Le train est-il le ciment de la Belgique ? C’est la question qu’on se pose dans les coulisses du pouvoir ? L’activité ferroviaire est en tous les cas indissociable de l’histoire de la Belgique. Et comme elle, son avenir n’est pas sur des rails. BEHE Oui la Belgique est créée en 1830, je ne vous apprend rien, et le premier train roule 5 ans plus tard. En 1835, Léopold 1er inaugure ce qui est alors la première ligne de chemin de fer du continent européen à Malines. A l’époque, les autorités belge veulent faire de Malines, siège de l’Episcopat, le nœud ferroviaire de la Belgique. Au grand dam des Wallons déjà, et de certains milieux laïques… Pour la petite histoire, le train qui était censé ramener Leopold premier et les presque 900 invités à Bruxelles est tombé en panne…Ca ne s’invente pas. Tout ce petit monde à du retourner en calèche… Mais bref, retenons ceci, la construction de la Belgique comme Etat Nation se matérialise avec la construction très rapide d’un réseau, qui sera pour longtemps un des plus dense du monde. La Belgique est petite et très industrialisée. Et très vite, ce réseau se construit, comme les institutions belge de manière centralisée, en étoile pour relier les grandes villes du pays à Bruxelles. Et le réseau est si dense qu’il structure profondément le territoire, y compris dans les zones plus reculées… Jusque dans les années 50, les années de l’expo 58, la SNCB est l’objet d’une certaine fierté nationale. D’ailleurs l’ancêtre de la RTBF, l’INR réalisait déjà des spéciales dans les trains… Et il y avait déjà des journalistes avec un micro volant dans les Wagons… SON SNCB 1 ¨ FRH On a rien inventé en matière de spéciale donc, même si on joue sans doute un peu moins à la Belote. BEHE Oui et une fois passé les années 50 commence la période du désamour pour le rail, avec l’avènement de la voiture, mais en parallèle nous vivons aussi le désamour pour la Belgique. Début 1970 le rail est comme la Belgique dépassé par les faits. Au même moment ou Gaston Eyskens premier ministre pronnonce sa phrase célèbre L’etat unitaire est dépassée par les faits, on ferme des gares à toute vapeur. SON SNCB 2 ¨ FRH Le ton a bien changé, le rail entre en dépression… BEHE Oui comme la Belgique, le parallèle est vraiment frappant. Il n’y a pas nécéssairement un lien de cause à effet, mais une corrélation très marquante. A partir des années 80 on parle du rail en termes de coûts, la SNCB est une structure lourde, il faut l’alléger. On continue à fermer des gares, à supprimer des lignes. Dès 1999, le parlement flamand demande la régionalisation de la SNCB. L’idée apparaît assez vite comme très difficilement réalisable. Mais, au début des années 2000, alors que les francophones ont besoin d’argent pour leurs écoles, on couche pour la première fois la fameuse clef de répartition 60/40. Cette clé qui à conduit à arrêter des travaux du RER côté francophone, parce qu’on avait pas encore dépensé tout l’argent côté flamand. Mais plusieurs élus flamands ont déjà demandé de revoir cette clé pour avoir plus d’argent pour investir dans le port d’Anvers. Enfin, 10 ans plus tard, au moment où la sixième réforme de l’Etat rend la Belgique définitivement illisible, on divise aussi le rail en trois entités, la SNCB, la SNCB Holding et infrabel on y comprends tellement plus rien, qu’on réformera la réforme pour arriver à deux entités. Infrabel et la SNCB. On en est là aujourd’hui, le rail belge aura épousé toute les vicissitudes de l’Etat Belge, et en même temps elle lui aura aussi résisté. La régionalisation du rail apparaît tellement comme inefficace et coûteuse que même les nationalistes flamands, n’en font vraiment une priorité.