Les consommateurs peuvent ainsi participer directement à ces séances, commenter ou poser des questions.
Avec le Live shopping, les consommateurs peuvent interagir directement
Mathieu Il n’est pas fini, mais à terme il sera remplacé par lui. Les nouvelles générations s’intéressent de plus en plus à ces nouveaux formats. Alors que les réseaux sociaux prennent de l’ampleur, c’est l’instant présent qui prédomine. Et le Live shopping a un attrait tout particulier dans ce contexte. Avec lui, on va pouvoir échanger et communiquer directement sur différentes plateformes et c’est cela qui en fait l’attrait principal.
M C’est une tendance qui débute en France. On n’en est pas encore au même niveau que la Chine. Mais c’est en tout cas une tendance qui intéresse les consommateurs.
Sébastien Le Live shopping est encore petit, mais dans quatre ou cinq ans, il pourrait représenter 1,5 % du e-commerce.
Le live shopping pourrait représenter 1,5 % du e-commerce dans 4 à 5 ans
S C’est principalement une affaire de « retailers » et de marques. Récemment, de grands acteurs de la distribution française comme Carrefour, un de nos partenaires, s’y sont mis de manière assez active. Ils ont leur propre plateforme de live shopping, ils animent régulièrement des événements dans lesquels ils vont présenter des produits, leurs promotions du moment et échanger avec leurs consommateurs et leurs utilisateurs.
M Nous travaillons aussi avec Cdiscount, qui fait partie des acteurs du e-commerce qui apprécient ce modèle-là. Ils le font différemment de Carrefour.
Carrefour va le faire avec ses propres animateurs, en présentant des produits et des catégories bien ciblées. Cdiscount choisit des thèmes plus généraux. Ils invitent également des intervenants intéressants pour discuter high tech, téléviseurs, smartphones, etc., et présenter des produits et les offres dédiées au live.
M Un marchand nous prévient qu’il va y avoir un Live shopping, pendant une plage horaire définie, souvent en fin de journée. Par exemple entre 18 h et 20 h, nous allons organiser une session sur des produits spécifiques. Nous allons partager cet événement avec notre communauté en leur disant : « Voilà, il va y avoir, par exemple, des Lego en promotion à moins 50 % et ça va durer pendant une certaine période. Il faut être présent sur le live shopping de telle enseigne, de tel marchand e-commerce… »
S En dehors du développement des médias sociaux déjà évoqué, il faut citer le développement de l’équipement en téléphonie mobile et en tablette chez les consommateurs. Le m-commerce se développe énormément.
Cela permet aussi l’essor du Live shopping. C’est aussi pour ça d’ailleurs qu’en Chine, le live shopping est si fort. On y observe en effet un taux d’équipement en Smartphones proche de 100 %.
L’achat en ligne via le smartphone est aussi très banalisé. Tous ces éléments en font un terreau favorable au développement du Live shopping.
M Généralement des réseaux sociaux qui permettent les échanges en direct avec des membres. Il y a Twitch, qui est extrêmement populaire depuis quelques mois et qui devient un outil formidable pour pouvoir échanger en direct avec les membres des consommateurs.
YouTube aussi (voir ici et ci-dessous), va bientôt proposer une interface pour faire du live shopping.
Instagram aussi fait partie des réseaux sur lesquels il est facile et aisé de mettre en place et de lancer des Lives et de pouvoir échanger, communiquer sur des offres et d’envoyer des liens pour en profiter.
Presque tous les réseaux sociaux aujourd’hui proposent des solutions ou en tout cas vont les proposer pour profiter du boom du live shopping et permettre aux consommateurs et aux vendeurs de le mettre en place plus facilement.
M Le live Shopping est un format long. Il exige de l’auditoire de rester connecté sur une durée de 1 h et demie à 2 h, comme c’est le cas pour Carrefour.
À la différence du téléshopping, le live shopping est de l’instantané. S’il est présenté à 18 h 30, l’offre sera potentiellement valable jusqu’à 20 h uniquement.
Pour bien réussir en live shopping, il est important de l’animer. Et pour cela, souvent, ce n’est pas l’affaire d’un présentateur isolé. On va effectivement faire appel à des experts d’un produit, des gens qui sont reconnus, des influenceurs, des célébrités.
Sur Twitch par exemple, on va aller chercher les influenceurs du jeu vidéo. Ils vont nous aider à parler d’un produit en particulier et vanter les mérites d’un nouveau jeu ou d’une nouvelle console.
S À ma connaissance, pour le moment, ça n’existe pas. Mais ce n’est pas impossible, dans le futur, c’est une fenêtre d’innovation.
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La notion d’écosystème est au cœur du marketing et qui plus est du marketing B2B. Sans écosystème, pas de business. Mais qu’est-ce qu’un écosystème ? D’où vient ce terme ? Que nous apprend-il ? Et quelles conclusions en tirer pour ses plans de formation, au-delà de ses employés ? Visionary Marketing et #SocialSellingForum organiseront un webinaire le 4 avril 2023 sur ce sujet avec des praticiens de la formation, dans le cadre de notre partenariat [#transparence] avec Cornerstone sur le sujet de l’entreprise étendue.
On parle très couramment de l’écosystème dans le marketing et en particulier le marketing B2B. Cela concerne les entreprises bien entendu, et les organisations au sens large.
Ce terme d’écosystème est issu du monde de l’écologie. Nous ne parlons pas ici d’écologie au sens politique, mais au sens scientifique.
[Biologie] Écologie : Science qui étudie les relations entre les êtres vivants (humains, animaux, végétaux) et le milieu organique ou inorganique dans lequel ils vivent
Mais ce terme d’écologie est également utilisé en sciences sociales, par analogie
P. anal., Sc. soc. [En parlant de communautés humaines] Études des relations réciproques entre l’homme et son environnement moral, social, économique
Ce même dictionnaire nous amène à la notion d’écosystème qui est rattachée à la précédente.
P. ext. écosystème. Ensemble des éléments naturels ou non composant l’environnement d’une espèce. Les écosystèmes peuvent être d’étendue très variable
Ce qui a son tour amène cette notion d’écosystème dans le domaine des sciences sociales.
Le Macroscope est un des premiers livres — à ma connaissance — qui ait fait le lien entre écologie (dont l’étymologie se réfère à οἶκος (oikos) = demeure = station = milieu — source : TLFi).
Le Macroscope a été écrit par Joël de Rosnay en 1976. C’est un de mes livres de chevet depuis longtemps, car il y explique avec beaucoup d’acuité les systèmes complexes.
Entropie : Grandeur thermodynamique exprimant le degré de désordre de la matière
« La néguentropie est une “entropie négative”, une variation générant une baisse du degré de désorganisation d’un système. Elle équivaut par conséquent à un facteur d’organisation des systèmes physiques, biologiques, écologiques et éventuellement sociaux et humains, qui s’oppose à la tendance naturelle à la désorganisation (entropie). Elle est une caractéristique essentielle des êtres vivants » [Source].
De Rosnay décrit les boucles rétroactives des systèmes complexes au travers de petits schémas particulièrement parlants.
Le feed-back positif conduit selon lui à des comportements divergents : « expansion indéfinie ou explosion (fuite vers l’infini) ou blocage total des activités (fuite vers le zéro). Chaque plus entraîne un autre plus, il y a un effet boule de neige. Les exemples sont nombreux : réaction en chaîne, explosion démographique, expansion industrielle, capital investi à intérêts composés, inflation, prolifération de cellules cancéreuses. »
À l’inverse, « dans une boucle négative, chaque variation vers le plus déclenche une correction vers le moins, et vice versa. Le contrôle est étroit, le système oscille autour d’un équilibre idéal qu’il n’atteint jamais. Un thermostat ou un réservoir d’eau équipé d’un flotteur sont des exemples simples de régulation par rétroaction négative ».
Une entreprise, ou une organisation au sens large évoluent également au sein d’un écosystème. Elle peut également créer ses effets de rétroaction positive.
Maintenant que cette définition est posée, nous allons revenir au pragmatique en nous posant la question de la formation de ces écosystèmes et cela dans divers secteurs. Pour cela nous avons réuni un panel d’experts et praticiens du domaine.
Venez partager l’expérience de dirigeants et de spécialistes de l’entreprise étendue que nous avons invités à répondre aux questions clés liées aux enjeux, opportunités et bonnes pratiques de la formation des acteurs et publics externes à l’entreprise.
avec, par ordre alphabétique
✔️Pourquoi former les membres de son écosystème, au-delà de ses employés ?
Cet événement est organisé par Visionary Marketing et le #SocialSellingForum pour le compte de Cornerstone, leader mondial de la formation de l’ensemble des publics de l’entreprise (entreprise étendue alias Extended Enterprise en anglais)
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La mobilité de demain n’est pas forcément un retour au carrosse et à la voiture à bras. Néanmoins, repenser la mobilité au 21e siècle exige « un degré de lucidité et un renforcement de nos mécanismes de décision démocratiques », nous explique Jean-Pierre Corniou. C’est un message positif que l’ancien DSI de Renault nous transmet. Liberté, l’égalité et mobilité sont parfaitement compatibles selon lui. Elles impliquent toutefois que nous fassions des efforts et que nous apprenions la sobriété. Il est temps de se mettre au travail. Visionary Marketing a interviewé Jean-Pierre lors de son passage dans notre studio. À l’occasion duquel nous avons découvert une nouvelle mesure de l’énergie : le NÉGAWATT !
Voici la transcription de notre interview de Jean-Pierre sur ce sujet de la mobilité de demain. Vous la retrouverez en intégrale dans sa version YouTube sur notre chaîne et ci-dessous et dans le podcast du jour pour sa bande-son. Il s’agit d’une interview-fleuve que nous avons décidé de garder intégralement du fait de l’importance de son sujet, et aussi du caractère positif et incitatif de son message.
JPC Le message de mon livre est un message positif. La liberté, l’égalité et la mobilité sont totalement compatibles. Elles impliquent toutefois. Un degré de lucidité et un renforcement de nos mécanismes de décision démocratiques.
Cela fait longtemps que je travaille sur la mobilité. J’ai écrit déjà plusieurs livres sur l’automobile et plusieurs articles. Et aujourd’hui, nous sommes confrontés à un nouveau problème dans l’histoire de la mobilité.
Allons-nous pouvoir continuer à conserver le modèle de liberté de mobilité que nous avons réussi à construire au cours des 70 dernières années ? Ou devrons-nous freiner notre appétit à la bougeotte ? Appétit qui a été satisfait par toute une série de technologies. Celles-là mêmes qui nous apportent cette extraordinaire capacité à traverser l’Atlantique en 6 h, à louer des voitures, à se retrouver au cœur des Rocheuses ?
Va-t-on, pour des raisons climatiques, pour des raisons de gestion des ressources naturelles, conserver cette liberté ?
Je me suis posé la question et l’éditeur m’a dit « Il faut que vous travailliez sur cette question ! ».
On ne se la pose pas réellement parce qu’elle fait mal. Elle fait peur. Elle nous incite à changer radicalement d’habitudes et de sortir d’une forme de confort qui consiste à se déplacer de façon souvent impulsive, sans réfléchir à l’impact de ce déplacement, à la fois sur l’environnement, mais aussi sur le tissu social.
La liberté est un phénomène anthropologique. Elle est liée à l’histoire de l’humanité. On a commencé il y a 85 000 ans, en quittant la zone où nous étions installés en Afrique pour coloniser toute la planète.
Partout sur la planète, il y a des humains qui se sont établis, qui ont construit des sociétés parce qu’ils ont été mobiles. Or, ces humains-là, qui ont pris le goût de la liberté de se déplacer, ne veulent pas rester inertes. Ils continuent à bouger et cela donne de grands mouvements anthropologiques comme les migrations.
Les migrations sont une forme d’exercice, de liberté. Ils sont parfois poussés par les événements. Je rappelle que 60 millions d’Européens ont quitté la vieille Europe au cours du XIXᵉ siècle pour aller en Amérique du Nord, en Amérique latine ou en Asie. La liberté de bouger est la première des choses que les dictatures suppriment.
Limiter la liberté, c’est accroître le contrôle sur les individus. Et d’ailleurs, au XIXᵉ siècle, ceux qu’on appelait les « chemineaux », ces ouvriers qui battaient la campagne à la recherche d’un travail, étaient suspects. On considérait que les gens qui n’avaient pas d’adresse fixe, qui n’avaient pas un métier fixe, étaient des gens douteux.
Cette liberté-là, nous y tenons et nous l’avons instituée en droit.
Il y a évidemment des règles juridiques puisqu’on a découpé la planète en État avec des frontières, avec des passeports. Et chaque État est libre de gérer les entrées sorties. C’est un sujet très important pour le XXIᵉ siècle, avec le risque d’accroître la mobilité avec des réfugiés climatiques qui ne pourront plus vivre là où ils se sont installés.
Donc, ces règles-là sont d’abord des règles de souveraineté territoriale.
Mais maintenant, les libertés s’exercent dans une contrainte nouvelle qui est la contrainte climatique
On s’est rendu compte que la mécanisation fabuleuse des transports que le XIXᵉ siècle nous a légué avec le moteur à vapeur, puis le moteur à essence, a comme conséquence absolument fondamentale le réchauffement de la planète.
L’utilisation de combustibles fossiles charbon, lignite, pétrole a pour conséquence d’envoyer des gaz à effet de serre dont 70 % sont représentés par le CO2.
Or ce CO2 a une fâcheuse caractéristique. Quand il est dans l’atmosphère, il y reste un siècle et quand on a accumulé les volumes de CO2, eh bien, on gère les conséquences des décisions qui ont été prises par nos prédécesseurs.
Et si on change radicalement, comme l’accord de Paris à la suite de la COP 21 nous incite à le faire ? Ou comme le programme européen FIFA, FIFA et Euro 2050 nous obligent à le faire, on aura un effet retard vu l’accumulation de CO2 dans les couches de l’atmosphère.
Donc la liberté à court terme est compromise par les conséquences de l’utilisation de véhicules et de moteurs qui laisse une trace dans l’environnement, dans l’atmosphère, mais aussi dans l’océan par l’accumulation de CO2 et l’élévation de la température.
Alors le constat négatif est relativement récent il date de 58. C’est un chimiste américain qui a découvert l’impact du CO2*. Tout ceci a donné naissance au GIEC. Les six rapports du GIEC, parfois contestés par ceux qui ne les ont pas lus, sont absolument sans aucun doute. Le réchauffement climatique est lié à l’activité des humains dans l’utilisation de l’énergie fossile. Par rapport à ça, comment faire ?
Il existe trois voies qui peuvent être mises en œuvre simultanément.
*depuis lors on a même appris qu’une chercheuse américaine nous avertissait sur ce point dès le 19e sicle.
La première voie, c’est de trouver des solutions de mobilité avec des objets qui vont consommer moins de CO2 lors de leur fabrication et surtout moins lors de leur vie en exploitation. C’est l’ensemble des vecteurs de mobilité décarbonée.
Le deuxième élément, c’est trouver des sources d’énergie décarbonées pour alimenter le déplacement des humains, parce qu’il n’y a aucune solution de déplacement, ni des biens et marchandises, ni des personnes sans consommation d’énergie. Le simple fait de marcher fait que nous consommons d’énergie et que nous rejetons les gaz à effet de serre.
Et la troisième solution, c’est évidemment de se poser la question d’inventer moins de transport. Moins de liberté de transport, mais regagner d’autres formes de liberté dans l’utilisation de l’espace qui soit moins toxique pour l’environnement.
C’est l’ère du négawatt, c’est à dire faire en sorte que nous consommions moins d’énergie pour se déplacer, mais aussi pour fabriquer des produits, pour les consommer.
Le négawatt passe par toute une série de dispositions qui sont notamment le partage des infrastructures existantes.
Or le négawatt est un mode de pensée, un mode d’action tout à fait intéressant. Le but est de faire en sorte que toutes les interventions humaines consomment moins d’énergie.
Et consommer moins d’énergie, c’est consommer moins de matières premières. Ce n’est pas nécessairement la culture de la décroissance.
C’est inventer des formes plus intelligentes d’utilisation de l’énergie en travaillant sur les causes de mobilité
On se déplace pour deux raisons. Parce qu’on y est obligé ou parce qu’on en a envie. On y est obligé par le travail. On a bien vu pendant la crise du Covid qu’on peut cependant travailler de chez soi, pour certaines personnes.
Une des formes de négaWatt, c’est de travailler de chez soi, c’est le télétravail
Et le gain entre la consommation d’énergie que l’on fait pour déplacer un humain et la consommation d’énergie nécessaire à se déplacer est considérable.
Donc, quand on est chez soi ou dans des lieux de proximité où on se rend à pied, on peut utiliser des moyens de communication qui eux-mêmes d’ailleurs, seront optimisés et valorisés intelligemment.
Se déplacer moins veut dire aussi faire en sorte de rationaliser nos déplacements
On n’est pas obligé d’aller en vacances dans des endroits lointains. On peut trouver des solutions de quota.
Mais d’ailleurs, là encore, la Covid est un bon exemple. Beaucoup de gens qui allaient en vacances très loin se sont rendu compte que sur le territoire national, il y avait une telle diversité en France ou en Europe qu’on pouvait trouver réponse à ces désirs d’évasion.
Ce qui a notamment renforcé l’attrait de la montagne d’été, qui est un facteur extrêmement intéressant.
Consommer moins d’énergie, cela veut dire s’abstenir volontairement de prendre sa voiture pour aller emmener les enfants à l’école ou chercher du pain. C’est utiliser le vélo et la marche.
Ce sont deux outils parfaitement opérationnels, totalement compatibles avec les infrastructures urbaines et tout à fait accessibles dans le monde rural pour des petites distances.
On fait moins de cinq kilomètres en moyenne pour utiliser les services de proximité. Ces cinq kilomètres peuvent parfaitement être faits à pied.
Alors il y a indiscutablement des réserves et des réticences sur ces modes de transport qu’on appelle doux. Marche et vélo. C’est lié souvent à une position ferme. « J’ai le droit d’utiliser ma voiture », entend-on.
Non, la voiture s’utilise sur des infrastructures publiques qui sont réglementées par une série de textes.
L’usage du domaine public n’est pas un droit fondamental. Il se gère, il se gère de façon intelligente et donc on peut, de façon totalement légitime, collectivement, démocratiquement, considérer que le partage des infrastructures doit se faire plus largement au profit des modes de transport.
Il est vrai que la motorisation a été un phénomène culturel, sociologique tout à fait considérable, lié notamment aux congés payés et à la pénibilité du transport.
Beaucoup de gens retiennent l’idée qu’aller travailler en vélo ou se déplacer à pied, c’est pénible. Ou utiliser les transports en commun, ce n’est pas très confortable tout le temps.
De façon générale, il faut convaincre démocratiquement. On ne peut pas nécessairement imposer, changer les habitudes. Alors on peut convaincre par l’aménagement des infrastructures publiques.
Il est certain, par exemple, que le tramway a été un élément tout à fait spectaculaire pour ramener des gens réfractaires à l’utilisation des transports publics de surface, parce que c’est plutôt agréable.
Il s’est inséré dans le milieu urbain et ça crée une vraie valeur d’usage. Le vélo a été radicalement transformé avec le vélo à assistance électrique.
On voit aujourd’hui aussi bien en pratique sportive qu’en mobilité, des personnes qui avaient abandonné l’idée du vélo.
L’utiliser parce que c’est moins pénible avec une assistance électrique. Et on voit des formes nouvelles, par exemple des vélos cargos.
Beaucoup de gens dans les zones urbaines emmènent leurs enfants en vélo cargo à l’école et ça rentre dans les mœurs. On le voit particulièrement dans les pays du nord de l’Europe, en Scandinavie ou aux Pays-Bas.
Mais cela vient en France.
Le vélo cargo d’ailleurs, et plusieurs entreprises françaises de vélo cargo, est un bon moyen à la fois pour le déplacement des personnes et pour le déplacement des marchandises
Il y a indiscutablement un changement culturel à opérer. Mon sentiment, et c’est ce que j’explique dans le livre, c’est qu’il faut plutôt travailler par la conviction que par la brimade ou la coercition, la conviction, elle va se faire si les infrastructures suivent.
Les pistes cyclables doivent être de qualité, les cheminements piétonniers doivent être restaurés dans le monde urbain et rural.
Il est trop de chemins qui ont complètement disparu. Il faut les réhabiliter !
La conviction viendra aussi de la vision macroscopique que l’on va pouvoir diffuser. Le réchauffement climatique, pour certains, c’est une abstraction.
Il est un vaste doute sur sa réalité.
De fait, on constate et l’été 2022, sur ce plan-là, a été très formateur, que la réalité va plus vite que la conviction que nous pouvons en avoir.
Et de fait, beaucoup de gens vont se dire que leur contribution individuelle à la lutte contre le réchauffement climatique est accessible. Elle est même nécessaire.
Mais surtout, elle crée du plaisir. Ce n’est pas du tout violent de réfléchir avant d’utiliser sa voiture ni pour les urbains, de ne pas renouveler l’achat d’une voiture.
Et c’est sur ces bases que l’on verra changer les comportements et les cultures pour créer une société qui n’est pas une société punitive. Mais c’est une société qui va continuer à décliner le concept de liberté et d’égalité dans l’accès aux transports, mais de façon beaucoup plus avertie, vertueuse et responsable
Alors, cette idée de limiter à quatre voyages pour toute la vie le nombre de voyages en avion est évidemment un pavé dans la marre qui a beaucoup fait réfléchir. De toute évidence, il faut faire quelque chose.
Ce n’est pas la honte de l’avion (NDLR Flygskam en suédois), mais c’est toujours réfléchir au pourquoi des déplacements. En entreprise, j’ai bien connu beaucoup de gens, beaucoup de collègues qui faisaient des déplacements professionnels pour gagner des miles, pour ensuite faire des déplacements privés.
Les airmiles sont une double peine pour l’environnement
Donc il faut réfléchir notamment à ces programmes de fidélisation qui ne sont pas nécessairement la meilleure des choses. Il faut réfléchir à l’utilisation de solutions alternatives pour le transport aérien, le transport ferroviaire au sol.
Si on avait un réseau européen de TGV de qualité qui nous emmène dans toutes les capitales européennes, on n’aurait plus besoin d’avion parce que le TGV est une excellente solution et vertueux sur le plan du CO2.
Donc il y a à la fois des comportements individuels à réduire, des investissements publics à privilégier. C’est aux citoyens de s’engager autour de ça, au travers d’une action personnelle, individuelle, quotidienne, de responsabilité.
Alors, il est certain que la liberté de circulation que nous connaissons a conduit à un phénomène d’émancipation des générations, des enfants qui sont allés s’installer dans des pays différents. Il est vrai, par exemple, qu’il y a un exode de compétences d’Afrique du Nord vers la France. Il y a aussi beaucoup d’enfants français des années 80 qui sont installés aux États-Unis, au Canada, voire même en Australie.
C’est un fait, on ne peut pas casser cette réalité et de toute façon, il sera long et difficile de revenir en arrière. Il y a une solution, c’est le crédit carbone individuel.
Ce crédit carbone individuel serait finalement un droit que nous aurions individuellement, que nous serions de façon transparente et rigoureuse. Je vais aller voir mes enfants au Canada ou en Suède, néanmoins je vais devoir continuer à faire des efforts significatifs sur d’autres comportements pour compenser ce droit que j’ai exercé.
Le permis de carbone individuel est quelque chose qui est aujourd’hui choque beaucoup de gens en disant que c’est une atteinte totale aux libertés. Mais c’est une évidence, sans mesures, pas de progrès.
On a 10 tonnes de production individuelle de CO2 par an. Il va falloir que nous descendions à 5
Ce passage de 10 à 5 ne passera pas s’il n’y a pas un outil de mesure, un outil de rationalisation de nos comportements qui nous permette de comprendre les impacts avant de décider.
On voit bien que quand on nous demande de consommer moins d’énergie, on le fait spontanément, sans en souffrir. Donc il est évident que la prise de conscience et la responsabilité individuelles vont prendre des formes nouvelles, mais très positives et constructives.
Et il est évident que nous sommes entrés dans une phase de profondes turbulences dans notre confort individuel. Et ces turbulences sont liées aux résultats que nous avons engrangés depuis un siècle en termes de liberté et de confort.
Ces éléments-là, on ne peut pas en faire abstraction. Ils appartiennent à notre environnement, à notre culture, à notre démocratie, à notre qualité de vie.
Néanmoins, la mutation est imposée par l’environnement contraignant que nous avons fabriqué. Nous en sommes les seuls responsables et notamment nous les Européens, puisqu’on a commencé au début du XIXᵉ siècle.
Nous, les Européens, avons largement consommé notre crédit carbone
Ce n’est pas un caprice écologique, c’est une condition de survie de l’homme dans des conditions de qualité sur la planète. C’est ça qu’il faut comprendre.
La planète n’est pas en danger. La planète s’en fiche royalement. Elle considère que l’homme est un intrus qui s’est développé depuis 1 million d’années. En gros, par rapport à son histoire, c’est tout à fait un phénomène secondaire
C’est l’homme qui est en danger parce que l’homme est au bout de la chaîne de la complexité biologique. Et si les conditions de vie sur terre se dégradent, il en sera la première victime. Les crabes et les araignées continueront à proliférer sans aucun problème.
Donc, il s’agit d’abord et avant tout d’un problème de protection de la vie des humains sur Terre et de la qualité de la civilisation.
Cet objectif qui n’est pas du tout un objectif angoissant, c’est un objectif absolument refondateur. On sait quelles sont les contraintes
On sait maintenant qu’il faut qu’on se dirige vers un comportement qui intègre davantage de sobriété énergétique puisqu’il faut supprimer une série de causes inutiles de consommation d’énergie.
Et ce cheminement-là est un cheminement qui doit être mûri, qui doit faire partie de notre évolution démographique et démocratique et qui doit nous conduire à beaucoup plus de maturité dans nos décisions en matière de déplacements
Le message de mon livre, c’est un message positif. La liberté, l’égalité et la mobilité sont totalement compatibles. Cela implique toutefois un degré de lucidité et un renforcement de nos mécanismes de décision démocratiques.
Le livre de Jean-Pierre Corniou se trouve à la FNAC et dans toutes les bonnes librairies
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La crise de l’IT a des conséquences très graves et pas seulement dans la Silicon Valley. Mais s’agit-il d’une crise de l’informatique ou d’une crise de l’innovation ? Pour Alain Lefebvre, auteur de « La Crise de l’IT et comment s’en sortir« , il convient d’abandonner les modes technologiques et les effets démo et de se concentrer sur une vision raisonnée de l’informatique où bon sens et pragmatisme règnent en maître. Voici la transcription d’un événement en direct réalisé avec Alain sur LinkedIn en fin d’année dernière. Notons, pour ce qui concerne l’effet démo, la référence à la mère de toutes les démos de Douglas Engelbart que vous pourrez revoir ici.
N’allons pas jusque là. En fait, la crise est bien plus profonde. Elle est multifactorielle. Certains parlent même de permacrise. On peut dire que c’est une crise permanente. Il y a aussi une crise morale et il y a aussi des éléments techniques.
D’abord le fait que la loi de Moore ne se vérifie plus même si certains contestent cette assertion, mais c’est la vérité. Or, cela fait plus de 40 ans que la loi de Moore était la locomotive qui tirait le train.
C’était elle qui amenait la croissance, d’abord une croissance technique puis une croissance économique. Tout d’un coup, ça s’arrête. Cela ne marque pas la fin des progrès techniques, mais une certaine automaticité du progrès.
On est donc entrés dans un mode panique, avec cette attente de la prochaine innovation qui va relancer toute la machine et nous sauver.
Car pour le moment, tous les candidats qui nous ont été proposés ne font pas l’affaire. Parfois, ce sont même des fraudes manifestes comme le Web3. Il y a déjà eu des modes techniques qui étaient discutables tout au long de l’histoire de l’informatique.
Je pense à Java à la fin des années 90 par exemple que j’ai beaucoup combattu. Mais même Java, il y avait quand même un fond ! On assiste néanmoins à un renouveau du web autour d’innovations et du web immersif. Oui, il y a des choses qui arriveront, un jour.
Dans le cas du Web3 ce n’est pas tellement là le facteur critique ni l’effet démo, car il n’y a pas de démo. C’est autre chose. C’est la ruée vers l’or qui aveugle. Mais revenons à l’effet démo.
L’effet démo est également une de nos plaies. Cela remonte à 1968 avec ce qu’on appelle la mère de toutes les démos où Douglas Engelbart a démontré un des systèmes distribués, des systèmes graphiques, une interface à base de souris, etc. C’était une démo absolument extraordinaire. Très en avance sur son temps et qui effectivement, après coup, s’est réalisée.
Et en quelque sorte l’émerveillement et la conviction qu’à partir du moment où on voit une démo convaincante, effectivement ça va arriver sur nos postes de travail. Or nous manquons de recul pour faire la différence entre l’effet démo et la réalité du terrain. Le meilleur exemple, mon préféré, ce sont les voitures autonomes.
Il y a une dizaine d’années, on nous disait que les voitures autonomes arriveraient dès 2016. 7 ans plus tard, il y a de plus en plus d’articles qui nous disent à mots couverts, comme ce billet de l’Usine Digitale, que rien ne se passera avant 2030, avant qu’une voiture de niveau 4 ou 5 soit homologuée par les assurances en Europe.
Le journal ajoute même que 2030 est un objectif inatteignable. 2030, c’est loin, mais il n’y a rien d’anormal à cela, rien de choquant.
On n’accorde jamais assez de temps pour laisser les innovations rentrer dans leur phase de maturité. Or elles ne sont utilisables que dans leur phase de maturité
Exactement. Pour l’IA, il y a de la ferveur et de l’hystérie. Cela s’était un peu calmé, et puis avec les applications d’OpenAI, Dall-E ou un GPT3, CHATGPT, etc. nous sommes repartis pour un tour avec l’effet démo. Et de dire que Google est fini, qu’ils sont “foutus”… Qu’on fera des recherches avec un chatbot qui nous répondra précisément au lieu de nous envoyer des dizaines de milliers de liens web.
Google, un jour, évidemment, basculera et sera remplacé, renversé, submergé, comme IBM a fini par l’être, comme Microsoft finira par l’être. Mais ce n’est pas pour demain.
Parce que même si les résultats de Google là sont plutôt en berne, c’est quand même un des géants du présent.
Ce que je propose, c’est ce que j’appelle l’informatique raisonnée. Elle est basée sur trois principes.
L’idée est de revenir sur terre, d’utiliser le bon sens et de comprendre que puisque les grands projets ont un taux de mortalité important, il faut arrêter d’en faire. Deuxièmement, être agile ne veut pas dire adopter de façon rigide le vocabulaire et les rythmes des méthodes agiles. C’est comprendre qu’il faut faire des projets courts. Enfin il faut arrêter de croire aux modes miracles.
Ce qui se passe avec ChatGPT, c’est une fois de plus l’attente de la nouvelle grande affaire et une attitude hystérique face à l’innovation. Il est vrai que c’est bluffant par certains aspects, mais il faut bien comprendre que ChatGPT n’est finalement que de la statistique appliquée au texte et qu’il va vous répondre ce qui lui paraît sensé sur un plan statistique.
C’est uniquement un travail de statistique sur des textes, donc il ne peut pas y avoir de fond. Pour le moment, on est “bluffés” quand on joue avec l’algorithme. Mais les applications concrètes de ces programmes sont faibles.
Google duplex (cf. la vidéo de la fameuse démo ci-dessous) n’a pas donné ce qu’on attendait et a été arrêté, mais on en parle peu. On ne parle que rarement des échecs. Récemment, IBM et Maersk ont arrêté leur système Tradelens de la logistique sur blockchain. Mais cet arrêt a eu peu d’écho également.
Précisons néanmoins qu’il n’y a pas forcément de mauvaises intentions derrière ça. Ce n’est pas une théorie du complot, c’est simplement que les gens ont envie de rêver.
Il est à noter que la version ChatGPT étant meilleure, c’est celle que j’ai choisie.
J’avais entendu cette histoire de porcelaine dans la nourriture pour bébés même si je n’ai pu en trouver trace dans les moteurs de recherche. Probablement une rumeur urbaine. Par contre, ce qui n’est pas une rumeur c’est que le robot va remplir la page bêtement en essayant de faire des phrases comme un étudiant idiot qui remplirait sa copie alors qu’il ne connaît pas son sujet.
La machine n’est pas capable — sauf si on lui apprend et ça arrivera sans doute plus vite qu’on croit — de « juger » la question. Elle ne fait qu’y répondre de manière statistique en racontant des histoires sans intérêt, mais justes (« la porcelaine est un matériau dur et cassant ») et se met à élucubrer sur une proposition idiote (« si votre bébé ingère accidentellement…).
Un humain aurait sans doute tapé en touche en entendant la question : « Question idiote, n’escomptez pas une réponse ! »
Par contre, croire que l’humain est systématiquement plus « intelligent » que la machine n’est pas vrai non plus. Nombre d’humains raisonnent comme des machines et ne voient pas bien plus loin que leur nez. Ce seront sans doute les premiers à disparaître au profit de ces robots statistiques.
Et si votre métier consiste juste à compiler des chiffres ou des données (et Dieu sait qu’il en existe de ces jobs d’OS du 21e siècle), vous pouvez commencer à trembler également. Même si, comme l’explique Alain, le changement n’arrivera pas demain mais au bout d’une longue période de maturation.
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Comment s’approprier le Web3 ? Depuis quelques années, des voix s’élèvent pour réinventer le bon vieux Web. Telle était l’ambition du Web 2.0 d’ailleurs. Mais le conte de fées s’est transformé en cauchemar, le Web social a été dévoyé, les scandales se sont succédé, les batailles autour des données aussi. Les plateformes sociales elles-mêmes essaient de se réinventer, comme Meta. Hubert Kratiroff, co-auteur de notre futur livre, « Le marketing de @ à Z » qui sortira fin 2023 chez Eyrolles, vous donne ses clés pour plonger dans le Web3 et y faire vos premiers pas. Un exposé optimiste et pragmatique, sans pour autant occulter les risques auxquels ce nouveau Web devrait avoir à faire face.
Tim Berners Lee a lancé Solid et contract for the Web. Puis est venu le Web3. Un concept pas toujours facile à comprendre. Voici l’interview réalisée avec Hubert il y a quelques semaines. Elle vous permettra de vous faire une idée d’un concept encore un peu nébuleux, et d’apprendre à plonger dedans de manière concrète. Il se pourrait bien qu’on assiste à un certain renouveau du Web, appelé de leurs vœux par beaucoup d’acteurs et d’utilisateurs du Web.
Le Web3 de 2023 est un retour aux sources du Web, tel que l’envisageait Tim Berners-Lee, son inventeur en 89. Le Web de Tim Berners-Lee en 89 était un Web pour les utilisateurs
Mais le Web 2.0 est venu dévoyer le Web, avec ses plateformes comme Twitter ou Meta et plus récemment TikTok. Les géants de la Tech avec leurs énormes budgets ont pu mettre de très bonnes technologies sur le marché, en les détournant à leur profit.
Aujourd’hui, « on retrouve avec le Web3 la vision initiale de Tim Berners-Lee, qui est un Web sémantique » nous dit Hubert.
Pourtant, à l’occasion du Web Summit qui s’est tenu à Lisbonne du 1er au 4 novembre 2022, Tim Berners-Lee aurait demandé que cette nouvelle version du Web soit « ignorée ».
« Je pense qu’il est surtout animé par la volonté de développer sa startup Inrupt, qui prône une technologie qui n’est pas loin de Solid, le langage des Smart Contracts de la blockchain. Je pense qu’il est surtout vexé de ne pas avoir lui-même déclaré ce développement du Web3 », souligne Hubert.
Il avait envie de l’appeler le Web sémantique, le Web data, le Web Data linked, le Web du XML. Il s’agit d’un Web où toutes les données étaient structurées d’une certaine manière sur l’ensemble des sites.
Avec ce concept, n’importe qui aurait pu récupérer l’ensemble de ses données. Les utilisateurs se les réappropriaient. C’était ce que Berners Lee appelait le Web sémantique, le Web de la data, le Web XML.
Ce Web sémantique n’a malheureusement pas pris parce qu’il a été pris de vitesse par les grosses plateformes
Le terme de Web3 a quant à lui été lancé par Gavin Hood qui est, avec Vitalik Buterin, le co-inventeur d’Ethereum.
« Une blockchain est une base de données, comme on en connaît des centaines de milliers, avec la particularité qu’il est impossible de modifier ou supprimer une information. Tout ce qui est enregistré est enregistré à vie et on ne peut pas revenir dessus », explique Hubert.
Gavin Hood et Vitalik Buterin ont inventé une blockchain Ethereum, qui est une base de données partagée, sur laquelle ils ont niché 3 choses :
On peut faire du Web3 sans pour autant s’appuyer sur les technologies complexes d’aujourd’hui
« Wikipédia ou Twitter vont devenir des entreprises hybrides Web2/Web3, poursuit Hubert. Elles ont beau avoir été fondées sur la base du Web 2.0, avec de bonnes intentions, elles vont devoir se réinventer ».
Nous, les utilisateurs, avons été responsables de l’hégémonie des grandes plateformes
Ces grandes plateformes ont joué à fond la carte de l’interface utilisateur (UI) et nous ont permis de publier des photos d’un seul clic. De même, configurer sa boîte mail tout seul avec le SMTP, l’IMAP, le POP, etc. est très complexe. Or, avec Gmail ou Yahoo, tout est encapsulé, facile, fluide.
Par facilité, nous avons utilisé Gmail et Instagram parce que nous n’avons pas voulu mettre les mains dans le code
« Le Web3 va nous faire redevenir acteurs avec la nécessité d’une petite technicité et des outils à manipuler », ajoute Hubert.
Une première étape pour mettre un pied dans le Web3 est d’utiliser le navigateur open source Brave. Surfer dans Brave permet de gagner des BAT (Basic Attention Token), une sorte de cryptomonnaie qui permet de rémunérer un créateur.
Pour mettre un deuxième pied dans le Web3, il suffit de regarder les vidéos dans Odysee, plutôt que YouTube. C’est à peu près la même chose, sauf que le visionnage d’une vidéo rémunère de 1/10 è de centime ou de 1/1000 è de centime le créateur.
Pour la musique, au lieu de donner 15 € par mois à une plateforme de streaming, utiliser Pianity permet de rémunérer directement les auteurs.
Le Web3 a cependant quelques obstacles sur sa route.
« Le Web 2.0 a été la propriété de grandes plateformes. Il ne faudrait pas que le Web3 devienne celui des investisseurs », nous avertit Hubert. À commencer par AECI qui investit beaucoup dans le Web3.
Toujours cette bonne vieille opposition entre le Web, héritier des hippies américains des années 60-70 et le Web capitaliste d’aujourd’hui. Plus ça change…
Il ne faudrait pas qu’on passe d’une propriété fonctionnelle du Web 2.0 à une propriété capitalistique du Web3
« Tout ce qui est dit dans le Web3 est traçable. Il y sera possible de remonter à des dizaines d’années. Un peu comme le fait aujourd’hui http://archive.org, qui a enregistré les sites depuis 1993″. Tout y est enregistré précise Hubert.
Il faudra faire attention à ce droit à l’oubli et responsabiliser les utilisateurs
Il y a beaucoup d’apprentissages à faire sur le Web3, pour guider les utilisateurs. Ils ne pourront pas y dire n’importe quoi. Car dans 5, 10 ou 15 ans, tout ce qui y aura été dit pourra être ressorti et sera absolument inopposable.
Je prédis que Ledger d’ici le premier trimestre 2023 sera la première décacorne française
Gardons donc l’esprit ouvert et observons la Tech, nous n’avons pas fini d’y découvrir de nouvelles choses.
À lire également, le Web3 : à quoi ressemblera l’Internet du futur ?
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La brève de ce matin a été inspirée par un tweet et se réfère aux licenciements récents dans la Silicon Valley, dont certains journaux n’hésitent plus à dire que l’endroit n’est plus aussi « cool » qu’avant. D’autres billets viennent narrer des histoires d’employés déçus de ne plus pouvoir aller manger des pizzas gratuites à la cafétéria avant de se rendre à la « confetti room » pour une réunion. Bref, tout cela sonne comme une histoire d’amour qui finit mal. La vraie question posée par un des billets lus ce matin : trop cajoler ses employés est-il une bonne idée ?
Dans les années 90 d’abord (grande crise de l’informatique), puis dans les années 2000 (la bulle Internet). Ces périodes sont inscrites dans ma mémoire. Sans doute que la grande société d’informatique pour laquelle je travaillais dans les années 90 n’était pas aussi « cool » que Meta ou Google, mais nous y étions attachés et à juste titre.
Nous y avons appris énormément de choses et le travail y était créatif et passionnant. Une période entièrement nouvelle du monde du travail se créait alors. Certainement même beaucoup plus créatif que de vendre des CPC sur un moteur de recherche.
Je ne m’étais pas méfié dans ces années là et pour cause. Fraîchement arrivé dans le monde de l’IT, en provenance du secteur sinistré des appareils ménagés, l’avenir s’ouvrait devant moi. « C’est le secteur d’avenir », me disait-on.
Et c’était vrai, l’informatique temps réel a changé la vie de tous les employés du monde entier, pas seulement quelques-uns. Il en est sans doute de même pour les technologies développées dans la Silicon Valley.
J’ai vu pourtant disparaître tous les grands de la Tech : DEC, Control Data, Data General, ICL, Compaq et j’en passe.
En 2001-2 la purge a recommencé, mais cette fois-ci j’avais anticipé. En quelques mois, le travail de 4 ans a été mis sur le trottoir. Un collègue est venu avec un camion mettre les serveurs dans le coffre. Un hiver nucléaire a commencé.
Sans doute que l’approche au travail dans ces sociétés de la Tech moderne et ce que nous avons connu aux temps immémoriaux du début de l’informatique temps réel n’a rien à voir.
À l’époque, pas de divertissements, de friandises ni de « confetti room » et encore moins de TikTok Tok pour s’ébahir sur son lieu de travail.
THIS IS WHY GOOGLE IS FIRING 10,000 + EMPLOYEES $GOOGL $GOOG pic.twitter.com/I4PsBu205C
— GURGAVIN (@gurgavin) January 23, 2023
Et quelques semaines plus tard
UPDATE SHE JUST GOT FIRED $GOOGL $GOOG pic.twitter.com/xms1PSaRxe
— GURGAVIN (@gurgavin) January 23, 2023
Il est vrai que je ne mange pas de bonbons, je surveille mon poids et ne joue plus au baby-foot depuis mes études.
Je recommande le billet de Marketplace sur le sujet qui m’a fait réfléchir sur cette situation. Certes, il y a une situation qui paraît injuste et même incompréhensible. La période actuelle n’a rien à voir, mais vraiment rien à voir, avec la grande crise de l’Internet des années 2000.
Il n’y a pas d’effondrement, pas de retournement de situation et même certaines des sociétés qui sont sanctionnées en bourse sont en croissance de… 12 % (ça fait rêver).
Il y a donc quelque chose d’apparemment irrationnel dans tout cela (voici l’explication).
Mais au-delà de ces faits regrettables, les questions posées par l’article de Marketplace sont intéressantes.
« Je ne souhaite à personne de perdre son emploi. Mais je pense que les attentes des employés sont en train de changer », a déclaré Nolan Church. Il est aujourd’hui consultant en recrutement dans le secteur de la technologie et qui a déjà travaillé pour DoorDash et Google.
Au cours de la dernière décennie, dit-il, il y a eu une combinaison d’argent facile et de talents difficiles à trouver dans la technologie. Cela a donné lieu à une sorte de course aux armements pour être reconnu comme le meilleur endroit où travailler.
« Mais rétrospectivement, cela a créé une génération d’employés qui s’attendent à être dorlotés », a-t-il ajouté. « Aujourd’hui, les employés sont franchement choqués de constater que leur emploi n’est plus sûr. Les avantages et les commodités dont ils bénéficiaient autrefois s’évaporent assez rapidement. »
Je me suis toujours interrogé sur ces « great places to work », car à chaque fois que j’ai vu le label attribué je me suis demandé ce qu’il y avait derrière.
Depuis que je suis à mon compte, je ne me pose plus la question de savoir si mon emploi va être supprimé. Bizarrement, c’est au moment où je suis en plus grande situation de précarité que je la ressens le moins.
Le fait d’avoir été « dorloté » ne protège peut-être pas, il se pourrait qu’il rende plus vulnérable.
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