Into The Wind

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Into The Wind episodes

  • #58 Isabelle Autissier, la grande dame et la mer

    Il est des noms pas comme les autres ; des noms qui vous rappellent que la voile de course s'écrit parfois à coups de légende ; des noms qui parlent à bien d'autres publics qu'aux seuls voileux ; des noms qui vous incitent à bien relire une dernière fois la petite fiche que vous avez préparée avant de lancer l'enregistrement...


    Le nom d'Isabelle Autissier est de ceux-là. A 65 ans, celle qui reste "la-première-femme-à-avoir-fait-le-tour-du-monde-à-la-voile" - et qui s'amuse de cette étiquette - parle toujours aussi directement de ses multiples vies. Née dans une famille de la bourgeoisie moyenne de la banlieue parisienne, elle découvre la voile grâce à un père qui achète ses bateaux... au BHV. Bercée par les livres de Moitessier et de la saga des Damien, elle acquiert vite la conviction que sa vie sera liée à la mer. Diplômée de l'Agro Rennes, elle s'installe à La Rochelle et travaille pour l'Ifremer. Elle retape un bateau, boucle un tour de l'Atlantique qu'elle termine en solo.


    Elle a 30 ans, n'a jamais fait de compétition, mais le solitaire l'attire : elle s'engage dans la Mini Transat en 1987, qu'elle termine 3e. Elle adore ; sa liberté à elle sera de courir la mer en course. Une Solitaire du Figaro deux ans plus tard pour apprendre, et une évidence : la terre est ronde et boucler le tour du monde - en solitaire, toujours - est la prochaine étape. A l'issue du BOC Challenge 1991, elle devient donc la première femme à réaliser la giration planétaire.


    Cette fois, il s'agit d'arrêter de bricoler et devenir pro, et profiter de cette liberté à plein temps : Isabelle Autissier se lance dans la construction d'un Imoca (association qu'elle fonde en 1991 avec Christophe Auguin), le premier à quille pendulaire. Elle s'aligne dans le BOC Challenge suivant, et vit une odyssée : démâtage dans le Sud, remâtage aux Kerguélen, chavirage dans le Sud de l'Australie sous gréement de fortune puis hélitreuillage entre Noël et le jour de l'An...


    Quelques mois plus tard, elle signe avec PRB pour un bateau neuf et s'aligne dans le Vendée Globe 1996-1997. Une édition épique et tragique : elle perd un safran et doit s'arrêter au Cap, mais repart - "évidemment, j'étais venue faire le tour du monde". Dans le Grand Sud, elle est prise dans une tempête homérique et part à la recherche de Gerry Roufs qui ne répond plus. Elle ne retrouvera pas et doit reprendre sa route, livrant quelques jours plus tard un texte pour Libération qui restera dans les mémoires">un texte pour Libération qui restera dans les mémoires. Elle termine 24 heurs après le vainqueur, Christophe Auguin ; qu'elle le veuille ou non, la légende Autissier est née.


    Un dernier BOC Challenge - devenu Around Alone - en 1999, où elle chavire, secourue par Giovanni Soldini, une dernière AG2R, en 2000, avec Sidney Gavignet, et Isabelle Autissier se retire de la compétition. Place, désormais, à l'écriture, au voyage et à l'engagement. Un premier ouvrage chez Grasset en 2006 (Kerguelen, le voyageur au pays de l'ombre) et le marin entame sa mue pour devenir écrivain ; un peu moins d'une décennie plus tard, elle se retrouve sur la première liste du Goncourt avec Soudain, seuls.


    En parallèle, elle décide de mettre sa "petite part de notoriété" au service de la cause environnementale, présidant le WWF France pendant une dizaine d'années, sillonnant la France et les conférences internationales pour alerter, avec la franchise habituelle qui est la sienne, sur l'urgence de la situation. "Au Pakistan, il a fait 50 degrés ; à 55 degrés l'homme cuit", rappelle-t-elle.


    Elle continue bien sûr à prendre la mer, chaque été, pendant deux mois. Après l'Antarctique, elle sillonne l'Arctique depuis l'Islande où est basé son bateau. Inutile de chercher à la joindre, le téléphone satellite ne sert que pour recevoir les fichiers météo.


    La liberté sur la mer, encore et toujours.


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    Diffusé le 10 juin 2022

    Générique : In Closing – Days Past">In Closing – Days Past

    Post-production : Julien Badoil/Studio Juno

    2 hr 4 min
  • #57 Marc Guillemot, quatre décennies en course - 2e partie

    Ils ne sont pas nombreux à pouvoir afficher autant de milles au compteur : Marc Guillemot a commencé sa carrière de coureur en 1979, en participant à la Twostar, et se prépare en ce printemps, plus de quatre décennies plus tard, à bientôt 63 ans, à courir... la prochaine Route du Rhum à bord d'un catamaran de course-croisière de 52 pieds ! Une vie entière consacrée à la voile de compétition.

    Natif de Quimper, élevé près de Sainte-Marine par des parents qui naviguent et marqué par La Longue Route de Moitessier, il découvre la régate avec son cousin Bertrand de Broc, avec qui il court sa première transat en double sur le même parcours que la transat anglaise. Il fait la rencontre de Patrick Morvan, qui l'embarque dans l'épopée des Jet Services : constructions, courses, records à la pelle, mais aussi des drames, notamment un chavirage dans les derniers jours de 1985, qui voit Jean Castenet disparaître et Marc Guillemot  être sérieusement amoché - il lui faudra deux années pour s'en remettre.


    S'ensuivent des Solitaires du Figaro - avec plusieurs places dans les 10 -, une Mini-Transat, des étapes de la Whitbread, des AG2R... en ces années du début de la professionnalisation, Marco, comme beaucoup l'appellent, navigue en boulimique.


    Equipier recherché en multicoque, il navigue avec Loïck Peyron et Mike Birch, dont il prend, en 1997, la succession à la barre du trimaran Orma La Trinitaine. Guillemot va connaître la grande époque de l'Orma, en particulier ses grands prix, mais aussi les Transat Jacques Vabre, les Québec Saint-Malo et sa première Route du Rhum, la course qui l'a tant fait rêver 20 ans plus tôt. Il y aura des podiums - beaucoup - des abandons, aussi, et un drame encore : la disparition de Nicolas Florin, équipier sur la Course de l'Europe en 1999.

    Après un passage chez Gitana en 2004, il est choisi par Safran pour courir le Vendée Globe. A 45 ans, c'est une nouvelle page de sa carrière qui s'ouvre, avec la conception d'un Imoca sur plan VPLP-Verdier qui va révolutionner la catégorie ; une troisième place dans un Vendée Globe de légende - édition 2008-2009 - fini sans quille après avoir escorté Yann Eliès gravement blessé ; une victoire dans la Transat Jacques Vabre en 2009 avec Charles Caudrelier ; un second Vendée Globe terminé quelques heures après le départ quand sa quille disparaît au fond de la mer ; un record de l'Atlantique en solo...


    Après une dernière Route du Rhum en 2014 - et un nouveau podium - il conçoit Safran 2, premier Imoca à foils, avec son équipe et doit passer la main au nouveau skipper choisi par le sponsor, Morgan Lagravière. Une fin de contrat difficile pour Marc Guillemot, qui doit licencier une bonne partie de son équipe.


    Il rebondit en organisant le Trophée des Multicoques, en lançant une équipe mixte sur la Solitaire, en naviguant en Class40... et en montant un nouveau projet de Route du Rhum pour 2022. Jamais rassasié. 


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    Diffusé le 3 juin 2022

    Générique : In Closing – Days Past">In Closing – Days Past

    Post-production : Julien Badoil/Studio Juno


    Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    1 hr 56 min
  • #57 Marc Guillemot, quatre décennies en course - 1ère partie

    Ils ne sont pas nombreux à pouvoir afficher autant de milles au compteur : Marc Guillemot a commencé sa carrière de coureur en 1979, en participant à la Twostar, et se prépare en ce printemps, plus de quatre décennies plus tard, à bientôt 63 ans, à courir... la prochaine Route du Rhum à bord d'un catamaran de course-croisière de 52 pieds ! Une vie entière consacrée à la voile de compétition.

    Natif de Quimper, élevé près de Sainte-Marine par des parents qui naviguent et marqué par La Longue Route de Moitessier, il découvre la régate avec son cousin Bertrand de Broc, avec qui il court sa première transat en double sur le même parcours que la transat anglaise. Il fait la rencontre de Patrick Morvan, qui l'embarque dans l'épopée des Jet Services : constructions, courses, records à la pelle, mais aussi des drames, notamment un chavirage dans les derniers jours de 1985, qui voit Jean Castenet disparaître et Marc Guillemot  être sérieusement amoché - il lui faudra deux années pour s'en remettre.


    S'ensuivent des Solitaires du Figaro - avec plusieurs places dans les 10 -, une Mini-Transat, des étapes de la Whitbread, des AG2R... en ces années du début de la professionnalisation, Marco, comme beaucoup l'appellent, navigue en boulimique.


    Equipier recherché en multicoque, il navigue avec Loïck Peyron et Mike Birch, dont il prend, en 1997, la succession à la barre du trimaran Orma La Trinitaine. Guillemot va connaître la grande époque de l'Orma, en particulier ses grands prix, mais aussi les Transat Jacques Vabre, les Québec Saint-Malo et sa première Route du Rhum, la course qui l'a tant fait rêver 20 ans plus tôt. Il y aura des podiums - beaucoup - des abandons, aussi, et un drame encore : la disparition de Nicolas Florin, équipier sur la Course de l'Europe en 1999.

    Après un passage chez Gitana en 2004, il est choisi par Safran pour courir le Vendée Globe. A 45 ans, c'est une nouvelle page de sa carrière qui s'ouvre, avec la conception d'un Imoca sur plan VPLP-Verdier qui va révolutionner la catégorie ; une troisième place dans un Vendée Globe de légende - édition 2008-2009 - fini sans quille après avoir escorté Yann Eliès gravement blessé ; une victoire dans la Transat Jacques Vabre en 2009 avec Charles Caudrelier ; un second Vendée Globe terminé quelques heures après le départ quand sa quille disparaît au fond de la mer ; un record de l'Atlantique en solo...


    Après une dernière Route du Rhum en 2014 - et un nouveau podium - il conçoit Safran 2, premier Imoca à foils, avec son équipe et doit passer la main au nouveau skipper choisi par le sponsor, Morgan Lagravière. Une fin de contrat difficile pour Marc Guillemot, qui doit licencier une bonne partie de son équipe.


    Il rebondit en organisant le Trophée des Multicoques, en lançant une équipe mixte sur la Solitaire, en naviguant en Class40... et en montant un nouveau projet de Route du Rhum pour 2022. Jamais rassasié. 


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    Diffusé le 27 mai 2022

    Générique : In Closing – Days Past">In Closing – Days Past

    Post-production : Julien Badoil/Studio Juno


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    1 hr 49 min
  • #56 Thomas Rouxel, l'équipier discret mais recherché

    Il s'est mis au bateau... pour pouvoir faire de la planche à voile ! Trois décennies plus tard, Thomas Rouxel, 40 ans fin novembre, peut se targuer d'une carrière discrète mais brillante d'équipier recherché, lui qui est désormais le co-skipper de Thomas Coville à bord de Sodebo Ultim 3.

    Des parents restaurateurs à Erquy qui casent les deux frères à l'école de voile pour l'été et c'est parti : Optimist puis Equipe avec son aîné, il enchaîne avec le 420 et c'est le déclic "du jour au lendemain", avec les résultats qui arrivent et emmènent les frères Rouxel au championnat du monde. Pour autant, la vraie passion du jeune Thomas reste... le funboard : "Si on m'avait laissé choisir, je n'aurais fait que de la planche".


    Ils enchaînent avec le 470, s'installent à Brest pour leurs études en fac de sport, deviennent sportifs de haut niveau. Leur avenir olympique est un peu bouché, à cause d'un gabarit "pas idéal du tout", alors le jeune Rouxel glisse presque naturellement vers l'habitable, découvert en parallèle : First Class 8, match racing, Tours de France à la voile, Melges 24... Presque par hasard, il découvre en 2003 le Figaro via le Challenge Crédit Agricole, embarque ensuite avec Benoît Petit et se retrouve en 2006 au départ de sa première Solitaire du Figaro.

    Cinq saisons de Figaro 2 vont faire de lui un figariste qui joue dans le haut du tableau, avec trois places dans les 10 sur la Solitaire, une deuxième place sur le Trophée BPE Belle-ïle Marie-Galante et une victoire, après le déclassement de Nicolas Lunven, sur la Transat Bénodet-Martinique, sans parler d'une cinquième place avec Nicolas Troussel lors de l'AG2R 2010 - "une rencontre qui a beaucoup compté pour moi". Pas mal pour un marin qui, lors de sa première transat, en 2006, avait conclu à son arrivée : "Plus jamais ça !"


    Il est ensuite recruté par Sébastien Josse pour naviguer sur le MOD70 Gitana, et c'est un nouveau déclic : la navigation en multicoque comble le planchiste - et le touche-à-tout - qu'il est toujours. En 2014, c'est au tour de Charles Caudrelier de l'appeler pour embarquer dans l'aventure incroyable du projet Dongfeng, où un petit groupe de marins français se rend en Chine sélectionner des navigants avant de partir autour du monde sur la Volvo Ocean Race - la seule course qui le faisait rêver, ado - pour décrocher une incroyable troisième place.


    Une tentative de trophée Jules Verne en 2015 sur Spindrift et c'est à nouveau Sébastien Josse qui le rappelle pour embarquer sur le tout nouveau Gitana 17 : l'occasion pour "Tom Roux", comme beaucoup le surnomme, d'entrer dans le club très fermé des barreurs d'Ultime. Il signe chez Sodebo quand Gitana se sépare de Sébastien Josse en 2019 et développe sa capacité à voler au large, tout en continuant les piges en Figaro ou en IRC, convaincu, comme nombre de marins, que varier les supports, "c'est bon pour la performance".


    Sans cacher, désormais, ses envies d'un projet à lui en Ocean Fifty... et sans en faire, non plus "une fin en soi" en équipier "épanoui" qu'il est. 


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    Diffusé le 13 mai 2022

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    Post-production : Julien Badoil/Studio Juno


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    2 hr 16 min
  • #55 Jeanne Grégoire, Mme la directrice

    C'est l'un des jobs les plus en vue du monde de la voile de compétition : la direction du Pôle Finistère course au large de Port-la-Forêt, l'usine à champions où sont passés - entre autres - Michel Desjoyeaux, Franck Cammas et nombre de vainqueurs de la Solitaire du Figaro, de la Route du Rhum et du Vendée Globe. Une "institution", selon ses propres dires, dont la patronne est Jeanne Grégoire, 45 ans, qui a succédé en juin 2021 à Christian Le Pape, cofondateur du pôle, à sa tête durant trois décennies.


    Rien ne prédestinait, pourtant, la petite Jeanne, née à Paris, élevée dans l'Aisne, à se tourner vers la mer. Mais un stage aux Glénans, à 18 ans, chamboule sa prépa Sciences Po en cours - "une révélation". De stagiaire elle devient bénévole puis monitrice et enchaîne les diplômes (Brevet d'Etat, BPPV). Dans la foulée, son chemin croise celui de la Mini Transat en 1999 et elle se jette dans le grand bain, terminant 8e de l'édition 2001 - "une confirmation, j'étais à ma place".


    Quelques semaines plus tard, début 2002, la ministe est admise à Porlaf, comme on appelle déjà le Pôle Finistère course au large, et se lance dans le Figaro. Douze saisons denses s'annoncent - interrompues par la naissance de sa fille en 2009 -, qui vont transformer la voileuse en athlète de haut niveau : Jeanne Grégoire va enchaîner les podiums sur la Transat AG2R avec Gérald Véniard, décrochant également en 2008 une 5e place sur la Solitaire, ce qui reste, à ce jour, la meilleure performance pour une femme dans l'épreuve. Skipper du Figaro Banque Populaire de 2005 à 2012, elle rêvait de s'aligner sur le Vendée Globe, mais la banque de la voile lui préféra Armel Le Céac'h - "Je suis arrivée trop tôt", résume-t-elle sans amertume.


    Au mitan des années 2010, elle commence ses premières piges de coach, et y prend vite goût. Dès 2015, Christian Le Pape lui demande d'accompagner les figaristes de Porlaf : son regard, son expérience et sa légitimité font mouche. Elle s'impose dans le paysage du pôle, d'autant qu'elle a complété sa formation à l'Ecole nationale de voile, et c'est en 2019, au départ de la Transat Jacques Vabre, qu'un coureur pose franchement la question de l'avenir à Christian Le Pape, qui bute sur la recherche de son successeur. Dix-huit mois plus tard, le boss du pôle part en vacances avant de prendre sa retraite et de laisser officiellement les rênes du pôle à Jeanne Grégoire.


    Et alors, madame la directrice, ces premiers mois ? La réponse fuse, toute simple : "Je me régale !"


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    Diffusé le 22 avril 2022

    Générique : In Closing – Days Past">In Closing – Days Past

    Post-production : Grégoire Levillain


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    2 hr 11 min
  • #54 Tanguy Leglatin, le coach qui fait grandir les coureurs

    [NB : nous avons eu un souci de micro au début de cet épisode, qui s'est résolu à la 19e minute]


    Il se définit comme un "professionnel de l'incompétence", qui "voit beaucoup de choses", mais n'est "expert en rien". Un drôle d'autoportrait pour celui qui est devenu, en presque deux décennies de pratique, un coach que nombre de coureurs, des débutants aux plus capés, s'arrachent. A 43 ans, le teint buriné été comme hiver, le Lorientais Tanguy Leglatin passe près de 250 jours par an sur l'eau à décortiquer le comportement des bateaux et des marins. Une observation attentive qu'il transforme en conseils lors de longs débriefings qu'absorbent ses ouailles qui s'en vont ensuite conquérir les podiums dans toutes les séries de la course au large.

    Rien ne le prédestinait à pareil destin. Un père photographe et une mère institutrice, moyennement portés sur la voile, un frère versé dans la planche à voile et un dériveur à retaper offert à son entrée en 6e dessinent l'essentiel du décor de ses débuts. C'est la rencontre avec Michel Beaudouin, président de la Société nautique de Larmor-Plage et passionné de Snipe - un vieux dériveur américain -, qui va le lancer dans le monde de la régate. Il enchaîne avec le First Class8 mené par une bande de copains lorientais, puis s'éloigne du bateau en suivant une licence de Staps - option... escalade ! - à Brest.

    Quelques remplacements comme prof de sport le convainquent que l'Education nationale n'est pas faite pour lui, mais une nouvelle rencontre avec Laurent Moisson, ex entraîneur au Centre Nautique de Lorient, et les difficultés pour s'entraîner sur son nouveau projet en Melges 24, l'embarquent dans la création d'An Oriant Sail (AOS), un centre d'entraînement privé qui accueille à partir de l'hiver 2004 ses premiers pensionnaires. A l'époque, Tanguy Leglatin passe l'essentiel de son temps à faire de la logistique et s'il va sur l'eau entraîner les clients... c'est qu'AOS ne trouve pas grand monde pour le faire !


    Il a 25 ans et la première promo d'AOS truste immédiatement tous les podiums du circuit Mini, Peter Laureyssens, l'un des tout premiers clients, remporte même la Mini Transat en bateaux de série. "Le coach", comme on l'appelle vite, va apprendre en même temps que les coureurs qui affluent à l'ancienne base des sous-marins, qui n'est pas encore le haut lieu de la course qu'elle est devenue. "J'appends d'eux autant que je leur apprends", résume-t-il joliment. En 2007, il prend son indépendance en devenant free-lance. Anne Liardet puis Sam Davies l'embarquent en Imoca, puis c'est au tour des figaristes et de Sébastien Josse, alors chez Gitana, de faire appel à ses services.


    Sa "carrière" est lancée : il accueille des coureurs comme Thomas Ruyant, Ian Lipinski, Justine Mettraux, Clarisse Crémer, Erwan Le Draoulec et bien d'autres selon un schéma bien rodé. Détectés en Mini 6.50, ils conservent le coach qui les a révélés quand ils attaquent Figaro, Class40 ou Imoca. Car depuis ses débuts, Tanguy Leglatin a toujours gardé la même ligne de conduite : travailler avec les pros, mais aussi continuer à entraîner les débutants et les faire grandir, en prenant en compte l'ensemble des paramètres d'un projet. Le secret d'un coach qui, désormais, ne cache plus son envie d'aller appliquer lui-même en course ce qu'il enseigne depuis près de vingt ans...


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    Diffusé le 8 avril 2022

    Générique : In Closing – Days Past">In Closing – Days Past

    Post-production : Julien Badoil/Studio Juno">Julien Badoil/Studio Juno


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    2 hr 15 min
  • #53 Arnaud Boissières, le Vendée Globe, jusqu'à plus soif - 2e partie

    Qui a dit qu'il fallait être breton pour tracer sa route dans la course au large ? Arnaud "Cali" Boissières est d'Arcachon... et il est le seul marin à avoir bouclé quatre Vendée Globe consécutifs depuis 2008, record en cours !

     

    Elevé à Bordeaux, il débute au Cercle de la voile d'Arcachon et fait la rencontre à l'adolescence d'un certain Yannick Bestaven, vainqueur du dernier Vendée Globe - plus de trois décennies après, les deux hommes restent des amis très proches. Sur les bords du bassin, les pionniers d'alors sont Titouan Lamazou et Yves Parlier, stars des premiers Vendée Globe. 


    Ce dernier prend les deux jeunes gens sous son aile et, ensemble, après avoir sillonné de nombreuses régates en habitable, ils se lancent dans la Mini Transat par deux fois, finissant 1er (Bestaven) et 3e (Boissières) en 2001 après avoir construit leurs protos. Une double transat et une expérience fondatrice.

    Cali se lance ensuite dans le Figaro pour trois saisons et va faire ensuite une rencontre marquante : celle d'un propriétaire, Jean-Philippe Chomette, dont il skippe le bateau en course, et qu'il parvient à embarquer sur la Transat Jacques Vabre en 2007 après avoir racheté l'ex VMI et signé Akena Vérandas comme sponsor.

    Depuis, comme un métronome, Cali est de tous les Vendée Globe : 7e en 2009, 8e en 2013, 10e en 2017, 15e en 2021. Une constance qui n'est pas de tout repos : à chaque fois, il monte un nouveau projet, trouve des sponsors, achète un nouvel Imoca... Et prend des risques : à une époque où certains skippers deviennent des pilotes de teams dirigés par des managers, Arnaud Boissières est l'armateur de ses bateaux, à la fois skipper, entrepreneur et employeur.


    Rien qui ne l'effraie vraiment, tant Cali vit sa vie comme un privilège rare, celui d'écrire sa propre histoire, autour du monde. La preuve : il vient d'acquérir un nouveau bateau et a convaincu ses sponsors de repartir pour un tour, un cinquième Vendée Globe. Son dernier ? Rien n'est moins sûr ! 


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    Diffusé le 25 mars 2022

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    Post-production : Julien Badoil/Studio Juno">Julien Badoil/Studio Juno 


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    1 hr 38 min
  • #53 Arnaud Boissières, le Vendée Globe, jusqu'à plus soif - 1ere partie

    Qui a dit qu'il fallait être breton pour tracer sa route dans la course au large ? Arnaud "Cali" Boissières est d'Arcachon... et il est le seul marin à avoir bouclé quatre Vendée Globe consécutifs depuis 2008, record en cours !

     

    Elevé à Bordeaux, il débute au Cercle de la voile d'Arcachon et fait la rencontre à l'adolescence d'un certain Yannick Bestaven, vainqueur du dernier Vendée Globe - plus de trois décennies après, les deux hommes restent des amis très proches. Sur les bords du bassin, les pionniers d'alors sont Titouan Lamazou et Yves Parlier, stars des premiers Vendée Globe. 


    Ce dernier prend les deux jeunes gens sous son aile et, ensemble, après avoir sillonné de nombreuses régates en habitable, ils se lancent dans la Mini Transat par deux fois, finissant 1er (Bestaven) et 3e (Boissières) en 2001 après avoir construit leurs protos. Une double transat et une expérience fondatrice.

    Cali se lance ensuite dans le Figaro pour trois saisons et va faire ensuite une rencontre marquante : celle d'un propriétaire, Jean-Philippe Chomette, dont il skippe le bateau en course, et qu'il parvient à embarquer sur la Transat Jacques Vabre en 2007 après avoir racheté l'ex VMI et signé Akena Vérandas comme sponsor.

    Depuis, comme un métronome, Cali est de tous les Vendée Globe : 7e en 2009, 8e en 2013, 10e en 2017, 15e en 2021. Une constance qui n'est pas de tout repos : à chaque fois, il monte un nouveau projet, trouve des sponsors, achète un nouvel Imoca... Et prend des risques : à une époque où certains skippers deviennent des pilotes de teams dirigés par des managers, Arnaud Boissières est l'armateur de ses bateaux, à la fois skipper, entrepreneur et employeur.


    Rien qui ne l'effraie vraiment, tant Cali vit sa vie comme un privilège rare, celui d'écrire sa propre histoire, autour du monde. La preuve : il vient d'acquérir un nouveau bateau et a convaincu ses sponsors de repartir pour un tour, un cinquième Vendée Globe. Son dernier ? Rien n'est moins sûr ! 


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    Diffusé le 18 mars 2022

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    1 hr 17 min
  • #52 Marcus Hutchinson, l'Irlandais qui savait tout faire

    Même lui a du mal à définir son rôle actuel au sein de TR Racing, l'écurie de Thomas Ruyant, dont il a été team manager ! Il faut dire que Marcus Hutchinson, 60 ans, est un drôle de numéro...


    Irlandais né de parents anglais et francophiles - qui l'emmenaient passer des vacances en Dordogne bien avant la mode outre-Manche et lui faisaient écouter France Inter dès l'enfance - il découvre la voile à Dublin, où son père pilote travaille pour la compagnie nationale Aer Lingus. Une passion si dévorante qu'il veut en faire son métier : après des études à Southampton, il devient architecte naval au début des années 1980 et entre chez Rob Humphries Yacht Design.


    C'est la grande époque des tonners et il va la vivre à fond, écumant toutes les régates et tous les championnats, dans les îles britanniques puis partout en Europe. Cinq ans plus tard, alors que Lawrie Smith lui propose d'embarquer sur Rothmans pour la Whitbread, il devient rédacteur en chef de Seahorse, la bible de l'écosystème anglo-saxon de la voile de course, pour qui il pigeait régulièrement. Il y reste 4 ans avant de lancer une autre revue sur les super yachts depuis le Sud la France, qui fait long feu.


    Mais Marcus Hutchinson, anglo-saxon maîtrisant parfaitement le français, a fait entre-temps la connaissance de Bruno Troublé, qui l'emmène vivre l'aventure de la Coupe de l'America : journaliste pointu en technique, à l'aise dans les relations humaines, il prend en charge la communication de la Louis Vuitton Cup puis de la Coupe elle-même pendant 5 éditions, jusqu'à Valence en 2007 - non sans un détour par les Jeux Olympiques d'Atlanta 1996, où il gère le centre de presse des épreuves de voile.


    Il sera aussi dircom de Team Origin, de l'Audi Med Cup et de la Volvo Ocean Race 2008-2009, avant de se lancer dans une nouvelle carrière, sa quatrième vie professionnelle : team manager. Il commence avec l'Artemis Offshore Academy, destinée à former de jeunes marins anglais au solitaire - d'où sortira, entre autres, Sam Goodchild -, puis passe à l'Imoca, en dirigeant le projet SMA de Paul Meilhat pour Mer Agitée, puis celui de LinkedOut pour Thomas Ruyant sur le dernier Vendée Globe.

    Le tout, sans jamais oublier de naviguer : en plus de milliers de milles en équipage, Marcus Hutchinson, qui a gagné le Tour de Bretagne avec Michel Desjoyeaux, compte deux Solitaires du Figaro à son compteur et une Transat Jacques Vabre. Ce qui fait de lui l'un des plus fins connaisseurs anglo-saxons de la voile française. 


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    Diffusé le 4 mars 2022

    Générique : In Closing – Days Past">In Closing – Days Past

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    2 hr 5 min
  • #51 Anne-Claire Le Berre, de l'olympisme à la Mini Transat

    Certains ont l'eau salée qui leur coule dans les veines. D'autres ont la compétition dans le sang. Anne-Claire Le Berre, elle, semble avoir les deux !


    Et elle n'a guère eu le choix - c'est elle qui le dit. Avec deux frères aînés qui régataient, Anne-Claire Le Berre a passé ses vacances familiales sur les parkings des compétitions de voile légère. Et, inéluctablement, la native de Plouguerneau, montée à Brest, et désormais installé à Lorient, s'est mise à la régate dès son plus jeune âge.


    C'est à 17 ans, en 420, qu'elle explose, en compagnie d'une certaine Marie Riou : en 1999, elles enchaînent les titres nationaux, européens et mondiaux ! Le 470 les attend et pour Anne-Claire Le Berre, douze années de quête olympiques, trois PO qui n'aboutiront pas. En 470, d'abord, pour Athènes 2004 ; en Yngling, ensuite, pour Pékin 2008 ; en match-racing, enfin, pour Londres 2012. Jamais les Jeux ne s'ouvriront à elle, mais, les yeux brillants, elle confesse encore une passion pour ce monde si particulier.


    Diplôme d'ingénieur de l'Insa en poche, elle décide de compléter son cursus par une formation en architecture navale en même temps qu'elle attend son premier garçon. Elle  a un peu plus de 30 ans et découvre alors une autre planète, en collaborant d'abord avec le cabinet Finot-Conq puis en intégrant en 2015 le bureau d'études du team Initiatives Coeur, dont le bateau est alors skippé par Tanguy de Lamotte.


    La course au large est une révélation, tant elle ne s'en était pas approchée, concentrée exclusivement de longues années sur la voile olympiques. Au service d'un autre marin, elle plonge dans les cycles quadriennaux - qu'elle connaît bien - des Vendée Globe, avec Tanguy de Lamotte puis Sam Davies.


    Ingénieure BE, puis responsable du bureau d'études, elle est désormais directrice technique d'une équipe qui vient tout juste d'accueillir un bateau neuf pour le prochain tour du monde - et la seule femme à occuper un tel poste dans ce club fermé de la course high-tech.


    Mais l'histoire d'Anne-Claire Le Berre ne serait pas complète sans une autre révélation : celle de la Mini Transat, qu'elle a courue en 2021. Jonglant entre job, enfants, recherche de sponsors et entraînements, elle décroche une 5e place en série. En dessous de son objectif initial de podium, mais quel plaisir : "Je comprends qu’ils y retournent, et qu’ils y retournent, et qu’ils y re-retournent", explique-t-elle à l'arrivée.


    Elle aura 40 ans dans quelques semaines. Deux tables basses ornent son salon : sur la première est encore écrit au Tippex "Mini Transat 2021", histoire que les objectifs soient bien partagés avec ses deux garçons. Sur la seconde, ils ont écrit ensemble : "Route du Rhum 2026".


    Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    2 hr 9 min

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