durée : 00:05:48 - Abnousse Shalmani : "C'était tellement chic d'avoir une réfugiée politique à table" - par : Sophie Bober - Comment gérer le regard des copains (et de leurs parents) lorsqu'on est une réfugiée politique ? Du choc de la Révolution islamique à la découverte de Paris, de la fascination pour son statut aux clichés auxquels elle fut restreinte, retour sur de nombreux décalages avec l'auteur Abnousse Shalmani. Avoir deux ans, au moment de la Révolution islamiste à Téhéran, c'est d'abord voir les visages et les couleurs, les paysages changer : * C'était horrible, parce que même enfant on voit la différence. Jusqu'au moment où le voile a été imposé, les femmes étaient liées à la couleur, et d'un coup, les femmes et les couleurs ont disparu... C'était assez terrifiant et triste. La famille d'Abnousse Shalmani, laïque, décide alors de s'exiler en France, à Paris, en dépit du choc de l'arrivée, de la laideur des maisons et de la solitude... Une solitude rapidement soufflée par l'amour trouvé pour la langue française, Romain Gary et Victor Hugo : C'est une boite à trésors que je pourrais exploiter toute ma vie. C'est la langue et ce dictionnaire qui m'ont sauvée... La langue, c'est une vraie baguette magique ! Reste alors à gérer le regard des autres (les copains, les parents des copains lycéens), les clichés qui la cantonnent à son statut de réfugiée politique, fascinés par son expérience iranienne : A 17 ans, au lycée, on était très politisés, et je sentais bien qu'on m'invitait seulement parce que c'était tellement chic d'avoir une réfugiée politique à table. Cela provoquait chez moi une gêne, car ce que je prenais pour une tare était devenu, dans la bourgeoisie de gauche française, mon ticket d'entrée... - invités : Abnousse Shalmani - Abnousse Shalmani : Journaliste et écrivain