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Or


Avec sept autres anciens ministres de la santé, Frédéric Valletoux, député Horizon Seine et Marne, signe une tribune dans le journal Le Monde. Celle-ci demande le maintien de l’aide médicale d’État. Il s’agit de l’un des débats qui ont surgi cette semaine, après que Bruno Retailleau, nouveau ministre de l’Intérieur, ait ouvert ce dossier explosif, arguant qu’il avait l’intention de revoir le dispositif afin d’ajuster, voire supprimer, cette prise en charge de soins médicaux jusqu’ici garantie aux étrangers en situation irrégulière, estimant qu’elle est une « aspiration à l’immigration ». Des déclarations qui ont provoqué de vives réactions à gauche. Citant un rapport commandé par Elisabeth Borne il y a quelques mois, Frédéric Valletoux conteste les arguments du ministre de l’Intérieur. Ce rapport a démontré que l'aide médicale d’État (AME) n’était pas du tout une source d’attractivité pour les étrangers, et, plus, qu’elle était nécessaire en matière de santé publique. « Ne pas soigner les gens qui portent des maladies, des pathologies, des infections, et qui arrivent sur notre territoire, c’est les retrouver quelques semaines ou mois plus tard dans des états beaucoup plus dégradés pesant sur notre système de santé », alerte aussi l’ancien ministre.
Concernant la politique migratoire de la France, le député du parti créé par Édouard Philippe invoque une nécessité d’être « plus efficace » dans les outils que la France possède déjà. « Mais il ne s’agit pas de chercher à faire porter le sujet de la pression de la politique migratoire sur tel ou tel type de personne immigrée, simplement d’être efficace », tempère-t-il.
Marine Le Pen, une interlocutrice qui s’est rendue nécessaire ?
Cette semaine, le gouvernement Barnier a fait ses premiers pas. En ce tout début d’aventure, il a déjà connu certains couacs et recadrages, et même un coup de téléphone passé par Michel Barnier à Marine Le Pen. À propos de ce nouveau gouvernement, Frédéric Valletoux considère qu’il serait préférable de chercher des consensus plutôt que des voies de débat comme l’a fait Bruno Retailleau, qui a d’ores et déjà provoqué plusieurs tensions, en s’opposant notamment à Didier Migaud en dénonçant un « droit à l’inexécution des peines ». L’appel passé par Michel Barnier à Marine Le Pen n’a d'ailleurs pas « choqué » l’invité des 4 vérités. Si, pour lui, la femme politique ne fait pas partie de l’arc républicain, elle est en revanche un membre parlementaire qui a du poids. C’est pourquoi certains politiques, comme le chef de son parti, Édouard Philippe, sont en quelque sorte forcés d’échanger avec elle. « C’est une erreur de considérer qu’on ne peut pas échanger avec le RN dans le cadre de l’assemblée nationale ».
À cause de la dissolution de l’Assemblée nationale survenue peu après sa nomination, Frédéric Valletoux n’est resté ministre de la Santé et de la Prévention que quelques mois, du 8 février 2024 au 21 septembre 2024. Depuis la réélection du président Macron, pas moins de six ministres de la Santé se sont succédé. Dans ce contexte, comment est-il possible de proposer une politique solide ? En tout cas, le ministre éclair juge que cette « valse des ministres » est « paradoxale » et « regrettable » pour mener des combats sur le long terme.
Compte tenu de la dissolution, le débat sur la fin de vie avait été lui aussi arrêté. Plusieurs associations et malades demandent qu’il soit repris. Le député Horizons le souhaite également.
Samedi 21 septembre, une étudiante de 19 ans a été retrouvée morte, enterrée dans le Bois de Boulogne à Paris. Mardi 24 septembre, le meurtrier présumé a été arrêté en Suisse. Une information judiciaire a été ouverte pour homicide et viol. Le suspect ? Un ressortissant marocain soumis à une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Dans la foulée, les réactions des responsables politiques, à droite et à gauche, se sont enchaînées. Il faut « changer une politique pénale qui, depuis très longtemps, a laissé s'installer ce droit à l'inexécution des peines », a commenté le nouveau locataire de la place Beauvau, Bruno Retailleau. « Il y a nécessité de voir les défaillances qu’il y a eu. Il y a bien eu du laxisme judiciaire », fustige Thomas Ménagé, député RN du Loiret, invité des 4 Vérités ce jeudi 26 septembre 2024, sur France 2. « Pourquoi cette personne sous OQTF a été libérée plus tôt ? Elle avait été condamné à sept ans de prison pour viol et libéré plus tôt (car il était mineur au moment des faits NDLR) et on l’a laissé avec assignation à résidence dans un hôtel en lui demandant de pointer, alors même qu’il était dangereux, il avait déjà violé une étudiante ». Selon lui, il faudra « évoluer sur un certain nombre de textes ». « Au Rassemblement national, nous souhaitons éviter ce genre de cas avec une double peine : quand vous allez en prison vous passez à la case avion sans passer par la case libération. On ne peut plus laisser des bombes humaines sur notre sol ».
Les ratés de l’État ?
Faut-il également faire évoluer la loi concernant les mineurs ? « Aujourd'hui il y a un problème. On voit que la délinquance à changé et qu’il y a eu un ensauvagement. Quand vous êtes capables de tuer, de violer, vous devez être traités comme les majeurs », estime Thomas Ménagé.
Sur le sujet, le nouveau ministre de l'Intérieur s'est dit ouvert à travailler avec son homologue à la Justice, Didier Migaud. Mais visiblement, les deux hommes ne semblent pas être sur la même ligne politique. « Le grand écart ne pourra pas durer. On a eu sept ans de En même temps, on s’est rendus compte que ça ne fonctionnait pas. Il y va y avoir un moment où la souplesse gouvernementale ne marchera pas », assume l’élu Rassemblement national.
Se pose également les laissez-passer consulaires pour contraindre les pays d’origine à récupérer leurs ressortissants. « Il faut rentrer dans un rapport de force diplomatique avec un certain nombre de pays », commente Thomas Ménagé, qui se dit favorable également au fait de réduire « l’aide au développement », de revoir la question des Visa et de « stopper les transferts d’argent des diasporas ».
C’est le dossier le plus urgent de cette rentrée. Depuis son arrivée à la tête du gouvernement, Michel Barnier se penche sur l’épineuse question du budget 2025, avec une dette publique record puisqu’elle a atteint 110,6 % du produit intérieur brut (PIB). Elle a particulièrement augmenté : elle ne représentait que 66 % du PIB en 2007. Alors que les hausses d’impôts semblent être sérieusement envisagées par le nouveau Premier ministre, le camp présidentiel s’oppose à une telle décision. C’est pourtant ce que recommande le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, interviewé le 25 septembre 2024 dans les 4V. Pour réduire la dette de la France, il faut « combiner réduction des dépenses et certaines mesures fiscales », certifie-t-il. Le ministre de l’Économie, Antoine Armand, a parlé du pire déficit de son histoire. Un diagnostic qui n’est pas contestable selon François Villeroy de Galhau qui affirme : « Nous accumulons depuis trop longtemps trop de déficit et donc trop de dettes. Cette situation ne peut plus durer ». Le gouverneur de la Banque de France pense aux générations futures qui partent désormais avec un poids lourd à porter. La charge de la dette s’élève actuellement autour de 50 milliards et « ça va continuer à monter », indique-t-il. « Des dépenses du passé nous empêchent de faire des dépenses d’avenir comme l’éducation », regrette l’ancien directeur général délégué de BNP Paribas.
Le haut fonctionnaire explique que les prêteurs internationaux demandent à la France de réagir face à ce déficit record. En effet, la dette coûte de plus en plus cher, « plus que nous devons dépenser pour la défense nationale” informe François Villeroy de Galhau. Au début du mois de juin, avant les élections, l’écart de taux d’intérêt (le Spread) avec l’Allemagne était d’environ 0,50%. Maintenant, il s’élève à 0,80%. « Il faut vraiment soigner cette maladie », martèle le gouverneur de la Banque de France. Celui-ci préconise donc une hausse « d’impôts ciblés, justes » pour les hauts revenus et les grandes entreprises, ainsi qu’une réduction significative des dépenses publiques. Cela semble avoir été entendu par Michel Barnier, qui a évoqué la même idée. Concernant les dépenses, le haut fonctionnaire constate un manque d’efficacité. « Nous avons - à peu près - le même modèle social que nos voisins européens, les mêmes services publics, et je crois beaucoup à ce modèle social. Le problème, c’est que ça nous coûte beaucoup plus cher, nous sommes moins efficaces », analyse-t-il. Il serait possible d’économiser 300 milliards en observant ce qui marche le mieux chez nos voisins.
Une réduction des dépenses ne devrait pas rompre la croissance
Pour le gouverneur de la Banque de France, pas d’inquiétude à avoir à propos de la croissance qui pourrait être cassée par la réduction des dépenses. « Ça fait 40 ans qu’on dit que ce n'est pas le moment et qu’il ne faut pas casser la croissance. Résultat : on se retrouve avec cette dette publique, qui dérape et qui est à plus de 110% du PIB, qui lui est très supérieur à la moyenne européenne », explique François Villeroy de Galhau. Sur le plan de la croissance, le moment est favorable pour le haut fonctionnaire : « Parce que nous prévoyons à la Banque de France une reprise modérée, facilitée par la baisse de l’inflation ». L’objectif officiel : baisser le déficit public sous le seuil de 3% de produit intérieur brut à l'horizon 2027. « Ce n’est pas réaliste », affirme François Villeroy de Galhau, qui prône plutôt de viser 2030.
Lundi 23 septembre, le nouveau gouvernement s’est réuni pour le premier conseil des ministres. Après des semaines de tractations, Michel Barnier a enfin annoncé le casting de son équipe. Elle est majoritairement composée de personnalités issues du parti Les Républicains et de l’ex majorité présidentielle. A gauche, on grince des dents. « C’est tragique, ce qui se passe pour la France. Ça ne reflète pas le résultat des élections. Ça laissera des traces démocratiques », souligne Marine Tondelier, invitée des 4 Vérités, mardi 24 septembre 2024, sur France 2.
Ce nouveau gouvernement est marqué notamment par l’arrivée de personnalités conservatrices notamment Bruno Retailleau à l’intérieur ou Laurence Garnier à la consommation. Néanmoins, avant de prononcer son discours de politique générale, le 1er octobre, le nouveau Premier ministre se veut rassurant. « On n’est pas nés de la dernière pluie. Ces gens sont très à droite. (..) Nous avons sûrement des défauts mais on a le mérite de la constance. On avait un programme clair pour les Français », estime la secrétaire nationale des Écologistes, qui pointe du doigt les désaccords entre certains membres du gouvernement entrant, notamment sur le plan fiscal. « Il y a eu un sketch pendant quinze jours ».
PMA, le droit à l'IVG, les droits LGBT… Dans son allocution télévisée sur France 2, dimanche 22 septembre, Michel Barnier a également tenu à rassurer sur leur garantie. « Ce gouvernement envoie un message terriblement humiliant à beaucoup de Français, des Français que nous avions décidé de soutenir. (…) On est extrêmement inquiets et je leur apporte tout mon soutien », souligne Marine Tondelier.
Dans sa première interview accordée au Figaro en tant que ministre de l’Intérieur, ce mardi 24 septembre, Bruno Retailleau, évoque notamment l’immigration et souhaite notamment augmenter les expulsions et s’engage à mettre «un coup d’arrêt» aux entrées illégales d’étrangers en France. « Je veux m’adresser à tous les Français qui pensent que l’immigration est la cause de tous les maux des Français. Les maux des Français ce n’est pas l’immigration, ce sont les politiques macronistes qui ont fait des cadeaux aux plus riches », réagit la chef de file écologiste. « Bruno Retailleau n’est une chance pour personne », tacle-t-elle.
Budget : vers une hausse d’impôts ?
Elle déplore les « onze semaines dirigées par un gouvernement démissionnaire » et vise Emmanuel Macron. Sur le plan fiscal, Michel Barnier s’est dit notamment ouvert à augmenter les impôts pour les personnes les plus aisées. « Je ne suis pas naïve. Tous les arbitrages ont été faits par le gouvernement démissionnaire cet été », précise Marine Tondelier.
Lors de son allocution au journal de 20 heures sur France 2, le Premier ministre Michel Barnier, qui vient tout juste de former son gouvernement, a affirmé qu’il n’était pas fermé à l’idée d’augmenter les impôts pour les personnes les plus aisées. « Nous avons toujours dit que nous ne souhaitions pas d’augmentation des impôts. Ce n’est pas un dogme. La politique que nous suivons depuis sept ans, c’est de baisser les impôts. Nous avons rendu 50 milliards de pouvoir d’achat aux Français, aux entreprises, aux ménages. C’est aussi par cette politique qu’on a réussi à réduire le chômage et à redynamiser la politique industrielle française », commente Sylvain Maillard, député Ensemble pour la République de Paris, invité des 4 Vérités, ce lundi 23 septembre 2024, sur France 2. « Nous sommes dans une coalition. Et dans la coalition il y a discussion entre les partenaires », précise-t-il. Quelles sont les marges de négociations ? Michel Barnier réfléchit notamment à un gel des tranches du barème pour l'année prochaine. « Il faut absolument faire en sorte de moins dépenser, d’économiser », maintient l’élu, tout en assurant : « nous souhaitons que Michel Barnier réussisse ». Néanmoins, le nouveau locataire de Matignon reste encore flou sur un potentiel rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune. « Nous ne voulons pas d’augmentation d’impôts. On peut réfléchir à des rentes, notamment chez les énergéticiens. (…) Mais pour les particuliers, on est déjà champions du monde. On a déjà le taux de prélèvement le plus important. (…) Il faut réformer et faire en sorte de mieux dépenser ».
Une hausse d’impôts pour les plus riches
Dans son allocution, Michel Barnier a également ouvert la porte à une rediscussion des négociations sur la réforme des retraites. « Des réformes des retraites, il y en aura toujours. Il y en a eu avant, il y en aura après. C’est le principe d’un système par répartition. La dernière réforme que nous avons faite est impopulaire, nous l’avons vécu. Mais il faut faire en sorte de pouvoir payer les pensions à l’avenir, et pour cela, il faut que nous travaillions tous, collectivement, un peu plus », explique Sylvain Maillard. Il se dit ouvert à « tendre vers l’amélioration de la qualité du travail et du quotidien ».
Avec l’arrivée au gouvernement de personnalités conservatrices, à l’instar de Bruno Retailleau, l’ex Premier ministre Gabriel Attal, chef de file du parti Renaissance a réclamé des garanties sur les droits sociaux comme « la PMA, le droit à l'IVG, les droits LGBT ». Sur ces questions, le Premier ministre s’est voulu rassurant. « Cette prise de parole était importante car nous avions des inquiétudes concernant certaines nominations. Le juge de paix sera au moment du discours de la politique générale », souligne Sylvain Maillard. Il l’affirme : la suppression de l’aide médicale d’Etat sera une ligne rouge à ne pas dépasser. « Il est essentiel que l’on puisse soigner ceux qui sont sur notre territoire. C’est une question d’humanité et de santé publique ».
L’horloge ministérielle semble définitivement au ralenti… En effet, Michel Barnier ne s'est toujours pas prononcé sur ceux et celles qui composeront son gouvernement. Si des noms circulent à l’instar de celui de Bruno Retailleau pour prendre la place de Gérald Darmanin au poste de ministre de l’Intérieur, rien n’est encore gravé dans le marbre. Pour l’heure, 38 ministres seraient pressentis pour prendre la relève du gouvernement démissionnaire dont 10 personnalités issues de l’ex majorité et trois de droite. Une composition qui penche davantage à droite malgré le score des élections législatives qui donnaient l’avantage à la gauche. Parmi ceux qui ont décliné l’invitation de Michel Barnier, Karim Bouamrane, maire socialiste de Saint-Ouen, ne pouvait envisager une telle cohabitation. Et ce dernier se désole du spectacle politique offert aux électeurs de gauche : « On arrive premier et on se retrouve avec un gouvernement de droite sous tutelle du Rassemblement National. On a vu la colonne vertébrale de ce gouvernement qui se profile […] assez dur en termes de valeurs conservatrices » argue notre invité, très préoccupé par la politique régressive qui se dessine en défaveur « des minorités ». Le vice-président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis tient à alerter l’opinion publique sur ce qui reste de fracturer la France encore davantage, c’est-à-dire « des mesures libérales portées par une idéologie liberticide ».
Gouvernement : la droite se rassemble, la gauche se divise
Ce samedi 21 septembre 2024, la gauche va défiler dans les rues de la capitale aux côtés des organisations de la jeunesse mais également de La France Insoumise et des Écologistes. Une grande marche pour manifester leur désarroi depuis la nomination de Michel Barnier, qui a provoqué l’indignation mais également fragilisé la coalition de gauche, notamment au sein de LFI. Karim Bouamrane s’applique à rester fidèle à sa famille politique, il désapprouve cependant la stratégie employée par la gauche, et notamment par le fief de Jean-Luc Mélenchon, en tête de cortège. « Il aurait fallu être dans un chemin de compromis, de discussion. Je reste convaincu que le gouvernement Barnier ne tiendra pas et qu’il sera empêché […] nous à gauche, devons nous préparer pour la suite et faire en sorte qu’il n’y ait pas de bis repetita » explique le maire de Saint-Ouen.
Connue pour son engagement en faveur des quartiers populaires, la nouvelle star de la gauche souhaite recentrer le débat sur des sujets qui lui sont chers : le pouvoir d’achat, la santé et le logement. « Nous devons être en capacité de répondre favorablement à ces demandes » poursuit notre invité. C’est la raison pour laquelle son nom eut été évoqué un temps pour le poste de Premier ministre. Sur la short list des favoris de gauche du Premier ministre, ce dernier n’a jamais envisagé intégrer le gouvernement Barnier. « En ce qui me concerne, participer au gouvernement de Michel Barnier aurait été faire preuve de compromission […] lorsqu’on est de gauche, on a des marqueurs. Et aujourd’hui participer à un gouvernement qui est porté par des valeurs libérales et en plus sous tutelle du RN […] je ne pourrais pas » explique notre invité qui s’interroge toujours sur la légitimité d’un gouvernement au pouvoir. « La gauche est arrivée première. Comment on explique que la gauche se retrouve dans l’opposition avec un Premier ministre de droite ? » fustige-t-il.
Devenu spectateur de ce théâtre politique qui prend l’allure d’une farce, Karim Bouamrane tire des leçons des désaccords passés au sein du Parti Socialiste. En effet, le PS s’était opposé à la candidature de Bernard Cazeneuve, pourtant ancien socialiste. Aujourd’hui, ce dernier regrette les tergiversations et les blocages lors des négociations pour soumettre un candidat à Matignon : « On a manqué de méthode. Il aurait fallu tout de suite appréhender des discussions avec
C’est un numéro d’équilibriste particulièrement périlleux… Sur cette corde politique très fine, Michel Barnier, pourtant rompu à l’exercice, doit redoubler de vigilance. Le nouveau Premier ministre était attendu à l’Élysée ce jeudi 19 septembre 2024 pour soumettre à Emmanuel Macron sa proposition de gouvernement. Tous les Français sont suspendus aux lèvres de l’ancien négociateur, dans l’attente d’une équipe ministérielle transpartisane, capable de rassembler la gauche et la droite, si tant est que ce soit encore possible… Parmi les bruits de couloir qui ont fuités bien au-delà des murs du palais, la rumeur d’un gouvernement paritaire composé de 38 ministres dont 10 ministres de l’ex majorité et trois ministres de droite pourrait se confirmer. « Il peut y avoir des réglages d’ici l’annonce du gouvernement. On attendait cette réunion […] nous ne serons jamais force de blocage mais en même temps nous avions des questions sur le fond mais aussi en matière d’équilibre gouvernementale pour que l’incarnation de l’unité de ce socle entre le camp présidentiel et les LR puisse se traduire dans l’organisation du gouvernement » rapporte Franck Riester, ministre démissionnaire du Commerce extérieur, de l’Attractivité de la Francophonie et des Français de l’étranger.
Le gouvernement démissionnaire aurait-il fait pression sur Michel Barnier pour que ce dernier réévalue sa copie ? En effet, le gouvernement Barnier penchait davantage à droite en début de semaine, avec une force républicaine importante. « On a un message simple. Il ne faut pas qu’il y ait un bloc qui écrase les autres et qu’il y ait une représentation arithmétique du poids de chaque groupe au sein du gouvernement. Le groupe Ensemble pour la République représente presque la moitié des députés qui veulent soutenir le Premier ministre donc c’est logique qu’ils aient la moitié des postes en responsabilité pour que l’incarnation de cette unité puisse être très claire aux yeux des Français » avance notre invité. Cette hypothèse est donc loin de refléter le résultat des urnes… Ce qui devrait crisper davantage les électeurs, qui ont donné une majorité relative à la gauche. Avec 10 ministres de l’ex majorité potentiellement dans la course, où est le changement que les Français ont exprimé au second tour des élections législatives ? « Il y a un grand renouvellement de ministre et il y a une présence des LR qui est bien plus importante. Personne n'a gagné ces élections mais le socle que nous allons représenter entre le camp présidentiel et les LR et le socle le plus important à l’Assemblée nationale. Il doit refléter tant sur l’incarnation du gouvernement, tant que sur les idées ce rassemblement, cette unité et cette stabilité politique » martèle le ministre démissionnaire.
Gouvernement : la liste dévoilée aujourd’hui ?
Qu’en est-il de la coalition de gauche qui arrive en tête des votes lors des législatives anticipées ? La rupture entre le Nouveau Front Populaire et l'Élysée semble définitivement consommée. Plusieurs figures politiques, comme Olivier Faure du Socialiste, ont dénoncé un "déni démocratique", accusant Emmanuel Macron de piétiner les résultats des élections législatives. Jean-Luc Mélenchon monte le ton d’un cran, qualifiant le coup de force du chef d’État de "vol du peuple français", tandis que Marine Tondelier des Verts a exprimé son indignation face à ce qu'elle perçoit comme un mépris des électeurs. Une motion de censure contre cette nomination ainsi qu’un appel à la destitution ont été déposés en marge des négociations. Malgré ces dérapages, le camp Macron campe sur ses positions : « Ce gouvernement a la volonté de mettre en place de la stabilité pour répondre aux questions de nos compatriotes et d’aller vite sur un certain nombre de sujets qui sont prioritaires en matière de sécurité, d’économie, de pouvoir d’achat. J’espère que début de semaine prochaine, tout le monde sera au travail » martèle Franck Riester, qui confirme
Toujours pas de nouveau gouvernement et la situation se tend de plus en plus. Mercredi 18 octobre, la réunion qui devait se tenir à Matignon entre Michel Barnier et les ténors de la droite a finalement été reportée. De l’auto côté, les machinistes ne cachent pas leurs réserves et demandent des clarifications quant à la ligne politique de Michel Barnier. « Je fais confiance à Michel Barnier. Ce qui fait sa force, c'est d'être au-dessus des partis », réagit, Olivier Marleix, député droite républicaine d’Eure-et-Loir, invité des 4 Vérités, jeudi 19 septembre 2024, sur France 2. Et les tensions seraient également vives avec l’Elysée. Dans la même journée, une rumeur, depuis démentie, annonçait même une démission du nouveau Premier ministre. « La saison pour laquelle il a été choisi par le Président de la République, c’est sa capacité d’écoute pour tous les Français, son envie de respecter le suffrage des Français. Il essaye de constituer un gouvernement qui traduit cette volonté de respect, d’écoute. Je l’invite à ne pas être l’otage des chefs de partis », précise l’élu. Toujours selon les rumeurs, le président de la République aurait refusé une première liste de noms proposée par Michel Barnier. En cause ? Une liste trop à droite pour l’Elysée composé principalement des ténors des Républicains. Une situation qui fait mouche quand LR n’a remporté que 47 députés lors des dernières élections législatives. « Cela ne m’a pas échappé que les Républicains n’ont pas gagné ces élections législatives. (…) Je fais confiance à Michel Barnier pour faire un gouvernement équilibré qui exprime à la fois sa détermination et son ouverture. Il a montré que la porte était ouverte, malheureusement à gauche, certains sont toujours les otages de Monsieur Mélenchon », précise-t-il qui alerte sur la « crise politique » que traverse la France. « Le but est de trouver un gouvernement qui puisse tenir ».
Impôts, budget, immigration… Michel Barnier doit-il clarifier ?
Parmi les points de litige : l’augmentation des impôts suggérée par Michel Barnier lors de sa prise de fonction. Il se dit favorable à plus de « justice fiscale ». Invité sur France 2, mercredi 18 septembre, Gérald Darmanin a été clair: « hors de question d’appartenir à un gouvernement qui augmente les impôts ». La veille, l’ex Premier ministre, Gabriel Attal avait également demandé en urgence une réunion à Matignon pour avoir plus de précisions sur le sujet. « C’est une rumeur lancée par Gérald Darmanin pour lui permettre de la commenter », affirme Olivier Marleix. « Tout le monde est ouvert à plus de justice fiscale mais on a bien compris que les impôts c’était le problème et non la solution ».
Un nouveau gouvernement pourra-t-il être trouvé d’ici la fin de la semaine ? « Je ne sais pas. C’était le calendrier annoncé par le Premier ministre. Je lui fais confiance », réaffirme Olivier Marleix.
Depuis sa nomination, le 5 septembre 2024, Michel Barnier le nouveau Premier Ministre, rencontre différents partis afin de composer son gouvernement. Les Républicains, le groupe parlementaire dont il est issu, fera forcément partie du choix, ainsi que les partis du centre. A priori, aucune personnalité de gauche n’a souhaité participer à ce nouveau gouvernement situé à droite, en dehors de Ségolène Royal. Mercredi 18 septembre, Gérald Darmanin doit rencontre le nouveau Premier ministre avec Gabriel Attal. Suite à leur rencontre précédente, samedi 14 septembre, Gérald Darmanin aurait déclaré : « Michel Barnier m’a dit qu’il allait augmenter les impôts. », ce qui avait été démenti par Matignon. Ce matin, dans les 4V, le ministre démissionnaire réfute cette version : « Je n’ai pas l’habitude de raconter mes échanges avec qui que ce soit. »
Avant cette rencontre, le camp présidentiel s’est mis d’accord. « Nous avons un certain nombre de demandes. », indique l’ex-occupant de l’hôtel Beauvau. Celui qui va redevenir député se positionne contre un gouvernement qui augmenterait les impôts. Gérald Darmanin rappelle que depuis sept ans, le camp de la majorité n’a pas cessé de les baisser. « Moi, j’ai supprimé la taxe d’habitation. », rappelle-t-il. La Macronie a également supprimé mes cotisations, les impôts sur les sociétés et l’impôt sur la fortune. Néanmoins, le bilan économique est mitigé. Le gouvernement sortant laisse une dette record : 110,6 % du produit intérieur brut (PIB). La dette publique française a particulièrement augmenté depuis 2007, où elle ne représentait que 66 % du PIB. « On n’a pas tout fait bien dans la majorité du président de la République, c’est sûr », reconnait le ministre démissionnaire. Toutefois, Gérald Darmanin est formel : « Il ne faut pas casser cette machine économique ». Même si ça ne concerne surtout que les grandes entreprises ? « L’impôt, c’est la facilité », martèle l’élu du nord.
Quelle place pour le camp présidentiel dans le gouvernement de Michel Barnier ?
Interviewé dans Le Parisien le 17 septembre, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, soutient le contraire : « Il faudra lever le tabou sur les hausses d’impôts ». Pour réduire, la dette de la France, il faut « combiner réduction des dépenses et certaines mesures fiscales », certifie-t-il. Malgré tout, Gérald Darmanin, ainsi que tous les députés du camp du président et des LR, se sont engagés à ne pas augmenter les impôts. Le député de Tourcoing assure que la baisse d’impôts a permis de faire baisser le chômage dans sa ville. Bien que des dissensions existent entre les LR et le camp présidentiel, Emmanuel Macron a demandé à Michel Barnier d’être un Premier ministre de rassemblement, « et je sais qu’il va réussir à le faire », indique l’ancien de l’hôtel Beauvau. « Nous nous sommes prêts à rentrer dans cette union pour le pays. », affirme l’ancien ministre de l’Intérieur. Mais fera-t-il partie de ce gouvernement ? Gérald Darmanin est formel : « Je souhaite retourner au Parlement.(...) Je ne suis pas candidat à un poste ministériel. »
Plus de 10 jours après la nomination de Michel Barnier à Matignon, la composition du nouveau gouvernement se fait attendre. Et les rumeurs vont bon train. David Lisnard, Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez… Les ténors de la droite ne cachent pas leurs ambitions. « Il y a toujours plein de rumeurs dans ce domaine là », souligne Eric Woerth qui assure de son côté que « personne ne l’a contacté ». Invité des 4 Vérités ce mardi 17 octobre sur France 2, le député Ensemble pour la République de l’Oise se dit favorable à un gouvernement « assez large et équilibré ». L’ancien ministre des Finances et du budget pourrait-il faire son retour à Bercy ? Son nom circule en tout cas parmi les prétendants. « Aujourd’hui il faut passer à l’opérationnel », affirme l’ancien ministre qui « regrette le refus des socialistes de discuter sur certains sujets ».
Selon les prévisions, le déficit public pourrait atteindre les 5,6 % du PIB en fin d'année, très loin des prévisions initiales. Un défi de taille attend donc le prochain gouvernement. « La crise est passée par là mais l’économie est repartie. On est sur un bon chemin dans le domaine de l’économie, la réindustrialisation et de l’emploi », explique l’élu. « Le pays doit se transformer et cela passe notamment par l’investissement tout en maîtrisant la dette ». Selon lui, cela passe ainsi par la maîtrise de la « dépense publique ». « On a plein de pistes mais il faut passer à l’acte », assure-t-il. « Ce n’est jamais simple ». Sur la réforme des retraites qui prévoit le départ de l’âge légal à 64 ans, Michel Barnier a dit qu’il était prêt à rouvrir le débat. « Il fallait le faire. Il y a eu beaucoup d’efforts pour faire ça. Mais il faut faire très attention à conserver une trajectoire de carrière et de formation », souligne Eric Woerth.
Gouvernement : la droite fait monter les enchères
Lundi 16 septembre, le nouveau Premier ministre a reçu trois ténors des Républicains : Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez et Gérard Larcher. Avec seulement 47 députés élus aux dernières élections législatives, les Républicains pourraient bien prendre les rênes du futur gouvernement. « LR a toute sa place au gouvernement et il aurait dû l'avoir depuis deux ans. C’est un parti charnière. Il joue un rôle fondamental. S’il n’y pas LR, il n’y a pas de coalition », affirme le député, qui souhaite des « gens d’expériences qui soient capables de faire fonctionner leur ministère tout de suite, et être capables d’arbitrer les projets suffisamment transformateurs et bien pour les Français ».
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