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Or


La tristesse est une disposition d'esprit des plus déplaisantes. — La tristesse est une disposition d'esprit dont je suis à peu près exempt; je ne l'aime, ni ne l'estime; bien qu'assez généralement, comme de parti pris, on l'ait en certaine considération et qu'on en pare la sagesse, la vertu, la conscience, c'est un sot et vilain ornement. Les Italiens ont, avec plus d'à propos, appelé de ce nom la méchanceté, car elle est toujours nuisible, toujours insensée; toujours aussi, elle est le propre d'une âme poltronne et basse; les stoïciens l'interdisent au sage.
Effet des grandes douleurs en diverses circonstances; tout sentiment excessif ne se peut exprimer. — L'histoire rapporte que Psamménitus, roi d'Égypte, défait et pris par Cambyse, roi de Perse, voyant passer sa fille, captive comme lui, habillée en servante, qu'on envoyait puiser de l'eau, demeura sans mot dire, les yeux fixés à terre, tandis qu'autour de lui, tous ses amis pleuraient et se lamentaient. Voyant, peu après, son fils qu'on menait à la mort, il garda cette même contenance; tandis qu'à la vue d'un de ses familiers conduit au milieu d'autres prisonniers, il se frappa la tête, témoignant d'une douleur extrême.
...
Gregor Samsa se réveille un matin pour constater qu'il s'est métamorphosé en un insecte répugnant. Sa famille ne lui donne aucun réconfort allant jusqu'à lui refuser de lui garder sa partie humaine. Dans ce roman court, en fin de compte, qui est l'humain, qui est le monstre ?
Que choisissez-vous ? Le Loup ou le Chien ?
Un Loup n'avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.
L'attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l'eût fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le Mâtin était de taille
A se défendre hardiment.
Le Loup donc l'aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu'il admire.
"Il ne tiendra qu'à vous beau sire,
D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, hères, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée :
Tout à la pointe de l'épée.
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. "
Le Loup reprit : "Que me faudra-t-il faire ?
- Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse. "
Le Loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
"Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose.
- Mais encor ? - Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
- Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ?
- Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. "
Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encor.
Robinson Crusoe est un roman qui m’a donné beaucoup de réconfort lors d’une crise dans ma vie. Je voyais un homme se battre pour survivre dans un monde inconnu, vaste et désert.
Poème mystique relatant l'origine de l'homme, écrit par le poète belge symboliste Charles van Lerberghe (1861-1907)
C’est le premier matin du monde…
C'est le premier matin du monde.
Comme une fleur confuse exhalée de la nuit,
Au souffle nouveau qui se lève des ondes,
Un jardin bleu s'épanouit.
Tout s'y confond encore et tout s'y mêle,
Frissons de feuilles, chants d'oiseaux,
Glissements d'ailes,
Sources qui sourdent, voix des airs, voix des eaux,
Murmure immense,
Et qui pourtant est du silence.
Ouvrant à la clarté ses doux et vagues yeux,
La jeune et divine Ève
S'est éveillée de Dieu.
Et le monde à ses pieds s'étend comme un beau rêve.
Or Dieu lui dit : Va, fille humaine,
Et donne à tous les êtres
Que j'ai créés, une parole de tes lèvres,
Un son pour les connaître.
Le parfum (1985), roman de l'écrivain allmend Patrick Süskind, a aussi pour titre " Histoire d'un meutrier ". Ce meutrier s'appelait Jean-Baptiste Grenouille, homme sans odeur qui possède le talent de pouvoir sentir toutes les odeurs du monde. Après avoir passé une enfance épouvantable, il tue pour posséder les odeurs de jeunes filles. Pour satisfaire son terrible dessein, il veut apprendre les techniques pour fabriquer son funeste parfum.
Sur les pas de la lune, poème en prose de Philippe Jacottet, poète et traducteur suisse.
Sur les pas de la lune
Le silence presque absolu qui se fait parfois au dehors, même dans une grande ville, à la fin de la nuit, ne m'est jamais apparu comme un bonheur, j'en étais effrayé plutôt, et je reprendrai un jour l'examen de ces moments parfois curieusement difficiles : il semble que dans l'espèce de mur qui nous protège se soit ouverte
brusquement une faille derrière laquelle s'amassent, mais sans entrer, les troupes du vide, de gros fantômes cotonneux. Tout au contraire, en cette nuit de lune dont je veux parler, le silence semblait être un autre nom pour l'espace, c'est-à-dire que les bruits très rares, ou plutôt les notes qui étaient perçues dans la fosse nocturne, et en particulier le cri intermittent d'une chouette...
Cyrano, homme exceptionnel, doué et pour la poésie et pour le combat, mais complexé par son grand nez, cède son amour à un autre. Il chérit cet amour et la fille de son cœur jusqu’à la fin de sa vie.
Très joli poème de Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859), poétesse romantique française
Les roses de Saâdi
J'ai voulu ce matin te rapporter des roses ;
Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n'ont pu les contenir.
Les nœuds ont éclaté. Les roses, envolées
Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées.
Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir ;
La vague en a paru rouge et comme enflammée.
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée...
Respires-en sur moi l'odorant souvenir.
Crime et Châtiment (1866), chef d'œuvre de l'écrivain russe Fiodor Dostoïevski, est un roman qui nous fait réfléchir sur la valeur de vie humaine. Lorsqu’on se sent supérieur, on tombe facilement dans le travers du mépris de la vie des autres et donc l’on se met soi-même en danger. Mais le sublime du roman réside dans sa démonstration du châtiment qui suit le crime commis. La rédemption est-elle possible ?...
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