
Sign up to save your podcasts
Or


Parallax est le nom donné à l’exposition que le musée du Jeu de Paume à Paris consacre au plasticien, photographe et cinéaste canadien Stan Douglas. Un titre qui désigne le déplacement apparent d’un objet selon la position du spectateur et qui, métaphoriquement, fait de ce phénomène optique le rappel que les récits et les perceptions ne sont jamais stabilisés ni achevées.
Cette idée est au cœur du travail de Stan Douglas, né en 1960 à Vancouver, où il continue de vivre et de travailler. Stan Douglas élabore des dispositifs complexes pour piéger les récits dominants, donner place aux histoire mineurs et mettre en crise tant les processus à travers lesquels nous produisons et regardons les images.
A travers une trentaine d’œuvres permettant à la fois de saisir l’ampleur du travail de Stan Douglas et de ne pas surcharger et saturer une exposition fondée sur des œuvres dont la densité visuelle et réflexive exige du temps, le Jeu de Paume propose un parcours à la fois intelligent et lisible dans une œuvre dont la complexité et l’abstraction ne cède jamais à l’exercice de style, alors qu’il s’agit de créer des « images impossibles » dans lesquelles la technicité vient troubler la réalité.
Le commissariat de cette exposition est signé Gloria Moure et Marta Ponsa.
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
La dix-huitième biennale d’art contemporain de Lyon, dont la première édition date de 1991, a ouvert le 19 septembre dernier et vous pourrez en visiter les différents lieux jusqu’à la mi-décembre si vous passez par l’ancienne capitale des Gaules.
Elle se déploie à la fois sur le site des « Grandes Locos », installé dans un ancien atelier SNCF, sur celui du Musée d’art contemporain mais aussi dans l’ancien Musée des tissus ainsi que dans quelques points de l’agglomération lyonnaise, en particulier l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne.
Avec ses 120 artistes de 42 nationalités différentes exposés et ses milliers de visiteurs, la biennale de Lyon s’est imposée comme l’une des principales à se tenir dans le monde, même si on pourra s’interroger, dans la discussion, sur les possibles limites de ce modèle de la biennale d’art contemporain, qui se sont multipliées depuis deux décennies.
Le titre de cette biennale est « Passer d’un rêve à l’autre », le thème structurant en est l’économie, la commissaire est l’australienne Catherine Nichols et la directrice artistique, Isabelle Bertolotti.
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
« Passer d’un rêve à l’autre » en empruntant les traboules de la capitale des Gaules et en se rendant d’un ancien atelier SNCF à un musée des tissus aujourd’hui désaffecté puis découvrir le travail saisissant de précision d’un des plus grands plasticiens canadiens.
« L’esprit critique » de ce jour se rend d’abord, en prenant le temps, à la biennale d’art contemporain de Lyon dont la commissaire est cette fois l’australienne Catherine Nichols, puis au Jeu de Paume qui consacre une exposition au travail de Stan Douglas, situé entre document et fiction, entre cinéma et photographie.
Avec :
• Guslagie Malanda, actrice et curatrice d’exposition indépendante
• Margot Nguyen, travailleuse de l’art indépendante
• Magali Lesauvage, journaliste indépendante
« L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé par les équipes de Gong, cette semaine par Corentin Dubois.
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Uma Luz Cordial, « Une lumière cordiale » en français, est le dernier volet de la « Trilogie de
Chiennes » de la metteuse en scène, écrivaine et performeuse brésilienne Carolina Bianchi. Il
a été présenté cet été au Festival d’Avignon et, en cette rentrée, au Théâtre de l'Odéon - Théâtre
de l'Europe à Paris, dans le cadre du Festival d'Automne.
Dans le premier volet, « La mariée et bonne nuit Cendrillon », l’artiste racontait son viol sous
GHB et s’endormait sur scène après avoir absorbé la drogue dite du violeur. Le second, intitulé
Brotherhood, débutait sur son réveil puis cherchait à donner une place aux femmes dans une
histoire abusivement masculine.
Dans ce troisième et dernier chapitre, Carolina Bianchi se concentre sur les liens entre sexe et
écriture, en convoquant plusieurs auteurs et autrices, au premier rang desquelles Emily
Dickinson et surtout Hilda Hilst, poétesse brésilienne ayant notamment écrit le sulfureux Cahier
rose de Lori Lamby dans lequel une narratrice de huit ans décrit le plaisir qu’elle prend aux
relations tarifées avec des adultes.
Le texte d’Uma Luz Cordial est publié aux Solitaires intempestifs.
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
L’hors-présence ou chimères du pays de Morsan est le titre du nouveau spectacle de la metteuse
en scène Tiphaine Raffier, créé au Festival d’Avignon et présenté récemment au théâtre des
Amandiers à Nanterre, avant de tourner dans de nombreuses villes du pays.
Sur scène, une maison d’un petit bourg visible à travers une baie vitrée, dans laquelle Laure,
condamné par un cancer, est revenue vivre ses derniers jours, entourée de ses deux frères et de
sa sœur, qui n’ont pas le même regard ni sur elle, ni sur la manière d’agir dans cette situation
de fin de vie, souvent dérobée aux regards, et que Tiphaine Raffier veut ici à la fois mettre enscène et montrer en gros plan puisque le dispositif théâtral est ici redoublé par un agencement
vidéo dont les zooms sur une main qui se crispe ou une trachée qui étouffe sous l’effet d’une
fausse route est retransmis sur le toit de la maison à travers un large écran.
Autour de Laure, chaque personnage - frères, sœur, amis, voisins, militants, personnel soignant
- négocie son rapport à la fin de vie et à la promesse qui a été faite à Laure de l’aider à partir
après que celle-ci a rédigé ses directives anticipées, établi un calendrier de son reste à vivre et
même commandé deux urnes funéraires.
Cela avant une seconde partie où, autour d’une mystérieuse boîte enterrée, le spectacle quitte
la veine naturaliste qui le structure au départ pour partir dans des dimensions davantage
mythologiques et philosophiques.
L’Hors-présence sera prochainement visible à la Comédie de Saint-Etienne, puis à celle de
Clermont-Ferrand et de Valence, avant de se rendre au TNP de Villeurbanne.
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
La metteuse en scène Pauline Bayle présente, au Théâtre public de Montreuil qu’elle dirige, sa
version de l’épopée indienne du Mahabharata, texte fondateur issu d’une tradition orale fixée
par écrit en sanskrit au Vème siècle avant notre ère.
Composé d’environ 250 000 vers, soit 15 fois plus que l’Iliade que Pauline Bayle avait porté
sur scène précédemment, le Mahabharata signifie « Grande histoire des Bhârata » et raconte
l’histoire d’une guerre sur plusieurs générations entre deux branches d’une même famille, les
Pandava et les Kaurava.
Même pour un spectacle durant trois heures, la metteuse en scène a donc dû opérer des choix
drastiques, pour présenter une version contemporaine de cette épopée, qu’elle a choisi de mettre
en scène avec une distribution entièrement féminine, alors que l’histoire est d’abord celle de
rois, de guerriers et de princes se disputant le pouvoir.
Cette adaptation contemporaine de ce récit mythique datant de plus de 25 siècles parvient-elle
à donner au public le sentiment que celui-ci à quelque chose à nous dire aujourd’hui, que ce
soit sur la violence, la destruction du monde, la transmission ou la rupture entre générations ?
Le Mahabharata de Pauline Bayle était pendant un mois au Théâtre Public de Montreuil, et
part ensuite en tournée à Douai, Tourcoing, Lyon, Le Havre, Cherbourg, Tours, Châteauroux,
Châtenay-Malabry et Tremblay.
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Trois metteuses en scène pour trois spectacles intenses et denses, approchant ou dépassant les
trois heures de représentation. L’adaptation contemporaine et féminisée d’une grande épopée
de l’humanité ; un huis clos sur ce que la fin de vie produit dans une famille qui y est confrontée
et la clôture d’une trilogie où l’on sera passé du viol à la vie sans rarement se départir de la
violence.
On évoque dans « L’esprit critique » de ce jour la version contemporaine que la metteuse en
scène Pauline Bayle propose du Mahabharata au Théâtre Public de Montreuil qu’elle dirige, le
nouveau spectacle écrit et scénographié par Tiphaine Raffier, intitulé L’hors-présence ou
chimères du pays de Morsan montré aux Amandiers à Nanterre et enfin Uma Luz Cordial de
Carolina Bianchi qui vient clore sa « Trilogie des chiennes ».
Avec :
• Zineb Soulaimani, que vous pouvez lire dans Le Quotidien de l’art et dont vous pouvez aussi
écouter le podcast « Le Beau Bizarre ».
• Caroline Châtelet, qui écrit pour ScèneWeb et les trimestriel Théâtre, Novo et Jeux.
• Vincent Bouquet dont vous pouvez retrouver la plume sur ScèneWeb.
« L’esprit critique » est enregistré et réalisé chaque semaine par les équipes de Gong, en
l’occurrence par Corentin Dubois.
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Nous avions évoqué dans un des premiers podcasts de « L’esprit critique » consacré à la littérature, en en disant beaucoup de bien, Shuggie Bain, le premier roman de Douglas Stuart, qui avait été récompensé par le Booker Prize en 2020 et prenait pour décor le Glasgow pauvre des années 1980 dans lequel se profilait l’ombre des politiques décrétées par la dame de fer, Margaret Thatcher.
Douglas Stuart revient en cette rentrée avec un nouveau livre, également publié chez Globe et également traduit de l’anglais, et plus précisément de l’écossais, par Charles Bonnet, intitulé John, fils de John.
Il y est, comme dans Shuggie Bain, question de la relation tumultueuse entre un parent et un enfant et d’une petite communauté où l’argent est aussi rare que les difficultés de la vie sont nombreuses.
Mais le roman prend cette fois place non pas dans un quartier pauvre de Glasgow mais sur l’île de Harris, dans l’archipel des Hébrides extérieures située au nord-ouest de l’Ecosse. Une île qui ne vivait quasiment que de pêche et d’une petite activité textile avant que le tourisme et les résidences secondaires n’arrivent. Et une île où Dieu règne encore en maître, comme les hommes sur les femmes et les pères sur leurs enfants, dans le cadre d’une opposition existentielle entre les « îliens » et les « terriens ».
« Elle avait les pieds violet foie de veau. Voilà ce que lui avait dit son père avant de raccrocher » : ainsi commence ce texte sur un de ces échanges entre le fils de John et son père qui, nous explique d’enbléé le narrateur « n’avait jamais été un grand bavard. Leurs coups de fil ressemblaient donc à un échange avec une hotline. »
Le roman commence lorsque le fils de John, Cal, revient sur l’île après quatre ans à étudier à Édimbourg, sans un sou ni perspective d’emploi, mais en ayant la possibilité de vivre son homosexualité tenue secrète dans le milieu traditionnel dont il est issu.
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
« A bout de nerfs et trempé de sueur : ainsi commença ma vie de prof » écrit Yannick Haenel dans les premières pages de son nouveau livre dans lequel il revient sur son début de carrière comme enseignant de lettres dans différents établissements de la banlieue parisienne.
Ce livre s’intitule La solitude des professeurs est infinie et est publié, comme les précédents, aux éditions Gallimard et se trouve sur la dernière liste retenue par le jury Goncourt.
Après la description de sa première rentrée comme stagiaire et d’une année qui s’écoule jusqu’à une fête de fin d’année virant à la catastrophe, Yannick Haenel raconte dans un roman qui est d’abord un récit autobiographique (puisqu’il dit se reconnaître « dans la matière de ce roman dont j’ai vécu chaque détail ») à la fois sa vie amoureuse et ses neuf années de prof qui composent dans la mémoire du narrateur, « une séquence unique, opaque et continuelle, dont il m’est impossible de retrouver la chronologie. »
Même si Yannick Haenel écrit que la phrase qui donne son titre à son nouveau roman était un mantra qu’il se récitait déjà, tout jeune enseignant et il y a plusieurs décennies, dans le RER le menant à son collège de banlieue, elle sonne différemment à nos oreilles depuis la décapitation de Samuel Paty et l’assassinat de Dominique Bernard à l’ombre desquels ce livre de Yannick Haenel est rédigé.
« Pas de vagues », écrit-il en effet. Cette phrase transperce chaque année les salles de profs des collèges et des lycées en France ; elle continuera à les transpercer tant qu’un chef d’établissement étouffera sous le poids de la hiérarchie les problèmes qui affectent notre travail qui le rendent impossible et finalement nous tuent. C’est ainsi, des dizaines d’années plus tard, que Samuel Paty est mort : personne n’a voulu réagir quand on l’a menacé. »
Mélange étrange entre le Cercle des Poètes disparus et les Territoires perdus de la République ou ode au métier d’enseignant ? Parabole politique ou récit avant tout personnel ? Quoi qu’il en soit, écrit Yannick Haenel : « J’avais besoin, j’ai toujours besoin de me croire dans un roman : si l’on ne conçoit pas sa vie comme une fiction, existe-t-on vraiment ? »
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ? est le titre du nouveau roman de Lucie Rico, publié chez POL, comme ses deux précédents ouvrages, Le Chant du poulet sous vide et GPS. Comme l’autrice, la narratrice, Jennifer donc, est née à Perpignan, avant d’en partir pour Paris, où elle retranscrit des comptes rendus de plans de licenciements.
« Trois ans après mon renvoi, j’avais trouvé ce travail, comme si la vie me proposait une répétition générale permanente » écrit Lucie Rico, dans ce texte au ton tragi-comique. Mais il s’avère que soudainement la touche « point » de son clavier refuse de répondre, rendant non seulement son métier impossible, mais annonçant un dysfonctionnement général et la nécessité de poursuivre des phrases et des mémoires laissées en suspens.
Le problème de ce clavier qui avale les lettres n’est en effet pas une panne, mais un diagnostic de ce qui ne « s’achève plus » chez la narratrice.
Pour se reconstituer elle-même, et reconstituer les souvenirs de mercredis passés chez son grand-père, celle-ci décide donc, poussé par un amant avocat, de suivre une procédure habituellement réservée aux affaires criminelles : reconstituer au plus proche – meubles, papier-peint, odeur - l’appartement de son grand-père pour savoir ce qui lui est vraiment arrivée lorsqu’elle était une enfant de huit ans. Il s’agit bien pour elle « d’habiter son enfance », ainsi qu’elle l’écrit à un moment du livre.
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
From the publisher's feed
Cinéma, littérature, spectacles, expos : chaque semaine, L’esprit critique, c’est le nouveau podcast proposé par Mediapart pour inciser l’actualité culturelle, renouveler les voix qui…
Hébergé par Audiomeans.
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

7 Listeners

114 Listeners

226 Listeners

94 Listeners

25 Listeners

11 Listeners

53 Listeners

1 Listeners

4 Listeners

2 Listeners

165 Listeners

24 Listeners

4 Listeners

64 Listeners

17 Listeners

37 Listeners

2 Listeners

0 Listeners

0 Listeners

4 Listeners

0 Listeners

0 Listeners

3 Listeners

4 Listeners

0 Listeners