Midi Bascule

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By Radio BasculeArts
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Midi Bascule episodes

  • S3E10 Reportage - Dans les coulisses d’un défilé

    Le vendredi 3 novembre s’est déroulé le défilé de mode des 39 collections des étudiants Bachelor et Master de la HEAD. Avec en moyenne 10 tenues par collection, c’est plus de 60 mannequins qui ont porté ces créations originales.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 24 novembre 2023

    Publiée le 27 novembre 2023

    Crédits photo : Rachel Maisonneuve

    7 min
  • S3E10 Intégrale - Mode suisse et durable, rêve ou réalité?

    La mode suisse



    Depuis 2011, la plateforme professionnelle Mode Suisse organise tous les six mois des événements qui n’ont rien à envier aux Fashion Weeks parisienne et new-yorkaise. Parmi les personnalités qui font bouger les lignes: Nina Yuun transforme des chemises de seconde main en créations originales, Sophie Fellay récupère de la laine de moutons suisses, habituellement brûlée, pour constituer ses pièces et Kevin Germanier – dont on a pu apercevoir les tricots dans la série Netflix, Emily in Paris – utilise des tissus recyclés et récupère des perles jetées. La mode suisse semble être internationale. Les créateurs locaux s'exportent, tandis que des artistes viennent de l'étranger pour étudier et s'installent parfois, lançant leurs projets artistiques en terres helvétiques.





    Des écoles à la mode



    La qualité des formations proposées à Genève, Zurich et Bâle y est pour beaucoup dans l’équation. Celles-ci attirent des talents de l’étranger et font éclore ceux qui se trouvent déjà dans la région. Rachel Maisonneuve a assisté au défilé des étudiant·e·s Bachelor et Master de la HEAD. Elle s’est infiltrée dans les coulisses de la répétition générale, une fourmilière grouillante et impatiente où étudiant·e·s, mannequins et habilleur·euse·s se dévoilent. La styliste Lucie Guiragossian est une ancienne étudiante de la HEAD. Elle quitte la France pour ses études, avant de fonder à Genève, en 2019, sa marque Lundi Piscine. Beata Modrzynska, elle aussi diplômée de la HEAD, vit actuellement en Pologne et a créé en 2019 Aporeei. Toutes deux tiennent à honorer leurs valeurs dans leur travail.



    Une mode durable et éthique



    Lucie Guiragossian fait le constat de la situation:




    À l'heure actuelle, l'industrie textile tient la palme de la deuxième industrie la plus polluante au monde.




    Elle s'interroge alors sur les possibilités de créer sans détruire, mais en valorisant ce qui est déjà. L'upcycling est l'une des approches de la création de vêtements durables: il s'agit de récupérer le textile d'éléments de seconde main pour fabriquer les nouvelles pièces. Beata Modrzynska souligne l'importance de concilier mode et conscience écologique et pratique notamment le Zero Waste dans la découpe des patrons. Les chutes sont réutilisées en ornements et rien n'est jeté.



    Vivre de la mode en Suisse



    Ce paysage actuel fait rêver mais son futur est incertain. Dans une société qui prône la surconsommation, il est difficile de maintenir sur le long terme des productions écoresponsables. Remporter des concours à l’étranger peut suffire pour trouver une place dans une maison établie, mais qu’en est-il de celles et ceux qui souhaitent créer leur propre label en Suisse? Fabriquer de manière éthique et écologique a un coût conséquent pour les stylistes locaux, qui peinent à rentrer dans leurs frais.



    José Lillo observe globalement la situation actuelle et se pose aussi de nombreuses questions. Il s'interroge sur 2023, 2022, 2021, et toutes les années qui précèdent. À choisir, pour laquelle faudrait-il opter?



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 24 novembre 2023

    Publiée le 24 novembre 2023

    Crédits photo : Lundi Piscine

    54 min
  • S3E09 Chronique d'Olivier - Machine, elle est badass!

    La réponse dans cette chronique, où il est aussi question des vertus climato- ou ostéo-destructrices des mâles au volant, surtout quand ils pilotent une Lamborghini ou des pelleteuses.



    Marie-Eve: Lui, il a parfois les emportements d’un bulldozer, le caractère encombrant d’une dameuse, le snobisme d’une grue et le côté cynique d’une tractopelle. Il était donc la personne toute désignée pour dire pas mal de bêtises sur le sujet du jour. Je veux parler d’Olivier bien sûr. Alors on t’écoute, à nos risques et périls…



    Elle est bien, hein, notre animatrice? La langue bien pendue, l’esprit clair, la résistance au stress d’un bloc d’alliage alien à mémoire de forme, bref une pro pilotant détendue ce paquebot qu’est une émission hebdomadaire en direct. J’ai carrément envie de dire: Machine, elle est badass!



    M.-E.: Non mais hé, c’est moi que tu appelles Machine?  



    Mais c’est un titre honorifique, Marie-Eve, pas une insulte! Et je le fais bien sûr par référence aux conductrices de machines de chantier cyclopéennes que nous pouvons entendre dans le podcast de nos invitées, où l’on entend d’ailleurs et les machines, et les conductrices. Le résultat? Une symphonie absolument jouissive. C’est tout simple: j’ai été ensorcelé par ce podcast.



    Et c’est là que tu vas me rétorquer Marie-Eve: ouaaaaiis, d’accord, je vois, tu flashais gamin sur les Monster Trucks ou alors un 24 décembre tes parents ne t'ont pas offert le porte-conteneur télécommandé que tu avais mis sur ta liste au Père Noël, du coup tu as macéré toute ta vie dans une frustration terrible, et tu as donc jeté un regard au final malaisant sur le podcast, que tu as décoré de je ne sais quels fantasmes issus du partiarcat rance et patati et patata…



    M.-E.: Oui, ce même patriarcat qui t’amène à me piquer mes relances.



    Mais pas du tout, je viens de t’en laisser une d’ailleurs. Et tu m’as mal compris. Machines a certes éveillé en moi un imaginaire hétéronormé, l’imaginaire des héroïnes badass qui peuplent la littérature, le cinéma et d’autres formes d’art, OK. Cela dit…



    M.-E.: Taratata hep hep hep, commence déjà par nous dire ce que tu entends par héroïne badass.



    Comment reconnaître une héroïne badass? Ce n'est pas sorcier. Si, à l’énoncé de cette expression, il vous vient comme première image celle de votre mère armée d’une feuille de boucher et coursant votre père pour le raccourcir d’une tête, en l’occurrence vous n’avez pas connu une héroïne badass, vous avez eu une enfance dysfonctionnelle.



    Bien. Maintenant que nous savons ce qu’elle n’est pas, intéressons-nous à ce qu’elle est, l’héroïne badass. Disons pour faire court qu’elle a le palpitant bien accroché et qu’elle prend les choses en main. Elle ne se soucie pas de marcher sur les plates-bandes des mecs, parce qu’elle va où elle veut, l’héroïne badass. Et elle a un rapport à la technologie et aux machines qui est décomplexé. Elle est en cela une image d’émancipation.



    M.-E.: Admettons. Tu pourrais illustrer ton propos?



    Sans problème: vive le lieutenant Ripley dans Alien, qui n’hésite pas à endosser l’armure d’un robot de chantier pour savater les crocs du méchant xénomorphe! Vive Lisbeth Salander, la hackeuse écorchée et surdouée des romans Millenium de Stieg Larson, et Lara Croft, la sémillante aventurière vidéoludique, et vive encore la Bonnie Parker du film d’Arthur Penn, qui manie comme personne la mitrailleuse Thompson aux côtés de Clyde Barrow! Non moi je te dis, dès qu’il s’agit de mettre des engins létaux, énormes, contondants ou tranchants dans les mains de quelqu’un, dès qu’il s’agit de remettre les clefs d’une entreprise, d’un Etat ou d’un véhicule colossal à quelqu’un, je milite ardemment pour ce que ce soit à une femme.



    Pour la conduite, c’est même valable à partir du tricycle ou de la 2CV. Voyez les statistiques de la circulation routière: concernant les excès de vitesse, l’abus d’alcool ou de stupéfiants, les accidents avec dommage corporel ou les accidents mortels, les hommes sont surreprésentés! Donnez à un type quelques verres de fendant et n’importe quel joujou, par exemple une Lamborghini jaune canari, et allez ensuite demander son avis à Léonard Gianadda, vous m’en direz des nouvelles…



    Un dernier fait divers, ou plutôt un fait de l’hiver qui peine à s’installer, suffira à vous convaincre du bien-fondé de ma démonstration. Mettons que vous soyez assez con ou affairiste pour persister à vouloir organiser une course de Coupe du monde de ski à Zermatt début novembre, alors que l’automne ressemble de plus en plus à un été attardé sous nos latitudes. Mettons que vous soyez assez sot pour vous dire: pas de problème, allons racler le glacier du Théodule à coups de pelleteuses pour préparer la piste et en dehors du périmètre autorisé s’il vous plaît. Hé bien je prends les paris : si on avait placé certaines des femmes entendues dans Machines aux manettes de ces pelleteuses, je suis sûr qu’elles seraient allées désosser la Lamborghini de Constantin plutôt que d’éviscérer un glacier qui ne leur avait rien fait.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 17 novembre 2023

    Publiée le 20 novembre 2023

    5 min
  • S3E09 Intégrale - Spéciale podcast: Machines

    Des chants de chantiers



    Les chantiers font partie de notre quotidien. Ils représentent l’étape la plus concrète et la plus visible de la transformation d’une ville. Parce que nos cités évoluent sans cesse et que les machines suscitent autant l’agacement que la fascination, Maxine Reys et Audrey Bersier s’y sont intéressées. Réaliser une oeuvre artistique avec ces monstres de métal, c’est le défi qu’elles ont relevé. Elles ont même réussi à transformer ces bruits que l'on qualifie facilement d’insupportables en doux chants de baleines.



    L'art est partout



    Les artistes pluridsciplinaires Maxine Reys et Audrey Bersier ont fondé Pintozor Prod. en 2018. Elles explorent artistiquement en explosant les murs : l'angoisse de la salle noire, explique Maxine Reys, qui trouve l'art dehors, dans l'espace public, là où les passants ne le perçoivent pas nécessairement du premier coup d'œil. Pour le trouver, il faut tendre l'oreille! Les deux créatrices participent à l'appel à projets Radio Bascule 2021 et imaginent le podcast Machines. Dans cette création, elles saisissent non seulement le réel, en partant à la rencontre de celles qui conduisent ces engins, mais laissent également voguer leur imaginaire. À l'origine de ce podcast, des messages vocaux WhatsApp: Maxine Reys en envoie à Audrey Bersier, en l'interrogeant sur ce qu'elle entend. Une baleine? Non, une grue, sans ailes, mais elle chante aussi. L'idée leur est alors venue de jouer avec ces sons mécaniques, de les transformer. Parler des machines de chantier les intrigue également pour le milieu socio-culturel dans lequel celles-ci se rencontrent, qui leur est étranger.



    Des femmes conductrices de machines



    Pour entrer en contact avec les conductrices de machines, de nombreux e-mails sont envoyés aux entreprises de construction de la place. Les employeurs sont fiers de leur parler de leur seule employée, ce qui fait sourire les deux créatrices. Les conductrices sont parfois interloquées, voire méfiantes, car elles ne comprennent pas toutes immédiatement l'intérêt de Maxine Reys et Audrey Bersier pour leur activité. Mais aucune ne refuse de répondre à leurs questions. Les deux artistes comme les auditeurices ressentent vite la tendresse des témoignages, lorsque ces femmes évoquent leurs machines. Quant à Olivier, il célèbre les héroïnes badass du cinéma, de la littérature et d'autres formes d'art, qui manient, elles aussi, de grosses machines.



    Expérimenter, documenter et imaginer



    Les questions sont les seuls mots scénarisés. Le reste est improvisé, l'expérimentation est le maître-mot des field recordings, les enregistrements du terrain, ainsi que des réactions et dialogues des deux artistes. Les sons des machines sont transformés en chants d'animaux, cigales ou baleines, pour atteindre la poésie de leur fragilité mécanique.




    Il y a toujours beaucoup de documentaire dans la fiction et de fiction dans le documentaire.




    Maxine Reys et Audrey Bersier s'amusent du format de docufiction que prennent généralement leurs créations et qui leur laisse une grande liberté d'expression, tout en s'ancrant dans une part de réalité. Par moment, leur récit frôle par exemple la science-fiction.



    S'immerger dans Machines



    Il est recommandé de porter un casque pour découvrir ce podcast. Pas un casque de chantier, mais des écouteurs audios : l’enregistrement a été effectué avec un micro binaural. Cela signifie que chaque oreille entend des bruits différents, avec le bon équipement. Les sons semblent tourbillonner autour de la tête et emportent l'auditeurice. À écouter ou réécouter, en attendant Machines 2, qui est, dans la tête des deux artistes, pour le moment dédié aux femmes maniant de toutes petites machines, tatoueuses, dentistes ou encore étalonneuses.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 17 novembre 2023

    Publiée le 17 novembre 2023

    Crédits photo : Maxine Reys et Audrey Bersier

    54 min
  • S3E08 Interview - Un siècle de bascule écologique, avec Panos Mantziaras

    L'éco-siècle



    Panos Mantziaras est ingénieur architecte, directeur de la Fondation Braillard Architectes. Il lance le programme de recherche et culture The Eco-Century Project®, le projet de l'éco-siècle, qui vise à joindre les connaissances actuelles pour construire le futur :




    Le XXIe siècle sera écologique ou ne le sera pas.




    Dans un cas comme dans l'autre, il prévoit un changement drastique de nos conditions et modes de vie. C'est aujourd'hui que nous pouvons orienter ce basculement.



    Le système urbain



    Panos Mantziaras envisage la ville dans sa complexité. Son approche systémique lui permet de relever les interactions entre les bâtiments, qui échangent leur chaleur et contruisent ensemble le climat urbain.




    La Suisse se conçoit elle-même comme un pavillon dans lequel se construisent d'autres pavillons.




    Il faut arrêter cela, explique-t-il, et construire de manière à atteindre une température acceptable dans chaque quartier.



    Végétaliser la ville



    Il est nécessaire de ramener les espaces verts en ville, notamment les arbres, indispensables pour rendre l'espace urbain vivable. La présence du lac est une aubaine pour Genève, qui ne manque pas d'eau pour entretenir la végétation. Devant l'abattage d'un cèdre centenaire à la Servette, Panos Mantziaras dénonce l'inconscience de l'acte :




    Abattre un arbre sain en ville, c’est de l’automutilation sociétale.




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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 10 novembre 2023

    Publiée le 13 novembre 2023

    11 min
  • S3E08 Interview - Il faut désasphalter la ville, selon Reto Camponovo

    La nécessité de s'adapter



    Reto Camponovo est ingénieur énergéticien, responsable du Laboratoire LECEA (Laboratoire Environnement Climat Energie Architecture) et professeur ordinaire HES à l'HEPIA. Spécialiste de la thermodynamie, il commence par s'intéresser aux bâtiments, avant d'opter pour une vision plus globale, celle de la ville et de son climat. Son constat est clair :




    Il est trop tard aujourd'hui pour éviter de souffrir du dérèglement climatique, il faut maintenant s'adapter.




    Ni Genève, ni Lausanne ne sont en mesure d'affronter la hausse des températures. Les quartiers anciens comme les constructions des années 1970 sont les plus inquiétés. Plusieurs solutions s'offrent à nous, mais une grande réflexion doit être menée en amont.



    L'art de la mesure



    Lorsque l'on entend parler de température et des problématiques liées, on évoque généralement la température de l'air. Or, pour parvenir à établir un plan d'adaptation de la ville aux bouleversements climatiques, il faut d'abord étudier la température équivalente, ressentie par le corps humain. Reto Camponovo étudie donc ce dernier pour identifier les caractéristiques de la ville à modifier. Pour ce faire, son équipe a inventé le microclimamètre, un appareil qui prend la forme d'un sac à dos. Une fois équipé, l'outil mesure plus de 40 paramètres, captant ainsi les besoins du piéton, l'usager de la ville.



    Atteindre un climat urbain supportable



    Reto Camponovo revient sur la nécessité de penser à une échelle globale l'évolution de la ville. Il ne s'agit pas de construire séparément des bâtiments plus adaptés au dérèglement climatique, mais d'envisager cela de manière systémique. Construction, végétalisation, tout doit être minutieusement réfléchi dans son ensemble et adapté à chaque localisation. Il rédige d'ailleurs un guide qui vulgarise ces notions, portant pour le moment le titre provisoire La ville fait le climat. Les bâtiments doivent être repensés, pour abandonner le côté lisse et carré, au profit des formes permettant aux constructions de s'auto-ombrager.




    ll faut désasphalter la ville.




    Il est également nécessaire de ramener la nature dans la ville. Méfiant envers les slogans comme Il faut planter 500 arbres, Reto Camponovo privilégie une étude précise de chaque lieu accueillant les arbres. En effet, ces derniers doivent pouvoir s'y développer et survivre, la chaleur leur étant également néfaste, mais leur présence en milieu urbain est nécessaire :




    L’arbre est le parasol le plus intelligent.




    Partageant la lassitude des climatologues, Reto Camponovo retrouve espoir dans l'enseignement. La jeunesse est écologiquement consciente et sensible aux enjeux climatiques. On ne les écoute pas assez.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 10 novembre 2023

    Publiée le 13 novembre 2023

    17 min
  • S3E08 Chronique de José - Au bal des borgnes

    Salut à toi qui m’écoute, qui que tu sois, où que tu sois. Tu t’en doutes, la période n’est pas très joyeuse, malgré l’approche des fêtes de Noël et les efforts annuels de Mariah Carey pour détendre l’ambiance en cette saison. En ce moment, ça ne le fait pas. Mariah Carey, personnellement, ça a de toute façon toujours plus contribué à aggraver mon état nerveux qu’à me consoler de l’état du monde et me faire rentrer dans les tympans l’esprit de Noël.



    Le monde est tellement sinistre, je ne sais même pas ce que je fais là, à prendre inconsidérément des risques qui peuvent me conduire, en une phrase, à la ruine réputationnelle. Tout ça pour une bête chronique... Bon, je préviens, j’ai pris des cibles faciles, c’est très tendance cette année et c’est moins risqué. En ce moment, le truc le plus gai que j’ai trouvé dans l’actualité c’est l’anniversaire d’Alain Delon qui fêtait ce mercredi ses 88 ans, c’est dire…



    Alain Delon, dont Jean-Marie Lepen disait en 2010 qu’il était le seul acteur à pouvoir physiquement et mentalement l’incarner au cinéma. Mentalement, je dis pas, un acteur ça doit pouvoir tout incarner, mais physiquement… Il y a quand même de la marge entre un bouffi éructant au teint de vinasse et le plus bel homme du cinéma français, toutes époques confondues. Bon, Jean-Marie Lepen étant une personne en situation de handicap au niveau de son champ visuel... Vous ne le savez peut-être pas, mais il manque un œil à Jean-Marie Lepen. Oui, ce malheureux l’a tragiquement perdu en 65, en montant bêtement un chapiteau pour la campagne de Jean-Louis Tixier-Vignancour, premier candidat d’extrême-droite à la présidentielle française. La poisse : décollement fatal de la rétine en tapant, comme une brute, sur une sardine avec un maillet. Comme quoi, monter un chapiteau, ça peut être plus dangereux que de brancher la gégène sur un algérien pendant la guerre.



    Alors, bon, après ça, on ne peut pas trop le chamailler, Jean-Marie, sur la véracité de sa libre appréciation de sa ressemblance physique avec Alain Delon. Vous me direz, Hitler se prenait pour un aryen, on peut bien laisser à Jean-Marie Lepen le droit de se prendre pour Alain Delon. C’est pas plus invraisemblable que si le RN et Reconquête s’invitaient à une marche républicaine contre l’antisémitisme.



    Jean-Marie Lepen, il ne faut pas lui en vouloir, on a été trop dur avec lui, quand il a dit en 87 que les chambres à gaz c’est un point de détail de l’histoire. C’était pas parce qu’il était d’extrême-droite et antisémite, pas du tout ! C’était parce qu’il n'arrivait pas à bien les voir, à cause de son œil borgne. N’est pas le capitaine Albator qui veut, un peu d’indulgence ! On se représente mal ce que c’est que de vivre en état de déficience visuelle monoculaire, une affection qui frappe beaucoup de monde aujourd’hui.



    C’est comme ne pas arriver à qualifier les actes abjects perpétrés le 7 octobre par le Hamas de terrorisme ou considérer que 4'500 enfants morts sous les bombes après quatre semaines de bombardements, c’est de la légitime défense. C’est comme penser que les règles essentielles du droit humanitaire qui fixent des limites à la barbarie de la guerre ne s’appliquent qu’aux organisations terroristes, aux pays arabes, à la Russie, à la Chine, à l’Asie et à l’Afrique, jamais à l’Occident ni aux démocraties.



    L’état de déficience visuelle monoculaire, c’est contribuer sciemment à créditer un parti aux racines profondément antisémites comme rempart républicain contre l’antisémitisme juste parce que ça arrange et que ça coule la gauche. C’est être infoutu de voir que le gauchisme dans ses composantes dites radicales préfère se suicider en live, à coups de tweets pourris, de bastons sur les campus, de spéculations perchées à des hauteurs stratosphériques dans le cocon feutré de l’entre-soi que lutter et composer pour se rendre audible et puissant.



    C’est aussi cette phrase abominable de l’éditorialiste Céline Pina sur CNews à propos des enfants morts dans les bombardements intensifs de Gaza par l’armée israélienne : Une bombe qui explose tuera sans doute des enfants, mais ces enfants ne mourront pas en ayant l’impression qu’en face d’eux, l’humanité a trahi tout ce qu’ils étaient en droit d’attendre. Oui, t’as raison Pina, on inscrira ça sur un futur mémorial palestinien : Morts sans avoir eu l’impression que l’humanité a trahi tout ce qu’ils étaient en droit d’attendre. Finalement, nous sommes un peu comme Jean-Marie Lepen, nous sommes toutes et tous devenus borgnes, nous ne voyons qu’un camp et pas l’autre.



    Nous ne voyons pas la mort. Elle est devenue, elle aussi, un détail de la guerre.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 10 novembre 2023

    Publiée le 13 novembre 2023

    Crédits photo: Anne Bouchard

    6 min
  • S3E08 Reportage - Habiter durablement à la campagne : une grange devenue cluster

    Deux architectes, Arthur de Buren et Charles Capré se sont donné le défi de réhabiliter une grange en cluster d’habitation collective. Les habitant·e·s se déplacent à vélo, les matériaux sont recyclés un maximum et l’isolation repensée au vu du réchauffement climatique.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 10 novembre 2023

    Publiée le 13 novembre 2023

    Crédits photo : Lucie Eidenbenz

    7 min
  • S3E08 Intégrale - Rôtir en ville ? L'architecture au défi du réchauffement


    L'urgence climatique



    Reprenons les faits et débutons par un constat glaçant, terme on ne peut plus mal choisi en l’occurrence. Le secrétaire général de l’ONU déclarait en effet il y a quelques temps :




    L’ère du réchauffement climatique est terminée, place à l’ère de l’ébullition mondiale.




    C’est un constat largement partagé, fruit d’un consensus scientifique que seuls quelques zazous songent à remettre en cause, eux qui récusent, minimisent ou négligent carrément le réchauffement climatique, souvent au service de lobbys fossiles ou de théories complotistes qui surchauffent de la cafetière. Il fait très chaud, l’année 2023 a de nouveau enregistré plusieurs records de température depuis le début des mesures et gageons que 2024 et suivantes vont encore nous réserver leur lot de phénomènes extrêmes.



    Les hautes températures en ville



    Alors que faire, comment lutter ? Comment construire, en particulier en ville, pour éviter la liquéfaction des habitants des centres urbains ? Pas question de tous se retrouver avec des blocs de climatisation qui poussent sur nos immeubles comme des verrues : ils refroidissent les logements en consommant une énergie colossale et crachent leur air chaud au-dehors, dans les rues, qui sont donc encore moins vivables ! La solution résiderait-elle dans la végétalisation des toits, des murs, des villes ? Dans les bâtiments passifs, à énergie positive ou bioclimatiques ? Dans les promesses de l’architecture 2226, qui annonce une température constante dans ses immeubles sans chauffage ni climatisation ?



    Adapter à grande échelle



    Reto Camponovo, ingénieur énergéticien, apporte son éclairage sur la situation et sur les méthodes à adopter pour aller de l'avant, dans la bonne direction. Il s'accorde avec Panos Mantziaras, ingénieur architecte, sur la nécessité de penser à une échelle globale l'évolution de la ville. Il ne s'agit pas de construire séparément des bâtiments plus adaptés au dérèglement climatique, mais d'envisager cela de manière systémique. Construction, végétalisation, tout doit être minutieusement réfléchi dans son ensemble et adapté à chaque localisation.



    Lucie Eidenbenz est allée à la rencontre d'Arthur de Buren et Charles Capré, deux architectes qui ont réhabilité une grange en cluster d'habitation. Une solution admirable selon les deux invités, mais adaptée à un espace précis, la campagne. La ville présente des caractéristiques différentes, les méthodes utilisées ne sont donc pas applicables à l'identique. Reto Camponovo enseigne, ce qui lui redonne confiance en l'avenir : la jeunesse est écologiquement consciente et sensible aux enjeux climatiques. Quant à José Lillo, il laisse de côté le temps qu'il fait pour se plonger dans le temps présent. Il déniche dans l'actualité un anniversaire, qui ne fait pas remonter que de bons souvenirs.



    Des solutions complexes mais possibles



    Il n'est pas aisé d'esquisser les contours de la ville d’aujourd’hui et de demain, une ville réaliste, agile et hospitalière. Les défis sont nombreux, si l’on tient compte du fait que le réchauffement est avéré et que nous n’allons cesser d’en subir les effets de plus en plus marqués. Cesser d’imperméabiliser les sols, garantir la circulation des moyens de transport, des gens, de l’air, sans grignoter les espaces verts existants et, au contraire, multiplier ces derniers, puisqu’ils fixent le CO2, purifient l’air et contribuent à faire descendre la température de quelques degrés.



    Quant à l’architecture, les différentes pistes évoquées montrent en tout cas que les géants de verre et de béton climatisés à tous les étages et posés dans des déserts minéraux ont fait leur temps et qu’il est nécessaire et possible de construire de façon bien plus efficiente.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 10 novembre 2023

    Publiée le 10 novembre 2023

    Modifié le 12 novembre 2023

    Crédits photo : Projet Soubeyran © Jaromir Kreiliger



    54 min
  • S3E07 Interview - Un monde idéal pour nos poils, avec Émilie Gleason



    Rire pour militer



    La bédéiste Émilie Gleason a créé Ebourrifant.e.s, une bande dessinée dressant le portrait d'un futur qui célèbre les poils. Posant comme décor principal un salon de coiffure spécialisé dans le soin des poils, l'autrice illustre son militantisme joyeux et utilise l'humour pour dénoncer ce qui pèse sur le présent. Au premier comme à l'arrière-plan, ses convictions se dessinent et les cases étriquées de la beauté explosent.




    Poils, vêtements, maquillage, l'apparence ne devrait pas être un problème, ni même vraiment un sujet.




    Le poil féminin



    Trois femmes ont œuvré pour la publication de cette bande dessinée, la photographe Adeline Rapon, l'éditrice Camille Ancelet et l'autrice, trois femmes tiennent le salon de coiffure au fil des planches. En face du salon qui entretient les poils de tout un chacun, un salon de toilettage reprend les diktats actuels : seules les femelles animales viennent s'y faire arracher les poils. Ainsi, l'autrice démontre l'absurdité des injonctions sur l'épilation féminine.



    Expérimenter et s'émanciper



    Livre de commande, Ebourrifant.e.s est né d'une réflexion débutée durant le confinement. Première journée à la maison, l'artiste décide de se raser les sourcils, pour se réapproprier son visage. Chaque jour, elle les redessine d'une manière différente et documente ses explorations pileuses sur les réseaux sociaux. L'idée du salon n'est alors plus très loin.






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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 3 novembre 2023

    Publiée le 6 novembre 2023

    8 min

About Midi Bascule

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En 2020, Radio Vostok, la chaîne indé qui décape les oreilles, et le Théâtre Forum Meyrin, une scène qui porte haut l’étendard du spectacle vivant, créaient Radio Bascule, plateforme de podcasts plus accueillante encore qu’une auberge espagnole. Et comme l’appétit vient en mangeant, il n’était pas question de s’arrêter en si bon chemin. Pourquoi ne pas lancer une émission?