Le voici donc Emil Georg Bührle. Il pose en 1953 au milieu de sa collection, entouré de ses chers et coûteux tableaux, de tous ces peintres qu’il admirait tant. En quelques années seulement, il a constitué une collection privée sans égal. Toute la fierté du propriétaire. À juste titre? Grâce à l'argent de la vente d'armes de son usine de machines-outils d'Oerlikon 1944, qui fait monter sa fortune de 140’000 francs à 127 millions, Bührle a acheté de l'art français provenant principalement d'anciens propriétaires juifs.
Entre 1934 et 1945, peu après la prise du pouvoir par les nationaux-socialistes et jusqu'à la fin de la guerre, il revient à sa passion de jeunesse, les beaux-arts. Durant ces douze années dévastatrices, avec leur 50 à 80 millions de morts dus à la guerre et à la Shoah, il a acquis des dizaines d'œuvres de Daumier, Corot, Courbet, Manet, Pissarro, Monet, van Gogh, Gauguin, Cézanne, Toulouse-Lautrec, Modigliani et Picasso.
Dimanche 28 février à 23h00 sur RTS Deux, vous pourrez découvrir "Le marché de l'art sous l’occupation" un documentaire de Vassili Silovic (France, 2020).
Résumé:
Sous l’Occupation, le marché de l’art en France a été florissant. Près de deux millions d’objets d’art furent échangé entre 1940 et 1944. Enquête historique sur le gigantesque trafic d’œuvres d’art organisé depuis Paris et qui a largement profité aux marchands et collectionneurs suisses.
Photo: Emil Georg Bührle en 1953, entouré par quelques unes des pièces de sa collection.