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Or


Les élus du nouveau Front populaire ont voté en Commission des finances pas moins de 60 milliards de hausse d'impôts supplémentaires. Sommes-nous en train de nous diriger vers un "enfer fiscal" comme l'affirment certains membres du gouvernement ?
Ce n'est pas l'avis de Boris Vallaud, député des Landes et président du Groupe PS à l'Assemblée nationale, invité des 4 vérités mardi 22 octobre 2024. "On va vers plus de justice fiscale", affirme-t-il tout en ajoutant souhaiter "préserver les classes populaires et les classes moyennes des efforts qui vont être demandés et faire plus et mieux contribuer les très hauts revenus, les marchés financiers et les très grandes entreprises. Celles et ceux qui sont des passagers clandestins de la solidarité nationale".
Interrogé sur le chiffre de 60 milliards qui paraît élevé, il rétorque que "nous revenons à un niveau d'imposition inférieur à ce qu'il était en 2017" et rappelle que ce n'est pas le PS qui "a fait les chèques sans provisions que les Français sont obligés de rembourser aujourd'hui". Il pointe du doigt la mauvaise gestion du gouvernement et Bruno Le Maire et justifie ainsi le vote avec le Modem de la pérennisation de l'impôt exceptionnel sur les "super riches" dans la durée.
Ces taxations supplémentaires ne sont-elles pas susceptibles de freiner les entreprises et les investisseurs ? Selon Boris Vallaud, la justice fiscale et l'efficacité de la dépense publique n'est pas un problème, il dénonce la suppression "des impôts pour les plus riches sans les financer" qui montre un manque de sérieux budgétaire.
Ce budget sera vraisemblablement adopté par le biais d'un 49-3 en l'absence de majorité parlementaire claire bien que le Premier ministre ait émis le souhait de laisser les débats se poursuivre le plus longtemps possible. Le NFP va-t-il négocier avec Michel Barnier pour que certains amendements soient intégrés dans le texte qui sera voté via un 49-3 ? Boris Vallaud espère qu'il existe une possibilité de trouver des majorités républicaines sur un certain nombre de mesures.
Assurance Maladie, les retraites en ligne de mire
L'examen du budget de la sécurité sociale débuté en Commission a fait l'objet d'une première passe d'armes ce lundi 21 octobre 2024 à l'Assemblée. La Gauche avait déposé plusieurs amendements pour tenter de supprimer le passage de l'âge légal à la retraite à 64 ans mais ils ont tous été rejetés. Est-ce une forme d'échec pour le parti ? Boris Vallaud affirme que ce qu'il faut retenir c'est que "ceux qui prétendent dans quelques jours supprimer la réforme des retraites, en réalité quand il s'agit de passer à l'acte ne le font pas" pointant ainsi du doigt le Rassemblement national.
Quel est l'avenir du Parti socialiste ? Notre invité répond qu'on a besoin d'un "PS fort", il déclare que son parti n'est pas soumis à Jean-Luc Mélenchon et s'efforce de faire vivre les propositions socialistes dans le cadre d'une union de la Gauche.
La Commission des finances s'est réunie durant trois jours pour examiner le budget proposé par le gouvernement. Charles de Courson, rapporteur général de la Commission de finances et député LIOT de la Marne est l'invité des 4 vérités de lundi 21 octobre, il revient sur ce « carnaval fiscal » avec le vote de 50 milliards d'impôts en plus.
Ce chiffre, estimé par Bercy ne serait pas exact, notre invité l'estime plutôt autour de quelques dizaines de milliards. Parmi les nombreux amendements votés, il relève un manque de « cohérence d'ensemble ». Certes la proposition que faisait le gouvernement aurait eu un effet récessif sur l'économie mais en rajouter encore « n'est pas raisonnable ». Finalement c'est le texte initial du gouvernement qui va arriver dans l'hémicycle.
Le rapporteur met en garde les députés, en effet, si la première partie du budget n'est pas votée la deuxième partie du texte ne pourra pas être abordée avant que le Sénat ne vote le texte. Il rappelle que ce sont environ 2800 amendements qui ont été déposés et alerte sur l’impossibilité d’examiner la proposition de budget dans les délais imparti avec un tel nombre de textes.
Parmi les nouveaux impôts suggérés par cette commission, on retrouve un texte proposé par La France Insoumise qui souhaite la mise en place d’un impôt sur les Français expatriés. Un impôt qui n’a pas de sens pour Charles de Courson car il est « contraire à tous nos engagements communautaires » et créerait deux catégories de Français expatriés. Un tel texte serait, de ce fait, retoqué par le Conseil constitutionnel pour rupture d’égalité.
Budget, 60 milliards à trouver, c’est trop ?
Le budget sera donc voté par 49-3, il faudra dès lors négocier avec le gouvernement pour intégrer les amendements votés en commission ou voter une motion de censure. Quant à l’objectif de 60 milliards d’économie, Charles de Courson le juge « bien trop élevé » et affirme qu’il entraînera un « effet récessif ». Il aurait fallu se limiter à 30 ou 40 milliards en se concentrant majoritairement sur la « réduction de la dépense ». Dans la proposition gouvernementale, on est à « deux tiers de recettes supplémentaires et un tiers de réduction des dépenses ».
Une question demeure, comment réduire les dépenses ? Charles de Courson pointe les exonérations de charges sociales patronales qui coûtent selon lui « 76 milliards au budget de l’Etat » et prône dès lors une réduction progressive de ces dernières.
Quant à la réforme des retraites, dans 10 jours un vote à l’initiative d’une niche parlementaire se tiendra afin d’obtenir son abrogation, quelle sera la position de notre invité ? Charles de Courson insiste, l’erreur fondamentale de cette réforme a été de vouloir toucher à l’âge légal. Il souhaite encourager l’âge effectif de départ à la retraite et négocier avec les partenaires sociaux, quant au vote, il ne se prononce pas.
Ce mercredi 16 octobre 2024, le Rassemblement national a proposé de nouvelles mesures pour contrer le budget proposé par le gouvernement Barnier. Jean-Philippe Tanguy, le « monsieur économie » du parti mené par Marine Le Pen à l’Assemblée, est l’invité des 4 vérités pour continuer de détailler les ambitions économiques de l’extrême-droite. Étonnement, le parti majoritaire de l’hémicycle a soutenu la proposition du Nouveau Front populaire pour la taxation des multinationales. Est-ce que les deux coalitions d’oppositions seraient prêtes à faire front ensemble ?
Ce n’est pas ce que sous-entend le député de la Somme face à Jeff Wittenberg. Selon lui, il s’agissait au départ d’une loi proposée par Marine Le Pen qui aurait été reprise, « inspirée philosophiquement », par la gauche. Jean-Philippe Tanguy insiste sur les lignes que son parti tient à respecter : pénaliser les entreprises rentables, et éviter les impôts sur les consommateurs. « On n’a jamais hésité à censurer les mauvaises mesures pour la France », menace cet ancien conseiller régional des Hauts-de-France. Ainsi, Michel Barnier aurait tout intérêt à écouter les conseils du RN pour ne pas risquer de se faire censurer par le premier parti de l'hémicycle. « Soit on entend nos remarques et nos propositions, soit on n’hésitera pas à censurer, ce qui est un acte grave parce que ça reviendra à reprendre le budget à zéro », insiste notre invité, qui veut éviter un « scénario du pire », c’est-à-dire une énième année d’endettement.
Nouvelle loi immigration
Si Jean-Philippe Tanguy se montre très critique du budget proposé par le Premier ministre, il est moins avare lorsqu’il s’agit de faire des propositions concrètes. « Ils veulent faire plus d’impôts pour les Français dans un trou qui n’a pas de fin », résume l’homme politique en attaquant le gouvernement. Dur également de comprendre la ligne du Rassemblement national entre son soutien fluctuant et ses critiques envers Michel Barnier. Le parti de Jordan Bardella est-il dans l’opposition, ou tient-il en cachette les rênes du pouvoir ?
Questionné à propos de la nouvelle loi sur l’immigration qui a été annoncée par Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, Jean-Philippe Tanguy reprend de l’assurance. Si Michel Barnier, en visite à Menton, a expliqué qu’il n’était pas possible juridiquement pour la France de transporter les migrants vers un pays tiers, comme l’envisage l’Italie avec l’Albanie, le député français ne voit « pas pourquoi il dit cela. » Selon lui, un pays de l’Union Européenne, un « État de droit latin » comme l’Italie, aurait de fait un système juridique transposable au nôtre. Puis d’ajouter : « [Michel Barnier] est dans des contradictions, parce qu’il veut réduire de moitié les moyens pour lutter contre l’immigration clandestine. »
Au sujet du procès des assistants parlementaires de Marine Le Pen, Jean-Philippe Tanguy déplore qu’il s’agisse « malheureusement d’un procès politique. » Pour lui, il n’y a pas de preuve, tandis que la cheffe de son parti s’est « vaillamment défendue. » Il s’agirait selon notre invité d’une vengeance de l'accusation car le Rassemblement national se serait battu contre la technocratie européenne.
La météo économique et sociale est agitée, plusieurs dossiers retiennent l'attention des pouvoirs publiques et partenaires sociaux comme le rachat de la filiale produisant le Doliprane ou le nouveau record de défaillances d'entreprises avec plus de 60 000 fermetures sur les douze derniers mois.
Alors qu'un nouveau fonds de pension basé à Paris pourrait se porter acquéreur de la filiale vendue par Sanofi certains à Gauche proposent de nationaliser l'entreprise. Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT est l'invitée des 4 vérités ce vendredi 18 octobre 2024 et s'exprime sur cette opération. L'objectif de Sanofi c'est « financiariser encore plus le groupe » alors que la filiale en question « fonctionne extrêmement bien », pour la CFDT c'est une opération financière non justifiée qui « met en péril l'indépendance sanitaire ». Elle rappelle également que cette filiale a permis au groupe d'obtenir plus d'un milliard de résultats nets. Face à cette situation, le syndicat s'oppose à cette vente qui « ne doit pas se faire » et souhaite se faire le porte-voix des salariés au travers d'un mouvement de grève. Aujourd'hui, les salariés sont inquiets pour le groupe, leurs emplois et la qualité du produit.
Quels sont les moyens pour empêcher cette situation ? Selon Marylise Léon, « la nationalisation n'est pas notre option » mais il faut que s’ouvrent des discussions au conseil d’administration afin que « cette filiale ne soit plus dans le groupe Sanofi ».
Défaillances d’entreprises : le secteur automobile touché
Si Sanofi dispose d’une situation financière positive, les défaillances d’entreprises ont atteint un niveau records avec un secteur particulièrement touché en France : celui de l’automobile.
En plein Mondial de l'automobile, ce secteur assiste à des fermetures d'usines, présente des ventes en berne et peine à faire la transition vers les véhicules écologiques. « C’est un dossier sur lequel la CFDT s’est beaucoup engagée » et sur lequel « les employeurs n’ont pas été au rendez-vous » affirme Marylise Léon. Sur une dizaine d’années, elle estime que 100 000 emplois ont été perdus sur la filière automobile et dénombre 2500 suppressions d’emplois sur les quatre derniers mois. Une situation qui s’explique selon elle par le manque d’anticipation sur la question de la transition écologique et « du changement dans la production ». La secrétaire générale de la CFDT déclare que « les constructeurs ont mis trop de temps à s’engager dans cette transformation » et n’ont pas été suffisamment « proactifs ». Il faut également qu’il existe plus de solidarité entre les constructeurs et les sous-traitants qui « paient de plein pot cette transformation ».
Interrogée sur le budget proposé par le nouveau gouvernement Barnier, elle martèle que cette première version « tape dur » sur les plus précaires et les emplois. Elle cite pour exemple les mesures visant à supprimer des postes dans le public ou l’abaissement du seuil d’indemnité en cas d’arrêt maladie. Si les arrêts maladie sont en augmentation c’est parce que « le travail est malade ». Il faudrait chercher quelles sont « les causes profondes » de cette augmentation plutôt que de la sanctionner financièrement.
Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a annoncé ce dimanche 13 octobre 2024 qu’une nouvelle loi immigration, la 33e depuis 1980, sera proposée début 2025. Une loi qui intervient un an après la précédente loi immigration qui avait enflammé le Parlement début 2024. L’objectif serait de « faciliter la prolongation de détention des étrangers en situation irrégulière qui présentent des profils dangereux dans les centres de rétention administrative », selon les dires de Maud Bregeon sur BFMTV. Ainsi, Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, souhaite allonger la durée de rétention de 90 à 210 jours maximum. Invité sur le plateau des 4 vérités, ce membre des Républicains détaille ses objectifs en matière d’immigration.
Selon lui, il s’agit d’un changement de loi pour « sauver des vies », en référence au récent meurtre et viol de Philippine, une jeune femme victime d’un homme visé par une obligation de quitter le territoire. « Dès qu’il y a un trou dans la raquette, notre travail est de changer les règles », insiste Bruno Retailleau, qui précise son envie de créer 3000 places de plus dans les administrations pénitentiaires pour pouvoir accueillir davantage de détenus. Quant à ceux que le ministre de l’Intérieur souhaite renvoyer dans leur pays d’origine ou dans un autre pays, il entend mettre en place des leviers pour créer une réciprocité dans la capacité d’accueil des différents pays européens. « Je ne veux pas que la France soit plus attractive que d’autres pays d’Europe en matière d’immigration », continue-t-il.
Cette nouvelle loi immigration a trouvé son lot de détracteurs au sein de l’hémicycle, à commencer par un représentant de la majorité, et pourtant façonneur de la précédente loi immigration : Gabriel Attal. L’ancien Premier ministre considère que cette nouvelle loi n’est pas nécessaire. Pourtant, son allié des LR insiste face à Julien Arnaud : il ne veut pas aller au-delà de ce qui a été voté il y a un an. « Il y a une loi qui a été votée à une écrasante majorité qui a été censurée pour des questions de forme », explique notre invité. Pour lui, réduire le flux de migrants illégaux dans le pays est nécessaire, car nous serions dans « la moyenne haute » en termes d’attractivité, ce qui créerait des « appels d’air ». Sa solution ? Durcir la durée de séjour avant de toucher les aides sociales, rétablir le délit de séjour, afin que les réfugiés ne soient plus tentés de traverser nos frontières…
La reprise en main de l’immigration
Cet ancien proche de Philippe de Villiers l’assure : ce sujet d’immigration est une « demande des Français. » « Il y a un sujet qui rassemble les trois quarts des Français, c’est le sujet de l’immigration », ajoute celui qui dit agir au nom du peuple. À ceux qui l’accusent de mener la politique de l’extrême droite, ce Républicain rétorque que cela fait des années qu’il a ces convictions : « Je n’ai pas attendu le Rassemblement national. Ma boussole, ce sont les Français, de droite comme de gauche. » Une conviction qu’il estime également partagée par le reste du continent : « Tous les peuples d’Europe demandent à leurs gouvernements de reprendre le contrôle de l’immigration. »
Pour continuer de tenter de rendre la France moins attractive pour les migrants, Bruno Retailleau tacle l’aide médicale de l’État : « l’AME, c’est un encouragement à la clandestinité », dit-il. Avant d’ajouter : « Ce que je constate quand je compare, c’est qu’on est un des pays les plus avantageux parce qu’on donne des titres de séjour pour les malades ». Avec la loi sur le financement de la sécurité sociale, qui va réduire le nombre de remboursements des Français en matière de soins médicaux, notre invité considère normal que les étrangers fassent les mêmes efforts que les Français : « Quand les prestations sociales ne sont pas contributives, ça me semble juste qu’il y a un délai pour qu’un étranger touche les aides sociales », ajoute-il. Cett
Le 14 octobre 2024 marque l’anniversaire de la mort de Samuel Paty, tué il y a quatre ans à la sortie de son collège par un intégriste islamique. Une minute de silence sera observé dans tous les lycées de France afin de rendre hommage à Dominique Bernard, assassiné il y a un an, et à Samuel Paty. Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, sera, aux côtés du Premier ministre Michel Barnier au collège de Conflans-Sainte-Honorine qui va prendre le nom de Samuel Paty. “C’est très important de redire que ces hussards de la République ont été victimes du fanatisme et que, dès le lycée, on doit apprendre à nos enfants ce que c’est que les valeurs de la République.”, déclare Valérie Pécresse dans les 4V ce matin-là. La ministre de l’Éducation, Anne Genetet, a déclaré que les attentes à la laïcité étaient largement en baisse : 110 atteintes au principe de la laïcité ont été recensés au mois de septembre 2024. En septembre 2023, on en dénombre plus de 838. Une très forte augmentation qui s’était expliquée notamment par l'interdiction des abayas à la rentrée scolaire de 2023, qui a pu conduire à des incidents. Un chiffre que la présente de la région Ile-de-France “ne juge pas très crédible au regard des retours” qu’elle a sur le terrain. “Au contraire, j’ai l’impression que la laicité est de plus en plus questionnée, de plus en plus critiquée”. L’élue Les Républicains demande les chiffres en temps réel, lycée par lycée, fin à l’opacité des données. “J’ai peur de l’auto-censure”, confie-t-elle.
Cette année 2025 constitue un cap très symbolique puisqu’elle marque le 120ème anniversaire de la loi de 1905 et le 10e anniversaire des attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan. Valérie Pécresse indique qu’elle souhaite mettre en place des ateliers avec Dessiner, créer, liberté, une association qui est très proche de Charlie Hebdo afin de montrer des dessins de presse, des caricatures qui ont fait l’histoire de France dans les lycées. Un concours sera également organisé. Intitulé “La laïcité et moi”, il invitera les lycéens à faire des dessins d’humour.
Un budget jugé “injuste” par Valérie Pécresse qui souhaite tout de même l’adopter
Dans un tweet, l’ancienne candidate LR à la présidentielle a exprimé son mécontentement à propos du budget qu’elle qualifie, sur le plateau de Télématin, de “très dur” et “très injuste”. Tandis que les dotations des régions vont baisser de 5%, les budgets de l’Élysée et du Parlement augmenteront respectivement de 1.7% et 2.5%. “Elle est où la République exemplaire ?” s’est indignée Valérie Pécresse sur X. Une différence de traitement qu’elle dénonce : “On va être responsable de faire des économies, nous, alors que c’est l’État qui est en déficit”. La femme politique demande une baisse de 5% pour les budgets de l’Élysée et du Parlement. De son côté, le ministre de l’Économie et des Finances, Antoine Armand, a reconnu qu’il faudrait voter des amendements à cette loi budget préparée à la hâte, en quinze jours à peine. “Un bon signal” pour Valérie Pécresse qui rappelle : “C’est le gouvernement qui a cramé la caisse.” Par ailleurs, la présidente du Conseil régional déplore que toutes les régions soient logées à la même enseigne. “La région Ile-de-France a baissé de 20% ses dépenses de fonctionnement en 10 ans”, indique l’élue LR. Avant de préciser : “J’ai le ratio de dépense de fonctionnement par habitant le plus faible de France : 212 euros par habitant. La moyenne de France, c’est 312.”
Alors que le gouvernement avait promis deux tiers de dépense en moins et un tiers de dépense, le haut conseil des finances public affirme que c’est plutôt le contraire : un tiers de dépense en moins et deux tiers d’impôts supplémentaires. Bien qu’elle le juge imparfait, Valérie Pécresse est formelle : pour éviter la crise financière, “il faut que ce budget soit adopté”. Mais la politicienne accorde qu’il nécessite des inflexions. “Il y a trop d’impôts et pas assez
L’insoumise Aurélie Trouvé a été élue présidente de la commission des Affaires économiques sur fond de fractures dans l’alliance entre la macronie et les Républicains ce jeudi 10 octobre 2024. Une élection que la première intéressée est loin de considérer comme illégitime. Au contraire, cette ingénieure agronome considère que même en gardant leur programme, la France Insoumise a réussi à convaincre et peut « trouver des majorités au sein de l’Assemblée nationale. » Elle remercie dans la foulée toutes les personnes qui ont soutenu sa candidature : « [Cette victoire] je la dois à toutes les voix du Front populaire, et au-delà », assure-t-elle face à Jeff Wittenberg.
Ayant été le seul parti à déposer et voter une motion de censure contre le gouvernement de Michel Barnier le 8 octobre dernier, la France Insoumise se positionne comme le seul bloc d’opposition de l’hémicycle. Notre invitée insiste sur leur volonté de « faire vivre la démocratie parlementaire », considérant que cela fait « sept ans qu’Emmanuel Macron étouffe le débat parlementaire. » Le projet de loi de finances déposé ce jeudi 10 octobre, pourtant décrié par les élus de gauche, risque d’être adopté par 49.3, ce à quoi Aurélie Trouvé répondra par une nouvelle motion de censure.
Une économie d’austérité ?
À son nouveau poste depuis à peine deux jours, cette militante altermondialiste connaît déjà son plan d’attaque, qu’elle détaille sur le plateau des 4 vérités. Elle souhaite tout d’abord « demander des comptes aux grands patrons de multinationales », à commencer par Lactilis qui, selon elle, a arrêté de collecter chez 300 éleveurs et fait pression pour baisser les prix. Sanofi est également sur la liste de la jeune présidente de commission. L’industrie pharmaceutique est en passe de vendre son Doliprane à une firme américaine, une situation « très grave » pour notre invitée car elle a été soutenue par le gouvernement. « Il faut aujourd’hui un État qui dise non. Le gouvernement aurait pu l’empêcher. Rappelons que Sanofi a touché plus d’un milliard d’aides publiques en 10 ans », ajoute-t-elle. Puis de conclure : « Il est temps que toutes ces entreprises soient conditionnées sur le plan social et écologique, mais aussi sur le fait de ne pas délocaliser des actifs stratégiques qui remettent en cause la santé des Français. »
Le projet de loi de finance proposé par le Premier ministre est défendu par Antoine Armand, ministre de l’économie, qui refuse de parler d’austérité. Pour la députée LFI, il est au contraire problématique car « la très grande majorité des économies budgétaires va peser sur ceux qui ont déjà du mal à boucler leurs fins de mois. » Elle étaye en donnant trois exemples : la baisse des pensions de retraite, la hausse des taxes sur l’électricité qui va se répercuter sur la hausse des prix de l’électricité, et la sécurité sociale qui va moins rembourser ses consultations, ce qui va se répercuter sur le prix des mutuelles. Aurélie Trouvé pense aussi que l’augmentation de 0,6% des plus grandes fortunes inscrite dans ce projet de loi est « très insuffisant et transitoire. » « Ce gouvernement Macron-Barnier va faire seulement 10 milliards sur les 60 milliards exigés sur les plus riches et les entreprises : nous proposer d’aller chercher 50 milliards d’euros chez ceux qui gagnent le plus », précise-t-elle.
Elle ajoute que la plupart des économistes s’accordent à son avis pour dire que ce qui est prévu par le gouvernement est à la fois « brutal » mais aussi « irresponsable et inefficace » car cela risque de plomber la croissance en augmentant le chômage.
La dette publique s’élève aujourd’hui à plus de 3 000 milliards d’euros, ce qui fait de la France l’un des pays les plus endettés de l’Europe. Le jeudi 10 octobre 2024, le projet de loi finances 2025 a été présenté en Conseil des ministres. L’objectif du gouvernement : 60 milliards d’économies. Dans son plan de redressement, Antoine Armand, le ministre de l’Économie et des Finances prévoit la suppression de 2 201 postes de fonctionnaires pour l'Etat et ses opérateurs, ainsi que 4 000 suppressions de postes d'enseignants et 505 au Budget et aux Comptes publics. Tandis qu'en parallèle, 2 000 accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) seraient recrutés, 619 emplois seraient créés à la Justice ou encore 630 dans l'Armée. Des déclarations qui n’ont pas manqué de faire réagir l’opposition : “un budget de facilité”, commente le RN, “une calamité” selon Jean-Luc Mélanchon. Une approche également jugée “facile” par le Haut Conseil des finances publiques. "Les prévisions restent un peu optimistes et l'information est peu documentée, et du coup les résultats sur les recettes et les dépenses sont fragiles", a déclaré Pierre Moscovici, son président.
Pour le ministre de l’Économie et des Finances, Antoine Arnaud, “Il faut absolument reprendre le contrôle de la dette pour mieux financer nos services publics, pour rester libre de nos choix”. Dans les 4 vérités, le successeur de Bruno Le Maire rappelle : “Cela fait presque 40 ans que la dépense publique augmente chaque année par rapport au PIB. (...) Nous avons vécu des crises financières, une pandémie mondiale, une crise énergétique, une guerre aux portes de l’Europe. Face à ces crises, on a protégé les Français.” Le ministre de l’Économie préfère parler d’un "budget de redressement" plutôt qu’un "budget d'austérité". “Ce n'est pas comparable de baisser les salaires de l'ensemble des fonctionnaires - comme ça a été fait dans certains pays - et dire que nous n'allons pas embaucher plus de fonctionnaires", explique le nouveau locataire de Bercy sur France 2. Avant de préciser : “Chaque économie est difficile”.
Un plan budgétaire qui demande à tous de participer à l’effort collectif
En parallèle de ces économies, le nouveau budget planifie une augmentation des recettes, notamment avec une contribution exceptionnelle des 65 000 foyers les plus riches, avec plus de 500 000 euros de revenus par an. À ceux qui y voient un ISF déguisé, Antoine Arnaud répond que c’est “une contribution bornée dans le temps” qui n’a “rien à voir avec l’ISF qui est fondée sur le patrimoine”. Concernant les entreprises, les 400 plus grosses vont devoir participer à l’effort, mais aussi toutes feront l’objet d’une diminution de l’allègement des charges. Face à l’inquiétude d’une possible baisse de la croissance et de l’emploi, l’élu de la République en marche demande une “contribution exceptionnelle”. “Ce texte est perfectible”, reconnait le ministre, prêt à en débattre au Parlement. “Chaque proposition qui permettra de retirer un euro de fiscalité et d’ajouter un euro d’économie de dépense, non seulement on l’examinera, mais on la retiendra“, s’engage Antoine Arnaud. Dès le 11 octobre, le ministre de l’Économie et des Finances est attendu à 8h30 à l’Assemblée nationale pour être auditionné avec Laurent Saint-Martin, ministre chargé du Budget et des Comptes publics, par la commission des Finances.
Interrogé à propos du report de la revalorisation des retraites, qui devait intervenir le 1er janvier et qui est finalement prévue pour le 1er juillet, Antoine Arnaud demande à chacun de contribuer. En 2023, environ 9% des 75 ans ou plus (soit 527 000 personnes) vivent sous le seuil de pauvreté monétaire. Et avec l’âge, le taux de pauvreté augmente : il varie de 6,7% pour les 75-79 ans à 12,5% pour les 95 ans ou plus. “Nous avons revalorisé l’année dernière de plus de 5% les pensions de retraites, nous avons augmenté de 100 euros le minimum contributif”,
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Tous les matins, le journaliste Thomas Sotto, du lundi au jeudi, et ses confrères, Jeff Wittenberg ou Guillaume Daret, le vendredi, interviewent en direct pendant dix minutes une personnalité de la…

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