Cʹest sur le Boulevard du Crime que nous vous emmenons, un des quartiers les plus populaires de Paris au 19e siècle, sur les traces du mime Baptiste Deburau, du comédien Frédérick Lemaître et du bandit Lacenaire, tous amoureux de la même femme, Garance.
Ils sont tous dans les Enfants du Paradis de Marcel Carné.
Un titre générique pour un film en deux épisodes, deux temps, deux époques : Le Boulevard du crime, et L'Homme blanc. En tout, 3 heures de spectacle.
Ce film culte du cinéma français est tourné à la fin de la guerre, entre 1943 et 1944, avec des moyens impressionnants, des clous et pellicules obtenus au marché noir, des milliers de figurants et quelques menus soucis avec lʹoccupant allemand.
Trauner et Kosma, le décorateur et le compositeur, juifs tous les deux, participeront au film sous un faux nom.
Arletty, la comédienne principale, sera emprisonnée à la fin du tournage pour collaboration horizontale avec lʹennemi et nʹassistera pas à la première.
Le film sort en 1945, premier film de la France libérée.
En équilibre permanent entre lʹintimisme et la fresque sociale, "Les Enfants du paradis" est à la fois un film sur les passions, lʹamour, la mort, et sur le monde du spectacle, le théâtre et ses acteurs.
Jean-Louis Barrault, Pierre Brasseur, Marcel Herrand et Arletty y jouent, sur le fil, une partition subtile et intemporelle tissée par le poète Jacques Prévert
Le film depuis est classé par lʹUnesco au patrimoine immatériel mondial
Ne tardons plus, Garance vient dʹapparaître dans la foule.
Ne la perdons pas.
Mais comme elle le dit si bien : Paris est tout petit pour ceux qui sʹaiment comme nous dʹun aussi grand amour.
DEMONPION, Denis, Arletty, Editions Flammarion, 1996
MANNONI, Laurent et SALMON, Stéphanie, Les Enfants du Paradis, Marcel Carné, Jacques Prévert, La Cinémathèque française, catalogue de lʹexposition consacrée aux enfants du paradis, 2012.