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Or


Qu’est-ce qu’une écriture engagée ?
Les écrivain(e)s actuel.les affrontent cette question de façon plus brûlante qu’auparavant. Non seulement parce que la presse les encourage à prendre position dans les débats de société. Mais aussi parce que la figure de l’écrivain.e engagée, tombée en disgrâce après les années 1970, reprend ses lettres de noblesse ces jours-ci. Il ne s’agit pas seulement d’intervenir dans les débats, mais aussi de chercher des formes littéraires qui remettent en question l’ordre établi et aident à envisager le monde d’après. Qu’en pensent les écrivain(e)s qui animent des ateliers à l’Ecole Les Mots ? S’agit-ils, selon eux.elles, d’injonctions à s’engager ? Se sentent-ils écrivain(e)s ? Ou y perçoivent-ils une urgence incontournable face aux grandes questions que notre société traverse ?
Dans cet épisode, nous posons la question à Louise Browaeys, Belinda Cannone, Emmanuelle Favier, Grégory Le Floch, Denis Michelis. Cinq écrivain(e)s que nous avons choisi(e)s parce que leurs œuvres nous inspirent un lien fort à la notion d’engagement - parfois, et c’est ce que révèle cet épisode, à leur corps défendant !
Ecrivain(e)s qui interviennent dans cet épisode :
Louise Browaeys, autrice de trois romans : La Dislocation, en 2020 (HarperCollins), Fais Battre ton tambour, en 2022, (HarperCollins) et La Reverdie en 2023 aux Editions de La Mer Salée.
Belinda Cannone, romancière et essayiste. Ses livres les plus récents sont des essais : “Le Nouveau Nom de l'amour”, Stock, 2020, Petit éloge de l'embrassement, Gallimard, coll. « Folio 2 euros », 2021 et un recueil de nouvelles “Le vis-à-vis, nouvelles érotiques”, éd. La Pionnière, 2023
Emmanuelle Favier, romancière, poétesse, dramaturge et nouvelliste. Elle est autrice de trois romans parus chez Albin Michel “Le Courage qu'il faut aux rivières” (2017), puis “Le Livre de Rose”, paru en 2023 aux éditions Les Pérégrines. Elle vient de faire paraître aussi sa traduction de “La Mégère apprivoisée” de Shakespeare, aux Belles Lettres.
Grégory Le Floch, auteur de quatre romans : “Dans la forêt du hameau de Hardt” (Éditions de l'Ogre) paraît en 2019, “De parcourir le monde et d’y rôder chez Christian Bourgois, roman qui remporte les Prix Décembre, Wepler et Transfuge Découverte. “Gloria, Gloria”, Christian Bourgois Éditeur, 2023. Et “Éloge de la plage” aux éditions Rivages. Il gagne aussi en 2023 le prix Sade pour son roman Gloria, Gloria.
Denis Michelis, auteur de “La chance que tu as” chez Stock en 2014, “Le Bon Fils” (2016), “État d'Ivresse” (2019) et “Encore une Journée Divine” (2021) en cours d’adaptation au théâtre. En janvier 2024, il publie “Amour Fou” chez Noir sur blanc.
Crédits :
Création et réalisation : Lauren Malka. Montage : Lauren Malka Mixage : avec la collaboration de Thomas Aguettaz Musique : “Machine à écrire” Paroles : Louise Pressager / Musique Ferdinand Identité graphique : Nina Jovanovic. Direction générale : Elise Nebout.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Romancière et autrice de fictions radio sur France Culture, Sophie Lemp tient en équilibre sur un fil littéraire, nostalgique et cadencé sur lequel elle nous entraîne depuis son tout premier roman, “Le Fil” (Editions de Fallois, 2015) - un livre construit à partir de sa correspondance réelle avec sa grand-mère. En 2023, elle achève deux projets très personnels et cruciaux pour elle : d’un côté l’écriture d’une fiction audio sur l’un des cinéastes-bonnes fées qui s’est penché sur son berceau d’écrivaine, Jacques Demy - dans ce podcast, elle cite d’ailleurs d’autres cinéastes, écrivain.es, musicien.nes ont participé à sa vocation : Barbara, Claude Sautet, mais surtout Annie Ernaux avec qui elle entretient une forme d’amitié littéraire unique et précieuse. Et en parallèle, elle publie l’un de ses romans les plus intimes “La Fille que tu étais” (Herodios Editions, 2023) sur les amitiés quasi-amoureuses, passionnées et douloureuses de l’adolescence. Dans cet épisode, elle parle de la place que cette période occupe dans ses pensées, dans ses carnets et sous sa plume. Lorsqu’elle écrit, nous explique-t-elle, c’est dans le corps de la fille qu’elle était à l'époque qu’elle replonge immanquablement, sans le décider. On la suivrait jusqu’au bout de son île, à pas feutré, en suivant le fil de sa plume délicate, mi-triste mi-entraînante, sans hésiter.
En 2024, Sophie Lemp projette de travailler les voix d’Annie Ernaux sous la forme d’une création audio et de poursuivre ses ateliers d’écriture à l’Ecole Les Mots : “Trouver sa voix” et “Ecrire la vie”.
Extrait lu dans l’épisode
“Le Fil” de Sophie Lemp (Editions De Fallois, 2015)
Autres oeuvres citées dans l’épisode
“La fille que tu étais” de Sophie Lemp (Editions Herodios Editions, 2023)
“Les miroirs de Suzanne” de Sophie Lemp (Allary Editions, 2019)
“Leur séparation” de Sophie Lemp (Allary Editions, 2019)
“Jacques Demy, éclats d’une vie” de Sophie Lemp sur France Culture (2023)
“Billie Hollyday night and day” de Sophie Lemp sur France Culture (2016)
“L’événement” d’Annie Ernaux adapté par Sophie Lemp sur France Culture (2011)
Crédits pour l’épisode 26
Création et réalisation : Lauren Malka. Montage : Lauren Malka Mixage : avec la collaboration d’Anne Astolfe Musique : “Machine à écrire” Paroles : Louise Pressager / Musique Ferdinand Identité graphique : Maison Dīcēs. Direction générale : Elise Nebout.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Pour Eric Faye, le “réel” est un tremplin à destination de son imagination ! Les rebonds l’emmènent vers des nouvelles, des romans, des récits de voyage, parfois des essais… Impossible de savoir à l’avance ce que lui réserve sa création. Ce qui est sûr, c’est qu’il danse avec elle depuis qu’il est un enfant.
Montage : Lauren Malka
Mixage : avec la collaboration d’Anne Astolfe
Musique : “Machine à écrire” Paroles : Louise Pressager / Musique Ferdinand
Identité graphique : Maison Dices.
Direction générale : Elise Nebout.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Dans cet épisode, un hors-série enregistré en public sous la forme d’une masterclass suivie d’exercices d’écriture à l’école Les Mots le 18 janvier 2023, Serge Joncour est interrogé sur son parcours depuis ses premiers écrits d'enfance jusqu'à son dernier roman.
À l'époque où il cherchait sa vocation, Serge Joncour a exercé tous les métiers possibles - maître-nageur, livreur de journaux, cuisinier, rédacteur-publicitaire.... Mais il n'a jamais réalisé son rêve ultime : devenir nageur de combat ! Le voici donc écrivain. Mais pourquoi cela ? Comment en est-il arrivé là ?
Dans cet épisode, un hors-série enregistré en public sous la forme d’une masterclass suivie d’exercices d’écriture à l’école Les Mots le 18 janvier 2023, Serge Joncour est interrogé sur son parcours depuis ses premiers écrits d'enfance jusqu'à son dernier roman, en passant par ses nombreux succès (prix Femina 2022, Landerneau, Interallié... adaptations au cinéma, traductions dans plus de quinze langues), ses doutes, ses renoncements, ses "pressentiments". Il lui arrive de répondre à certaines de ces questions. Mais la plupart du temps, il procède par digressions sinueuses, tours et détours oulipiens autour de la grande question qui le préoccupe ce soir-là : comment peut-il finir sa trilogie ? Sur quelle scène finale peut-il dire adieu aux personnages avec lesquels il vient de passer quatre ans de sa vie ?
Y est-il parvenu ? La réponse est en partie dans cet épisode et en partie dans son prochain roman, la suite de Nature humaine, Chaleur humaine, en librairie en septembre 2023 (Flammarion). On compte sur vous pour ne pas manquer ces deux rendez-vous !
Crédits pour l’épisode 24
Création et réalisation : Lauren Malka
Montage : Lauren Malka
Mixage : avec la collaboration d’Anne Astolfe
Musique : “Machine à écrire”
Paroles : Louise Pressager / Musique Ferdinand
Identité graphique : Nina Jovanovic
Direction générale : Elise Nebout
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Poétesse d’expression française, essayiste, romancière, traductrice née au Japon et installée en France depuis 25 ans, Ryoko Sekiguchi parle d'écriture comme d'un nouveau met qu'elle s'apprête à déguster. Le plaisir et la légèreté semblent à chaque fois se renouveler. Pendant son enfance, elle considérait qu’elle ne parviendrait jamais à écrire car elle ne se sentait pas capable d’ « inventer d'histoires ». Elle imaginait un lapin mais le laissait aussitôt de côté car elle ne savait pas où l’emmener. Alors pour assouvir sa soif littéraire (et retrouver tous ces lapins abandonnés !), elle pensait devenir bibliothécaire.
A 16 ans, Ryoko Sekiguchi découvre que l’on peut inventer des mondes sans forcément commencer par "il était une fois". La voilà donc poétesse et très vite primée par un jury de poésie pourtant peu ouvert d’esprit avec les femmes de lettres.
Autrice d'une vingtaine de livres en français et en japonais, elle a aujourd'hui imposé sa voix comme la poétesse et écrivaine de langue française la plus reconnue pour écrire, sublimer et penser les langues, les cuisines et les parfums du monde ! Ses thèmes de prédilection sont la gastronomie, la poésie, les voyages, les mots et les êtres. Son dernier livre, 961 heures à Beyrouth et 321 plats qui les accompagnent vient de paraître chez Folio.
Dans cet épisode, un hors-série enregistré en public sous la forme d’une masterclasse suivie d’exercices d’écriture à l’école Les Mots le 22 septembre 2022, elle raconte son étonnant parcours, de Tokyo à Paris en passant par Beyrouth, son rapport aux langues qui lui donnent l’impression d’habiter d’autres corps que le sien, son rapport aux villes, aux odeurs, aux goûts mais surtout aux voix des êtres (et parfois des choses) avec lesquelles elle tisse ce qu’on appelle en japonais le “kikigaki”, une littérature de l’écoute (un terme intraduisible en français). La conversation si joueuse, parfois fantasque et profonde sur son rapport à l'écriture a été suivie d’exercices créatifs auxquels les personnes présentes ont pu se prêter.
Livres cités pendant l’épisode
Cassiopée Péca, 1993
Calque, P.O.L, 2001.
Ce n'est pas un hasard, Chronique japonaise, P.O.L., 2011.
L'Astringent, éditions Argol, coll. Vivres, 2012.
Manger fantôme, Argol, coll. Vivres, 2012.
Le Club des gourmets et autres cuisines japonaises, P.O.L, 2013.
Fade, Les ateliers d'Argol, coll. Paradoxes, 2016.
Nagori, la nostalgie de la saison qui s'en va, P.O.L, 2018.
961 heures à Beyrouth (et 321 plats qui les accompagnent), P.O.L., 2021
Crédits pour l’épisode 23
Création et réalisation : Lauren Malka.
Montage : Lauren Malka
Musique : “Machine à écrire” Paroles : Louise Pressager / Musique Ferdinand
Identité graphique : Nina Jovanovic.
Direction générale : Elise Nebout.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Elle est entrée par ici, elle ressortira par là ! En un mot, elle est imprévisible. Autrice jeunesse multi-primée en France et au Royaume-Uni, poétesse, Clémentine Beauvais est aussi enseignante-chercheuse à l’université de York (Grande-Bretagne), brillante essayiste et traductrice de grandes écrivaines anglophones comme Sarah Crossnan, Christina Rossetti, Audre, Lordre, Maya Angelou et … J. K. Rowling ! Cling ! Mais quelle tour de magie nous réserve-t-elle encore ?
Publiée pour la première fois à 21 ans, Clémentine Beauvais a trouvé le temps très long avant cette première parution. Et pour cause. Ses manuscrits étaient prêts depuis très longtemps. Dans cet épisode, elle raconte les premiers romans qu’elle a adressés aux maisons d’édition, à seulement 9 ans, accompagnés de lettres rédigées à la main : “Cher éditeur, voici mon premier livre, il est super !”. Elle revient sur les premiers retours d’éditeur.rice.s, les rencontres qui ont fait évoluer son rapport à l’écriture, à la noirceur, à la satire, à la légèreté et à la poésie. Et elle nous parle de sa conception de la littérature jeunesse et de l’incompréhension si fréquente dont celle-ci fait l’objet.
A l’école Les Mots, Clémentine Beauvais anime régulièrement un atelier d’écriture à distance sur le thème “Ecrire l’enfance”, un sujet qui la passionne et sur lequel elle s’est, comme elle dit, "trituré la cervelle” depuis très longtemps.
En novembre 2022, elle enfilera sa casquette de chercheuse pour publier “Ecrire comme une abeille” chez Gallimard, un essai documenté, impressionnant d’érudition, qui se déguste comme un bonbon d’intelligence, pour s’interroger, entre autres, sur le rôle des parents dans le vaste monde imaginaire que créent les enfants.
Extrait lu dans l’épisode :
“Décomposée” de Clémentine Beauvais (L’iconopop)
Crédits pour l’épisode 22 :
Création et réalisation : Lauren Malka.
Montage : Noémie Sudre
Musique : “Machine à écrire”
Paroles : Louise Pressager / Musique Ferdinand
Identité graphique : Nina Jovanovic.
Direction générale : Elise Nebout.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Dans cet épisode, Emmanuelle Bayamack-Tam revient sur ses “lectures omnivores”, ses premiers travaux d’écriture qui ne se réduisaient pas aux journaux intimes d’adolescente mais constituaient déjà de vraies fictions. Elle raconte sa rencontre avec le grand éditeur Jérôme Lindon...
Emmanuelle Bayamack-Tam ressemble à un personnage de fiction. On l’imagine bien, en forçant à peine le trait, jouer son propre rôle au cinéma : celui d'une écrivaine reconnue, aussi altière et tranchante que sa plume, sur laquelle des étudiant.e.s pourraient se pencher pour rédiger leurs travaux universitaires. Elle expliquerait aux un.e.s et aux autres, comme dans ce podcast, la façon dont elle fait vivre ses personnages mutants et travaille ses obsessions romanesques depuis l’enfance.
Autrice de 12 romans sous son nom et de 4 autres signés du pseudonyme Rebecca Ligheri, Emmanuelle Bayamack-Tam construit une œuvre exigeante et extravagante, qui transgresse les codes, et ne craint jamais de déranger le lecteur, voire de le transformer. L’un de ses derniers romans, “Arcadie” (POL), met en scène une adolescente de 14 ans, Farah, qui grandit dans une communauté libertaire au sein d’un lieu situé en zone blanche, nommé “Liberty house” et se lance dans une enquête très personnelle sur son identité sexuelle. On retrouve dans ce livre ce qui fait la singularité d’Emmanuelle Bayamack-Tam. Une audace subversive, un mélange d’érudition et d’humour familier et surtout une façon unique de questionner le corps, le genre, la monstruosité et la normalité.
Dans cet épisode, l’écrivaine revient sur ses “lectures omnivores”, ses premiers travaux d’écriture qui ne se réduisaient pas aux journaux intimes d’adolescente mais constituaient déjà de vraies fictions. Elle raconte sa rencontre avec le grand éditeur Jérôme Lindon, à 17 ans, dans des circonstances terriblement intimidantes. Nous ouvre les coulisses de sa création, en décrivant précisément ses systèmes de brouillon et son rapport, de plus en plus assumé à deux piliers essentiels de sa liberté d’écriture : d’une part le pseudonyme et d’autre part, l’emprunt.
En juin 2021, Emmanuelle Bayamack-Tam avait animé à l’école Les Mots une masterclass en tandem avec le jeune romancier Hugo Lindenberg sur le thème “faire vivre ses personnages”. Elle en a tiré une autre masterclasse sur le même thème que vous pouvez visionner en replay à tout moment. https://lesmots.co/atelier/masterclass-faire-vivre-ses-personnages-avec-emmanuelle-bayamack-tam
Extrait lu dans l’épisode
“Arcadie” d’Emmanuelle Bayamack-Tam (POL) Page 14
Crédits pour l’épisode 21
Création et réalisation : Lauren Malka. Montage : Noémie Sudre Musique : “Machine à écrire” Paroles : Louise Pressager / Musique Ferdinand Identité graphique : Nina Jovanovic. Direction générale : Elise Nebout.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Dans l'épisode 20 d'Assez parlé, Agnès Martin-Lugand raconte le rythme de ses journées d’écriture entre le mois de septembre de chaque année et les vacances d’été. Elle se confie également sur la manière dont ses personnages s’installent progressivement dans son esprit, dans sa vie jusqu’à se déployer et exister presque réellement comme des membres de la famille à part entière !
Comment fait-elle ? C’est la question qui revient le plus souvent dans les articles de presse concernant Agnès Martin-Lugand. A-t-elle une recette d’écriture qui assure le succès ? Romancière préférée des Français depuis bientôt dix ans, Agnès Martin-Lugand n’a qu’une réponse à cette question : elle ne veut rien savoir aux mystères de la fiction. Elle écrit les yeux fermés, en ne sachant rien de ce que lui réservent ses personnages dont elle découvre toute l’histoire en l’écrivant.
Dans cet épisode, Agnès Martin-Lugand revient en détails sur l’écriture de “La Datcha” (Michel Lafon), son neuvième roman écrit pendant le confinement et paru en mars 2021. Écrivaine aussi imprévisible que disciplinée, elle raconte le rythme de ses journées d’écriture entre le mois de septembre de chaque année et les vacances d’été. Elle explique de quelle façon ses personnages s’installent progressivement dans son esprit, dans sa vie jusqu’à se déployer et exister presque réellement comme des membres de la famille à part entière dont elle discute avec son mari ! Ancienne psychologue clinicienne, elle nous raconte aussi la façon très singulière (et psychanalytique) dont elle fait advenir la parole de ses personnages, parfois en les questionnant, en les bousculant et parfois en cherchant simplement la musique qui leur correspond.
En avril 2021, Agnès Martin Lugand avait animé à l’école Les Mots une masterclass sur le thème “Ecrire en musique” avec la journaliste et écrivaine Adeline Fleury. Elle avait évoqué la place de la musique dans sa quête d’inspiration mais était aussi revenue sur sa propre expérience des ateliers d’écriture au moment de se lancer dans son premier manuscrit. Pour apprendre avec elle et d’autres écrivain.e.s à se lancer, à écouter et à faire advenir l’imprévisible fiction, écoutez les précieux conseils d’Agnès Martin-Lugand dans ce podcast et surveillez les masterclass de l’école Les Mots. Vous n'êtes pas au bout de vos surprises !
Extrait lu dans l’épisode:
“La Datcha” d’Agnès Martin-Lugand (Michel Lafon) Page 33
Crédits pour l’épisode 20:
Création et réalisation : Lauren Malka.
Musique : “Machine à écrire” Paroles : Louise Pressager / Musique Ferdinand
Identité graphique : Nina Jovanovic.
Direction générale : Elise Nebout.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Pour la saison 2 d’Assez parlé, nous avons ouvert nos discussions sur l’écriture non plus seulement aux écrivain.e.s mais aussi aux éditeur.rice.s. Une façon de vous encourager encore et toujours à écrire et pourquoi pas à aller au bout de vos manuscrits en connaissant de mieux en mieux les personnes qui pourraient un jour vous dire “oui” !
Lola Nicolle est éditrice. En janvier 2021, elle a lancé, avec l’éditrice Sandrine Thévenet, une nouvelle collection de littérature française très attendue dans le milieu, Les Avrils, aux éditions Delcourt. Croisant récits littéraires et romans, cette collection s’est distinguée dès son lancement en publiant d’emblée deux premiers romans ("Les grandes occasions" d'Alexandra Matine et "Le premier homme du monde" de Raphaël Alix), un choix audacieux au milieu d’une rentrée pour le moins morose. En mai 2021, Les Avrils ont publié le premier roman d’Isabelle Boissard, “La fille que ma mère imaginait” qui a la particularité d’avoir été écrit en partie dans l’enceinte de l’école Les Mots ce qui nous a évidemment comblé de joie ! Désormais partenaires de l’école, Lola Nicolle et Sandrine Thevenet reçoivent régulièrement des manuscrits coups de cœur envoyés par notre comité de lecture à leur attention.
Dans cet épisode, Lola Nicolle raconte comment elle, qui n'aimait pas l'école et se sentait inadaptée dans le monde où elle vivait, est devenue éditrice. Elle se rappelle comment la littérature et le théâtre sont devenus ce qu'elle appelle des “safe space”, lieux de sécurité qui lui ont sauvé la vie. Elle revient, avec émotion, sur tous les moments de son parcours, les embûches scolaires, les révélations, les découvertes, les premières expériences professionnelles, les grandes rencontres... Ecrivaine et poète, Lola Nicolle se retrouve, à moins de trente ans et au tout début d'un parcours déjà étonnant, autrice d’un recueil de poésie ("Oiseaux de passage" aux éditions Blancs Volants), d’un roman ("Après la fête" aux Escales) - bientôt deux ! - et co-directrice d'une collection littéraire enthousiasmante.
En août 2021, les éditions Les Avrils se concentrent sur un premier roman “Les Garçons de la cité-jardin” signé Dan Nisand. Ce que cherchent les deux éditrices, Lola Nicolle et Sandrine Thevenet, aujourd’hui ? Trois ingrédients de départ : un style, une histoire, un propos. Mais surtout des surprises, des enthousiasmes et des écrivains "en travail". Alors vos carnets, à vos claviers, écrivez (pour le plaisir avant tout) et si vous êtes prêt.e.s, envoyez vos manuscrits à l’école Les Mots qui, entourée de ses éditeur.rice.s partenaires, fera tout son possible pour les faire fleurir.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Geneviève Brisac révèle les blessures de son enfance, la difficulté de “montrer” ce qu’elle écrivait. Elle rend hommage à toutes les écrivaines qui l’ont entourée, accompagnée - Virginia Woolf, Marina Tsvetaïeva, Flannery O'Connor - qui l’ont aidée à chercher une “phrase souple, drôle, mélancolique” dans laquelle elle se sentait elle-même.
Écrivaine, essayiste, autrice de plus de trente récits personnels (dont "Week-end de chasse à la mer"), essais féministes éclairants, livres pour enfants, Geneviève Brisac a aussi été critique littéraire au Monde pendant plus de vingt ans, autrice de fictions sonores à France Culture et éditrice chez Gallimard. Normalienne et agrégée de lettres, diplômée de philosophie, cette ancienne enseignante revient dans plusieurs livres son enfance, ses origines arméniennes, la difficulté de son rapport à sa mère (“Chagrin d’aimer”), ses combats et engagements en faveur des vulnérables (“J’attends de voir passer un pingouin”) et des femmes écrivaines à qui elle doit beaucoup (“Sisyphe est une femme”).
Dans cet épisode, l’écrivaine et éditrice à la carrière exceptionnelle révèle les blessures de son enfance, à l’époque où elle vivait dans l’ombre de sa mère écrivaine aussi et entourée de son “gang de soeurs”, la difficulté de “montrer” ce qu’elle écrivait. Elle rend hommage à toutes les écrivaines qui l’ont entourée, accompagnée - Virginia Woolf, Marina Tsvetaïeva, Flannery O'Connor - qui l’ont aidée à chercher une “phrase souple, drôle, mélancolique” dans laquelle elle se sentait elle-même. Elle raconte, avec une drôlerie épatante, les efforts et sacrifices qu’elle a dû faire pour attirer le seul regard qui comptait pour elle : celui de ses parents. Et la révolte intérieure qui lui a dicté un grand nombre de ses livres engagés . A la fin de l’épisode,elle nous lance un défi d’écriture qui promet de nous régaler (à tous les points de vue !).
En 2021, les éditions de l’Olivier rééditent une version poche de “Petite”, à l’occasion des trente ans de la maison d’édition. En 2019, Geneviève Brisac a publié “Sisyphe est une femme”, une version revue et augmentée du livre “La Marche du cavalier”, dans lequel elle cherchait à “remettre à l'honneur ces grandes écrivaines, nos aînées, celles à qui nous devons la force et le courage d'écrire ce que nous voyons”. A l’automne 2022, Geneviève Brisac publiera une lettre adressée à Virginia Woolf dans la collection “Les Affranchis” chez Robert Laffont.
Extrait lu dans l’épisode
“Sisyphe est une femme” de Geneviève Brisac (L’Olivier) Pages 10 à 12
Création et réalisation : Lauren Malka. Musique : “Machine à écrire” Paroles : Louise Pressager / Musique Ferdinand Identité graphique : Nina Jovanovic. Direction générale : Elise Nebout.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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