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Or


C'est un tableau apocalyptique qui a été dépeint par le Premier ministre, ce mardi 26 novembre 2024. En effet, Michel Barnier a évoqué une possible « tempête financière » en cas de censure. La France est-elle au bord du précipice ? Éric Ciotti, président de l'Union des droites pour la République, député des Alpes-Maritimes est l'invité des 4 vérités ce mercredi 27 novembre 2024, il revient sur la situation économique et politique du pays. Pour notre invité, cet inquiétant tableau est bien réel, mais si la France se trouve au bord du précipice c'est parce que ceux qui gouvernent « depuis 7 ans, les macronistes, l'ont mis dans cette situation. Monsieur Macron c'est 1000 milliards d'euros de dette ». Il ajoute que c'est depuis la dissolution qu'on a découvert « la gravité de la situation, qui a été dissimulée ». Éric Ciotti sera d'ailleurs rapporteur d'une commission d'enquête pour « rechercher les causes qui ont conduit à ces dérapages ».
Comment le député des Alpes-Maritimes a-t-il reçu l'appel du Premier ministre ? « Je n'ai pas compris qu'il gouverne avec ceux qui nous ont mis dans cette situation » déclare-t-il. Quels sont les points d'ententes qui peuvent être trouvés afin que ce budget soit voté ? « Dans ce budget il y a quarante milliards d'euros d'impôts en plus, çà ce n'est pas supportable », si Éric Ciotti reconnaît qu'il faut faire des économies, le problème c'est qu'à ce jour « l'État ne fait pas d'économies ». « Si l'État ne fait pas ces économies et s'il fait peser l'effort uniquement sur ceux qui travaillent » l'homme politique se dit prêt à voter la censure. Il affirme être choqué par certaines mesures évoquées comme la réduction du remboursement de certains médicaments alors que le gouvernement refuse de supprimer l'AME pour les clandestins.
« On veut revoir la copie globalement, moins d'impôts », à ce stade des discussions Éric Ciotti affirme qu'il votera la censure. Il ajoute que ce budget « est mauvais pour le pays » et « va conduire à la récession ». Il accuse le gouvernement de faire peser toujours plus d’impôts sur les entreprises alors que « le meilleur pour le pays, c’est aider les entrepreneurs ». Malgré ces désaccords Éric Ciotti se dit « ouvert à la discussion ». Pour notre invité, si le budget 2025 n’est pas adopté « on reprend celui de 2024 » « c’est celui où il y aurait le plus d’économies » et « on aurait pas d’augmentation d’impôts ».
Censure, la politique du pire ?
La censure du gouvernement ne pourrait-elle pas mener à la présence d’un nouveau gouvernement de Gauche ? « C’est un fantasme, il ne peut pas y avoir de gouvernement Nouveau Front Populaire » rétorque Éric Ciotti. Il appelle « ses anciens amis » qu’il a quitté « car ils se sont alliés avec Monsieur Macron » à conduire une vraie politique de droite. Plutôt que de voter la censure, pourquoi ne pas aller chercher des « victoires politiques » comme le fait Laurent Wauquiez ? « Nous avons fait des propositions, des contre budgets ont été présentés » rétorque notre invité mais il faut que Michel Barnier « accepte cette discussion et fasse des avancées » avec « l’intergroupe RN-UDR ».
Alors que la campagne pour les municipales semble déjà lancée, que penser du bilan de l'actuel maire de Nice ? Éric Ciotti répond que le bilan de Christian Estrosi ne rencontre pas l’adhésion des Niçois car il a « augmenté les impôts de 25% ». Il ajoute que son rival « comme Monsieur Macron, il a conduit notre ville en quasi faillite ». Éric Ciotti sera-t-il candidat à la mairie de Nice ? S’il ne répond pas à la question, il déclare qu’il servira « sa ville pour la redresser » et « qu’il travaille pour Nice ».
La mobilisation des agriculteurs reprend mardi 26 novembre 2024 et devrait se poursuivre jusqu’au jeudi 28 novembre 2024. En effet, près d’un an après leur mobilisation historique, le monde agricole estime n'avoir pas obtenu suffisamment d'avancées concrètes et semble déterminé à maintenir la pression sur le gouvernement. « Nous ne sommes pas là pour ennuyer les Français mais pour obtenir des résultats dans les cours de ferme », affirme Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, invité des 4 Vérités, mardi 26 novembre 2024, sur France 2.
Ainsi, des actions départementales viseront tout ce qui « entrave la vie des agriculteurs comme les administrations » avec un objectif : « leur simplifier la vie ». Ce lundi 25 novembre 2024 dans la soirée, des tracteurs sont partis de Haute-Saône en direction du Parlement européen à Strasbourg, à l’appel de la Coordination rurale. « Nous, nous avons un message très clair : pas d’atteinte aux biens et aux personnes. Casser, brûler, menacer… n’est pas une solution pour atteindre les objectifs », souligne le porte-parole. Dans ce cadre, des barrages filtrants ont été observés à l’initiative de la Coordination rurale et des préfectures ont été visées avec du fumier. « Manifester est un droit constitutionnel, on y tient beaucoup, cela fait partie des modes de revendications. La limite c’est lorsque vous commencez à détruire des biens ou menacer des gens. Ça, c’est une limite qui ne doit pas être franchie. Pour nous l’objet, c’est de trouver des solutions qui permettent de se construire à l’avenir quand on est agriculteur en France », ajoute-t-il.
Vendredi 22 novembre 2024, en déplacement à Agen, Arnaud Rousseau a dû être exfiltré par la police après une action du syndicat concurrent. « J’y suis allée sans esprit de provocation. Au terme de cette assemblée générale, le préfet m’a indiqué que pour des raisons de sécurité, qu’il souhaitait que je puisse partir rapidement considérant qu’elle n’était plus ‘rassurée’ sur le lieu. (…) Je suis partie dans des conditions que je qualifie extrêmement dangereuses est limites. On était à deux doigts de l’accident », souligne Arnaud Rousseau. Il estime que ce moment a été un basculement dans la mobilisation. « Certains pensent que hors du chaos, de la radicalité et des menaces il n’y a pas d’avenir. Ce n’est pas notre point de vue », précise-t-il, estimant que ce « genre de débordement n’est pas acceptable ». Il pointe du doigt la responsabilité de Dominique Le Floc'h, présidente nationale du Syndicat agricole de la Coordination rurale. A quelques mois des élections professionnelles, le monde agricole semble divisé.
Mercosur : un débat pour rien ?
À l’Assemblée nationale, les débats se poursuivent sur le traité entre l’Union européenne et certains pays membres du Mercosur (zone de libre-échange en Amérique du Sud). La France maintient son opposition. « Le message du ‘non à une Europe passoire’, porté à la fois par les agriculteurs et par l’opinion publique française est très massivement en notre soutien. (…) Cela va dans le bon sens. On a compris que le combat se poursuivait », assure Arnaud Rousseau, soulignant qu’il souhaitait aussi passer sur les sujets nationaux. « Cette bataille est existentielle. Ce combat, on doit le mener. On verra bien si les pays européens prennent conscience de cette souveraineté alimentaire », assure le responsable syndical.
Le mardi 19 novembre 2024, la France Insoumise a déposé une proposition de loi qui a suscité de nombreuses réactions à Gauche comme à Droite. En effet, dans ce texte, le groupe parlementaire propose d'abroger le délit d'apologie du terrorisme. Didier Migaud, ministre de la Justice et garde des Sceaux, invité ce lundi 25 novembre sur le plateau des 4 vérités réagit à cette initiative. Il affirme être « résolument contre » et « extrêmement choqué », « il y a des limites à cette liberté d'expression, et à partir du moment où l'apologie consiste à justifier, excuser, trouver des circonstances atténuantes à un acte terroriste c'est inadmissible ». Quelles seraient les conséquences de cette abrogation ?
Pour notre invité, abroger cette loi libèrerait davantage la parole antisémite « si en 2014 on a éprouvé le besoin d'en faire une incrimination c'est parce que beaucoup de propos ont montré que c'était nécessaire » il renvoi à la « liberté d'appréciation » des juges. Que fera la Gauche, notamment le parti socialiste sur cette question ? Certains ont déjà pris la parole comme François Hollande ou Boris Vallaud afin de s'opposer à cette proposition.
Gisèle Pelicot, ce que changerait la notion de « consentement »
Sur le plan judiciaire, les réquisitions du procès de Gisèle Pelicot s'ouvrent ce lundi 25 novembre 2024. Un procès qui va marquer un tournant dans la société française selon Didier Migaud qui se réjouit que « Madame Pelicot ait accepté que ce procès soit public pour que les uns et les autres puissent prendre conscience qu'on doit sortir de cette culture de la domination de l'homme sur la femme. Le XXIème siècle ne doit pas le permettre et la justice s'organise pour faire en sorte que l'on puisse combattre davantage les violences intrafamiliales ». Quelles sont les mesures à mettre en place ? Si le ministre de la Justice souhaite laisser au Premier ministre le soin d'annoncer les mesures, il cite pour exemple la création de pôles dédiés au niveau des tribunaux, les bracelets anti-rapprochement ou encore les ordonnances de protection. Il déclare que « c'est une priorité absolue, que de lutter contre les atteintes et les violences faites aux femmes ».
Ce procès a permis de mettre en lumière la notion de consentement. Selon lui, « le consentement c'est essentiel » et ça a du « sens de le mettre dans la loi » du moment que la rédaction ne renverse pas la charge de la preuve pour la victime. « Je ferais tout pour que la chancellerie puisse aider » déclare-t-il.
Ce lundi 25 novembre 2024, le Premier ministre reçoit les responsables politiques des différents partis d'opposition, notamment Marine Le Pen. Le but de ces rencontres étant de convaincre les élus afin qu'ils ne votent pas la censure, en effet « la conséquence peut être très lourde pour le pays avec l'absence de budget, l'absence de loi de finance ». Si ce budget s’avère périlleux à mettre en place en raison des économies à réaliser, Didier Migaud rappelle que s’il faut maîtriser les finances publiques, dans un contexte croissant de violences il est important de « prioriser le régalien ».
La guerre en Ukraine s'enlise dans une crise plus profonde depuis la déclaration de guerre prononcée le 24 février 2022 par le président russe. En effet, Vladimir Poutine a annoncé ce jeudi 21 novembre 2024 avoir réalisé un nouveau tir de missile en direction de l'Ukraine en réponse aux frappes réalisées avec des missiles occidentaux. Une déclaration qui a également sous-entendu l'élargissement possible de l'emploi de l'arme nucléaire. Doit-on s'inquiéter de cette menace d'utilisation du nucléaire au sein de ce conflit ? Pour Yannick Jadot, sénateur EELV de Paris, invité des 4 vérités ce vendredi 22 novembre 2024 « c'est de la surenchère, Vladimir Poutine a mentionné plus de 100 fois la menace nucléaire », « il n'y a pas véritablement de changement mais il y a une surenchère au moment où on considère qu'il pourrait y avoir des pourparlers, des négociations de paix ». Selon lui, « là où l'Europe ne doit pas faillir c'est dans son soutien à l'Ukraine » alors que Vladimir Poutine « internationalise » le conflit avec les « soldats nord-coréens ». Le dirigeant Russe a pour volonté de poursuivre l'offensive sur le peuple ukrainien, l'Europe doit continuer de « soutenir », « armer » et « sanctionner le régime de Vladimir Poutine ». Il dénonce l'importation de gaz liquéfié par la France et déclare qu'il faudrait se passer du gaz russe afin d'aller au bout des sanctions contre le régime.
La gauche française est loin d'être unie sur cette question, en témoignent les propos de Jean-Luc Mélenchon qui a qualifié de « stratégie absurde et criminelle » l'autorisation d'envoi de missile par Joe Biden. Pour le sénateur, « Jean-Luc Mélenchon, sur ce dossier là, s'aligne sur Donald Trump plutôt que sur celles et ceux qui défendent la démocratie en Ukraine et en Europe ». On ne peut pas accuser les Américains de « tous les malheurs du monde » et « faiblir face à l'agression russe c'est remettre en cause la démocratie et l'intégrité de l'Europe ».
COP 29, Mercosur, l'écologie défiée
Le Mercosur alimente la colère des agriculteurs qui n'a pas faibli cette semaine en témoignent les nombreux barrages dans le sud-ouest. Cet accord de libre-échange entre l'Europe et les pays d'Amérique du sud pourrait-il ne pas aboutir à une signature ? Selon Yannick Jadot, il faut faire preuve de « rationalité politique », un accord qui a été pensé « il y a plus de 20 ans, avant le dérèglement climatique et ses conséquences les plus dramatiques, avant la disparition des paysans » n'a aucun sens. « Les opinions publiques en Europe ne soutiennent pas cet accord », l'élu déclare que l'avenir de l'Europe c'est « nous protéger, avoir une agriculture qui respecte l'environnement, les paysans, qui leur donne un revenu. Protéger l'Amazonie au moment où on voit les terribles conséquences du dérèglement climatique ».
L'autre point qui suscite la colère des agriculteurs c'est l'impossibilité d'utiliser des pesticides. Que pense notre invité de ceux qui veulent y recourir ? Yannick Jadot rappelle que les pesticides « c'est un enjeu de santé avec une explosion des cancers », « c'est l'effondrement de la biodiversité ». Il faut arrêter de construire une agriculture qui « produit de la disparition de paysans » et va « contre la nature ». Le sénateur souhaite que le gouvernement cesse d'utiliser l'écologie comme « bouc émissaire » des problèmes agricoles.
Antoine Armand fait la Une du Parisien ce jeudi 21 novembre 2024. Le ministre de l’Économie avertit le gouvernement contre une imposition trop sévère à l’égard des entreprises : « Attention à l’impôt de trop », peut-on lire sur la couverture du quotidien. Pour en discuter, son collègue ministre chargé de l’Industrie est l’invité du plateau de Télématin. Marc Ferracci avoue son accord avec le ministre de l’Économie : « Je suis tout à fait aligné », dit-il face à Julien Arnaud, mettant en avant le fait que c’est une position que défendent tous les élus de la majorité. « On a fait beaucoup d’efforts pour baisser le coût du travail, on a augmenté les exonérations de charges sociales sur les entreprises, ce qui a massivement bénéficié à la création d’emploi. On a créé plus de 3000 emplois depuis 2017 », argumente le macroniste, qui insiste sur l’importance de « trouver des économies ailleurs ».
Le parti Ensemble pour la République préférerait donc ne pas faire payer les entreprises, mais les consommateurs. Sur le plateau des 4 vérités, l’économiste se montre favorable à la création d’une TVA sociale, c’est-à-dire à un impôt qui pèserait sur tous les Français afin de réduire la dette. « Nous voulons augmenter la quantité de travail dans l’année et à l’échelle d’une vie entière, c’est pour ça qu’on a voté la réforme des retraites », commence-t-il, avant de préciser que « le sujet du plein emploi doit rester notre objectif. »
Les Français doivent-ils travailler plus pour gagner pareil ? « Je trouve que c’est une piste intéressante », rétorque Marc Ferracci. « C’est une piste de réflexion pour trouver des ressources supplémentaires pour nos comptes publics », ajoute celui qui ne considère pas qu’il y ait de divisions au sein du gouvernement tant qu’il y a du « dialogue. » « Nous avons tous le même objectif : faire des économies, mais sans nuire à la compétitivité de nos entreprises, sans nuire aux résultats que nous avons obtenus depuis un certain nombre d’années », conclut notre invité.
Fermetures d’entreprises et accords internationaux
Pourtant, la compétitivité des entreprises françaises semble bien mise à mal en ce moment. Michelin, Arcelor… De plus en plus de sites sont fermés, menaçant de nombreux emplois. Pour le ministre de l’Industrie, la réponse se trouve dans l’attractivité de la filière : il met en avant la semaine de l’industrie, organisée du 18 au 24 novembre, qui a pour but de créer des vocations chez les jeunes vers le secteur industriel. « Il y a des filières en difficulté, mais il y a aussi beaucoup de bonnes nouvelles : les industriels vont embaucher 2400 personnes, il y a 70000 emplois qui ne sont pas encore pourvus… », explique l’homme politique. Ce dernier considère la gestion de son ministère comme un « combat » : « il faut avoir une vision globale, et je me bats tous les jours au niveau européen pour améliorer la compétitivité de nos entreprises. »
Autre sujet d’actualité : l’accord du Mercosur, qui est rejeté par un grand nombre d’agriculteurs. « Je pense que le commerce international est fondamentalement bon, à une condition, qu’il soit juste. Or, cet accord du Mercosur ne contient pas suffisamment de clauses qui permettent la réciprocités, faire que ceux qui exportent en Europe soient soumis aux mêmes règles que ceux qui exportent en Amérique Latine », explique le ministre, qui souhaite que nos industriels français puissent se battre à « armes égales » s’ils veulent « gagner dans la compétition internationale. »
C’est le premier grand conflit de l’air Barnier… Un an après le défilé d’agriculteurs à l’Élysée, la mobilisation reprend face à l’urgence agricole. Les agriculteurs réclament avant tout une meilleure valorisation de leurs produits. Beaucoup dénoncent le fait que les prix payés par les grandes surfaces et les industriels ne permettent pas de couvrir leurs frais. À cela s'ajoutent des préoccupations liées à l'inflation, qui a fait grimper les prix des engrais, du carburant et des aliments pour le bétail. Autre sujet de tension : les normes environnementales européennes. Bien que les agriculteurs se disent prêts à faire leur part pour la transition écologique, ils jugent que les contraintes imposées sont parfois inapplicables ou déconnectées de la réalité de leur quotidien.
Depuis plusieurs semaines, les agriculteurs français se mobilisent massivement contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. Cet accord, qui vise à intensifier les échanges commerciaux, est perçu par le monde agricole comme une menace directe pour l’agriculture française, déjà fragilisée par des crises répétées. Ce mardi 19 novembre 2024, la coordination rurale est entrée dans la danse. Des opérations coup de poing, parfois d’une grande violence notamment à Agen (Lot-et-Garonne) et à Guéret (Creuse). Ont-elles franchi la limite ? « Protester contre le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay), exprimer ses inquiétudes, revendiquer un certain nombre d’avancées dans différents domaines c’est légitime. S’en prendre aux biens, s’en prendre aux personnes, bloquer durablement le pays, ça, ça n’est pas acceptable et ça ne sert pas la cause agricole » fustige Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire de la Forêt. Cette frappe agricole vise avant tout à attirer l’attention du gouvernement et ainsi rouvrir les négociations. Invitée sur le plateau des 4 vérités, l’ancienne présidente des Républicains défend la position du gouvernement face aux tensions croissantes. Elle condamne les débordements survenus lors des récentes manifestations tout en appelant au dialogue pour répondre aux inquiétudes des producteurs : « Ma porte n’est aucunement fermée. Ils ont des exigences. Je pense qu’on peut dialoguer sans violence et sans dégradations ». Alors que la grogne des agriculteurs s'intensifie, ces derniers se disent prêts à bloquer les axes stratégiques dans les heures et les jours qui viennent. Ce qui ne semble pas judicieux à l’approche des fêtes de fin d’année, au regard de la ministre : « Je pense que ce mouvement de sympathie que les Français ont pour les agriculteurs se dissipera » alerte notre invitée.
Agriculteurs : promesses tenues ?
Au cœur des débats, l'accord commercial avec le Mercosur et les impacts du changement climatique agitent le monde agricole français. De son côté, la ministre de l’Agriculture a réaffirmé son opposition à tout compromis qui affaiblirait les standards environnementaux ou la compétitivité des filières françaises. Elle a aussi insisté sur l'importance d’un soutien accru pour la transition écologique de l'agriculture, notamment via le budget 2025 récemment présenté : « Avant la fin de l’année, ceux qui ont besoin d’être soutenus dans leur trésorerie seront soutenus et indemnisés. Je m’efforce depuis 50 jours d’agir au plus vite » défend Annie Genevard. Point de blocage absolu, un débat parlementaire sur la question du Mercosur devrait être organisé dans la foulée.
Chaque année, durant le courant du mois de novembre, c’est le bilan de mi-parcours pour le cabinet EY, qui fait le classement des pays les plus attractifs d’Europe pour les investisseurs industriels. Depuis cinq ans, la France était placée en tête mais les nouveaux chiffres publiés en novembre 2024 inquiètent. 49% des chefs d’entreprise étrangers ont revu les projets à la baisse en France, craignant notamment une hausse de la fiscalité et un ralentissement économique. Invitée sur le plateau des 4 vérités le mardi 19 novembre 2024, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, formule un constat : bien que la France était “la championne” pour attirer les chefs d’entreprises étrangers, “ça n’a pas franchement amélioré la situation de l’emploi industriel dans le pays”. L’objectif de la CGT : “Garder les emplois, les compétences et les qualifications en France et de les développer”. Il ne suffit pas d’attirer les investisseurs étrangers, “il faut les garder”, indique Sophie Binet, qui déplore le fait que ces investisseurs “partent comme ils sont venus, en emportant avec eux les compétences, les brevets, et après avoir essoré nos entreprises.” La secrétaire générale de la CGT demande une autre politique industrielle “que celle de la multiplication des cadeaux” qui a, selon le syndicat, creusé le déficit et n’a pas réindustrialisé le pays.
En effet, à l’image de la fermeture des usines Michelin à Cholet (Maine-et-Loire) et Vannes (Morbihan) laissant plus de 900 salariés sur le carreau, les plans de licenciements se multiplient : deux cent trente ont été recensés pas la GCT, avec une hausse de cent en six mois. Une “augmentation très inquiétante”, pour Sophie Binet. Elle ajoute : “comme les salaires n’ont pas été augmentés avec l’inflation, les Françaises et les Français n’ont plus les moyens de sortir, de se payer des loisirs, de partir en vacances…” Celle qui a succédé à Philippe Martinez en 2023 se dit inquiète face aux chiffres du chômage, atteignant 7,4% au 3e trimestre 2024 selon l’Insee. Le syndicat demande un moratoire sur les licenciements. Sophie Binet en est convaincue : “Si on laisse faire, c’est notre outil industriel qu’on va détruire”. Malgré les aides aux entreprises de ces dernières années, “le chômage a moins baissé en France que dans les autres pays d’Europe”, défend la syndicaliste. Selon elle, la promesse d’emploi qui devrait suivre les aides aux entreprises, représentant un tiers du budget de l’État, n’est pas à la hauteur. “L’ancien patron du Medef nous avait promis un million d’emplois : on ne les a jamais vus.”, certifie la cheffe de file de la CGT.
Sophie Binet s’avoue préoccupée par le budget 2025 présenté par Michel Barnier, particulièrement à cause des coupes sur les collectivités territoriales. Des plans de licenciements apparaissent dans le secteur public et parapublic, notamment celui de l’aide sociale à l’enfance avec des suppressions de poste qui mettent en danger les enfants. Afin d’appeler à l’aide, les professionnels de la petite enfance se mettent en grève le mardi 19 novembre 2024. Ils dénoncent, à cause du manque de personnel et de budget, un effet de “maltraitance des bébés pris en charge” dans ces structures.
Face à la dette, Sophie Binet demande aux plus riches de payer
Après une rapide négociation, les patrons et les syndicats se sont entendu le jeudi 14 novembre 2024 sur un accord de nouvelles règles sur l’indemnisation du chômage. Peu convaincue, Sophie Binet évoque la baisse des droits pour les seniors, les premiers touchés par les licenciements : il leur faudra attendre deux ans de plus pour obtenir une indemnisation améliorée. Une “triple peine pour les seniors” selon la secrétaire générale de la CGT : “deux ans à travailler en plus pour toucher la retraite, des plans de licenciements qui se multiplient et en plus une baisse de droits à l’assurance chômage”. Sophie Binet remet également en cause la proposition de travailler p
Les agriculteurs veulent faire entendre leur colère. Le coup d’envoi est donné. Un peu plus de 80 mobilisations locales sont organisées ces lundi 18 et mardi 19 novembre 2024, pour exprimer leur colère notamment contre l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur (zone de libre-échange regroupant plusieurs pays de l'Amérique du Sud). En déplacement à Buenos Aires, capitale argentine, Emmanuel Macron a affirmé que la France ne « signerait pas en l’état » le traité de libre échange entre l'Union européenne et le Mercosur. Il dit ainsi vouloir « rassurer les agriculteurs » et « continuer » de s'y opposer. Ce texte, en discussion depuis plusieurs années entre l'Union européenne et quatre pays d'Amérique latine, provoque l'indignation de nombreux agriculteurs, qui dénoncent notamment une concurrence déloyale de pays aux normes de production moins contraignantes. « C’est la seule façon pour nos agriculteurs de se faire entendre », réagit Marion Maréchal, invitée des 4 Vérités, ce lundi 18 novembre 2024, sur France 2. « Cette population est en extrême détresse économique. Ces pays du Mercosur sont la zone la plus compétitive du monde sur des produits agricoles qui sont particulièrement sensibles en Europe, notamment le boeuf, la volaille et le sucre », affirme la députée européenne et présidente du mouvement Identités Libertés. Pour elle, « il en va d’une question de survie » et demande la mise en place d’un « état d’urgence agricole ».
Néanmoins, certains agriculteurs ne se disent pas fermement opposés à cet accord de libre échange. « On voit bien aujourd’hui que cette concurrence ne se fait pas au bénéfice de la France. Nous sommes dans une situation économique où nous avons des charges environnementales et fiscales extrêmement lourdes qui font que généralement nous sommes perdants », assure l’élue. Elle dénonce la « duplicité » d’Emmanuel Macron, qui selon elle, est responsable de « l’affaiblissement de la voix de la France ». « La nomination de Stéphane Séjourné comme commissaire français ne va pas contribuer à renforcer la voix de la France. Il s’agit du dernier caprice du président avec un homme qui n’a aucune compétence pour porter le portefeuille industriel », assure Marion Maréchal.
Frapper en Russie : les Etats-Unis disent oui à l’Ukraine
Sur le plan international, Washington a récemment levé un verrou stratégique majeur en autorisant Kiev à frapper le territoire russe avec des missiles longue portée américains. Une première depuis le début du conflit. Pour Marion Maréchal, des frappes sur le sol russe seraient un « risque d’escalade majeur vers la Troisième guerre mondiale ». Alors que l’administration américaine est en pleine transition, elle dénonce une « fuite en avant ». Pour elle, l’Ukraine est « à bout de souffle » et il faut « engager des négociations dans les meilleures conditions possibles ».
Le 30 septembre 2024 commençait le procès des “assistants parlementaires” du Rassemblement national. Accusées de détournement d’argent public, vingt-cinq personnes dont Marine Le Pen, sont soupçonnées d’avoir mis en place, entre 2004 et 2016, un « système de détournement » de l’argent versé par l’Union européenne (UE) destiné à l’embauche de collaborateurs parlementaires. Selon le réquisitoire des procureurs, la cheffe de file de l’extrême droite risque cinq ans de prison dont trois avec sursis, 300 000 euros d’amende et donc cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Une menace qui détruirait ses ambitions présidentielles pour 2027. Invitée sur le plateau du JT de TF1 le vendredi 15 novembre 2024, la cheffe de file du RN a évoqué une “peine de mort politique”.
Pour Alexis Corbières, invité des 4 vérités le 16 novembre 2024, il est hors de question que la fille de Jean-Marie Le Pen n’ait le droit à un traitement de faveur sous prétexte que onze millions de Français pourraient voter pour elle à la prochaine élection présidentielle. “Nulle ne peut se prévaloir d’un statut social particulier” face à la justice, rappelle le député de Seine-Saint-Denis. “Le problème de madame Le Pen, c'est qu’elle ne plaide pas son innocence”, exprime l’élu de gauche qui tient à ce que la présidente du groupe RN à l’Assemblée soit jugée sans traitement particulier. “C’est l’application de la loi qui a été évoqué dans le réquisitoire”, assure-t-il à Jeff Wittenberg. Un avis qui ne semble pas être complètement partagé par son ancien ami, Jean-Luc Mélanchon, qui a déclaré sur les réseaux sociaux : “Une peine d’inéligibilité ne doit pas être appliquée avant l’expiration de tous les recours prévus par la loi, sinon cela aggrave la crise politique.”
De son côté, l'élu du 93 mentionne la possibilité de recours pour Marine Le Pen, tout en se demandant si cela serait judicieux que la décision de justice soit rendue seulement quelques mois avant les élections présidentielles. Pour lui, la temporalité longue des recours pourrait avoir “des conséquences politiques encore plus déflagratrices.” L’élu du groupe Écologiste et Social défend l’égalité de tous devant la loi : “Je ne suis pas pour qu’il y ait une espèce de caste présidentielle de certaines personnes qui disent ‘je suis candidat, je représente un certain nombre de voix donc la loi ne s'applique pas à moi’.” Il rappelle que, quoi qu’il arrive, le parti du Rassemblement national pourra être représenté aux élections. Face aux menaces des répercussions d’une peine d’inéligibilité de la cheffe de file du RN, le compagnon de Raquel Garrido conteste : “Une décision de justice doit-elle être rendue à l’aune des conséquences politiques qu’elle entraîne ? Ce serait fou !” Le procès dit des “assistants parlementaires” doit se dérouler jusqu’au 27 novembre 2024.
La loi sur le budget 2025 renvoyée au Sénat
Alors que la loi sur le budget 2025 est discuté à l’Assemblée depuis le début du mois d’octobre 2024, celle-ci a finalement été rejetée le 12 novembre 2024 par une majorité de députés. Un échec pour le Nouveau Front populaire qui, grâce à une série de victoires sur les amendements, avait réussi à remanier le texte. “On pouvait dégager 58 milliards de recettes”, regrette Alexis Corbières qui pointe le fait que les débutés du Rassemblement national n’ont pas soutenu un texte s’en prenant aux plus riches. Le jeudi 14 novembre 2024, Michel Barnier a, quant à lui, évoqué la possibilité d’un 49.3 pour faire adopter cette loi sur le budget 2025.
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Tous les matins, le journaliste Thomas Sotto, du lundi au jeudi, et ses confrères, Jeff Wittenberg ou Guillaume Daret, le vendredi, interviewent en direct pendant dix minutes une personnalité de la…

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