Céleste pleure, mais ne ressent pas la tristesse. Il est gentil avec tout le monde, mais se demande parfois s’il n’est pas une intelligence artificielle en chair et en os. Pendant des années, il a vécu coupé de ses émotions, incapable d’identifier ce qu’il ressentait vraiment. Jusqu’au jour où, à quatorze ans, ses larmes deviennent incontrôlables : un déclic qui lui fait comprendre que quelque chose ne va pas.
Céleste vit avec l’alexithymie, une difficulté à reconnaître et nommer ses émotions, qui concernerait près de 10 % de la population. Entre traumatisme relationnel précoce, TDAH et hypervigilance familiale, son parcours montre comment on peut vivre émotionnellement « anesthésié ». Et comment, patiemment, il est possible de retisser le lien avec ses émotions et de redonner du sens à l’existence.
Friedrich Stiefel, chef du service de psychiatrie de liaison du CHUV, décrypte ce phénomène méconnu. On s'intéresse dans cet épisode aux liens entre corps et esprit, ou encore aux biais de genre, en passant par la guerre cognitive ou les thérapies de reconnexion. Et on y apprend que les émotions ne sont pas des freins à la raison, mais une boussole pour s’orienter dans le monde.
Journaliste : Adrien Zerbini
Réalisation : José Moreno
Production : Julie Winz
Attachée de production : Adèle Ottiger
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