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La théorie du Big Bang
La théorie du Big Bang est l'une des théories les plus populaires pour expliquer l'origine de l'univers.
Elle suggère que l'univers a commencé comme une singularité, un point de densité et de température infinies, qui a explosé et s'est étendu pour former l'univers tel que nous le connaissons aujourd'hui.
Cette explosion initiale a eu lieu il y a environ 13,8 milliards d'années.
Selon la théorie du Big Bang, l'univers s'est étendu et refroidi au fil du temps, ce qui a permis la formation de la matière et des galaxies.
Environ 380’000 ans après l'explosion initiale, l'univers était suffisamment refroidi pour que les électrons et les protons puissent se combiner pour former des atomes.
Cela a permis à la lumière de voyager à travers l'univers, créant le rayonnement fossile que nous pouvons encore observer aujourd'hui.
Au fil du temps, la gravité a joué un rôle important dans la formation des grandes structures de l'univers, telles que les amas de galaxies et les filaments cosmiques.
Les observations de ces structures ont confirmé la validité de la théorie du Big Bang, ainsi que l'existence de la matière noire, une forme de matière invisible qui affecte la gravité dans l'univers.
La théorie du Big Bang a également permis d'expliquer l'abondance des éléments dans l'univers, ainsi que le fondement de la cosmologie moderne.
Cependant, il reste encore des questions sans réponse, telles que la nature de l'énergie noire, une forme d'énergie qui accélère l'expansion de l'univers, ainsi que les conditions initiales de l'univers et le contenu de la matière noire.
Les chercheurs continuent de travailler pour résoudre ces énigmes et pour affiner notre compréhension de l'origine et de l'évolution de l'univers.
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Les trous de ver
Les trous de ver sont un phénomène hypothétique dans l'univers qui est souvent présenté dans la science-fiction.
Selon la théorie de la relativité générale d'Albert Einstein, les trous de ver sont des courbures extrêmes de l'espace-temps, qui se forment lorsqu'il y a une forte concentration de masse ou d'énergie.
Si les trous de ver existaient, ils pourraient potentiellement offrir une voie de communication rapide entre des régions distantes de l'univers, offrant une alternative potentielle aux voyages spatiaux interstellaires à longue distance.
Cependant, la théorie des trous de ver pose de nombreux défis. Tout d'abord, il n'y a aucune preuve concrète de leur existence.
En outre, même s'ils existent, ils pourraient ne pas être stables ou pratiques pour le voyage spatial, et pourraient nécessiter des quantités incroyables d'énergie pour les maintenir ou les créer.
Malgré ces défis, les scientifiques continuent à explorer la possibilité des trous de ver, car l'étude des trous de ver est importante pour la compréhension de l'univers et de la physique fondamentale.
La recherche sur les trous de ver peut également être utile pour développer de nouvelles technologies, telles que les ordinateurs quantiques et les systèmes de communication à haute vitesse.
En fin de compte, les trous de ver restent pour l'instant une pure spéculation théorique, mais ils sont un sujet de débat et de recherche fascinant pour les scientifiques.
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Pourquoi la Suisse est-elle riche?
(Dernière partie).
Conclusion.
En substance, on peut dire que la prospérité de la Suisse au cours des nonante dernières années ne provient pas uniquement de circonstances favorables, mais qu’elle repose sur des atouts qu’elle a acquis.
Tout laisse à penser que l’économie atteindra à l’avenir un niveau supérieur à la moyenne. Il est, toutefois, impossible de prévoir la fin de l’histoire.
Au cours des nonante dernières années, le taux moyen d’immigration a été nettement supérieur à celui de l’émigration, mais cette évolution ne s’est pas faite de manière linéaire.
Si, à défaut de meilleures données, nous prenons comme indicateur le taux d’étrangers dans la population résidante permanente, on distingue quatre étapes: de mille neuf cent vingt à mille neuf cent quarante-cinq, la part de la population étrangère résidante a diminué de moitié pour passer de dix à cinq pour cent.
Cela provient de la politique d’immigration rigoureuse qui avait été instaurée et de la Seconde Guerre mondiale. Une première grande vague d’immigration a eu lieu pendant la phase de haute conjoncture qui a eu lieu de mille neuf cent quarante-cinq jusqu’à la grande récession du milieu des années septante. Les populations étrangères résidantes sont passées de cinq à dix-sept pour cent.
Après une forte diminution de courte durée (quatorze pour cent) due au renvoi par la Suisse de plus de cent cinquante mille saisonniers étrangers afin de lutter contre le chômage, une deuxième grosse vague d’immigration, qui se prolonge encore aujourd’hui, a commencé dans les années quatre-vingt.
L’immigration et la prospérité sont les deux côtés d’une même médaille. Une économie de petite taille et ouverte comme celle de la Suisse ne peut croître régulièrement que si elle recrute de la main-d’œuvre étrangère.
L’immigration, qu’elle soit appréhendée en termes de taux ou de gestion, est d’abord une question politique. D’un point de vue économique, il importe qu’elle ne serve pas seulement à repourvoir des postes vacants, mais qu’elle contribue à augmenter la productivité.
Cela n’a pas toujours été le cas tout au long de l’histoire économique de ces nonante dernières années. C’est surtout pendant la période de haute conjoncture de l’après-guerre que les branches structurellement faibles ont recruté de la main-d’œuvre étrangère, appliquant en cela une stratégie des bas salaires dans le but de différer leur inéluctable déclin.
Il en a résulté un effondrement particulièrement dramatique dans les années septante. En revanche, la Suisse a toujours attiré une main-d’œuvre hautement qualifiée.
Sans cet atout, l’histoire économique de la Suisse des nonante dernières années aurait évolué tout autrement.
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Pourquoi la Suisse est-elle riche?
(Partie sept).
L’art d’éviter les grosses erreurs.
La politique économique de la Suisse constitue un deuxième facteur qui ne provient pas forcément de circonstances favorables.
On ne peut pourtant pas parler de politique optimale puisque la Suisse a aussi pris de mauvaises décisions.
Pourtant, en comparaison internationale, on remarque qu’en règle générale, les faux pas étaient moins graves que ceux commis dans les pays voisins. C’est surtout en matière de stabilité que cette politique a réussi.
La politique monétaire suisse est un exemple caractéristique. Certes, la Banque Nationale suisse (BNS) a parfois fait des erreurs, puisque la politique de déflation menée pendant la crise économique mondiale des années trente, la politique d’austérité du milieu des années septante et la politique des taux élevés du début des années nonante ont été franchement contre-productives.
Cependant, pendant nonante ans, la politique monétaire suisse a connu un succès exceptionnel. Alors que la plupart des États européens ont traversé au moins une fois une phase de forte inflation voire d’hyperinflation, les prix sont toujours restés relativement stables en Suisse depuis 1920.
Les politiques budgétaires et fiscales suisses constituent un autre exemple.
Les taux d’impôts et l’endettement de la Confédération, des cantons et des communes sont restés modérés au cours des nonante dernières années.
Pendant que les autres pays tentaient de stabiliser la conjoncture après 1945 en usant de politiques budgétaires et fiscales débouchant sur un fort endettement, les autorités suisses sont restées plutôt réservées.
Cette retenue a eu parfois des effets négatifs à court terme comme au milieu des années septante ou au début des années nonante, mais elle s’est avérée bénéfique pour la stabilité des finances publiques à long terme.
Enfin, le partenariat social, qui s’est formé à la fin des années trente et qui est devenu la règle dans la plupart des branches après la Seconde Guerre mondiale, a été un facteur important de stabilité.
Les conflits d’intérêts entre les travailleurs et les employeurs n’ont certes pas disparu, mais la volonté de trouver des solutions en commun en cas de crise au lieu de laisser les conflits dégénérer a créé un climat de confiance qui favorise incontestablement la croissance.
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Pourquoi la Suisse est-elle riche?
(Partie six).
Les «vertus suisses».
La théorie économique affirme que la prospérité d’un pays dépend en dernière instance de la qualité de son capital humain.
Plus le niveau de formation de la main-d’œuvre est élevé et plus son esprit d’entreprise est développé. La probabilité qu’un pays soit riche n’en est que plus grande.
En Suisse, les conditions menant à l’accumulation du capital humain semblent avoir été particulièrement favorables.
D’une part, des vertus telles que l’application, le travail de qualité et l’esprit d’entreprise ont toujours été valorisées et d’autre part, la politique et l’économie ont toujours voulu des instituts de formation de bon niveau tant pour les élites que pour les élèves et les apprentis.
Il n’est pas simple d’expliquer d’où vient cette valorisation de la formation et du perfectionnement professionnel. Ce qui est sûr, c’est qu’elle repose sur une longue tradition et qu’elle est si bien enracinée que l’on parle parfois de «vertus suisses».
Les villes du pays étaient des centres réformés et ont amené une nouvelle éthique du travail. Elles ont aussi libéré des énergies entrepreneuriales en attirant sans cesse des gens de la campagne ou des pays voisins qui cherchaient à se distinguer par leurs prestations spécifiques.
La Confédération faisait office de pionnière au XIXe siècle dans l’instruction populaire et la formation technique. L’École polytechnique fédérale de Zurich a été fondée en 1854 et la Confédération a instauré le modèle moderne de l’apprentissage à la fin du XIXe siècle.
Le niveau élevé du capital humain est devenu une condition pour que les entreprises suisses se spécialisent dans des produits de niche de haute valeur et qu’elles paient des salaires relativement élevés à leurs employés.
C’était en même temps un corollaire de la réussite. Les entrepreneurs savaient qu’ils ne pourraient poursuivre leur stratégie de niche qu’en soutenant l’école publique, l’enseignement technique supérieur et la formation en entreprise.
De leur côté, les employés ont aussi compris l’intérêt qu’il y avait à investir dans leur propre formation parce qu’un meilleur diplôme engendrait presque systématiquement un salaire supérieur.
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Pourquoi la Suisse est-elle riche?
(Partie cinq).
La chance a des limites.
On ne saura jamais comment l’histoire économique de la Suisse aurait évolué sans ces circonstances favorables, le développement d’un pays étant toujours unique.
Cependant, si l’on compare avec d’autres petits États européens, on voit que la chance n’est pas le seul facteur de succès de l’économie suisse.
Il est vrai que la Suisse a profité du fait d’avoir été épargnée par les deux guerres mondiales: à la fin des années vingt et des années quarante.
Cet avantage n’était, toutefois, que temporaire.
À la fin du vingtième siècle, ce ne sont pas les pays épargnés par la Seconde Guerre mondiale, comme la Suède ou la Suisse, qui affichaient le revenu moyen le plus élevé, mais le Danemark.
Notons que la Suède n’a pas fait mieux que la Belgique.
Le fait que la Suisse soit entourée de voisins prospères n’explique pas tout.
L’exemple irlandais est légendaire.
Alors que son voisin est l’un des pays les plus riches du monde, l’île verte n’a jamais connu de croissance notable jusqu’à récemment.
Son voisinage avec la Grande-Bretagne apparaît davantage comme une malédiction que l’inverse.
Ce n’est que grâce à un changement de cap politico-économique radical que l’économie irlandaise a pu tirer profit de la proximité de la Grande-Bretagne.
La simple présence d’un voisin performant ne suffit pas: c’est bien davantage la manière dont un petit État sait utiliser ses atouts qui prime.
Il faut, enfin, relativiser l’importance de la structure économique reçue en héritage.
Certes, la Suisse a eu l’immense chance de ne pas connaître la malédiction des ressources.
Mais cela n’explique toujours pas pourquoi la chimie bâloise, par exemple, a réussi à transformer ses structures pour évoluer vers l’industrie pharmaceutique à la fin du vingtième siècle.
Les entreprises allemandes ont eu davantage de problèmes dans ce domaine. On ne comprend pas non plus pourquoi le Luxembourg a su créer une place financière florissante malgré des décennies de dépendance à la sidérurgie.
Il y a des exceptions qui nécessitent des explications. Pour comprendre la réussite de la Suisse, il faut aussi tenir compte de facteurs que l’on ne peut pas attribuer à des circonstances favorables.
Deux d’entre eux sont évidents: la qualité élevée du capital humain et une politique économique placée sous le signe de la stabilité.
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Pourquoi la Suisse est-elle riche?
(Partie quatre).
Une structure économique flexible.
La structure économique héritée du passé doit être considérée comme une immense chance.
La combinaison entre une agriculture orientée vers l’exportation, une production industrielle de haute qualité, le tourisme et les activités financières s’est avérée extraordinairement flexible au cours des nonante dernières années.
Cette conjonction doit être interprétée comme une circonstance favorable, car elle est le résultat d’une longue évolution et n’a jamais fait partie d’une grande stratégie.
La vocation exportatrice de l’agriculture remonte au bas Moyen Âge lorsque les paysans du «peuple des bergers» ont abandonné la culture céréalière au profit de l’élevage du bétail et ont déplacé leurs troupeaux vers le nord de l’Italie en empruntant les cols des Alpes.
La spécialisation dans l’économie laitière a jeté les bases de la production industrielle du lait en poudre et du chocolat.
L’industrie suisse plonge ses racines aux seizièmes siècles et dix-septièmes siècles lorsque les huguenots chassés de France ont apporté l’horlogerie en Suisse romande et contribué à l’essor du textile en Suisse alémanique.
Les industries mécanique, chimique et pharmaceutique sont le fruit de l’industrie textile du dix-neuvième siècle.
Le tourisme est essentiellement l’invention des visiteurs anglais qui, au dix-neuvième siècle, ont découvert les Alpes et en ont fait un lieu de villégiature.
L’industrialisation de la seconde moitié du dix-neuvième siècle a donné naissance aux grandes banques, aux banques cantonales et aux compagnies d’assurance.
La diversification de l’économie suisse et l’insignifiance du secteur des matières premières ont été des facteurs primordiaux.
En effet, l’histoire montre que les régions dont le secteur des matières premières est fort ont davantage de difficultés à changer leurs structures.
À nouveau, il est intéressant de comparer ce phénomène avec la Belgique.
Jusqu’à l’entre-deux-guerres, la Wallonie, riche en matières premières, était prospère. Un déclin s’est amorcé après la Seconde Guerre mondiale et la région ne s’en est pas encore remise aujourd’hui.
En science, on parle à juste titre de la «malédiction des ressources».
La richesse qui repose sur les matières premières n’est positive qu’à court terme.
À long terme, c’est une hypothèque.
Le phénomène du «mal hollandais» fait lui aussi partie des inconvénients provoqués par une dotation importante en ressources naturelles.
Les pays qui tirent des recettes élevées de leurs exportations en matières premières souffrent d’une forte pression à la hausse de leur taux de change réel; les autres branches exportatrices perdent alors de leur compétitivité et se contractent.
Ce problème a été reconnu pour la première fois dans les années septante lorsque les Pays-Bas, en raison de leurs exportations de gaz naturel, ont connu au même moment des excédents commerciaux et une crise des secteurs traditionnels d’exportation.
L’industrie norvégienne des machines, auparavant florissante, a également connu un déclin relatif en raison de la découverte du pétrole.
En Suisse aussi, des centres industriels prospères ont perdu de leur importance parce qu’ils ont trop reposé sur une seule branche, comme dans les cantons de Glaris, Saint-Gall ou Soleure.
Il est, toutefois, moins facile de créer de nouveaux emplois dans une région dédiée jadis à l’industrie minière que dans une autre dont l’atout était l’industrie textile ou horlogère.
L’essor de la technologie médicale au pied du Jura est à cet égard emblématique.
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Pourquoi la Suisse est-elle riche?
(Partie trois).
À la remorque des grands voisins.
La Suisse, qui a une économie nationale ouverte, mais de faible ampleur, est entourée de voisins économiquement puissants, surtout l’Allemagne qui a connu une sorte de renaissance après la Seconde Guerre mondiale.
De même, la demande venant de France et d’Italie du Nord a stimulé l’industrie exportatrice suisse après la Seconde Guerre mondiale.
Au cours des dernières décennies, l’importance du marché européen s’est relativisée, mais les trois quarts des exportations s’écoulent toujours dans les pays voisins.
Si l’Allemagne a des problèmes, les exportations suisses en souffrent immédiatement.
Outre les exportations, les activités financières et le tourisme ont aussi profité de la prospérité croissante de nos grands voisins.
De plus, l’immigration d’ingénieurs et de scientifiques a permis de résoudre le problème de la relève indigène, laquelle était trop modeste dans les domaines où la Suisse excelle.
La chimie bâloise et les grandes entreprises de l’industrie des machines, par exemple, n’auraient pas pu se développer de la sorte sans spécialistes venus de l’étranger.
Autre motif et non des moindres: la politique monétaire de la Banque centrale allemande s’est avérée extrêmement efficace.
Alors que les autres banques centrales européennes déclenchaient des inflations et d’importants mouvements de capitaux qui poussaient le taux de change réel du franc temporairement vers le haut, les gardiens de la devise de notre principal partenaire commercial veillaient à la stabilité.
La situation s’est encore améliorée grâce à la Banque centrale européenne. Sans l’euro, la dernière crise financière aurait provoqué à coup sûr un effondrement de la monnaie encore plus grave en Europe, ce qui aurait sensiblement affaibli la compétitivité de l’industrie exportatrice suisse.
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Pourquoi la Suisse est-elle riche?
(Partie deux).
La croissance grâce à la paix.
La Suisse n’a jamais été envahie durant les 90 dernières années.
Certes, la chance a joué un grand rôle, personne ne le conteste. Si l’armée allemande, au printemps 1940, n’avait pas progressé aussi rapidement, elle aurait vraisemblablement ouvert un deuxième front pour pénétrer en France et celui-ci serait passé par la Suisse.
La plupart des autres petits États de l’Europe occidentale qui, comme la Suisse, faisaient valoir leur neutralité en cas de conflit ont eu moins de chance.
Attaquée par les troupes allemandes pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale, la Belgique a essuyé de très lourdes pertes, surtout dans les années vingt lorsqu’elle a souffert, d’une part, des dommages dus à la guerre et, d’autre part, des conflits politico-financiers qui ont freiné sa croissance.
À l’opposé, après les deux guerres mondiales, la Suisse est entrée sur les marchés mondiaux avec un appareil productif intact. Cette paix chanceuse a été un critère important de la croissance spectaculaire de la gestion de fortune au XXe siècle.
Déjà à la fin des années vingt, c’est-à-dire avant l’introduction du secret bancaire en 1935, la Suisse était le leader européen de la gestion de fortune. Après la Seconde Guerre mondiale, le montant des fortunes étrangères a continué à croître parce que de nombreux citoyens européens craignaient ou une nouvelle guerre, ou l’inflation ou la confiscation.
Le fait que les banques étaient à même d’offrir une protection particulièrement élevée de la sphère privée a favorisé indubitablement ce processus, à moins qu’il ne l’ait même déclenché.
La stabilité politique et économique d’une Suisse épargnée par la guerre a été déterminante.
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Pourquoi la Suisse est-elle riche?
(Partie une).
L’histoire nous apprend.
L’histoire nous apprend qu’il est quasiment impossible de réussir sans des circonstances favorables.
Cela s’applique également à l’histoire économique suisse de ces 90 dernières années.
Trois facteurs exogènes ont eu un effet particulièrement favorable dans cette réussite: une paix permanente, la croissance de nos grands voisins à partir de mille neuf cent quarante-cinq et la structure économique héritée du dix-neuvième siècle.
L’histoire nous montre aussi que pour réussir il faut savoir saisir la balle au bond. Parmi les atouts suisses, on trouve l’excellente qualité de son capital humain et une politique économique axée sur la stabilité.
En d’autres termes, la chance et l’intelligence sont à l’origine de la réussite de l’économie suisse des nonante dernières années.
À notre époque, 90 ans d’histoire économique représentent presque une éternité. En 1920, le revenu moyen était cinq fois plus bas que maintenant et la Suisse comptait moitié moins d’habitants.
Les deux tiers des personnes actives travaillaient soit dans l’agriculture (26%), soit dans l’artisanat et l’industrie (44%), alors que ces secteurs en emploient actuellement à peine plus d’un quart.
Avant, la vie était plus dure, plus courte et plus dangereuse.
La grippe espagnole qui a sévi entre 1918 et 1919 a fait 25’000 victimes en Suisse et l’espérance de vie moyenne se situait autour des 60 ans.
En matière de politique économique, deux mondes séparent 1920 de l’époque actuelle.
Les relations entre les patrons et la classe ouvrière ont été profondément déstabilisées par la grève générale de novembre 1918.
Les partis bourgeois et de gauche avaient des positions très éloignées.
Lors de son congrès de 1920, le parti socialiste suisse (PSS) a voté un nouveau programme qui condamnait la démocratie bourgeoise et prévoyait la dictature du prolétariat après l’obtention de la majorité parlementaire.
Certaines factions des partis bourgeois souhaitaient, en revanche, un retour à l’autoritarisme afin de faire plier le mouvement des travailleurs.
Il a fallu attendre les années trente pour que la gauche et la droite commencent à se comprendre.
Le PSS a obtenu son premier siège au Conseil fédéral en 1943.
Si l’on compare l’époque actuelle avec le passé, ce ne sont pas les différences qui ont besoin d’être expliquées, bien qu’elles sautent aux yeux.
L’histoire économique de la Suisse est davantage marquée par la constance, puisqu’il comptait déjà, à cette époque, parmi les plus florissants au monde.
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