Oeil qui s'arrête - forcément - ce matin, sur le Proche Orient.
3 jours - à peine depuis les attaques du Hamas.
Un peu plus de 72 heures, on va essayer avec vous d'établir les premières conséquences que l'on peut tirer de ce qui se passe là bas.
Oui, avec un préambule évident.
72heures ou un peu plus après le déferlement de violence du Hamas, IL est encore extrêmement TOT pour établir de très fermes certitudes.
Une évidence. c'est la première, tout de même.
Le conflit s'est rappelé aux yeux de tous.
c'était la volonté de ceux qui ont porté la violence jusqu'en Israël
c'est le douloureux constat de ceux qui l'ont subi de plein fouet - Israëliens, civils qui - en bien trop grand nombre - l'ont payé de leur vie.
Rappel enfin aux yeux, de toute la communauté internationale qui jusqu'ici, s'en trouvait très confortable de regarder ailleurs.
C'est important de le noter.
L'opposition entre Israël et Gaza était en quelque sorte devenu un combat de basse intensité.
On parlait bien plus de points de friction OU de tension. que de réelle combat.
Depuis samedi, ce conflit est devenu - dans les mots mêmes des dirigeants israéliens - une guerre.
Et ça, dans cet région, dans ce contexte, c'est un deuxième enseignement important.
Important pourquoi?
Israël vivait déjà jusqu'ici dans un contexte très sécuritaire. Le pays était en quelque sorte déjà en guerre, non?
Oui, et non.
Ce qui est particulièrement complexe, ici, Francois, c'est qu'il faut manipuler les termes, les mots, le vocabulaire avec une prudence extrême.
Israël est en guerre, oui, mais pas contre une armée. Pas en guerre contre des soldats. Le Hamas n'est d'ailleurs pas l'armée régulière d'un Etat. Israël d'ailleurs ne reconnait pas l'existence d'un état palestinien...
Alors, qu'est-ce qu'elle est cette guerre?
Une guerre contre le terrorisme pratiqué par le Hamas.
Voilà la réponse que l'on pourrait formuler.
D'accord. Guerre donc contre le Hamas.
cela étant établi, qu'est-ce que ca nous apprend de plus?
Hé bien, une fois l'ennemi clairement désigné, les parties au conflit devraient s'en tenir à ne frapper QUE l'ennemi... On oublie parfois cette dimension, mais le droit international codifie AUSSI la manière dont DEVRAIT se dérouler les conflits armés.
Ici, fixons le d'emblée.
Les hommes en arme du Hamas en se livrant à des attaques d'une barbarie sans nom ont fait comprendre à tous qu'il ne respectait aucunement cette règle très précise du droit de la guerre.
Les exécutions de civils. Les enlèvements. Les massacres, rue par rue, maison par maison, de citoyen israélien, entreront à coup sur dans la catégorie des crimes de guerre. Ce déferlement de haine DEVRA être un jour poursuivi et jugé.
Mais, par sa réponse, Israël se positionne AUSSI dans un schéma de spirale.
Spirale du pire, lit on ici. Inéluctable riposte, dit-on aillers
Escalade, ou engrenage.
Passé les toutes premières heures de stupéfaction, le Ministre isaélien de la défense a promis une réponse dont Gazaaurait à se souvenir durant 50 ans...
Une jounaliste israélienne - irano-israélienne, en réaction à cela, appelait son pays à se garder de tout désir de vengeance.
Car la vengeance est tout l'inverse de la Justice.
La vengeance n'ajoutera que de la violence à la violence.
En somme, face à l'exigence de sécurité que les iraéliens sont en droit de réclamer de leur Gouverement, la vengeance joue à l'opposé.
Mais c'est un message quasiment impossible à entedre, non?
Avec les crimes auxquelles on a assisté - presque en direct - l'Etat Israélien ne peut qu'avoir une réation extrêmement ferme.
Oui, et vu le contexte, plaider pour que chacun dépose les armes, ça tient de la naïveté ou d'une méconnaissance coupable de ce qui se passe là bas.
D'autant qu'il y a des otages, aussi...
Evidemment, et cet élément là est bien sûr un défi de plus à résoude pour Israël.
Comment récupérer ces otages - on parle d'une centaine au moins d'otage.
Des civils, parfois, des miitaires israéliens aussi capturé et emmené pour certains dans la Bande de Gaza...
Un élément qui peut surprendre; Et je crois qu'il faut le souligner.
Des observateurs ont tenu à comparer ce qui se passe en ce moment
avec le 11 septembre. Avec le Bataclan. Avec la guerre du Kippour.
Il faut se montrer prudent avec ce genre de paralèlle. Qui amène vite à tirer des conséquences qui était valable à l'époque mais qui ne le sont pas ici.
Oui, Israël semble aoir été totalement surpris.
Comme au déclenchement de la Guerre du Kipour. Mais non, sa survie en tant qu'Etat n'est ici en aucun cas en jeu.
Oui, l'attaque sur la Rave party rappelle les fusilades du bataclan, les rafales sur les terrasses à Paris.
Mais les attaques du Hamas ces 3 derniers jours relèvent de geste géopolitique plus complexe. IL y a dans le chef du Hamas, un message envoyé aux autres Etats de la région - Nous sommes en mesure de déstabiliser tout notre environnemnt.
Enfin oui, dans son ampleur - dans sa soudainté - les actes terroristes de ces derniers jours rappelle le 11 septembre... mais +de 20 ans se sont écoulé depuis. Le contexte (et de loin) n'est plus celui d'une histoire arrêtée au lendemain de la guerre froide.
Alors que retenir ?
Les mots peut-être d'Elie Barnavi - dans le Monde.
Pour l'ancien ambassader d'Israel en France, le massacre auquel nous avons assisté résulte de la conjonction entre une organisation islamiste fanatique et une politique israélienne imbécile.
Les 2 ont joué du rapport de force pour repousser au plus loin l'hypothétique règlement pacifique du différent.
Tant qu'aucun de ces 2 éléments ne modifera sa ligne de conduite, iL n'y aura pas d'issue favorable.
Ni sécurité pour les uns, ni reconnaissane pour les autres.