Quand j’avais 8 ans, j'avais une peur bleue de tomber dans la classe de Maître Paulin. Il était connu pour être l'enseignant le plus sévère de l'école. Avec lui, il fallait filer droit, sinon c'était la chicotte, le palmatoire , aucune négociation possible. Les connaisseurs savent de quoi je parle.
Pour décrire ce tempérament, on utilise une expression très intéressante en goun : « yé ni Yran houn ». Et c’est précisément ce que nous allons découvrir aujourd'hui.
« Vous écoutez Les Mots Panés. Je suis Lindagbé. Ici, on explore les trésors des langues du Bénin pour se comprendre, s’émerveiller et tisser des liens. C’est parti ! »
Pour qualifier quelqu’un de très sévère en goun, on dit : « É Yran houn ». Et si l’on veut donner encore plus de force à cette image, pour indiquer une rigidité sans faille, on dira : « é Yran houn gbaou ».
Mais que se cache-t-il derrière ces mots ?
Littéralement, « Yé ni Yran houn », c’est l’action de « se rendre le sang mauvais ». Cette expression traduit l’idée qu’une personne sévère empoisonne son propre sang, qu’elle le « gâte » par sa propre dureté.
Si vous vous souvenez de l’épisode sur « yé ni gblé ho min » (se fâcher), qui signifie littéralement « s’abîmer les entrailles », nous restons dans le même esprit.
Néanmoins, Se fâcher est souvent une réaction passagère, un état qui finit par s'arrêter. La sévérité, elle, est perçue comme un trait de caractère, une posture continue. Quelqu’un de sévère aurait donc, en quelque sorte, le sang « constamment mauvais ». C’est être sous pression, au sens propre comme au figuré. À force d'exigence, on finit par s'étouffer soi-même.
Ça m’arrive, moi aussi, d’être sévère, de me montrer inflexible. Je vais donc commencer par balayer devant ma porte avant de vous bombarder de conseils : prenons juste conscience que cette dureté nous fait du mal.
Il est important de garder en tête qu’on peut toujours s'améliorer en laissant toujours un peu plus de place à la souplesse et la bienveillance.
Pour traduire ce tempérament, la langue française utilise une expression que vous connaissez sans doute : « être une peau de vache ». On évoque ici une enveloppe dure, une cuirasse inflexible. Au Québec, l'équivalent serait de dire que quelqu'un est « toff » (de l'anglais tough) toujours dans le même esprit.
Et vous ? Qui, dans votre enfance, considériez-vous comme une personne très sévère ? Quelle est l’expression de chez vous qui décrit le mieux cette rigidité, ce « mauvais sang » ?
Partagez-la moi en commentaire, je suis impatiente de vous lire !
Merci de m’avoir écoutée. On se retrouve très vite pour une nouvelle découverte.
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