Faut-il un coup de pouce pour les propriétaires des voitures de société les plus polluantes ? Le ministre des Finances, le CD&V Vincent Van Peteghem, voudrait faire un geste avant les élections. Les partis de gauche, PS et Ecolo, sont vent debout. Repas de famille Si vous n’aviez pas eu assez de disputes au cours des dîners de famille de fin d’année, que vous avez épuisé tous les sujets, le wokisme, le nucléaire, les SUV... Vincent Van Peteghem vous propose un petit rabiot pour la Chandeleur, un vieux classique revisité : les voitures de société. Idéal, en particulier au moment des crêpes. La question idéale pour se disputer est donc : faut-il aider les bénéficiaires d’une voiture de société essence ou Diesel. C’est l’idée de Vincent Van Peteghem. Auréolé du succès de ses bons d’État, mais orphelin de sa réforme fiscale, il se cherche encore un trophée avant les élections. Il propose donc de faire un geste fiscal envers les bénéficiaires d’une voiture de société thermique. Un vivier électoral immense. Il faut se plonger dans les chiffres pour comprendre l’enjeu. Selon Stabel, il y aurait en Belgique plus d’1.200.000 voitures salaires en circulation, 300.000 hybrides, 100.000 électriques, et donc 779.000 thermiques, Diesel ou essence. Dernier élément, les voitures salaires sont plus présentes en Flandre que dans le sud du pays. Contradiction Mais pourquoi aider les propriétaires de voitures thermiques ? Le gouvernement pousse pourtant à passer à l’électrique. Justement parce que le gouvernement favorise l’électrique, les bénéficiaires d’une voiture de société thermique vont voir leur ATN, leur avantage de toute nature, augmenter cette année. Pour faire simple, l’ATN - c’est-à-dire ce qu’un travailleur qui bénéficie d’une voiture doit au fisc - est calculé en fonction de l'empreinte carbone moyenne du parc. Or, puisqu’il y a de plus en plus d’électriques, cette moyenne baisse. Toutes les voitures qui se retrouvent au-dessus de la moyenne vont donc payer plus cher. Un exemple, pour une BMW X1, un des modèles les plus populaires en société, l’ATN mensuel passerait, pour un véhicule à essence, de 171 euros en 2023 à 216 euros en 2024, soit 45 euros par mois en plus. Le ministre des Finances veut donc intervenir pour atténuer cette hausse, c’est-à-dire contrer les effets d’une politique qu’il a décidée avec le gouvernement pour justement décourager les voitures de société thermique au profit de l’électrique ou des hybrides. Bronca Bien sûr, les écologistes ne sont pas du tout d’accord et les socialistes non plus. Car cette intervention aura un coût disent-ils, ils évoquent un chiffre de 200 millions d’euros de manque à gagner. Non, dit le ministre des Finances, car cette hausse de l’ATN n’avait pas été anticipée dans le budget (qui est largement déficitaire). Mais ce qui met du piment dans la discussion, c’est que le ministre ait pu laisser entendre qu’il pourrait décider lui-même de ne pas publier les arrêtés royaux, pas d’arrêté, pas de hausse, pas de hausse… pas de hausse. Ce geste serait très mal pris par les socialistes et les écologistes qui souhaitent donc négocier et mettent d’autres dossiers dans la balance : augmentation de l’indemnité vélo, lutte plus importante contre les abus d’optimisation fiscale, bref, de quoi imaginer une franche discussion avant les élections, le Kern de fin de semaine pourrait ressembler à un mauvais dîner de famille.
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