Tombé dans le chaudron de lʹart lyrique à lʹapproche de la trentaine, à Fribourg, après avoir exercé mille et un métiers, le metteur en scène dʹopéra Julien Chavaz trace un parcours singulier : du baroque à la création contemporaine, de lʹopérette soviétique aux chants de supporters. Chez lui, la musique passe par une direction dʹacteurs millimétrée, des formes visuelles fortes et un sens aigu du comique. Sa signature : un théâtre musical incarné, mû par une impulsion intacte depuis lʹenfance : faire rire. A la tête, depuis 2022, du Théâtre de Magdebourg, après être passé par le Nouvel Opéra Fribourg, la compagnie Opéra Louise et des grandes scènes internationales, il poursuit une démarche qui lui est chère : donner corps à la musique et faire émerger le sens de la partition dans le geste des interprètes.
Une série de Anya Leveillé.
Après l'aventure du Nouvel Opéra Fribourg, Julien Chavanne prend les rênes, en 2022, du théâtre de Magdebourg, en Allemagne : un véritable paquebot artistique, avec 440 employés et 30 productions par saison. Il y découvre un répertoire radicalement différent : opéras slaves, opérettes berlinoises de lʹentre-deux-guerres et comédies musicales. Pour autant, sa méthode reste inchangée : "En répétition, face à un chanteur, une chanteuse ou un chœur, je danse, je montre, j'ouvre mes bras, je me mets sur mes genoux. Je tente de donner une corporalité et une traduction physique à la musique". Ses aventures internationales l'emmènent également en Corée du Sud où il monte La Ville morte de Korngold puis Peter Grimes de Britten pour l'Opéra National de Corée. Parmi ses rêves : mettre en scène Le Nez de Chostakovitch ou Lulu de Berg, des œuvres où "l'opéra est au service de la folie, de la perte de raison et de sens. ".