Improvisations (le podcast)
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Improvisations (le podcast) episodes

  • L’élégance
    https://improvisations.fr/wp-content/uploads/20170724elegance.mp3
     
    Aussi étonnant que cela puisse paraître, l'élégance est aussi une vertu. Elle est à tout le moins une qualité renfermant des vertus qu'on ne s'attendrait peut-être pas à y trouver, celles de détachement et d'humilité.
    L'élégance consiste à assumer totalement son rôle, sa fonction sociale ou humaine, en faisant abstraction de soi. L'élégant ne tient aucun compte de ses préférences, de ses douleurs, de son humeur, de ses peines ou de sa joie ; il les accueille avec sérénité, les laisse passer et tient la tête droite et haute, sachant que cela n'est d'aucune importance, que son propre sort est secondaire et que l'essentiel est dans le grand spectacle de la vie, qui doit continuer.
    L'élégance est détachement, et humilité. Les apparences peuvent bien jouer contre elle car l'élégance, hiératique, est souvent fière ; elle n'en est pas moins, au fond, une attitude de soumission par laquelle on s'oublie soi-même pour ne demeurer que l'instrument d'une force supérieure, qui nous guide et que nous ne faisons qu'incarner.
    Et la douceur, dans cela ? Une douceur élégante ou une élégance douce, cela paraît relever de l'oxymore. Et pourtant, ces deux qualités, ces deux vertus peut-être, coexistent dans une troisième qui est la dignité. La dignité est exactement cette élégance faite douce, quand la fierté est plutôt une élégance rugueuse. La dignité est l'élégance des personnes qui, frappées ou non par le sort, acceptent pleinement leur destin, ou qui du moins ne se mettent pas en avant, ne se préoccupent pas d'elles-mêmes dans la protestation qu'elles peuvent émettre. La dignité fait abstraction de soi pour ne se préoccuper que du bien de tous, comme Etty Hillesum au camp de Westerbork, ou le capitaine dont le navire fait naufrage et qui embarquera le dernier, s'il le peut encore quand tous les autres auront été sauvés.
    L'ironie du sort, mais qui est aussi la saveur de la vie, est que rien ne soit si semblable à l'élégance et à la dignité que leur exact contraire : la prétention qui se met en avant et se gonfle comme une outre.
    Elles sont si ressemblantes, vues du dehors ! Et si étrangères, dans leur intention.
    7 min
  • La douceur
    https://improvisations.fr/wp-content/uploads/20170723douceur.mp3
     
     
    Apprenant la mort d'Anne Dufourmantelle, je songeais ce matin à la douceur, dont elle avait parlé, faisant le lien avec un échange que j'avais eu hier avec Katia. Tel est l'objet de cette improvisation.
    La douceur est une pression douce ou une résistance douce à la pression. Dans un cas dans l'autre, il s'agit de ne pas brusquer, de ne pas briser, mais au contraire de faire effort pour maintenir intègre, entier, réuni, consentant, ce qu'il serait probablement plus facile de casser ou de dissocier.
    Agir avec douceur est souvent un sacrifice car cela ne permet pas d'obtenir le bénéfice psychologique immédiat qu'offrent la colère, la fuite, la violence ou la simplification réductrice : on ne se débarrasse pas, avec la douceur, de ce dont on se serait débarrassé en envoyant bouler tout cela, en coupant les ponts, en tranchant dans le vif, en s'en lavant les mains. La douceur consiste justement à ne pas céder à la tentation du "Qu'on en finisse !"  et aux chants langoureux des sirènes du renoncement. Elle est un effort sur soi-même.
    Ne pas briser là, ne pas aller plus vite que la musique, accompagner avec respect et empathie sans chercher le résultat immédiat, en acceptant de s'encombrer de tout ce qu'il aurait été plus facile de rejeter en se fâchant ou en soumettant le monde à l'injonction du : "C'est soit ceci, soit cela"... La douceur est le refus du simplisme et du réconfort qu'il offre, de la bonne conscience satisfaite à laquelle il peut parfois conduire.
    La colère et la simplification permettent de marcher plus librement, avec  plus de légèreté. On a rejeté dans le néant ou dans l'altérité absolue cette moitié du monde qui n'était pas ce que nous voulions qu'elle soit, et on se sent, du coup moins contraint, moins empêtré, moins englué : le monde et la réalité sont devenus plus faciles à saisir et à comprendre : c'est tellement plus simple d'avancer, de penser, d'avoir des certitudes, quand on est seul !
    Mais ce faisant, on s'est évidemment coupé du vrai monde, qui est épais et complexe. Et en rompant, en cassant, en exigeant que ce soit ceci ou cela, on a manqué de cette générosité qui pousse à vouloir tout intégrer de ce qui est  et à reconnaître que c'est à la fois ceci et cela.
    On a manqué à la vérité, que la douceur défend.
    10 min
  • Eucharistie
    https://improvisations.fr/wp-content/uploads/20170718eucharistie.mp3
     
    Les enfants et moi avons passé quelques jours en Grèce, à Corfou. Et comme à chaque fois, je reviens émerveillé de ce pays.
    Ce ne sont pas seulement les paysages, magnifiques : l'argenté des oliviers s'agitant sous la brise, la verticalité des cyprès s'arc-boutant sur le bleu de la mer, le vert et le gris des montagnes qui chutent dans les flots, l'incroyable beauté de la myrte poussant le long des chemins ; c'est aussi l'éclat des couleurs dont les Grecs peignent leurs maisons : la violence des jaune, rose, rouge, ocres de toutes les nuances, l'élégance et la fierté du blanc immaculé dont se couvrent les chemins et les monastères, et le temps, pourtant, qui s'affiche et sourd des crépis décrépis et des murs en lambeaux.
    Myrte de Corfou
    Il y a la langue, chantante et spirituelle, et la musique.
    Et puis il y a la vie qui palpite et déborde, riche et généreuse : tous ces animaux qu'on trouve dans les villages et les hameaux : chats, chatons, chiens, poules, coqs, ânes et moutons ; ces pétarades de motos et de mobilettes qu'on entend bien car la rumeur ne les couvre pas de son gris ; et puis ces pots extravagants faits de boîtes de conserve, de bidons d'huile, de seaux, alignés le long des chemins, des rues, des escaliers ourlés de blancs et où poussent, dans un indescriptible et superbe fouillis, un eden de fleurs et de plantes : oliviers, figuiers, géraniums, courgettes, tomates, bougainvilliers offerts au monde et à tous.
    Seau rempli de plantes jetées au monastère de Vlacherna
    C'est un grand débordement de confiance et de vie, une offrande gratuite, comme un bonjour gracieux.
    Un don des Dieux, un don aux dieux, comme un merci.
    Un grand Ευχαριστώ, une grande eucharistie.
    5 min
  • Comprendre
    https://improvisations.fr/wp-content/uploads/20170709comprendre.mp3
     
     
    Lorsque j'ai commencé à travailler dans l'entreprise où je travaille, j'ai passé de longs mois à m'étonner de la façon dont les choses se passaient et à considérer que nombre de décisions et de façons de faire étaient totalement incohérentes. Et même si j'y mettais les formes, j'avais tendance à considérer que les salariés de cette entreprise travaillaient mal et que les chaînes de décision dysfonctionnaient.
    Il a fallu du temps, que j'entre un peu dans les dossiers, que je me coltine la réalité, pour me rendre compte que le plus souvent, en fait, mes collègues faisaient ce qu'ils pouvaient compte tenu des contraintes qui s'imposaient à eux et dont ils n'étaient pas les maîtres. Et ce qui m'apparaissait, du dehors, comme une aberration, était le plus souvent la réponse la plus adéquate qui puisse, à cet instant, être donnée au problème posé. Mais il fallait, pour le comprendre, franchir un pas dans l'analyse et refuser de se cantonner au simple et simpliste : "Ce sont des imbéciles".
    Il en va de même de la façon dont nous appréhendons le comportement des personnes qui nous entourent : tant que, face à un comportement que nous ne comprenons pas, nous ne savons que mettre en cause l'honnêteté, le courage ou l'intelligence de la personne, nous ne faisons que refuser la réalité, ce qui nous interdit radicalement de la comprendre. C'est de sa faute - et cette façon de raisonner clôt le débat.
    Il faut, si l'on veut avoir une chance de comprendre quelqu'un, lui accorder ce minimum de confiance consistant à croire qu'il a fait au mieux. Non pas au plus mal, non pas au plus vite, non pas au moins fatiguant ou au plus lâche, mais au mieux. Et faisant au mieux, il a échoué. On peut, alors, essayer de comprendre, si on le souhaite, en examinant plus avant, si c'est possible et quand c'est possible.
    Mais tant que cet effort n'est pas fait, tant que ce minimum de sympathie et de confiance n'est pas accordé à l'autre, tant qu'on se contente d'expliquer le monde par l'aberration du comportement de quelqu'un, on explique pas le monde, on le refuse.
    Et on s'interdit ainsi de le changer.
    8 min
  • Beauté de l’innaturel
    https://improvisations.fr/wp-content/uploads/20170707traversee.mp3
     
     
    Avant-hier matin, rue de Vaugirard, arrêté devant un feu rouge, j'ai vu une petite fille, d'une dizaine ou d'une douzaine d'années, qui traversait la rue. Avant de le faire, elle s'était très soigneusement arrêtée au bord de la chaussée, les pieds sur le trottoir, surveillant les alentours. Elle avait vérifié que le feu était rouge, que les voitures des deux côtés stoppaient, que tout était comme il fallait que ce soit. Elle avait ensuite paru vouloir s'élancer mais s'était ravisée et avait jeté un nouveau coup d'oeil au feu, aux voitures arrêtées et au petit bonhomme lumineux, vérifiant probablement qu'il était encore vert. Et c'est après ce second contrôle qu'elle avait enfin très sérieusement, très précautionneusement mais sans hésitation, mis le pied sur la chaussée pour traverser la rue.
    Ordinairement, la grâce et le beauté se confondent dans mon esprit avec la fluidité et l'apparence de naturel. C'était ici tout le contraire : il n'y avait rien de naturel dans la façon dont cette petite fille faisait effort sur elle-même pour respecter scrupuleusement les consignes données par ses parents, dans l'attention soutenue avec laquelle elle cherchait à maîtriser ses impulsions, et même dans la sorte de courage et de victoire sur une petite peur qu'on devinait dans sa manière de s'élancer finalement dans la traversée de la chaussée.
    La beauté de la scène n'était pas dans la grâce des mouvements qui étaient au contraire heurtés et hésitants mais dans la perception de cette volonté naissante, de ce choix de la conscience qui bataillait dur mais avec persévérance pour discipliner ce corps et ces pensées.
    C'était un petit être empli de toute la dignité de l'humanité en ceci qu'il apprenait à maîtriser ses impulsions et ses émotions, à se comporter comme un adulte accompli - comme bien des adultes, bien des années plus tard, ne savent toujours pas le faire.
    5 min
  • Baisse tendancielle du taux de profit
    https://improvisations.fr/wp-content/uploads/20170704baisse.mp3
     
    C'est la première phrase de la première leçon de mon Assimil de grec moderne, dont je reprends l'étude, après l'avoir longtemps délaissé, pour me préparer aux quelques jours que nous allons bientôt passser en Grèce.
    Les premières leçons des Assimil sont toujours extraordinaires : on fait si rapidement de si gigantesques progrès : un nouvel alphabet, de nouvelles prononciations, de nouveaux signes, plein de choses qui tout à coup sont découvertes et qui ouvrent un grand pan du monde !
    Et puis on avance, et on découvre, à chaque fois, l'équivalent psychologique de la baisse tendancielle du taux de profit, théorisée par Marx : à chaque nouveau pas, le pas suivant devient plus difficile et le gain plus faible : plus on avance, plus on rame pour un rendement qui progressivement se réduit.
    Et le moment vient où l'on se dit qu'il faut passer à autre chose, qu'il faut quitter les livres et la chambre pour affronter le réalité et la vie.
    Et c'est tant mieux !
    4 min
  • Curiosité, vélo volé, fesses, secte et fichiers : un rêve
    https://improvisations.fr/wp-content/uploads/20170701reve.mp3
     
     
    J'ai, dans la nuit de jeudi à vendredi, fait le rêve que je raconte ici où se mêlent des choses diverses : une curiosité probablement mal contrôlée, qui me pousse à aller dans des endroits où je ne devrais pas forcément aller ; un vélo posé et disparu ; un couple parlant de fesses ; une secte dont les mots m'effraient et que je fuis ; une foule, enfin, cherchant frénétiquement je-ne-sais-quoi dans des fichiers de rats de bibliothèques.
    PS : cherchant les sources d'inspiration de ce rêve, je me dis que, pour le Pays basque et la ferme, le dernier film de Cheyenne Carron, La morsure des dieux, a sûrement joué un rôle. Et les voyages de Mirabilibus
    7 min
  • Le goût des autres
    https://improvisations.fr/wp-content/uploads/20170629gout.mp3
     
     
    J'ai regardé hier soir Le goût des autres, ce joli film d'Agnès Jaoui où l'on voit Jean-Pierre Bacri, chef d'entreprise renfrogné, refermé, maussade, s'ouvrir, par la grâce de l'amour, à la beauté, à l'art, à l'amour, aux autres, les autres personnages, également enfermés dans leurs prétentions et leurs préjugés subissant le même choc et le même mouvement gracieux d'éclosion, d'ouverture à eux-mêmes et aux autres.
    J'ai regardé ce film car, quelques heures auparavant, un des directeurs de l'entreprise où je travaille l'avait évoqué dans le pot organisé à l'occasion de son départ en retraite.
    Après un discours durant lequel il avait raconté, de façon très agréable quelques souvenirs des quelques dizaines d'années passées là, un de ces proches collaborateurs lui avait lu quelques-uns des messages laissés, à son attention dans une boîte mail créée pour l'occasion, messages qui soulignaient le plus souvent le caractère aimable, gentil, bienveillant, humain, du personnage.
    Et voici que, très ému, ce directeur avait alors repris la parole pour nous dire à quel point il était touché que ce soit cette qualité de bienveillance et de confiance en l'autre qui, entre toutes, ait été mise en avant. Cette qualité, il l'estimait plus que tout autre, elle avait toujours guidé son action dans ses différents postes, et c'est à son père qu'il devait de la mettre en pratique, son père qui le lui avait transmise alors qu'il était jeune.
    Et voir cette homme dire qu'il devait à son père celle de ses qualités, nombreuses, qui lui était le plus reconnue, était émouvant et à l'image de cet homme, sans prétention aucune.
    A la toute fin de son intervention, il nous avait parlé du film d'Agnès Jaoui, nous disant à quel point il pensait important de s'ouvrir aux autres, de leur faire confiance, de chercher à les découvrir, d'en avoir le goût, comme dans ce film où l'on voyait des hommes et des femmes éclore et naître.
    C'avait été un très beau discours.
    7 min
  • Le ou et le et
    https://improvisations.fr/wp-content/uploads/20170626porte.mp3
     
     
    Certaines personnes paraissent spontanément considérer le monde en termes de "ou" (les choses sont ceci ou cela, noires ou blanches, bonnes ou mauvaises) et d'autres, à force d'expérience peut-être, plutôt en termes de "et" : le monde est complexe, plein d'épaisseur et de couches, et il est souvent difficile, toujours réducteur et parfois nuisible de chercher à en dégager un discours ou une description univoques.
    Cette opposition est celle que l'on retouve dans les caractères d'Antigone et de Créon, tels que décrits par Anouilh, ou dans la façon dont les uns diront qu'une porte doit nécessairement être ouverte ou fermée quand les autres mettront plutôt l'accent sur les innombrables degrés d'entre-ouverture ou d'entre fermeture des portes qui tournent sur leurs gonds.
    J'ai longtemps opposé ces deux façons de voir. Je crois finalement que la vérité est dans les deux et que, ici encore, ce sont les deux bouts qu'il faut savoir tenir, non pas forcément simultanément mais selon les cas.
    Tel est l'objet de cette improvisation dont je complèterai plus tard le texte...
    8 min
  • Casimir Oberfeld
    https://improvisations.fr/wp-content/uploads/20170624oberfeld.mp3
     
     
    Il y avait, au Journal officiel de ce matin, un texte qui a attiré mon attention : un Arrêté du 16 juin 2017 portant prorogation des droits de M. OBERFELD (Casimir).
    J'aime bien le prénom de Casimir, qui, indépendamment du personnage pour enfants, fut porté par l'un de mes arrières grands-pères, je crois, et que je trouve à la fois mignon et très daté.
    Quant au texte, j'ai vu qu'il avait été pris en application d'un article du code de la propriété intellectuelle relatif à la prorogation, au bénéfice de leurs ayants-droits, des droits d'auteurs des auteurs morts pour la France.
    Le nom de Casimir Oberfeld ne me disant rien, je me suis documenté et ai trouvé qu'il s'agissait d'un musicien et compositeur, très célèbre dans l'entre-deux-guerres (mais la célébrité est chose si éphémère ! ...) pour avoir composé des dizaines d'opérettes, de musiques de films, de chansons pour Arletty, Mistinguett, Maurice Chevalier ou Fernandel, la plus célèbre, au moins pour moi, étant Félicie aussi, chantée par Fernandel.
    Né en Pologne en 1903, Casimir Oberfeld s'est installé en France à la fin des années 1920. Lorsque la France a été occupée, il s'est réfugié en zone Sud, puis à Nice lorsque la zone Sud a été occupée, Nice étant sous contrôle italien, et l'Italie menant une politique beaucoup moins antisémite que l'Allemagne et que la France d'alors.
    Au renversement de Mussolini, les troupes allemandes ont pris le contrôle de la région niçoise et c'est au cours d'une rafle organisée alors que Casimir Oberfeld a été arrêté, envoyé à Drancy puis déporté, de là, vers Auschwitz, où il a été, pendant quelques mois, utilisé comme musicien par les SS.
    Il est mort au début de 1945, au cours d'une de ces "marches de la mort" qui visaient à rapatrier vers l'Allemagne les déportés pour éviter qu'ils ne soient libérés par les Alliés.
    Et son nom, que j'ignorais, revient aujourd'hui, au Journal officiel.
    Merci à cet arrêté de nous faire nous souvenir de cet homme, dont la fin fut si terrible mais dont les mélodies vivent et survivent, joyeuses et entrainantes.
    PS : à l'écoute complète de la chanson, je me rends compte que les paroles sont d'une finesse toute modérée et d'une grande mysoginie. C'est ainsi !
    6 min

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Foin des préparations et des textes pensés ! Voici des mots cueillis aux lèvres.