Pas de politesse convenue chez Hélène Becquelin. Élevée un crayon à la main dans le Valais conservateur des années 1970, aux côtés notamment de son frère, le regretté Mix & Remix, l'autrice et illustratrice suisse a trouvé son salut grâce au punk rock des Clash. De cette découverte fondatrice, elle a conservé une ligne de conduite indéboulonnable, un refus viscéral du formatage et une authenticité quʹelle insuffle dans toute son œuvre. Formée à l'ECAL, alors École des beaux-arts de Lausanne, elle dynamite le web en 2006 avec son blog " Angry Mum ". Elle y dépeint son quotidien de mère avec un franc-parler jubilatoire, loin des clichés lisses de la parentalité. Ce ton direct, piquant et profondément humain devient rapidement sa marque de fabrique. Largement autobiographique, son œuvre se présente comme une bande-son dessinée. Aujourdʹhui invitée dans les festivals du monde entier et récompensée par de nombreux prix, dont le Prix culturel vaudois 2025 de la Fondation vaudoise pour la culture, cette artiste " décalée ", un qualificatif auquel elle tient, se sent enfin pleinement intégrée dans un univers artistique où elle trouve sa place. Mais quʹon se le dise : le confort créatif, très peu pour elle. Se lancer des défis et continuer à progresser reste son moteur. On est punk rock " for ever " ou on ne lʹest pas !
Une série de Florence Grivel.
Hélène Becquelin jongle entre bande dessinée et graphisme jusquʹà la mort de son frère, Mix & Remix. Cʹest à ce moment-là quʹelle commence à considérer sérieusement la BD comme son principal moyen dʹexpression. À partir de là, tout sʹenchaîne très vite. Deux albums remontent le fil de lʹenfance, " Adieu les enfants 1 et 2 ", puis vient lʹadolescence avec " 1979 ", avant " Huitante ", consacré à lʹentrée dans lʹâge adulte. Ces histoires, à la fois intimes et universelles, résonnent bien au-delà de la Suisse. Présente dans des festivals de bande dessinée à Beyrouth et à La Havane grâce à Pro Helvetia, elle représente également la Suisse à Yaoundé et, plus récemment, à Montréal. Parallèlement, elle dessine les groupes dont elle apprécie les concerts, que ce soit au PALP Festival, au Romandie ou à Nox Orae. Le dessin continue. Le punk aussi. " Draw must go on " !