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By Institut Français de la ModeEducation
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IFM episodes

  • Démons et suppôts de Satan, un langage musical de l'effroi
    Une exploration musicale du « romantisme noir » et de certains de ses thèmes de prédilection : la nuit, les démons, le diable…
    Qu’il s’agisse de Satan chez Hugo ou de Méphistophélès chez Goethe, les romantiques n'ont cessé de fréquenter les démons. En musique aussi, cette fascination pour le mal a été constante tout au long du XIXe siècle. L’exemple le plus emblématique en est le Freischütz de Carl-Maria von Weber (1821), d’après un conte populaire germanique retranscrit dans un Livre des démons (Gespensterbuch) paru en 1811. « Milch des Mondes fiel aufs Kraut... » : la scène de la Gorge aux Loups continue de tétaniser l’auditeur. On retrouve les mêmes obsessions dans le « Songe d'une nuit de sabbat » extrait de la Symphonie Fantastique (Berlioz, 1830). Enfin, le parcours s’achève sur Le Vaisseau Fantôme de Richard Wagner (Der Fliegende Holländer, 1843).
    Par Germain Trouvé, musicologue de formation, aujourd’hui Senior Project Manager chez L’Oréal.
    1 hr 1 min
  • A propos de Violette Leduc
    Depuis Violette, le biopic qui lui a consacré le réalisateur Martin Provost en 2013, Violette Leduc (1907-1972), est un peu mieux connue en France. Bien que son travail ait été reconnu par des personnalités comme Albert Camus, Jean-Paul Sartre, Jean Genet et surtout Simone de Beauvoir, les anthologies littéraires mentionnent rarement son nom.
    Née d’une mère pauvre, hors mariage, elle a vécu un destin de « bâtarde », titre du roman qui l’a fait connaître (1964). Succès tardif et éphémère en dépit d’une « sincérité intrépide » qui, d’après Simone de Beauvoir, a été la marque de fabrique de Violette Leduc. Ses écrits ont été vite associés à la catégorie « écritures de femme ». Pire : elle a été classée dans la case hermétique des « écrivains lesbiennes ».
    La littérature peut-elle jamais dépasser la vie ? C’est la question qui habite en filigrane l’œuvre de Violette Leduc, qui prouve que la littérature peut « apporter un étayage à une vie en mal de signification ».
    Violette Leduc dispose d’une grande acuité sensorielle. Dans le va-et-vient d’une vie qui se vit et s’écrit en parallèle, elle aide à « découvrir ce secret qui si difficilement peut être percé : ce que devient un être lorsqu’il n’est plus en présence de quiconque » (Céline Curiol).
    Pionnière de l’autofiction, Violette Leduc fut une féministe. Elle a su dire les pièges et les faux-semblants dont étaient victimes les femmes de son temps.
    Se trouvant laide, Violette Leduc s’est efforcée d’améliorer son apparence, notamment en s’intéressant à la mode. Les grands couturiers, en particulier Elsa Schiaparelli, l’ont fascinée. L’élégance sera longtemps une obsession chez elle. Pour elle, la mode et l’élégance étaient un moyen de tenter d’accéder à une autre condition sociale, une manière de combattre les stigmates de la misère.
    Céline Curiol est écrivain. La plupart de ses romans ou essais (Voix sans issue, L'ardeur des pierres, A vue de nez, Un quinze août à Paris...), sont publiés chez Actes Sud.
    1 hr 5 min
  • A propos d'Hildegarde de Bingen
    Hildegarde de Bingen (1098-1179) permet de s’interroger sur la possibilité d’une « création au féminin » au XIIe siècle.
    Cette religieuse bénédictine mystique, compositrice, savante et femme de lettres a été l’une des premières femmes à s’imposer dans un monde de l’esprit dominé par les hommes. Elle a fondé deux monastères féminins, le seul lieu où les femmes pouvaient prétendre étudier et enseigner à l’époque étant les cloîtres et les couvents.
    Dans un contexte historique où la notion de « nouveauté » n’était pas favorisée, Hildegarde de Bingen a imposé une œuvre novatrice, dans le domaine de la musique et de la médecine en particulier. On lui reconnaissait le « don d’intellection », autrement dit l’inspiration divine. Bénéficiant de la protection du pape et du concile, elle a bénéficié d’une audience internationale, qu'elle continue à avoir aujourd’hui. Même si son oeuvre s'est faite sous la forme d'une « révélation », elle a écrit en pleine conscience et non dans l’ « extase ». Hildegarde de Bingen incarne un XIIe siècle libre, bouillonnant et créatif, à la différence du XIIIe siècle plus fermé et sous contrôle.
    D’autres femmes, comme elle, sont apparues comme des « créatrices » à la même époque : Héloïse, qui a composé des textes philosophiques sans la figure tutélaire d’Abélard, Herrade de Landsberg (abbesse, poétesse, encyclopédiste, compositrice de musiques religieuses), Elisabeth de Schönau, Marie de France, poétesse, première « créatrice laïque »...
    Professeur à l’université Lumière Lyon 2, Laurence Moulinier-Brogi est agrégée de Lettres Modernes (1987) et docteur en Histoire. Sa thèse a porté sur l’œuvre scientifique de Hildegarde de Bingen, dont elle a traduit les poésies.
    http://ciham.ish-lyon.cnrs.fr/membres/laurence-moulinier-brogi
    http://rhum.hypotheses.org/les-membres-du-rhum/laurence-moulinier
    http://ciham.ish-lyon.cnrs.fr/publications/hildegarde-bingen-louanges
    1 hr 4 min
  • Luxe et jouissance selon Jean-Jacques Rousseau
    « La mode étouffe le goût ; et l'on ne cherche plus ce qui plaît, mais ce qui distingue» (Rousseau, Emile, IV). Pour jouir, il faut savoir goûter. Or, pour Rousseau, on se laisse souvent tromper par l'étiquette
    A partir de l’analyse d’une scène de repas dispendieux dans L'Emile de Rousseau (1762), Olivier Assouly, directeur de la recherche à l’IFM, analyse les positions de Rousseau dans les débats autour du luxe au XVIIIe siècle.
    Pour Rousseau, le luxe est pourvoyeur d'inégalités et d'injustices, la sophistication et le décorum sont des obstacles à la jouissance des choses.
    L' « empire des modes » s'oppose au fonctionnement efficace du goût. Dans la mode, on finit par être livré à l'opinion des autres, à l'opposé de ce que Rousseau appelle la volupté, autrement dit la vraie jouissance des choses.
    Rousseau oppose le « luxe de vanité » (conventionnel/factice) au « luxe de mollesse » (voluptueux/ paisible).
    L’actualité de Rousseau est évidente : un des fantasmes du luxe, toujours aujourd’hui, consiste à vouloir se procurer plus que ce dont on peut effectivement jouir.
    Or ce qui permet la jouissance, c'est le silence et l'absence de décorum. « Malheur à qui n'a rien à désirer ! », dit Rousseau.
    Rousseau ne condamne pas le luxe mais se prononce en faveur d’une raréfaction volontaire de la jouissance. Il faut selon lui générer du désir pour enrichir la jouissance, mettre l'objet du désir à distance, s'interdire momentanément de consommer.
    « Sois voluptueux, et non pas vain. Apprends à flatter tes sens, riche bête, prends du goût et tu jouiras » (Rousseau).
    1 hr 8 min
  • John Coltrane, création et incandescence
    L'écrivain Jean-Philippe Domecq présente aux étudiants IFM l'œuvre de John Coltrane (1926-1967).
    Jean-Philippe Domecq s'exprime non pas en tant que musicologue mais en tant qu'écrivain, cherchant à partager l' « expérience sensible » qui a été la sienne en écoutant cette œuvre au souffle puissant (or « le style, c'est le souffle »). En l'espace de seulement douze ans (1955-1967), John Coltrane a révolutionné le jazz et s'est imposé comme l'une des figures les plus importantes de la musique de la deuxième moitié du XXe siècle. Analysant en particulier l'album Olé (1961), Jean-Philippe Domecq y entend une transe mêlée d'une quête spirituelle, exprimant à la fois une « puissance pulsionnelle venue des racines de l'être » et une « ascension » vers un au-delà spirituel et mélancolique.
    L'amplification permanente du champ musical chez Coltrane prend toutes les formes possibles : exploration de toute l'étendue d'un instrument (les saxophones ténor et soprano), recherche de nouveaux modes d'inspiration harmoniques et rythmiques, arpentage de tous les timbres, de toutes les tessitures... John Coltrane a cherché le dépassement constant de son propre style, partant du jazz le plus classique pour défricher des territoires aux avant-gardes du free-jazz, puisant son inspiration dans les modes musicaux venus des musiques arabo-andalouses (comme dans Olé), mais aussi indiennes et africaines... Le message de Coltrane, selon Jean-Philippe Domecq, pourrait se résumer ainsi : « ouvrir, ouvrir, ouvrir constamment ».
    1 hr 5 min
  • Îles et utopies, par Edouard Launet (Libération)
    Edouard Launet, journaliste à Libération, explore les relations fertiles entre « îles » et « utopies » à partir de l’exemple des îles anglo-normandes, auxquelles il a consacré un livre : Le Seigneur des Îles (Stock, 2014).
    Alors que le XXe siècle a asséché les grandes utopies, le rêve d’une société idéale n’est pas mort. Il prend la forme aujourd’hui de communautés qui réinventent le troc, l’entraide et la solidarité. Or depuis toujours, les îles accueillent les rêves les plus fous de sociétés idéales. Il est toujours bien vivant, le rêve d’annexer une île pour y construire un nouveau monde, y planter son drapeau, en devenir le roi ou l’empereur… Dès qu’on a envie de faire table rase, de refaire le monde, c’est sur une île que ça se passe.
    Edouard Launet entretient une passion secrète pour les Minquiers, les Ecréhou, Sercq, Brecqhou, Chausey… Chacune des îles anglo-normandes, petits cailloux méconnus à quelques kilomètres des côtes françaises, abrite à sa façon une utopie. Ces îles semblent tombées dans un trou temporel depuis qu’en 1204 elles sont restées au sein de la couronne britannique alors que les territoires normands continentaux du roi d'Angleterre étaient confisqués par le Roi de France. Le droit coutumier normand continue de s’y appliquer et les monarques britanniques continuent d’y porter le titre de duc de Normandie. Exemple : Sercq (600 habitants), dernier régime féodal de l’Occident avec ses tènements, son seigneur débonnaire et son connétable, pratique une forme particulière d’entraide et de solidarité depuis des siècles. Sur Brecqhou, c’est plutôt une utopie libertarienne qui est à l’œuvre : celle de deux milliardaires, les frères Barclay. Edouard Launet évoque aussi le premier roi des Ecréhou, Philippe Pinel, qui y vécut de 1848 à 1898 et qui entretenait une correspondance de souverain à souverain avec la Reine Victoria, ou encore Alphonse de Gastelois, candidat malheureux au titre de roi de l’île de Marmotière (1961 à 1975)…
    1 hr 3 min
  • A propos d'Alexey Brodovitch (1898-1971)
    Artiste, photographe, révélateur de talents, directeur artistique du magazine Harper's Bazaar de 1934 à 1958, aux côtés de Carmel Snow et de Diana Vreeland, Alexey Brodovitch est considéré comme le père spirituel des directeurs artistiques de la presse de mode.
    Né en Russie, il a quitté Saint Pétersbourg au moment de la Révolution de 1917 pour se réfugier à Paris.
    Luc Quelin raconte le passage de Brodovitch aux Cahiers d’Art, son affiche célèbre pour le Bal de charité des Russes de Paris (Bal Banal, 1924), son rôle de directeur de la publicité aux magasins des Trois Quartiers à la Madeleine, ses relations avec les artistes à Paris (Chagall, Picasso…), puis les photographes américains qu’il a contribué à rendre célèbres (Man Ray, Irving Penn, Richard Avedon, Hiro…).
    Parti aux États-Unis pour enseigner à Philadelphie (Design Laboratory, université des Arts), il forme des générations de designers graphiques et de photographes.
    En 1934, il devient directeur artistique du magazine Harper's Bazaar où il renouvelle l’illustration de mode à travers un recours toujours inventif à la photographie, au dessin, à la peinture, la typographie…
    1 hr 11 min
  • A propos de Man Ray
    Le photographe Luc Quelin présente la vie et l'oeuvre de Man Ray (1890-1976) aux étudiants IFM.
    Fantasme, rêve, mode... Man Ray a exploré beaucoup de domaines de la photographie qui restent dominants aujourd'hui. Ce précurseur de la photographie moderne est né à Philadelphie, mais il a vécu à Paris à partir de 1921. D'abord dessinateur dans une agence de publicité, il voulait être peintre mais il a découvert la photographie qu'il a contribué à élever au niveau d'un grand art.
    Luc Quelin raconte l'amitié de Man Ray avec Marcel Duchamp, Paul Poiret, Berenice Abbott, Kiki de Montparnasse, André Breton..., ses débuts dans le mouvement dada, son atelier de la rue Campagne-Première, l'Hôtel Istria, son influence sur les grands photographes de mode comme Guy Bourdin...
    Il analyse quelques-une des photographies les plus célèbres de Man Ray : "Le violon d'Ingres" en particulier (1924), mais aussi les différentes versions des compositions avec Kiki de Montparnasse (le visage allongé au masque africain, les larmes de verre, etc.), qui continuent à marquer notre imaginaire aujourd'hui.
    1 hr 11 min
  • A propos de Witold Gombrowicz
    "Un Polonais exacerbé par l'histoire": les articulations de la vie de Witold Gombrowicz (1904-1969), correspondent aux grands moments du siècle. Depuis Ferdydurke (1937) jusqu'à Cosmos (Kosmos, 1964) et Opérette (1967), en passant par le Journal (1952-1966) ou encore Souvenirs de Pologne, Jean-Pierre Salgas, critique et professeur d'histoire et de théorie des arts, présente l'oeuvre d'un géant de la littérature du XXe siècle.
    Né en Pologne, ayant passé de nombreuses années en Argentine, puis en Allemagne et en France, Witold Gombrowicz est l'auteur d'une oeuvre dont les grands thèmes sont l’immaturité, l'incertitude du moi, la peur du vide et les formes, autrement dit "toutes les formes de l’homme, ses gestes et ses masques" (Bruno Schulz). La mode en particulier, thème central d'Opérette, est chez Gombrowicz une expression privilégiée de la comédie humaine, autrement dit un mince vernis de civilisation.
    Jean-Pierre Salgas explique que la vraie patrie de Gombrowicz, ce sont les lieux "entre" différentes nations et classes sociales, entre littérature et philosophie, entre les sexes, entre l'athéisme et la chrétienté... On pourrait parler ainsi d'une "entropologie" à son propos.
    "Mon oeuvre est très chic, expliquait Gombrowicz, comme un nécessaire de voyage : une grande valise - ce sont mes romans, deux valises moyennes - ce sont mon Journal et mon théâtre, et une petite valise - ce sont mes contes"...
    1 hr 38 min

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L’Institut Français de la Mode (IFM) est un établissement d’enseignement supérieur privé à but non lucratif, un centre de formation d’apprentis et de formation continue, ainsi qu’un centre d’expertise pour les industries du textile, de la mode et du luxe. Il propose des formations allant du CAP au master, en décloisonnant la création, le management et les savoir-faire.

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