Née en 1989 à Bienne, dans le Jura bernois, Phanee de Pool — de son vrai nom Fanny Diercksen — construit depuis près de dix ans un univers singulier, à la croisée de la chanson, du slam et du théâtre. Seule en scène avec un looper ou entourée dʹun orchestre, elle mêle textes ciselés, rythmes rapides et images fortes, dans un " slap ", un style quʹelle invente entre slam et rap, où la parole prend toute la place. Ancrés dans les situations du quotidien, ses textes mêlent fragments de vie et réflexions sur les failles, les contradictions et lʹabsurdité du monde. En une dizaine dʹannées, Phanee de Pool publie trois albums, crée des spectacles, réalise ses propres clips, développe son label et publie un livre. Au fil des projets, son univers sʹélargit, dans une trajectoire construite à sa manière, entre exigence, autonomie et goût du bricolage.
Une série d'Anya Leveillé.
Au début des années 2000, les Spice Girls et les 2Be3 dans une oreille, Ella Fitzgerald dans lʹautre, Phanee de Pool grandit entre plusieurs mondes. Faute de savoir quoi faire, elle entre dans une école de commerce, où sa principale activité consiste à faire rire les gens. La guitare nʹest jamais loin. Elle envisage une formation professionnelle de musicienne, mais se heurte rapidement à la théorie, aux gammes et à une discipline qui ne lui ressemble pas. Elle arrête les cours, tente sa chance à la Nouvelle Star et fonde un premier groupe, le Fanny Diercksen trio. Sur le papier, tout est là : trois musiciens expérimentés, des concerts, de lʹénergie. En réalité, le projet ne tient pas. Les cachets ne suffisent pas ; elle donne son salaire, complète quand il faut, et ne gagne rien. Sans agent ni soutien, elle porte tout : dates, contrats, organisation. Très vite, elle comprend que vivre de la musique, dans ces conditions, nʹest pas viable.