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Or


Mardi 10 décembre 2024, le chef de l'Etat a reçu les différents partis politiques à l'Elysée afin de prendre la température quant à la composition du futur gouvernement. Pourtant, deux partis manquaient à l'appel, la France insoumise et le Rassemblement national. Marine Le Pen, Présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale est l'invitée des 4 vérités du mercredi 11 décembre 2024 et revient sur l'actualité politique. La situation est elle entrain de se débloquer ? Un accord pourra-t-il être trouvé sur la composition d'un futur gouvernement ? Pour Marine Le Pen, ces réunions avaient pour seul but de trouver « comment rester sur le cheval » et non de « régler les problèmes des Français ». La présidente du RN s'estime heureuse de ne « pas avoir été invitée » « ne souhaitant pas du tout participer au gouvernement d'Emmanuel Macron ». Aurait elle décliné l'invitation ? C'est ce qu'elle déclare, réaffirmant qu'elle ne « souhaite pas participer à un gouvernement » car elle est « totalement en opposition avec la politique portée par le président de la République ».
En cette période de trouble, comment trouver des compromis pour que les choses avancent ? Les options évoquées afin d'y parvenir ont été la non utilisation du 49-3 et de la censure. Pour notre invitée, s'interdire d'utiliser des mécanismes prévus par la constitution est un « engagement ahurissant ». Elle qualifie ces déclarations de « contournement de la constitution, de rodéo » et fustige l'attitude des représentants de groupe dont l'important est de « rester sur la selle du cheval » à n'importe quel prix.
Marine Le Pen affirme que la situation n'est pas désespérée, « le Premier ministre nommé par le président de la République sait ce qu'il doit faire pour travailler dans des conditions correctes (...) parler avec l'ensemble des forces politiques ». Elle reproche en outre à Michel Barnier de ne pas avoir satisfait à cette condition et espère que le prochain ne fera pas le même écueil.
Marine Le Pen, pas de regret sur la censure ?
Interrogée au sujet de la censure votée en dépit des concessions effectuées par l’ancien Premier ministre, comme le déremboursement des médicaments, elle rétorque qu’elle a préféré « préserver les Français » d’un « budget toxique », « on a fait économiser aux Français 40 milliards d’impôts supplémentaires ». La situation actuelle ne va-t-elle pas entrainer, in fine, une hausse d’impôts pour les Français ? « Avant avril il y aura une nouvelle loi de finances » déclare la présidente du Rassemblement national qui réfute tout catastrophisme et accuse de « mentir » aux Français ceux qui affirment que Français paieront plus d’impôts.
A quelques heures de la nomination d’un nouveau Premier ministre, quel homme politique peut trouver grâce aux yeux du Rassemblement national ? Si Marine Le Pen refuse de répondre directement à la question, elle déclare « que ce n’est pas de (sa) responsabilité de nommer un Premier ministre » mais de celle du président de la République. Pour autant elle souhaite que les « 11 millions d’électeurs du Rassemblement national soient respectés » « à charge pour le président de la République de choisir un Premier ministre qui respecte cette condition qui est essentielle en démocratie ». Elle martèle que son groupe est le « premier groupe à l’Assemblée national » et qu’il faut respecter cette position.
Que penser de la volonté de l’exécutif de « ne plus être dans la main du RN » ? La présidente du Rassemblement national invite les responsables politiques et les commentateurs à la prudence dans leurs analyses. « Le problème de la classe politique française c’est sa déconnexion avec la réalité » affirme-t-elle.
Ce mardi 10 décembre se tiendra un nouveau rendez vous à l'Elysée pour tenter de trouver un compromis sur un gouvernement, tous les partis seront présents, sauf le RN et la France Insoumise. Manuel Bompard, député LFI des Bouches du Rhône, coordinateur national de la France Insoumise est l'invité des 4 vérités, mardi 10 décembre, il revient sur la situation politique actuelle et son refus de prendre part à ces discussions. En effet, il révèle qu'il avait été convié la veille et avait décliné l'invitation. Il appelle « tout le monde à la raison », pour lui il n'est pas possible de constituer un gouvernement commun avec des « partisans de la retraite à 60 ans, les partisans de l'abrogation de la retraite à 64 ans comme nous, et ceux qui l'ont mis en place ». Manuel Bompard déclare « qu'il faut respecter la démocratie, la démocratie c'est des projets politiques différents et donner l'impression qu'on peut mettre tout çà autour de la table et faire une sorte de gloubliboulga de gouvernement avec une politique qui conduirait à ce que les uns et les autres renient les engagements qu'ils ont pris devant les électeurs n'est pas sérieux ». Pour l'homme politique, ce n'est plus le moment de faire des compromis. « Pour faire un compromis il faut être deux » rappelle le député qui pointe du doigt le rejet des amendements proposés par son parti à Michel Barnier lors des débats sur le budget. Il rejette également la responsabilité de la situation actuelle sur le président de la République qui refuse de céder la place.
Négociations à l’Elysée, la mort du NFP ?
Quelle sera la position des alliés d’LFI au sein du NFP ? « J’espère qu’ils ne feront pas l’erreur de rentrer dans un gouvernement d’union nationale et par la même de détruire le nouveau front populaire ». Pour autant, les socialistes semblent plus ouverts à la discussion, à condition qu’un Premier ministre de Gauche soit nommé.
Si des ministres de gauche : écologistes, socialistes, communistes entrent au gouvernement ce sera la « fin du nouveau front populaire » et LFI combattra ce gouvernement. S’ils acceptent le principe de non-censure, dans tous les cas « le nouveau front populaire va continuer à vivre » même s’il n’est plus défendu que par la France Insoumise. Il ajoute que les Français ont bien compris ce qui se passe et « ils nous demandent de rester fidèles aux engagements que nous avons pris devant les électeurs ». Lundi 9 décembre 2024, Fabien Roussel a effectué un léger rétropédalage sur l’abrogation de la réforme des retraites. L’abrogation de cette réforme est elle toujours d’actualité ? Pas pour Manuel Bompard qui rappelle que « ce sujet c’est le sujet qui a été l’objet des plus grandes mobilisations populaires dans ce pays depuis 50 ans ». « Mon sentiment c’est qu’il ne peut pas être question de renoncer à l’abrogation de la réforme des retraites ». Il ajoute qu’une majorité des députés est favorable à son abrogation, malgré les déclarations ambiguës de certains à Gauche.
Sur la situation budgétaire suite à la démission du gouvernement, il souhaite que la loi spéciale qui sera votée contienne aussi « la ré indexation du barème de l’impôt sur le revenu ». Pour lui, les Français ne paieront pas plus d’impôts, il faut arrêter de faire croire le contraire.
Ce samedi 7 décembre, Roselyne Bachelot, ancienne ministre de la Culture, est revenue sur un chantier emblématique qu'elle a supervisé : la reconstruction de Notre-Dame de Paris, après l'incendie dévastateur du 15 avril 2019. Un projet titanesque qui a non seulement bouleversé le patrimoine français, mais a également mis en lumière la politique française à travers des tensions internes et des changements de gouvernement.
Roselyne Bachelot a exprimé sa fierté de voir le chantier se conclure dans les délais, avec une réouverture programmée pour le printemps 2025. "Ce fut un travail de titan, mais aussi un symbole de la résilience de la France", a-t-elle déclaré. Les travaux ont consisté à restaurer des éléments patrimoniaux précieux, comme la flèche de Viollet-le-Duc, tout en modernisant certaines infrastructures pour répondre aux normes contemporaines de sécurité. Elle a souligné que, bien que le processus ait été compliqué par des défis techniques et financiers, la coopération entre le gouvernement, les architectes, et les entreprises de restauration a permis d'atteindre un objectif commun. "Nous avons restauré un lieu de culte, mais aussi un lieu de mémoire et de rassemblement pour la nation."
Tensions politiques après la destitution du gouvernement Barnier
Toutefois, l’ancienne ministre a également évoqué les tensions politiques suite à la destitution du gouvernement Barnier. Cette décision a marqué un tournant dans la politique française, ravivant des débats sur la gestion de la crise sanitaire et la reconstruction du pays. Roselyne Bachelot n'a pas caché sa déception face aux conditions qui ont entouré cette période de turbulences gouvernementales. "Il y a eu des incompréhensions, des manœuvres politiques, mais l’important pour moi était de rester concentrée sur Notre-Dame", a-t-elle affirmé avec un certain détachement. Le gouvernement Barnier, dont la gestion du budget et son inflexibilité à l'égard des oppositions, a rapidement perdu la confiance de l'opinion publique.
Malgré ces tensions, Roselyne Bachelot a aussi appelé à la réconciliation et à l’unité nationale autour de la réouverture de Notre-Dame. "C’est un projet de l’âme de notre pays, il dépasse les clivages politiques", a-t-elle conclu. La réouverture de Notre-Dame, prévue pour 2025, est ainsi perçue comme un moment de convergence, un symbole fort de l'unité nationale après des années de division. Le chantier, qu'elle a piloté avec détermination, se transforme ainsi en un projet autant symbolique que politique, portant des espoirs de renouveau pour le pays.
Depuis l'annonce de la démission de Michel Barnier ce jeudi 5 décembre 2024, les langues se délient pour lui trouver un remplaçant. Ou une remplaçante ? Invitée sur le plateau des 4 vérités ce vendredi 6 décembre 2024, Anne Hidalgo se montre très ferme : elle n'a pas prévu de quitter son poste à la mairie de Paris avant la fin de son mandat pour s'établir à Matignon. Selon elle, le pays est en « crise politique et démocratique majeure », une crise qui n'est pas nouvelle et qui « couve depuis de nombreuses années. » Elle réfute le terme de « front anti-républicain » employé par le président de la République pour désigner les députés qui ont voté en faveur de la censure, et estime qu'il s'agit d'une « faillite collective » : « le Président a sa part de responsabilité, et tout le monde a sa part de responsabilité », explique la socialiste.
Se refusant à faire le procès de son parti politique dans le cadre de son union avec la France Insoumise, Anne Hidalgo estime qu'il « fallait une autre solution que la censure », mais que le budget préparé par Michel Barnier était aussi critiquable : « il n'y avait rien pour protéger les classes moyennes et les services publics », insiste notre invitée. L'heure est à présent à la discussion et au consensus pour la maire de Paris, qui invite les élus de gauche à « se mettre autour d'une table » pour chercher des sujets sur lesquels travailler avant la prochaine dissolution.
Elle salue également la décision d'Emmanuel Macron de ne pas quitter l'Élysée : « le pays est déjà dans une situation difficile, ce n'est pas la peine de précipiter le chaos », analyse l'ancienne candidate du PS à la présidentielle de 2022. Elle ajoute cependant qu'il est important d'écouter les citoyens : « je pense qu'il faut écouter nos concitoyens qui se sont exprimés massivement contre la réforme des retraites. » Selon elle, la priorité concerne la question du logement et des transports qui rassemblent et sont des sujets qui peuvent drastiquement améliorer le niveau de vie des Français.
Pas de troisième mandat à la mairie de Paris pour Anne Hidalgo
« Je suis maire de Paris et j'irai jusqu'au bout de mon mandat », martèle Anne Hidalgo sur le plateau de Télématin. Celle qui estime que le ou la remplaçante de Michel Barnier devrait être une « personnalité de centre gauche » explique sa volonté de ne pas renouveler pour un troisième mandat à la gouvernance de la capitale : « Je suis très attachée à la transmission, je crois que c'est le moment, nous avons prouvé et démontré, malgré toutes les critiques, que Paris est une ville attractive, belle, qui a montré sa compacité de transformation dans ce monde si compliqué. »
La femme politique franco-espagnole cite l'incendie de la cathédrale Notre-Dame, le Covid, l'organisation des Jeux olympiques et paralympiques comme des épreuves qui lui ont fait vivre « deux mandats à fond. » La maire entrevoit en Rémi Féraud un très bon remplaçant à son poste : « Il est le plus solide, il a une très belle expérience. Pour diriger une ville comme Paris pendant une période où il y a eu beaucoup de crises, il faut être solide et avoir un cap clair », précise-t-elle.
Sa carrière quant à elle ne s'arrêtera pas à l'Hôtel de ville de la Ville-Lumière. Anne Hidalgo détaille son envie de continuer à faire de la politique : « dans la crise démocratique que nous connaissons, il y a une nécessité de créer une grande force sociale démocratique, et je serai très appliquée aux questions environnementales », assure-t-elle. À la veille de la réouverture de Notre-Dame de Paris, ce samedi 7 décembre 2024, Anne Hidalgo rappelle l'importance de ce symbole : « c'est quelque chose de très fort, on a réussi à se rassembler, à avoir un cap, un objectif et je crois qu'on a fait la fierté du pays. »
Hier la censure a été votée dans une ambiance électrique, Michel Barnier déposera donc sa démission au président de la République ce jeudi 5 décembre 2024. Julien Arnaud reçoit Laurent Wauquiez, président du groupe Droite républicaine à l'Assemblée nationale et député de Haute Loire pour revenir sur ce moment historique. Comment a-t-il vécu ce moment ? Quelles conséquences aura cette censure ? "C'était un moment qui était grave", cette censure a des conséquences dans "la vie quotidienne des Français". Il cite pour exemple "l'impôt sur le revenu qui va augmenter", au niveau de la dette "la France est perçue comme moins crédible que la Grèce", on a créé une "gigantesque incertitude". Pour l'homme politique, "ceux qui ont voté la censure ont voté le désordre", il fustige en outre l'attitude des oppositions. Ce vote était "irresponsable" et "presque destructeur". Quant à Marine Le Pen, il l'accuse d'avoir "précipité le pays dans le chaos" suite à ses ennuis judiciaires. Il reproche également à la présidente du Rassemblement national et Jean-Luc Mélenchon d'avoir servi leurs intérêts politiques en vue de la prochaine présidentielle.
Une coalition de "non censure" avec ou sans LR ?
Le président de la République doit prendre la parole ce jeudi 5 décembre à 20h afin d'acter la démission du gouvernement et d'évoquer la suite des évènements. Que doit il dire aux Français ? Pour Laurent Wauquiez, le président a la "responsabilité de cette instabilité" maintenant son devoir c'est de "trouver des solutions" et "créer les conditions pour qu'on puisse avoir un gouvernement qui agisse". Au delà de la composition d'un nouveau gouvernement, il y a deux urgences : mettre en place une "loi de financement de nos organismes sociaux" et une "loi spéciale pour que l'Etat puisse percevoir les recettes pour faire fonctionner nos services publics" afin de protéger les Français. Certains députés à Gauche ont appelé à une "coalition de non censure" qui inclut les Républicains, quelle est la position de Laurent Wauquiez face à cette demande ? "Dans cette période d'instabilité et de chaos" "on ne sera pas dans le blocage et dans la stratégie du pire" déclare-t-il. Le député de Haute Loire affirme que s'il ne participera pas forcément à un nouveau gouvernement, il ne le censurera pas, il "ne fera pas ce qu'a fait Marine Le Pen". Pour l'homme politique la priorité aujourd'hui est de ne pas "gaspiller l'argent public" et "revaloriser ceux qui travaillent". Il appelle à "garder le social, enlever l'assistanat, revaloriser le travail" et "remettre de l'ordre".
Qui pourrait porter cet ensemble de mesures au sein d'un nouveau gouvernement ? Si Laurent Wauquiez ne souhaite pas citer ou exclure de nom, il déclare qu'il refusera "un programme qui ne correspond pas à ce qu'il pense dont le pays a besoin". Le président du groupe Droite républicaine à l'Assemblée nationale martèle que la seule façon "saine de fonctionner" pour son parti est "on ne bloquera pas".
Ce mercredi 4 décembre 2024 seront votées deux motions de censure à l'Assemblée nationale. Hier soir, le Premier ministre donnait une dernière interview afin de convaincre et d'alerter sur les conséquences qu'entrainerait la chute du gouvernement. Son allocution a-t-elle convaincu la classe politique ? Julien Arnaud reçoit Boris Vallaud, Président du groupe PS à l'Assemblée nationale et député des Landes pour en débattre. « Qu'a-t-il dit à la Gauche et aux Français qui puisse les rassurer ? (...) il n'a eu au fond de mots et d'attention qu'à l'endroit de l'extrême droite » déclare le Président du PS. Il déplore l'absence de gestes à l'égard de la Gauche par le Premier ministre et le refus de ce dernier « d'accuser réception des courriers que nous lui avons adressés ». La « méthode Barnier s'est révélée être une impasse » et il affirme être déterminé à voter la motion de censure. Les députés souhaitant faire chuter le gouvernement vont-ils assumer les conséquences de ce vote ? Pour Boris Vallaud, s'il ne devait pas y avoir de budget il y aura une loi spéciale qui sera votée, il n’y a pas de raison de s’inquiéter. L'affirmation selon laquelle « 8 millions de Français vont rentrer dans l'impôt sur le revenu » de Michel Barnier doit être démentie. Quant à la façon de combler le déficit, il rappelle que la Gauche a « proposé des recettes nouvelles » et que le budget de Michel Barnier provoquerait « une crise économique majeure ». Il réclame plus de « justice » au sein du budget, ce qui n'est pas le cas du projet proposé par le Premier ministre qui n'épargne pas ceux « qui n'ont que leur travail pour vivre, les classes populaires et moyennes ». Son parti souhaite mettre « plus et mieux à contribution les hauts revenus, les multinationales ». D’après lui, le projet du gouvernement est « récessif » et l'absence de vote dudit budget ne peut pas être pire.
Censure, RN/NFP, même combat ?
Le parti socialiste est-il en perte de repères ? Boris Vallaud répond que le seul à avoir perdu ses repères c'est Emmanuel Macron qui au moment de la dissolution disait « j'ai balancé une grenade dégoupillée ». Il renvoie la responsabilité de la situation actuelle sur le président de la République. Aujourd'hui, la motion de censure ne peut être votée qu'avec les voix du Rassemblement national, une « alliance tacite » surprenante. « Si le Rassemblement national vote cette motion de censure, il donne la possibilité d'un gouvernement de Gauche qui jamais ne négociera avec l'extrême droite » rétorque-t-il, balayant toute idée d'alliance. Pour le député, accepter les votes du RN pour leur motion ne pose pas de problème car « nous avons toujours dit que nous ne voterons pas les motions » proposées par groupe d’extrême droite. Il appelle à la formation d'un gouvernement de Gauche « aussi imparfait qu'il soit mais qui est prêt ». Qui pourrait diriger ce gouvernement ? S’il ne désire pas citer de nom, il affirme que le Premier ministre « devra être de Gauche » tout en ajoutant que son parti revendique « l'exercice du pouvoir » et se tient prêt à « faire des compromis ». Est-ce une façon d’évoquer la possibilité d’un accord avec le bloc central ? C’est en tout cas une hypothèse que n'exclut pas Boris Vallaud, bien qu’il déclare ne pas avoir pris contact avec Gabriel Attal pour le moment.
Après trois mois de débat sur l'élaboration du budget 2025 Michel Barnier a finalement déclenché l'article 49-3 ce lundi 2 décembre 2024. A la veille de la motion de censure, Julien Arnaud reçoit Antoine Armand, ministre de l'Économie, des Finances et de la souveraineté industrielle et numérique sur le plateau des 4 vérités. Le gouvernement Barnier vit-il ces dernières heures ? Les 577 députés auront le choix entre « l'opposition systématique » et la responsabilité en refusant de « plonger le pays dans l'incertitude et dans l'instabilité ». Pour Antoine Armand, malgré les déclarations des présidents de groupe affirmant vouloir voter la censure « il n'y a pas de fatalité ». La question n'est pas de savoir « si les présidents de groupe réagissent ou pas » mais que « les Français comprennent que le pays est face à un tournant ».
Interrogé au sujet des échanges entre le Premier ministre et Marine Le Pen, le ministre de l'Économie ne souhaite pas les commenter mais rappelle que le gouvernement de Michel Barnier « a été ouvert dès le premier jour à trouver des avancées qui contentaient l'ensemble des forces politiques représentées au Parlement ». Il interroge également l'intention réelle d'obtenir un compromis des partis d'opposition qu'il juge de « mauvaise foi ». Le gouvernement a-t-il fait preuve de naïveté ? « On parle de l'avenir économique du pays, ce n'est pas de la naïveté que d'essayer de trouver un compromis et d'avoir dans la situation exceptionnelle qu'on vit, un esprit de responsabilité qui consiste à se dire, oui, nous avons été au bout du dialogue » affirme-t-il avant d'ajouter que cette censure « met en danger le pays ».
En effet, si les taux d'intérêts ou l'impôt augmentent, ceux qui en paieront les conséquences ce sont les Français. Sur les négociations amorcées avec les autres groupes, il déclare que cela ne sert à rien d'effectuer des concessions supplémentaires car les « lignes rouges » changent en permanence. « Les oppositions jouent à dégrader le budget jusqu'à ce qu'il soit insoutenable » et la responsabilité du Premier ministre a été de juger s'il fallait aller plus loin ou non.
Possible censure, les conséquences sont déjà là...
En cas de vote effectif de la censure, quelles seraient les conséquences pour le pays ? Qui prendra la succession de Michel Barnier ? C'est un saut dans l'inconnu que va connaître la France mais il existe des « procédures qui permettent à un gouvernement si la censure était votée, de tenir ». Pour autant l'impact sera considérable affirme Antoine Armand qui explique « que les conséquences sont directes, immédiates et importantes ». Il cite pour exemple « 380 000 ménages qui ne payaient pas d'impôts qui en paieront », « des personnes qui vivent dans des situations de détresse importantes » et « l'incertitude économique et financière d'un pays qui est dépourvu de budget ». Il fustige la position des élus favorables à la censure, « cela montre que la seule manière qu'ils ont de se réunir c'est d'abîmer le pays, pénaliser les Français au nom d'une opposition systématique ».
Le moment politique est extrêmement tendu. Selon toute vraisemblance, le Premier ministre Michel Barnier, devrait avoir recours au 49.3 pour faire passer le budget 2025 de la Sécurité sociale à l’Assemblée nationale ce lundi 2 décembre 2024. Quitte à prendre le risque d’une motion de censure de la part des députés de l’opposition. Et cette fois-ci, elle pourrait bien être votée. Une chose est sûre : la semaine s’annonce cruciale. « La motion de censure existe dans la Constitution. Il y en a même déjà eu une en 1962. (…) Ne faisons pas comme si c’était je ne sais quel coup d’Etat », affirme le Président de la Cour des Comptes, Pierre Moscovici, invité des 4 Vérités, ce lundi 2 décembre 2024, sur France 2. « C’est aussi le moment de crise politique que nous vivons. La dissolution a accouché d’une chambre un peu introuvable sans majorité, avec des contradictions et sans volonté de construction collective. Et cela a des conséquences sur la non adoption du budget », affirme l’ancien ministre, estimant que « notre situation financière est dangereuse et préoccupante ». Il appelle ainsi à « réduire les déficits » et à « mettre le frein » pour se rapprocher de l’objectif fixé de 5% du déficit. « Il faut donner le signe que nous reprenons enfin le contrôle de nos finances publiques. Et c’est vrai qu’avec une motion de censure, on entre dans une phase plus incertaine. Et l’incertitude est toujours un peu préoccupante ».
Dans les colonnes du Figaro, Marine Le Pen estime de son côté que le « risque de shutdown à l’Américaine n’existe pas ». Le risque existe théoriquement mais la Constitution et les lois organiques sont assez bien faites », souligne Pierre Moscovici. « Il faudra assez vite avoir un projet de loi finances sinon cela risque d’être très ennuyeux pour la situation de la France », ajoute-t-il. Ce lundi 2 décembre 2024, Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA, syndicat agricole majoritaire, a tiré la sonnette d’alarme. « Il faut un budget », alerte l’ancien socialiste espérant éviter la motion de censure. « Depuis le début, ce gouvernement sait qu’il a besoin de la non-censure du Rassemblement national ».
Michel Barnier, fin négociateur ?
Dans cette situation, le rôle du Rassemblement national pourrait être crucial. Réputé comme un fin négociateur, Michel Barnier parviendra-t-il à composer ? « Michel Barnier est arrivé dans une situation très compliquée. Il a dû faire un budget en urgence. Il a tenté d’écouter et de négocier », affirme Pierre Moscovici, le qualifiant d’un « homme d’expérience qui manifeste un certain désintérêt ». Mais la seule limite sera le choix du RN.
Plus de deux ans après le début de la guerre en Ukraine, le monde est plongé dans une crise d’une ampleur inédite depuis des décennies. Ce conflit, marqué par des violences inouïes, des déplacements massifs de populations, et une escalade militaire inquiétante, menace de s’étendre bien au-delà des frontières ukrainiennes et de bouleverser l’ordre mondial.
L’Ukraine, autrefois un pays indépendant et souverain, est aujourd’hui le théâtre d’une guerre dévastatrice. Marioupol, Boutcha, Kherson : autant de noms qui résonnent désormais comme des symboles de souffrance et de résistance. La situation géopolitique est tout aussi préoccupante. Les tensions entre la Russie et les pays occidentaux, soutenant massivement l’Ukraine, ont atteint un niveau critique. Les livraisons d’armes sophistiquées, les sanctions économiques étouffantes, et la rhétorique belliqueuse des deux camps augmentent le risque d’un conflit global. Le spectre de l’utilisation d’armes nucléaires, brandi à plusieurs reprises par Moscou, plane comme une menace terrible sur l’humanité tout entière. Dans cette escalade de violence, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, semble prêt à des concessions pour aboutir enfin à un cessez-le-feu. Ce vendredi 29 novembre 2023, ce dernier s’est exprimé sur la chaîne Sky News pour porter un message empreint d’espoir. « C’est la voix de la raison. C’est une bonne chose et c’est bien la preuve que la guerre n’est pas le chemin possible. Une perspective de paix contrairement à ce que certains nous expliquaient parfois est une perspective possible pour l’Ukraine et pour la Russie » affirme Ian Brossat, sénateur de Paris et co-président du groupe communiste au Conseil de Paris. Si Volodymyr Zelensky pourrait consentir à céder une partie de son territoire à la Russie sous gouvernance de Vladimir Poutine, qu’en pensent les pays alliés ? « Je souhaiterai que ça inspire d’autres dirigeants. Quand on voit le carnage qu’il y a en ce moment à Gaza, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on aimerait qu’un cessez-le-feu soit possible là bas aussi » tempère le porte-parole du PCF.
Michel Barnier : le PCF voit rouge
Sur ce terrain glissant de compromis, Michel Barnier tente lui aussi d’adopter cette posture consensuelle pour sauver son gouvernement. En effet, la grogne des agriculteurs marque la première grande crise du gouvernement Barnier. Les réformes ambitieuses proposées par l’exécutif, visant à restructurer les subventions et à promouvoir une transition écologique dans le secteur auxquelles s’ajoutent les accords du Mercosur, ont été perçues par de nombreux agriculteurs comme une attaque directe contre leurs revenus et leur mode de vie. Des milliers d’exploitants, déjà fragilisés par des années de crises économiques et climatiques, sont descendus dans la rue pour protester. Barrages routiers, tracteurs bloquant les centres-villes et manifestations bruyantes ont rapidement placé le gouvernement sous pression. Le dialogue semblait rompu, et la colère des campagnes se heurtait à l’inflexibilité affichée par le Premier ministre Barnier, soucieux de maintenir son programme de réformes.
Face à cette fronde, l’opposition et une partie de sa propre majorité ont critiqué sa gestion jugée rigide et déconnectée des réalités rurales. De quoi agiter l’opposition sur les bancs de l’Assemblée nationale. De leur côté, le PCF appelle à voter dans les semaines à venir, une motion de censure pour faire tomber le gouvernement Barnier. « Le Premier ministre écoute pour l’essentiel les propositions du Rassemblement National (cf, la baisse de la taxe sur l’électricité). Ce budget est un mauvais budget. Il y aura 4000 suppressions de postes d’enseignants, il y aura l’augmentation du prix des consultations médicales et des médicaments. Au final, ça n’est pas un bon budget pour les classes populaires et moyennes, pour tous ceux qui travaillent. Il faut censurer ce gouvernement pour tourner la page
L’ambiance est explosive à l’Assemblée nationale avec la menace d’une censure du gouvernement de la part du Nouveau Front populaire, qui sera peut-être soutenu par les députés du Rassemblement national. Alors que la chute du gouvernement Barnier semble inéluctable, les députés de la majorité se sont montrés très agressifs, prêts à en venir aux mains. Des images « déplorables et affligeantes » pour la porte-parole du gouvernement, invitée sur le plateau des 4 vérités ce vendredi 29 novembre 2024. Maud Bregeon estime que les images de l’hémicycle diffusées dans l’émission font « beaucoup de mal aux politiques, à l’image [qu’ils renvoient] ». « Au-delà des individualités, c’est l’image que nous renvoyons collectivement qui nous affaiblit », ajoute-t-elle.
Des tensions entre les députés qui se sont augmentées depuis le refus de la majorité d’acter l’abrogation de la réforme des retraites proposée par la France Insoumise lors de leur niche parlementaire, ce jeudi 28 novembre 2024. Pour notre invité, « penser prétendre que l’on puisse revenir sur un sujet aussi crucial pour l'économie française et pour le système de retraites par répartition en quelques heures de débat, c’est mentir aux Français. » Face à Jeff Wittenberg, elle insiste sur la nécessité pour les députés de défendre leurs positions par des amendements, et que le débat est vital pour une démocratie. Néanmoins, le sujet de la proposition de loi des Insoumis de revenir à un départ à la retraite à 64 ans ne fait pas partie des causes à discuter pour Maud Bregeon : « Cette réforme des retraites, on ne l’a pas fait par plaisir, mais parce que c’était nécessaire. Le Premier ministre a proposé d’améliorer cette réforme en lien avec les partenaires sociaux, ce qui nécessite du dialogue, plus que du débat. »
Un gouvernement aux ordres du RN ?
La représentante du gouvernement a tenu à répondre aux menaces de censure brandies par le Rassemblement national, qui donne au gouvernement un délai jusqu’au lundi 2 décembre 2024 pour faire plus de concessions. Alors que Michel Barnier a toujours défendu son envie de faire des compromis, il a choisi de renoncer à une hausse de la taxe sur l’électricité, qui faisait partie des lignes rouges de l’extrême droite. « Pour trouver des compromis, il faut être deux », rétorque Maud Bregeon, évoquant les risques encourus si la France finit l’année sans budget. « Nous serons à 7% de déficit l’année prochaine si on ne fait rien. Ceux qui censureraient le gouvernement et ne permettraient pas à la France de finir l’année avec un budget, affaibliraient considérablement notre pays et en porteraient la responsabilité », annonce notre invitée.
Marine Le Pen et Jordan Bardella font pourtant pression sur la coalition de centre-droit pour réformer l’Aide Médicale d’État (AME). Une demande de plus du Rassemblement national à laquelle le gouvernement pourrait bien céder : « C’est une porte qui avait été ouverte par le gouvernement », défend sa porte-parole. Celle qui s’est dite favorable à une révision du panier de soin de l’AME explique : « Il est normal qu’on réduise les dépense de l’AME, et la meilleure façon structurelle de réduire l’AME est de réduire l’immigration clandestine en France. »
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