Née en 1989 à Bienne, dans le Jura bernois, Phanee de Pool — de son vrai nom Fanny Diercksen — construit depuis près de dix ans un univers singulier, à la croisée de la chanson, du slam et du théâtre. Seule en scène avec un looper ou entourée dʹun orchestre, elle mêle textes ciselés, rythmes rapides et images fortes, dans un " slap ", un style quʹelle invente entre slam et rap, où la parole prend toute la place. Ancrés dans les situations du quotidien, ses textes mêlent fragments de vie et réflexions sur les failles, les contradictions et lʹabsurdité du monde. En une dizaine dʹannées, Phanee de Pool publie trois albums, crée des spectacles, réalise ses propres clips, développe son label et publie un livre. Au fil des projets, son univers sʹélargit, dans une trajectoire construite à sa manière, entre exigence, autonomie et goût du bricolage.
Une série d'Anya Leveillé.
En 2016, tout bascule. Une chanson enregistrée en quelques heures (" Luis Mariano ") est mise en ligne, et, du jour au lendemain, les écoutes explosent, les demandes des médias pleuvent et les programmateurs affluent. L'écriture s'installe, presque malgré elle, les idées débordent, et très vite, il faut apprendre à faire : jouer seule, monter un spectacle, maîtriser les outils. Le looper — une pédale permettant d'enregistrer des boucles sonores en temps réel — devient un allié, le bricolage une méthode. Avec l'aide de son père, qui quitte son emploi pour rejoindre l'aventure, Phanee de Pool enregistre son premier album, " Hologramme ", et crée, avec le journaliste Fred Vallet, un spectacle du même nom : un concert‑récit en solo, mêlant musique, théâtre et dispositifs bricolés à base dʹun vieux tapis, dʹun lampadaire et dʹune petite télévision. Rapidement, elle adopte un costume-signature : une veste de groom noire en velours à double boutonnage doré, qui deviendra son " logo " et qu'elle portera partout, de la Suisse à la Corée du Sud, des plateaux télé locaux à celui de Michel Drucker.