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Ce n’est pas d’hier que l’on se questionne sur les générations. Comment définir une génération? Qu’est-ce qui la caractérise? Comment déterminer le moment où une génération commence et le moment où elle se termine? Plus l’histoire s’accélère et plus les générations semblent se multiplier. Il est probablement nécessaire de faire un pas de côté pour bien penser cette question. C’est ce que nous chercherons, aujourd’hui, en cherchant à éclairer la vision du monde propre aux présentes générations qui cohabitent au Québec, et en étudiant plus particulièrement leurs comportements politiques. Pour cela, j’ai le grand plaisir de recevoir le sociologue Stéphane Kelly, qui a consacré de nombreux travaux à la question.
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On a quelquefois tendance à croire que le Québec est relativement étranger aux grands courants idéologiques qui traversent le monde occidental, et qu’il s’épargne conséquemment leur confrontation. Rien n’est plus faux. Lovés dans une culture politique consensuelle, nous faisons semblant de ne rien voir. Mais les Québécois vivent avec les querelles de leur temps. Comment pensent-ils leur rapport à la civilisation occidentale? Comment se manifeste ici le phénomène populiste? Et comment, dans la nouvelle époque qui est la nôtre, envisager leur vieux combat nationaliste pour l’indépendance? Ces questions, je les poserai à un philosophe méconnu mais essentiel, Richard Gervais, dont l’œuvre, écrite à l’encre du réalisme politique, tranche avec le ronron habituel de la pensée officielle.
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Marcel Gauchet, une des grandes figures de la vie intellectuelle françaises, a déjà écrit que cette dernière se déploie en bonne partie dans le monde des revues d’idées. Ceux qui veulent penser la société et agir sur elle s’y engagent en y trouvant un format privilégié pour penser l’histoire qui se fait sans écrire chaque fois un nouveau livre, sans se soumettre non plus au rythme d’un quotidien collé à l’actualité. La chose est aussi vraie au Québec. L’histoire de notre vie intellectuelle est aussi celle des nombreuses revues qui l’ont traversé, et parmi celles-là, on trouve l’Action nationale, à laquelle Lucia Ferreti, historienne et professeure à l’UQTR, vient de consacrer un passionnant ouvrage : L’Action nationale : le long combat pour le Québec, aux éditions Del Busso. J’ai le grand bonheur de la recevoir pour évoquer cette aventure intellectuelle.
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Depuis plusieurs années, au Québec, on parle du cours Éthique et culture religieuse, plus communément appelé ECR. Il est au cœur de nombreuses controverses. Les uns le voient comme un instrument privilégié pour favoriser «l’ouverture à la diversité», les autres s’inquiètent d’un cours qui fait la promotion active ou implicite de l’idéologie multiculturaliste. Mais qu’en est-il véritablement de ce cours? Comment s’est-il installé dans le curriculum? Quels sont ses objectifs? Et comment s’insère-t-il plus largement dans la philosophie qui commande l’école québécoise? Pour en parler, je reçois Joëlle Quérin, professeure de sociologie au Cégep de Saint-Jérôme, qui a publié au fil du temps de nombreux écrits sur ECR en plus d’avoir consacré sa thèse de doctorat à l’idéologie pédagogique dominante au Québec.
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On a longtemps considéré la social-démocratie comme l’horizon indépassable du monde capitaliste, dans la mesure où elle le civilisait et contribuait à l’humaniser. Sans promettre un grand soir révolutionnaire, elle entendait construire progressivement un nouveau modèle de société, plus équitable, plus égalitaire, aussi, à travers la mise en place de politiques sociales capables de transformer en profondeur la société, tout en sachant que le travail sera toujours à refaire, chaque époque amenant son lot de défis. Mais aujourd’hui, la social-démocratie semble fragilisée. Désertée électoralement, elle semble prise en tenaille avec la double poussée d’une nouvelle gauche radicale et de la droite populiste, vers laquelle se tournent de plus en plus les classes populaires. Mon invité d’aujourd’hui, Alain Noël, qui est professeur au département de science politique de l’Université de Montréal, ne veut toutefois pas désespérer de son avenir. Au contraire. Dans Utopies provisoire, un ouvrage qui vient de paraître chez Québec-Amérique, il se livre à une défense convaincue de la social-démocratie et cherche à démonter pourquoi elle demeure selon lui porteuse d’une vraie promesse d’émancipation. Je le reçois aujourd’hui pour en parler.
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Longtemps, la Nouvelle-France a occupé une place centrale, et même fondatrice, dans la mémoire collective du peuple québécois. Elle racontait une grande aventure, celle de la naissance d’un peuple. Mais depuis une cinquantaine d’années, on semble avoir perdu sa trace. Elle ne passionnait plus, comme si le Québec moderne, qui voulait tout recommencer en 1960, devenait à lui-même sa propre fondation. Et pourtant, aujourd’hui, elle remonte à la surface, mais sous un visage inattendu. On se rappelle la mémoire de la Nouvelle-France mais pour la maudire, ou du moins, pour jeter un regard hypercritique sur les origines de la nation, que l’on croit notamment marquées au fer rouge de l’esclavage. Qu’en est-il vraiment? Que représente cette période dans notre histoire? Sous quels traits faut-il se la remémorer? Pour en parler, je reçois l’historien Éric Bédard qui vient de diriger pour le Figaro Histoire un excellent numéro sur la Nouvelle-France.
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On a l’habitude d’assimiler, de manière un peu rituelle, la philosophie à l’amour de la sagesse. Elle permettrait de méditer sur le monde, de l’éclairer, de mieux le comprendre. Nul ne contestera que ce soit souvent le cas. Mais qu’arrive-t-il lorsque la philosophie devient folle? C’est la question posée par Jean-François Braunstein dans un livre essentiel, Quand la philosophie devient folle, paru en 2018 chez Grasset. Il se questionne sur les élucubrations de la théorie du genre, sur l’antihumanisme qui accompagne trop souvent la cause animaliste et sur le nouveau rapport à la mort qui s’impose dans notre société. Pour mieux comprendre cette dérive de la philosophie, j’ai le plaisir de le recevoir aujourd’hui.
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La question de la réforme du mode de scrutin traîne dans l’actualité depuis plusieurs années. Officiellement, ou du moins, selon le consensus médiatique en vigueur, il y aurait un consensus en sa faveur. Mais est-ce vraiment le cas? La parution, il y a quelques semaines, du livre Le pouvoir québécois menacé : non à la proportionnelle, laisse croire le contraire. Se pourrait-il que la proportionnelle soit une fausse bonne idée? Pour explorer cette idée, je reçois l’auteur de cet ouvrage, Christian Dufour. Ce sera aussi l’occasion de revenir sur les grandes étapes de son parcours intellectuel, au cours duquel il a développé une des pensées politiques les plus stimulantes des dernières décennies au Québec.
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À un an et quelques mois des prochaines élections présidentielles américaines, le monde occidental cherche encore à comprendre Donald Trump. Mais au-delà des caricatures, que comprend-on de la personnalité et des objectifs du président américain? Pourquoi sa base lui demeure-t-elle fidèle et pourquoi ceux qui le condamnent le détestent-ils autant? Pour en parler, je reçois Laure Mandeville, journaliste et grand reporter au Figaro qui a été parmi les rares, il y a quatre ans, à prendre au sérieux la candidature de Trump et même à annoncer sa possible victoire.
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André Gladu est une des grandes figures du cinéma documentaire québécois. Récemment, son œuvre était à l'honneur dans le cadre d'une rétrospective à la Cinémathèque de Montréal. Au fil d'une longue carrière, il a jeté un regard tout à fait particulier sur ce qu'on pourrait appeler l'Autre Amérique : celle marquée par l'Amérique française, dans ses nombreuses mutations. Il a aussi exploré dans ses profondeurs la culture québécoise. Pour mieux connaître l'oeuvre de ce cinéaste, j'ai invité l'écrivain Carl Bergeron, qui s'y est intéressé et nous en présente un portrait passionnant. On y verra une belle manière, dans le cadre de cette émission, de célébrer la Fête nationale.
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Une série où l'on cherche à éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux qui traversent nos sociétés. Historiens, sociologues, politistes, philosophes, juristes et essayistes seront invités à analyser la société ou à en débattre, à la lumière de leurs travaux et réflexions. Animé par Mathieu Bock-Côté

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