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Le Club est l'un de mes romans préférés. Non seulement le style est remarquable, vif, d'une ironie piquetée, mais surtout les personnages, ces sept hommes, sont devenus des copains. Je les retrouve avec plaisir à chaque lecture. Ils me manquent vite, j'ai souvent envie d'avoir de leurs nouvelles alors je réouvre le livre et je les retrouve comme un soulagement, celui de savoir qu'ils n'ont pas changé. Touchants, vrais, drôles, fraternels et de mauvaise foi. Souvent je dis que si une femme veut savoir comment pense un homme, alors elle n'a qu'à lire Le Club. Roman éminemment masculin, il ne parle que d'un seul sujet, celui qui me touche le plus au monde : les femmes, et la relation que nous entretenons ensemble.
Un podcast à écouter avec une bière fraîche. En écoutant du rock californien des années 80. Steely Dan, Hey Nineteen, un autre chef d'oeuvre.
Cheers!
Chapitres 3, 4 et 5, où John T. Unger prend un bain luxueux, découvre l'histoire des Washington et de la mine, et fait la rencontre de Kismine.
Un podcast à écouter avec un cocktail de milieu de soirée, au coin du feu, un Old Fashion ou un Godfather. Par petites lampées sucrées mais qui ne trompent pas. Et en écoutant un trio qui ne se prend pas au sérieux, mais qui joue sérieusement. Oui, Oscar Peterson serait parfait.
Cheers!
Fitzgerald représente pour moi un certain art de vivre : une décadence qui aurait largué toutes les amarres, y compris celles de l'auto apitoiement. Tout d'ailleurs est dans ce titre : la démesure, le luxe, l'outrance comme une plaisanterie, une plaisanterie d'initiés qui seuls saisiront l'ironie. Pas d'apitoiement sur son propre sort, donc, mais de l'auto dérision, en revanche, ça oui. La nouvelle toutefois est sérieuse, ciselée, un style ample qui prend son temps, qui s'installe. Comme une Rolls. Un peu datée mais toujours élégante. Un art de vivre, plus triste que flambeur, plus raffiné que triste.
Un podcast à écouter avec un disque de bossa nova, cette musique créée par la jeune aristocratie carioca désoeuvrée mais consciente de sa chance. Et en sirotant un dry martini. Voire deux, voire huit (avec modération, cela va de soi).
PS. J'ai un petit peu bidouillé le son et effectué deux ou trois manipulations de montage audio. Les oreilles attentives le saisiront peut-être, et je leur présente mes excuses.
Cheers !
Le film de Patrice Chéreau était suffisamment troublant pour que je m'interroge sur le livre à son origine. L'histoire de Kureishi n'a rien à voir avec le film, ce qui est en soi assez étrange. Ici, on assiste à une histoire d'amour à l'envers : Kureishi décrypte la fin d'un couple. Le narrateur le dit d'emblée, ce soir est la dernière soirée de couple avec sa femme. Et il va expliquer pourquoi. C'est dans la dissection franche de la banalité d'un couple que se niche la maîtrise de Kureishi. Tous ces détails sur lesquels chacun pourrait passer, mais qui s'ancrent, ces habitudes qui deviennent lassitudes. Ces mécaniques qui ne sont plus que les dernières charnières d'une histoire qui tourne à vide.
Un podcast à écouter en faisant tourner la glace d'un gin tonic ; plus de gin que de raison, et moins de tonic. Il faut que ce soit sec. En écoutant un groupe de rock anglais de la fin des années 90. Un truc un peu triste mais bien tourné, Radiohead.
Roman qui a bercé mon enfance et m'a probablement fait sentir les prémices de la littérature, celle qui allait m'emmener bien plus loin que le murs de l'école. Le style simple, les personnages immédiats, l'histoire d'amour éternelle : tout est un miracle d'évidence et d'universalité. Et c'est peut-être ici que le talent de Barjavel prend corps, dans le privilège accordé à l'histoire plutôt qu'au style, mais une histoire aussi forte que simple, tout en évitant les pièges des clichés. Bref : Barjavel sous nos yeux crée un mythe.
Un podcast à écouter avec un grog, bien sûr, fumant et parfumé, tout en écoutant un autre classique français, Debussy et sa suite bergamasque par exemple. Romantique et troublante.
Cheers.
La franchise brute de ses lettres d'amour est de toute beauté. Que dire d'autre ?
Un podcast à écouter avec un jazz fiévreux, embrumé d'alcool et au parfum de sueur et de cave parisienne. J'ai en tête le Raven's Wood de Stan Getz et son dialogue de bouledogues célestes entre le sax et le piano. Et un bourbon sec, bu d'une traite pour le plaisir de la brûlure davantage que le goût de l'alcool. Ou un Old Fashion si l'on aime sophistiquer ses démons.
Cheers.
L'intelligence d'Annie Ernaux est faite de son écoute de ce qui l'entoure, de la vie autour d'elle et, bien sûr, de sa propre vie. Mais pas comme sujet, pas comme centre d'intérêt, plutôt comme support de mémoire. Annie Ernaux est un témoin du temps qui passe, elle s'attache à décrire ce temps, et ce qui le compose, émotions, sensations, lieux, de la façon la plus juste possible. Cette quête de vérité à travers les mots est d'autant plus frappante qu'elle s'exprime avec une rare simplicité. On parle d'une écriture blanche, une écriture au scalpel, probablement parce que comme le scalpel il n'y a pas besoin d'en faire des caisses pour accéder à l'intérieur de ce qui est ausculté. Simplement d'être précis, et net. Alors tout se révèle, limpide, franc, froidement exposé, dans une forme de beauté d'autant plus troublante qu'elle est montrée sans effet. Cela aussi est un révélateur pour moi de l'intelligence d'un auteur, affranchi des circonvolutions de style pour s'attarder sur ce qui est juste. La façon dont Annie Ernaux parle de sa maison pour mieux évoquer sa soeur perdue et jamais connue, m'apaise et m'émeut à chaque fois (un jour il faudra que je vous lise Les Années, son chef d'oeuvre à mon sens). C'est un travail d'humilité, presque d'artisanat, qui ne veut pas briller mais être aussi pur que possible.
Un podcast à écouter avec une musique à l'avenant, probablement une pièce classique, un violon solo. Pas de place pour l'esbroufe, une musique comme vecteur vers la pureté. Une sonate de Bach. Et en buvant quelque chose de léger, d'immédiat. Un vin blanc simple et pas si mauvais comme on en trouve souvent dans les supermarchés, par chance et au hasard d'une étiquette inspirante.
Lecture de l'introduction de cet essai que Djian consacre à dix de ses livres préférés, les livres qui ont marqué sa vie, les auteurs qui l'ont mis à genoux. Le style très direct, et surtout très honnête de Djian, sa volonté derrière chaque mot de s'approcher au plus près de l'os de la vérité, fait d'Ardoise l'un de mes livres de chevet : tout le rapport à la littérature est là, dans ce qu'elle provoque, bouleverse, renverse, construit, structure, ébranle, et détermine. Dans ce qu'elle a de si essentiel qu'elle fait l'homme que je suis aujourd'hui, plus que n'importe quelle autre expérience (hormis certaines femmes, et de rares amis). Bref : nulle part mieux que dans ce texte ai-je lu meilleure description de ce dont est capable un livre.
Egalement, le chapitre sur Miller, et l'analyse sans ambages et terriblement pertinente et droite par Djian de la pornographie en littérature. Des pages auxquelles je reviens très souvent, pas pour la pornographie, mais pour leur vérité.
Un podcast à écouter avec une musique organique, franche, une musique qui ne laisse place à aucune connivence. Une musique qui se moque des codes jusqu'à les ignorer pour libérer la vraie nature des sensations. Bitches Brew, peut-être, ou les Pixies. Avec un verre de vin, un Bourgogne, massif, mais vrai, à la première gorgée difficile mais à la profondeur soudain évidente. Cheers.
Chapitres 1, 2 et 3 de ce roman de James Salter, où la relation amoureuse douce amère entre un jeune touriste américain et une jeune française sous le regard du narrateur vibre et hésite comme la lumière d'automne, où tout est encore possible, surtout l'irrésolu, où les ombres sont encore pâles et les demi-teintes sont loi, subtiles, éphémères et ténues.
Un texte à lire (ou à écouter) avec un album de jazz américain en vinyle, un album enregistré en France, pourquoi pas un album de Barney Wilen, et en sirotant un cocktail French 75 : l'Amérique du Gin, la France du Champagne, l'acidité (la lucidité ?) du citron pour vivifier le sucre de l'amour.
Elise aimait particulièrement que je lui lise des textes le soir, sa tête sur mon épaule dans son grand lit.
Parce que le style, davantage que l'histoire, c'est la voix, et l'expression intime d'une vision du monde.
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