Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

By Nostalgie+Music
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Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70 episodes

  • 1978 : Baccara et l’Eurovision — “Parlez-vous français ?”, le disco à l’accent espagnol
    Nous sommes le 22 avril 1978. Le Concours Eurovision a lieu cette année en France. Le voisin luxembourgeois prépare son happy day : il veut conquérir Paris et ramener la médaille à la Villa Louvigny.

    Pour cela, le Grand Duc a fait appel à un duo disco espagnol produit par Rolf Soja. Les deux demoiselles sont déjà bien connues du public. Et pour cause, "Yes Sir, I Can Boogie" a fait danser toute l'Europe l'été dernier…

    Pour l'Eurovision 78, une nouvelle chanson est composée et produite par la même équipe qui avait écrit le tube du duo "Yes Sir, I Can Boogie" et surtout l'incroyable "Sorry, I'm A Lady".

    Particularité : cette chanson est intégralement interprétée en français, une des langues officielles du Grand-duché de Luxembourg, comme l'impose la règle entre 1976 et 1999. Le problème, c'est que tout cela est chanté par deux Espagnoles n’ayant (à peu près) aucune notion de français. On note un tel accent que ses paroles sont à peu près incompréhensibles. Ah, oui, j'allais oublier le titre de la chanson : “Parlez-vous français ?” ! Et tout cela avec un grand orchestre, à l’Eurovision !

    Le texte évoque de façon légère (et rythmée, c'est un peu la marque de fabrique) l’importance de parler français, notamment pendant les vacances d’été pour vivre des romances estivales. Car, oui, le français, c'est un peu la “langue de l'amour et de l’été”.

    Bon, tout cela est bien joli, mais la chanson termine 7e. Ce qui ne va certainement l'empêcher de devenir un nouvel incroyable succès pour le duo et ses producteurs allemands. Pour cela, il aura fallu franchir une étape supplémentaire : Baccara va en fait enregistrer une nouvelle version de la chanson en anglais sous le même titre.

    Ach ! Oui oui, ach, car à partir de ce moment-là, honni soit qui mal y pense, Rolf Soja n'aura qu'à se baisser pour ramasser les liasses de billets de mark allemands et de pesetas...
    3 min
  • 1979 : “Les Bronzés font du ski”, la comédie culte des vacances d’hiver
    Nous sommes le 20 novembre 1979. Un film va devenir l'emblème de la fin des Trente Glorieuses, celle où les vacances à la montagne deviennent un véritable phénomène social. Un happy day à la française capitalisant sur le succès d'un premier film, les Bronzés, sorti un an plus tôt. Réalisation : Patrice Leconte. Personnages principaux : la troupe du Splendid. Allez, bande annonce !

    Gérard Jugnot, vous l'aurez reconnu. Josiane Balasko, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier, Michel Blanc, Dominique Lavanant, Thierry Lhermitte, Bruno Moynot et tutti quanti.

    Le film suit les aventures de Bernard, Nathalie, Jean-Claude, Popeye, Jérôme et Gigi. Ils se retrouvent dans la station de ski de Val-d’Isère pour leurs vacances d’hiver.

    Bon, ce n'est pas un film sérieux, ces jeunes gens vivent des situations cocasses d’humour décalé (oui, c'est à moment-là qu'on a commencé à utiliser cet adjectif). Un peu d'ambiance....

    En Belgique, "Les Bronzés font du ski" est ce que l'on appelle un film très populaire. D'une certaine manière, il incarne à merveille la montée en puissance de la culture des vacances au ski chez les Belges à la fin des années 70, quand ce type de vacances devient plus accessible. Mais c'est surtout un incroyable succès au box-office, même s'il sera un peu moins important que le premier volet. Tout cela, évidemment, sans compter les rediffusions qui animeront les programmes TV dans les années 80.

    Ah oui, tiens, j'allais oublier un détail. La musique du film "Les Bronzés font du ski" a été composée par (accrochez-vous) Pierre Bachelet. Notamment la chanson phare “Just Because of You”, écrite et composée par Pierre Bachelet, mais interprétée par un certain Jean-Denis Perez (aussi connu sous un autre nom, Rick Albano)....
    3 min
  • 31 décembre 1969 : la Belgique fête le Nouvel An sous la grippe de Hong Kong
    Nous sommes le 31 décembre 1969. La Belgique se prépare aux festivités de l'entrée dans les années 70. Mais le happy day va être quelque peu gâché par un méchant virus. Pas de confinement, certes, mais le journal Le Soir en fait sa une avec ces mots : "Ce n'est pas ce qu'on appelle une grosse épidémie". Pourtant, il y entre 10 et 25 % d'absents dans les entreprises, mais les analyses tardent un peu. Mais que redoute-t-on vraiment ? Une petite bestiole qui ennuie le monde entier depuis l'été et qu'on appelle la Grippe de Hong Kong. Au départ, elle touche principalement l'Asie et puis....

    Et bien, nous y sommes. Et comme la France est à deux pas de la Belgique, le virus ne s'arrête pas en chemin.

    Le H3N2 était une souche réassortie d'un autre virus de 1957. En juillet 1968, près d’un demi-million de personnes ont été infectées. La pandémie s’est ensuite étendue à l’Asie, aux États-Unis (via les soldats du Vietnam), puis à l’Europe toute entière.

    En Belgique, l’hiver 1969-1970 aura été la période la plus meurtrière, avec des milliers de décès attribués à la grippe. Pas de statistiques précises… et pour cause, Sciensano n'a commencé à fonctionner qu'à partir de 1977.

    Il y a donc bien eu des victimes en Belgique, mais dans une indifférence générale totale. Politiques, journalistes et médecins n'ont pas DU TOUT pris conscience du phénomène.

    D'ailleurs, le mot grippe n'a jamais été prononcé au Conseil des ministres dans notre pays par le Premier MInistre Gaston Eyskens.

    Tout est bien qui finit bien, le virus H3N2, bien que redoutable au départ, a fini par devenir endémique. Cet épisode a déclenché la création de réseaux internationaux de surveillance de la grippe (base du système actuel de l’OMS). Et a encouragé la recherche sur les vaccins. Bref, le réveillon du 31 décembre 1969 a été un happy day à peu près comme les autres pour 75 % de la population...
    3 min
  • Serge Lama : “Les Ballons rouges”, la renaissance d’un artiste brisé (été 1967)
    Nous sommes en juin 1967. Le happy day de Serge Lama n'est plus très loin. Pourtant, c'est allongé sur un brancard qu'il enregistre une chanson, près de deux ans, jour pour jour, après son grave accident de voiture. Un accident qui a coûté la vie à sa fiancée, Liliane.

    Serge Lama est épuisé : une dizaine d'opérations sont passées par là. Épuisé, certes, mais plus déterminé que jamais à conquérir Paris.

    Juin 1967, c'est quatre ans après son premier disque, où sa voix se déploie déjà... avec des airs de Brel... Exemple : en ce temps-là.

    Un titre va marquer la renaissance artistique de Serge Lama. Un titre pour lequel il collabore avec Yves Gilbert, pianiste et compositeur, qui deviendra son partenaire musical. Ainsi, fin juin 1967, après plusieurs disques passés inaperçus, « Les Ballons rouges » sortent sous l'égide de La voix de son maître devient son premier succès.

    C'est un texte qui parle de l'ennui, de la solitude et des relations familiales. Le texte est sombre, il retrace une enfance sacrifiée. Ce n’est plus un enfant. C'est un adulte qui parle à la première personne,...

    Cette chanson, c'est aussi un hommage à son père, George Chauvier, artiste lyrique. En 1955, il décide de monter à Paris, capitalisant sans doute sur sa popularité à Bordeaux. Oui mais voilà, le père de Serge Lama ne parviendra jamais à se faire un nom dans la capitale.

    Durant l'été 1967, curieusement, « Les Ballons rouges » s’imposent à la radio. Le 45 tours se vend bien et vaut à Lama ses premières grandes scènes, notamment en première partie de Nana Mouskouri à l’Olympia.

    Happy Day sans doute pour ce succès, qui va établir la réputation de Serge Lama comme auteur-interprète sensible, dans la lignée de ses propres maîtres qu'étaient alors Georges Brassens et... le Grande Jacques Brel.
    3 min
  • 1973 : la grande émission de Tino Rossi
    Nous sommes le 3 avril 1973. Ce soir, la télévision française diffuse pour la première fois une émission toute entière consacrée à un chanteur corse. Elle est signée Jean-Christophe Averty et la vedette du jour s'appelle Constantin Rossi, mieux connu sous le prénom Tino, Tino Rossi. Le chanteur vient d'avoir 66 ans. Sa chanson "Petit Papa Noël", sortie en 1946, est le disque qui s'est le mieux vendu en France de tous les temps...

    Ce soir, l'ORTF diffuse pour la première fois « Tino Rossi pour toujours », une émission tournée en fin d'année 1972. L’occasion de présenter le chanteur dans son propre spectacle, accompagné sur scène par son fils, Laurent.

    Depuis 1969 et le succès du Marchand de soleil, Tino a envie de tourner la page. De mieux profiter de la vie, de sa famille et de sa Corse natale. On le verra désormais épisodiquement à la télévision et dans des galas. C'est dire si l'émission de ce soir promet d'être très, très suivie...

    Tout y passe, du plus beau tango du monde à Tchi-tchi en passant par... Marinella...

    Bien qu'elle ait été tournée en couleur, l'émission est initialement diffusée en noir et blanc sur la première chaîne. Mais ce gâchis sera vite réparé, puisque « Tino Rossi pour toujours » sera rediffusé en couleur un mois plus tard sur la 3ème chaîne française. Qu'on parle de la première ou de la seconde diffusion, c'est un véritable succès d’audience... que les chaînes n'hésiteront pas à RE-sortir quelques années plus tard... sous les applaudissements...

    Ensuite, Tino se fera un peu plus effacé. On ne le verra donc plus sur scène qu'à l'occasion de participations bénévoles à des galas. Notamment, le 3 juin 1976 aux Tuileries à Paris, devant six mille personnes (et plus de quinze mille sur écran géant). Il chantera au profit de l'opération « Paris 2 000 espaces verts ». Le Grand Échiquier, en 1981, sera sa dernière grande apparition télé... avant de disparaître, 2 ans plus tard, emporté par une longue maladie…
    5 min
  • 1975 : Joe Dassin et son été indien
    Tout commence par cette ligne de guitare qui semble flotter sur l’eau, à la fin de l'été. Le tempo s’installe. Il est lent, chaloupé. Comme si on tentait de faire marche arrière dans le sable.

    Bon, c’est bien joli tout ça, mais, une question…

    Est-ce une chanson originale pour autant ? Pas vraiment. Quelques mois plus tôt, Toto Cutugno parle, lui aussi, on entend même les vagues.. La chanson s'appelle Africa....

    C’est Jacques Plait, producteur fidèle de Dassin, qui repère cette chanson pas comme les autres. Il sent le potentiel. À lui d’en faire une œuvre universelle. Il réunit alors Pierre Delanoë et Claude Lemesle. Les mots viennent assez vite. Le texte prend la forme d’un dialogue amoureux.

    Claude François n'est pas convaincu. Pour Joe Dassin, c'est une évidence. Sa voix détachée va donner à la version française une saveur élégante et totalement tragique. C'est majestueux. On y parle d’une saison qui n’existe que dans le Sud de l’Amérique… d’une aquarelle de Marie Laurencin… d’une histoire sans fin.

    Une phrase, écrite d’un seul trait par Delanoë sur un coin de serviette, va devenir l'un des refrains les plus chantés du XXe siècle. Celle-ci…

    L’été indien sort donc en 45 tours en ce happy day du 6 juin 1975. Le disque se vend à plus d’un million d’exemplaires en France et en Belgique. Près de 2 millions dans le monde. L'été indien éclipse la version originale et se classe, en quelques semaines, numéro 1 dans 25 pays....
    3 min
  • 1956-1962 : Jamais 1 Eurovision sans 4 pour Fud Leclerc
    Nous sommes le 24 mai 1956 à Lugano, en Suisse. Au Teatro Kursaal, sept pays participent à un concours d'un nouveau genre. Happy Day pour Fud Leclerc, il va représenter la Belgique lors du Grand Prix Eurovision de la Chanson Européenne 1956, qui deviendra ensuite l'Eurovision. Happy day certes, mais destin cruel, nous allons le voir, pour cet artiste né en France.

    Ah oui, avant de commencer, sachez que Fud n'est pas un prénom, mais un diminutif pour Fernand Urbain Dominic Leclercq.

    Fud fait du piano, de l’accordéon, il est un peu compositeur et aussi chanteur. Jeune adulte, il voyage à travers le monde avant de revenir en Belgique et de commencer une nouvelle carrière comme entrepreneur en bâtiment.

    Cela dit, la chanson, c'est toute sa vie, alors il persiste et signe de nouvelles compositions. Comme cette chanson, "Messieurs les noyés de la Seine", tout un programme... Document d'époque.

    Au Grand Prix Eurovision de la Chanson Européenne 1956, c'est un petit triomphe pour le Royaume de Belgique grâce à lui. Premier prix pour Jetty Pearl avec "De vogels van Holland". Seconde place pour la Suisse, représentée par Lys Assia et sa magnifique chanson "Das alte Karussell". Et puis, boum boum boum, la Belgique, avec Fud Leclerc.

    Deux ans plus tard, Fud remet le couvert pour la Belgique, avec une chanson un peu plus audacieuse et moins dramatique, "Ma petite chatte". Paroles et musique d'André Dohet. Il terminera 5e sur 10 participants. Avouez que c'est pas mal pour une petite chatte…

    Alors, pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? La Belgique le choisit une nouvelle fois en 1960. Paroles de Robert Montal, musique de Jacques Say. La chanson a pour titre "Mon amour pour toi". Et c'est une incroyable envolée lyrique qui terminera 6e sur 13 candidats. Vous remarquerez que, chaque année, on compte un peu plus de pays.

    Pensez-vous que la Belgique lui en veut ? Non, loin s'en faut. Car, deux ans plus tard, sur des paroles de Tony Golan, Fud Lerclerc revient au Concours Eurovision de la chanson qui se tient à Luxembourg le 18 mars 1962 avec "Ton nom". Cette fois, c’est ambiance Jazzy !

    Cette chanson restera célèbre pour une triste raison. Elle ne va recueillir AUCUN point. Fud Leclerc détient, et c’est une sacrée médaille, le record belge de participations à l’Eurovision (quatre fois), ce qui lui a valu une place à part dans la mémoire musicale de notre pays. Après sa carrière artistique, il fait le choix d’une vie discrète à Bruxelles. Encore que Fud Leclerc peut se targuer d'avoir été... l'un des plus fidèles pianistes de Juliette Greco...
    5 min
  • 1979 : Donna Summer brille avec « On the Radio »
    Nous sommes le 1er novembre 1979. Happy Day pour LaDonna Adrian Gaines. Elle va bientôt fêter ses 31 ans et Giorgo Moroder lui prépare un cadeau qu'elle ne va pas oublier de si tôt.

    C'est une chanson, disco, écrite pour un long métrage. Le film « Foxes » (« Ça plane, les filles ! » en français) ne sortira pas tout de suite en Europe. Mais la chanson va précéder son arrivée...

    Vous l'allez l'entendre, l’ouverture du film vous est familière, même si un peu lente au démarrage...

    Foxes est un film dramatique pour adolescents, avec Jodie Foster et Scott Baio. Il réalisé par Adrian Lyne et l'équipe a fait appel à Moroder pour en soigner la bande originale.

    La chanson qu'on vient d'entendre, c'est « On the Radio » - Et bien entendu, LaDonna Adrian Gaines s'appelle, dans le milieu, Donna Summer. Et c'est un peu l'égérie de la maison Moroder.

    D'ailleurs, son inséparable collaborateur a apporté à ce titre la patte caractéristique du disco de l’époque : boîtes à rythmes, arrangements sophistiqués et ce refrain qui vire à l’obsession.

    Ah oui, j'allais oublier un détail. Si la progression est lente et la rédemption aussi forte, c'est que « On the Radio » raconte une histoire de chagrin sentimental.

    Je pense que le moment est venu de le réécouter, avec le bon tempo ! Car après une longue, très longue introduction sous forme de préliminaires, Donna se lâche et ça donne CECI :

    Aux États-Unis, « On the Radio » atteint la 5e place du Billboard Hot 100 en deux temps trois mouvements. En Belgique, le titre flirte également avec les premières places des ventes. Mais en Europe, Donna Summer dispose déjà d'une solide aura disco.

    On l'a compris, la chanson est créée spécifiquement pour le film, mais elle va surtout figurer sur la compilation « On the Radio: Greatest Hits Volumes I & II ». C'est l'occasion d'optimiser la force de frappe de cet album, qui rassemblera les plus grands succès disco de Donna Summer chez Casablanca Records, juste avant la fin de sa collaboration avec ce label. Mais pas avec Moroder…
    3 min
  • 1976 : Jeanne Dielman, le chef-d'œuvre radical de Chantal Akerman
    Nous sommes le 21 janvier 1976. Dans les rues de Bruxelles, une femme, talons haut marche, d’un pas décidé, dans la rue, avec une splendide chevelure rousse. Elle s'arrête 23 quai du commerce et le film peut commencer. Cette femme, c'est Jeanne Dielman. Et c'est le happy day tant attendu de Chantal Akerman.

    La musique du film est familière. Et pour cause, c'est Für Elise version Paula Alrich.

    Bon, il faut tout de même entrer dans le dur. Le film « Jeanne Dielman, 23 quai du Commerce, 1080 Bruxelles » a une durée exceptionnelle de 201 minutes. C’est une méditation féministe sur la condition de la femme au foyer dans les années 70 en Belgique.

    Il vaut mieux être averti avant de se déplacer en salle. Pourquoi ? Parce que le film suit trois jours dans la vie monotone et aliénante d'une femme, Jeanne Dielman, campée par Delphine Seyrig. C'est une veuve, elle est mère d’un fils adolescent et mène une vie routinière, méticuleusement répétée. Cette vie s'articule entre des tâches ménagères (cuisine, ménage, courses, tricot) et la prostitution occasionnelle chez elle pour arrondir ses fins de mois.

    Pas de parole inutile, un homme à chapeau sonne, elle ouvre, ils se dirigent dans la chambre, c'est fini, il paie, elle refait le lit. Et voilà ce qu'on entend. C'est à dire, pas grand chose.

    Le film de Chantal Akerman dépeint avec une précision chirurgicale l’isolement et le vide affectif de cette femme enfermée dans un quotidien, sans plaisir. Reste le poids des tâches domestiques et l’effacement du désir.

    En dehors des notes de piano, la musique dans le film « Jeanne Dielman, 23 quai du Commerce, 1080 Bruxelles » est très minimaliste. Plutôt qu'une bande originale orchestrale ou traditionnelle, Chantal Akerman utilise les sons ambiants du quotidien : le bruit des clés, des portes, de l’eau qui coule, la vaisselle, pour créer une atmosphère sonore immersive. C'est une sorte de « partition mélancolique ».

    Bref, beaucoup de Belges s'ennuient, attirés par la curiosité. Mais d'autres, cinéphiles, crient au génie. « Premier chef-d'œuvre au féminin de l'Histoire du cinéma », selon le journal Le Monde lors de la sortie du film. Jeanne Dielman sera élu en 2022 meilleur film de tous les temps par la revue britannique "Sight and Sound".
    3 min
  • 1968 : « Je n’aurai pas le temps » séduit le monde en version anglaise
    Nous sommes le 17 février 1968. John Rowles, un chanteur néo-zélandais, va connaître son happy day grâce à un emprunt. On vient en effet de lui proposer d'incarner la voix anglophone d'un titre qui a marqué la France, un an plus tôt. Le titre : "Je n’aurai pas le temps"…

    "Je n’aurai pas le temps", c'est une chanson mélancolique. Elle évoque la course effrénée du temps et le regret de ne pas pouvoir profiter pleinement de la vie. Michel Fugain en a composé la musique, tandis que Pierre Delanoë a écrit les paroles originales en français.

    L'année suivante, John Rowles enregistre la version anglaise sous un titre assez littéral, "If I Only Had Time".

    Si le chanteur est d'origine néo-zélandaise, c'est en Grande-Bretagne que la transaction est signée. Peter Gormley, producteur chez MCA à Londres, s'occupe de tout.

    Mike Leander est choisi pour produire et arranger la chanson. Il a notamment travaillé avec les Beatles, Brian Jones ou encore les Rolling Stones. De nouvelles paroles en anglais sont écrites et le disque est fin prêt au Royaume-Uni le 17 février 1968. Il démarre exactement comme la version française...

    Le clip est tourné en couleur, sur le pont d'un bateau. Le chanteur n'a pas vraiment une tête de jeune premier, mais il a une voix absolument incroyable et elle va parfaitement atteindre l'objectif.

    Le titre se retrouve rapidement en tête des classements au Royaume-Uni (numéro 3) et, sur sa terre natale, en Nouvelle-Zélande, où il occupera la 2e place des ventes pendant plusieurs semaines. Tout comme chez nous d'ailleurs, en Belgique et.. aux Pays-Bas. En France, c'est une autre histoire, la version anglaise ne parvient pas éclipser l'édition originale de Michel Fugain.

    N'empêche, en 1974, Rowles recevra le Benny Award, la plus haute distinction pour un artiste de variétés néo-zélandais. Il sera également nommé officier de l'Ordre de l'Empire britannique lors des honneurs du Nouvel An de 1979. Il est, depuis lors, retourné dans son magnifique pays, nous laissant l'amour et le temps en héritage...
    3 min

About Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

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Happy Days, le podcast 100% années 60 et 70, vous replonge dans les souvenirs marquants de cette époque iconique ! Chaque jour de la semaine, redécouvrez des histoires fascinantes de vos idoles et de…