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Or


« Ma grand-mère est morte.
– Ah... Je suis désolée pour toi !
– Non, pas celle-là. L’autre. Celle que tu aimais bien... »
Elle se met à pleurer. Je dois la consoler. Ma grand-mère vient de mourir et ma femme
fond en larmes. Moi pas. Je ne réalise pas encore. Le pire est à venir. Ma mère. Elle est dans le jardin. Elle ne comprend pas ce qui se passe. Je m’assois à côté d’elle. Je veux partir, ne pas rester à l’écouter pleurer. Moi aussi j'ai du chagrin...
Narcisse et Goldmund (1930) est un roman qui montre toute la richesse de l'écrivain allemand Hermann Hesse. Il nous raconte la formation personnelle et le parcours artistique de Goldmund. Son parcours nous montre comment par la sensibilité de l'art il est possible d’accéder à la sensibilité de la vie, comment on peut trouver son chemin et un équilibre entre le plaisir et le bonheur.
Retrouvez le début de Gatsby le Magnifique, cet homme particulier qui prodigue toute sa richesse afin de reconquérir l'amour de sa jeunesse.
Quand on entre dans une autre culture, on doit réapprendre beaucoup de choses comme un enfant. Ce qui est facile et quotidien pour l’un, peut être incompréhensible et énigmatique pour l’autre. La culture chinoise a enrichi mon identité et m’a appris à adopter un autre regard.
Que la vie en vaut la peine (Oui ! Elle en vaut la peine !)
C'est une chose étrange à la fin que le monde
Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit
Ces moments de bonheur ces midis d'incendie
La nuit immense et noire aux déchirures blondes.
Rien n'est si précieux peut-être qu'on le croit
D'autres viennent. Ils ont le cœur que j'ai moi-même
Ils savent toucher l'herbe et dire je vous aime
Et rêver dans le soir où s'éteignent des voix.
D'autres qui referont comme moi le voyage
D'autres qui souriront d'un enfant rencontré
Qui se retourneront pour leur nom murmuré
D'autres qui lèveront les yeux vers les nuages.
II y aura toujours un couple frémissant
Pour qui ce matin-là sera l'aube première
II y aura toujours l'eau le vent la lumière
Rien ne passe après tout si ce n'est le passant.
C'est une chose au fond, que je ne puis comprendre
Cette peur de mourir que les gens ont en eux
Comme si ce n'était pas assez merveilleux
Que le ciel un moment nous ait paru si tendre.
Oui je sais cela peut sembler court un moment
Nous sommes ainsi faits que la joie et la peine
Fuient comme un vin menteur de la coupe trop pleine
Et la mer à nos soifs n'est qu'un commencement.
Mais pourtant malgré tout malgré les temps farouches
Le sac lourd à l'échine et le cœur dévasté
Cet impossible choix d'être et d'avoir été
Et la douleur qui laisse une ride à la bouche.
Malgré la guerre et l'injustice et l'insomnie
Où l'on porte rongeant votre cœur ce renard
L'amertume et Dieu sait si je l'ai pour ma part
Porté comme un enfant volé toute ma vie.
Malgré la méchanceté des gens et les rires
Quand on trébuche et les monstrueuses raisons
Qu'on vous oppose pour vous faire une prison
De ce qu'on aime et de ce qu'on croit un martyre.
Malgré les jours maudits qui sont des puits sans fond
Malgré ces nuits sans fin à regarder la haine
Malgré les ennemis les compagnons de chaînes
Mon Dieu mon Dieu qui ne savent pas ce qu'ils font.
Malgré l'âge et lorsque, soudain le cœur vous flanche
L'entourage prêt à tout croire à donner tort
Indifférent à cette chose qui vous mord
Simple histoire de prendre sur vous sa revanche.
La cruauté générale et les saloperies
Qu'on vous jette on ne sait trop qui faisant école
Malgré ce qu'on a pensé souffert les idées folles
Sans pouvoir soulager d'une injure ou d'un cri.
Cet enfer Malgré tout cauchemars et blessures
Les séparations les deuils les camouflets
Et tout ce qu'on voulait pourtant ce qu'on voulait
De toute sa croyance imbécile à l'azur.
Malgré tout je vous dis que cette vie fut telle
Qu'à qui voudra m'entendre à qui je parle ici
N'ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci
Je dirai malgré tout que cette vie fut belle.
Le chevalier Roland représentant force et courage était un exemple de suivre pour moi durant mon enfance. Ce personnage héroïque de La Chanson de Roland, chanson de geste la plus célèbre, existe vraiment dans l’histoire. Cependant, il ne faut pas lire La Chanson de Roland comme un témoignage. Cette épopée parvient à magnifier les évènements, ses personnages et leurs actes tout en jouant avec les émotions des lecteurs.
Voici un poème qui raconte la peur et le doute du Christ avant son calvaire
Le Mont des Oliviers
Alfred de Vigny
I
Alors il était nuit et Jésus marchait seul,
Vêtu de blanc ainsi qu’un mort de son linceul ;
Les disciples dormaient au pied de la colline.
Parmi les oliviers qu’un vent sinistre incline
Jésus marche à grands pas en frissonnant comme eux ;
Triste jusqu’à la mort; l’oeil sombre et ténébreux,
Le front baissé, croisant les deux bras sur sa robe
Comme un voleur de nuit cachant ce qu’il dérobe ;
Connaissant les rochers mieux qu’un sentier uni,
Il s’arrête en un lieu nommé Gethsémani :
Il se courbe, à genoux, le front contre la terre,
Puis regarde le ciel en appelant : Mon Père !
– Mais le ciel reste noir, et Dieu ne répond pas.
Il se lève étonné, marche encore à grands pas,
Froissant les oliviers qui tremblent. Froide et lente
Découle de sa tête une sueur sanglante.
Il recule, il descend, il crie avec effroi :
Ne pouviez-vous prier et veiller avec moi !
Mais un sommeil de mort accable les apôtres,
Pierre à la voix du maître est sourd comme les autres.
Le fils de l’homme alors remonte lentement.
Comme un pasteur d’Egypte il cherche au firmament
Si l’Ange ne luit pas au fond de quelque étoile.
Mais un nuage en deuil s’étend comme le voile
D’une veuve et ses plis entourent le désert.
Jésus, se rappelant ce qu’il avait souffert
Depuis trente-trois ans, devint homme, et la crainte
Serra son coeur mortel d’une invincible étreinte.
Il eut froid. Vainement il appela trois fois :
MON PÈRE ! – Le vent seul répondit à sa voix..
Il tomba sur le sable assis et, dans sa peine,
Eut sur le monde et l’homme une pensée humaine.
– Et la Terre trembla, sentant la pesanteur
Du Sauveur qui tombait aux pieds du créateur.
II
Jésus disait : » Ô Père, encor laisse-moi vivre !
Avant le dernier mot ne ferme pas mon livre !
Ne sens-tu pas le monde et tout le genre humain
Qui souffre avec ma chair et frémit dans ta main ?
C’est que la Terre a peur de rester seule et veuve,
Quand meurt celui qui dit une parole neuve ;
Et que tu n’as laissé dans son sein desséché
Tomber qu’un mot du ciel par ma bouche épanché.
Mais ce mot est si pur, et sa douceur est telle,
Qu’il a comme enivré la famille mortelle
D’une goutte de vie et de Divinité,
Lorsqu’en ouvrant les bras j’ai dit : FRATERNITE !
– Père, oh ! si j’ai rempli mon douloureux message,
Si j’ai caché le Dieu sous la face du Sage,
Du Sacrifice humain si j’ai changé le prix,
Pour l’offrande des corps recevant les esprits,
Substituant partout aux choses le Symbole,
La parole au combat, comme au trésor l’obole,
Aux flots rouges du Sang les flots vermeils du vin,
Aux membres de la chair le pain blanc sans levain ;
Si j’ai coupé les temps en deux parts, l’une esclave
Et l’autre libre ; – au nom du Passé que je lave
Par le sang de mon corps qui souffre et va finir :
Versons-en la moitié pour laver l’avenir !
Père Libérateur ! jette aujourd’hui, d’avance,
La moitié de ce Sang d’amour et d’innocence
Sur la tête de ceux qui viendront en disant :
« Il est permis pour tous de tuer l’innocent. »
Nous savons qu’il naîtra, dans le lointain des âges,
Des dominateurs durs escortés de faux Sages
Qui troubleront l’esprit de chaque nation
En donnant un faux sens à ma rédemption. –
Hélas ! je parle encor que déjà ma parole
Est tournée en poison dans chaque parabole ;
Eloigne ce calice impur et plus amer
Que le fiel, ou l’absinthe, ou les eaux de la mer.
Les verges qui viendront, la couronne d’épine,
Les clous des mains, la lance au fond de ma poitrine,
Enfin toute la croix qui se dresse et m’attend,
N’ont rien, mon Père, oh ! rien qui m’épouvante autant !
– Quand les Dieux veulent bien s’abattre sur les mondes,
Es n’y doivent laisser que des traces profondes,
Et si j’ai mis le pied sur ce globe incomplet
Dont le gémissement sans repos m’appelait,
C’était pour y laisser deux anges à ma place
De qui la race humaine aurait baisé la trace,
La Certitude heureuse et l’Espoir confiant
Qui dans le Paradis marchent en souriant.
Mais je vais la quitter, cette indigente terre,
N’ayant que soulevé ce manteau de misère
Qui l’entoure à grands plis, drap lugubre et fatal,
Que d’un bout tient le Doute et de l’autre le Mal.
Mal et Doute ! En un mot je puis les mettre en poudre ;
Vous les aviez prévus, laissez-moi vous absoudre
De les avoir permis. – C’est l’accusation
Qui pèse de partout sur la Création !
– Sur son tombeau désert faisons monter Lazare.
Du grand secret des morts qu’il ne soit plus avare
Et de ce qu’il a vu donnons-lui souvenir,
Qu’il parle. – Ce qui dure et ce qui doit finir ;
Ce qu’a mis le Seigneur au coeur de la Nature,
Ce qu’elle prend et donne à toute créature ;
Quels sont, avec le Ciel, ses muets entretiens,
Son amour ineffable et ses chastes liens ;
Comment tout s’y détruit et tout s’y renouvelle
Pourquoi ce qui s’y cache et ce qui s’y révèle ;
Si les astres des cieux tour à tour éprouvés
Sont comme celui-ci coupables et sauvés ;
Si la Terre est pour eux ou s’ils sont pour la Terre ;
Ce qu’a de vrai la fable et de clair le mystère,
D’ignorant le savoir et de faux la raison ;
Pourquoi l’âme est liée en sa faible prison ;
Et pourquoi nul sentier entre deux larges voies,
Entre l’ennui du calme et des paisibles joies
Et la rage sans fin des vagues passions,
Entre la Léthargie et les Convulsions ;
Et pourquoi pend la Mort comme une sombre épée
Attristant la Nature à tout moment frappée ;
– Si le Juste et le Bien, si l’Injuste et le Mal
Sont de vils accidents en un cercle fatal
Ou si de l’univers ils sont les deux grands pôles,
Soutenant Terre et Cieux sur leurs vastes épaules ;
Et pourquoi les Esprits du Mal sont triomphants
Des maux immérités, de la mort des enfants ;
– Et si les Nations sont des femmes guidées
Par les étoiles d’or des divines idées
Ou de folles enfants sans lampes dans la nuit,
Se heurtant et pleurant et que rien ne conduit ;
– Et si, lorsque des temps l’horloge périssable
Aura jusqu’au dernier versé ses grains de sable,
Un regard de vos yeux, un cri de votre voix,
Un soupir de mon coeur, un signe de ma croix,
Pourra faire ouvrir l’ongle aux Peines Eternelles,
Lâcher leur proie humaine et reployer leurs ailes ;
– Tout sera révélé dés que l’homme saura
De quels lieux il arrive et dans quels il ira. »
III
Ainsi le divin fils parlait au divin Père.
Il se prosterne encore, il attend, il espère,
Mais il renonce et dit : Que votre Volonté
Soit faite et non la mienne et pour l’Eternité.
Une terreur profonde, une angoisse infinie
Redoublent sa torture et sa lente agonie.
Il regarde longtemps, longtemps cherche sans voir.
Comme un marbre de deuil tout le ciel était noir.
La Terre sans clartés, sans astre et sans aurore,
Et sans clartés de l’âme ainsi qu’elle est encore,
Frémissait. – Dans le bois il entendit des pas,
Et puis il vit rôder la torche de Judas.
J'ai mis du temps à commencer à lire Orgueil et préjugés. Pour être honnête, l'histoire d'amour dans ce chef-d'œuvre ne présente pas beaucoup d'attraits pour moi. Cependant, j'y trouve un bel intérêt dans le caractère de M. Darcy, dans la place de la femme de cette société et surtout dans le personnage d’Élisabeth.
La fin du Procès, chef-d'œuvre de Franz Kafka. Joseph K est améné à être exécuté. Il n'y a ni pleur ni cri, seulement des politesses et le souci de convenances. Qui donc est le véritable bourreau de K ?...
Les Misérables, c’est le juste titre donné à ce roman. Victor Hugo donne la parole et rend la dignité aux pauvres gens qui vivent dans la privation et l'oppression de son époque. Nous pleurons pour leur malheur, leur courage et leur gentillesse. Merci, Mr Hugo!
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