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Enfin, un tourbillon, c'est forcément contenu dans une cage… Mais de quoi parle-t-on ? Bienvenue à Watchland, la manufacture horlogère de Franck Muller Genève, où Lucie Eidenbenz est allée rencontrer le CEO, Nicholas Rudaz.
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Explorer les techniques et les matériaux
Horloger indépendant, Samuel Gillioz se forme à l’École d’Horlogerie de Genève, puis approfondit ses connaissances chez Vacheron Constantin. Il lance la marque Kauri en juin 2019. Au cœur de sa pratique, la volonté de créer des collections de plus en plus ambitieuses et originales, en expérimentant avec les matériaux. Il s'intéresse par exemple au bois pour la composition des boîtiers de montre. Cela ne va pas de soi, il lui faut étudier les différentes essences pour définir quel grain, quelle densité et quelle structure interne de la matière permettent son association à l'objet. Le bois doit également faire face au temps et à un usage quotidien.
Une dimension humaine
Les prouesses techniques ne sont pas le seul objectif de Samuel Gillioz. Il se souvient de sa première montre, celle qui a, aujourd'hui encore, une grande importance pour lui. Reçue des mains de Richard Mille au Grand Théâtre de Genève en récompense de ses excellents résultats scolaires, elle incarne le souvenir de ce jour et les émotions intenses qui ont alors traversé le jeune horloger. Ainsi, Samuel Gillioz accorde une place toute particulière au lien entre l'objet et la personne qui le porte. Il prend le temps, au sein de son atelier, de dialoguer avec le client, de définir ce que la montre sera pour lui :
Il faut que la montre ait une histoire.
Dans l'univers des montres connectées, un autre passionné des garde-temps, Adrian Buchmann, cofonde la marque Sequent, une jeune entreprise qui bouscule les codes des smartwatchs. Fabriquées en Suisse, leurs montres sont les premières à être alimentées par les mouvements du porteur.
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Les horloges et le numérique : tout ce que j’adore. J’ai une montre en Lego, une montre en bois et une montre en papier : plus low tech tu meurs. Je suis vraiment la bonne personne pour faire cette chronique. Non, en réalité je suis là parce qu’il fallait une voix féminine. Première fois de ma vie que je bénéficie de discrimination positive. Super ! Maintenant, il me faut un sujet de chronique. Forcément, j’ai pensé aux montres connectées. Le problème : José, l’autre chroniqueur émérite, la voix masculine, a déjà traité le sujet dans une émission qui n’avait rien à voir. Mais voilà, j’ai fait mes recherches, et j’ai un scoop.
Qui a inventé les montres connectées ? IBM, Microsoft, Apple, Google ? Et bien non, ce sont les Totally Spies, Clover, Sam et Alex ! Elles se servent d’une montre en forme de cœur pour communiquer avec Jerry et scanner des infos sur les criminels. Et ouais, tout ça vient des super-héroïnes badass au code couleur monochrome flashy d’un dessin animé mythique des années 2000. En réalité, avant elles, il y avait Sophie. Vous connaissez Sophie ? Bien sûr, c’est la nièce de l’Inspecteur Gadget. C’est le cerveau de l’opération, la femme de l’ombre, celle qui résout tous les mystères grâce à sa montre ! Là on est sur un niveau au-dessus, puisqu’elle lui permet de communiquer à distance avec son chien, mais aussi d’ouvrir des portes de prison et de capter une usine à gaz cachée sous une montagne. Autant pour la visioconférence, la technologie a rattrapé la fiction, autant pour réussir son évasion, on n'y est pas encore.
En fait, les mecs de la Silicon Valley - parce que ce sont souvent des mecs, on ne va pas se mentir - ils n'ont rien inventé. Ils ont juste trippé un dimanche pluvieux devant Gulli avec leurs enfants et se sont dit Putain mais c’est ça qu’il faut faire maintenant : un truc qui ne sert à rien mais qu’on va vendre hyper cher avec plein de métaux toxiques dedans ! Youpi ! Et là tu te dis, l’impact de la pop culture sur le capitalisme écocidaire, c’est quand même puissant. Les gars, ils étaient juste trop jaloux que les héroïnes des dessins animés aient des gadgets trop stylés qui leur permettent de sauver le monde. Alors, ils se sont vengés en créant des vrais-faux gadgets qui détruisent la planète, tout en augmentant leur cotation en bourse. C’est pas con. Du coup, est-ce que c’est la faute des scénaristes de Disney Channel qui tripaient sous acide pour inventer des histoires ?
C'est plus compliqué que ça. Le plus drôle dans tout ça, c’est que maintenant Garmin fait une gamme de montres connectées Marvel, pour vivre comme un super-héros. Donc on vend du mensonge à nos enfants. Récupération du concept de base pour toujours plus de profit. En fait, les montres gadgets dans les fictions télé du siècle dernier n'étaient pas réservées aux filles. J’ai menti. Même si on aurait pu croire que c’était une nécessité technologique pour compenser leur absence de force physique. James Bond, K2000, Toy Story, Star Trek, Retour vers le Futur, Spy Kids 2, la liste est longue. Désolée les filles, même si on rajoute Sailor Moon, Futurama et 50% des Power Rangers, on n’arrive pas à la parité. On s’est encore bien fait avoir sur ce coup-là.
Mais peut-être qu’un jour, on aura des montres sextoys qui nous permettront de dominer le monde orgasmique et de déverser des hectolitres de cyprine qui engloutiront tous les méchants capitalistes du NASDAQ. En attendant, je vais me torcher avec ma montre en papier.
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Un objet intemporel
Il y a, aujourd’hui encore, une réelle appétence pour les garde-temps, comme en témoigne la fréquence à laquelle des projets de création horlogère fleurissent sur les plateformes de financement participatif, où ils parviennent souvent à réunir les fonds nécessaires à la création d’un modèle. Samuel Gillioz, horloger indépendant et créateur de la marque Kauri, explique son rapport à cet artisanat. Passionné par l'objet qu'est la montre, il apprécie sa dualité entre esthétisme et mécanique. Explorateur des matériaux, il crée des boîtiers en bois, expérimentant et découvrant quelles essences sont propices à la construction et au port quotidien d'une montre. Dans sa pratique de l'horlogerie, il met l'accent sur l'histoire de la création, liée au vécu de celui ou celle qui la porte :
Aujourd'hui, les montres ne sont plus portées pour lire l'heure, mais pour ce qu'elles racontent sur leur porteur.
Les clients échangent avec Samuel Gillioz pour définir l'apparence de leur montre, unique et personnelle. Certains amènent même une partie des matériaux, comme un type de bois cher à leur cœur. Pour en apprendre plus sur la fabrication des montres, Lucie Eidenbenz visite Watchland, le site de production de Franck Muller, les masters of complications.
Mécanique ou connectée ?
Les horlogers traversent la crise du quartz dans les années 70 et 80. En 2014, un nouveau défi les attend lorsque les montres connectées débarquent, raflant une partie de la clientèle avec des objets bardés de capteurs, que Candice Savoyat rapproche des gadgets des Totally Spies ou de Sophie, la nièce de l'Inspecteur Gadget. Pourtant, les horlogers résistent. Ceux qui s’inscrivent dans la tradition n’ont peut-être pas trop à craindre de la concurrence des smartwatchs, comme Samuel Gillioz, qui ne les voit pas comme des menaces :
Beaucoup de clients portent une montre connectée la semaine pour le travail et sortent leur montre automatique le week-end, par plaisir.
Il y a comme une fatigue des écrans, une volonté de s’en affranchir et de ne pas voir sa vie monitorée dans ses moindres aspects, surtout au prix d’une recharge quotidienne supplémentaire. Cependant, les smartwatchs s'adaptent aussi. Adrian Buchmann est l'un des cofondateurs de la marque Sequent, une jeune entreprise qui bouscule les codes de la montre connectée. Fabriquées en Suisse, leurs montres sont les premières à être alimentées par les mouvements du porteur.
Les deux objets semblent donc aujourd'hui plus complémentaires que concurrents, n'attirant pas pour les mêmes usages et évoluant tous deux entre les mains d'artisans passionnés.
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Le pain et le LSD : je ne savais pas, mais c’est presque la même chose. Là vous vous demandez ce que j’ai mis sur mes tartines ce matin, mais c’est pas des conneries, j’ai appris grâce à mon ami Donatien l’existence de l’ergot de seigle. C’est un champignon vénéneux qui pousse sur les céréales, notamment le seigle. En fait, c’est de la moisissure. Et c’est à partir de ça qu’on fabrique le LSD. Donc, si on ne fait pas gaffe et qu’on met des grains de seigle ergotés dans son moulin, et bien ça fait de la farine magique et du pain qui rend fou. Et alors là attention, l’Histoire regorge de faits divers tous plus dingues les uns que les autres.
Allez, c’est parti pour un cours d’histoire de l’ergot de seigle. Strasbourg, 1518 : trois ans de famine, vendredi 12 juillet, une femme n’a plus de lait pour son bébé, elle le jette dans la rivière et se met à danser dans la rue. Rapidement, une, deux, trois, puis 400 personnes se mettent à danser frénétiquement sans raison. C’est la teuf, Ibiza avant l’heure ! Sauf que ça fait moins rêver : au bout d’un moment les gens meurent. Transes, convulsions, hallucinations, pieds en sang, cartilages apparents, crises cardiaques. En fait, c’est un peu ghetto comme rave party.
Donc là, le maire intervient. Il fait construire un dance floor, réquisitionne tous les musiciens de la ville pour jouer jour et nuit et organise des ravitaillements. Une sorte de récupération politique de la fête pour soigner le mal par le mal. Sauf que ça ne marche pas du tout. Il y a de plus en plus de monde et de morts. Jusqu’à 30 morts par jour, 2'000 au total sur deux mois de danse collective.
Et tout ça à cause du pain ? C’est une des pistes, mais on n'est pas sûr. Le clergé a essayé d’étouffer l’histoire, de faire croire à une punition divine des pauvres. Paracelse, champion suisse de médecine et d’astrologie, dit que c’est une révolte des femmes contre la tyrannie conjugale. Bon lui, il avait pris des trucs c’est sûr. On ne saura jamais vraiment : détresse psychologique, malnutrition, superstitions religieuses, hystérie collective ou pain contaminé. C’était le Moyen-Âge et il y a plein d’histoires comme ça.
Il y a même un doute sur la chasse aux sorcières de Salem. On se demande si c’étaient pas des victimes de l’ergot de seigle, cultivé à Salem, dans l’Essex, le Norfolk et en réalité un peu partout à l’époque parce que ça pousse bien, même dans des conditions pourries. Transes, surdité, torpeur, engourdissements, mortalité anormale du bétail, en fait ce n'était pas de la sorcellerie, juste du pain moisi. C’est quand même un peu dommage de s’en rendre compte une fois que toutes les victimes ont été brûlées vives, ou plutôt pendues.
OK mais aujourd’hui c’est fini tout ça ? La dernière contamination remonte à 1951, ce n'est donc pas si loin. Pont-Saint-Esprit, village du Gard en France, après-guerre : famine encore une fois, rationnement et Guerre froide. 15 août, fête de la Vierge Marie, et là pareil, ça commence à partir en vrille chez les villageois. Hallucinations, insomnies, angoisses, brûlures, on saute par la fenêtre pour fuir un feu imaginaire, on compte les perles du rideau de la cuisine, on déchire ses draps, on se jette dans le Rhône, les animaux meurent. Le bad trip. Sauf que ça dure un peu et les médecins ne savent pas quoi faire.
Mais à cette époque, on connaît l’ergot de seigle. Et en Suisse, bien sûr, on a synthétisé le LSD à partir du champignon en 1938 chez Sandoz. Donc on va à la boulangerie du village, commence une enquête judiciaire, sauf qu’à l’époque, la distribution de la farine est gérée par l’État. Pas facile de remonter jusqu’au meunier, mais on en trouve un dont le moulin est crado et on le met en prison. Et là, le lobby du pain entre en jeu, à l’époque il n'y a pas grand-chose d’autre à bouffer. Et comme c’est l’État qui centralise la répartition des denrées, l’État doit sauver le pain. Le pain, c’est la vie, impossible que ça tue. Or là, sale bilan pour les Spiripontains, 100 délirants, 250 intoxiqués, 5 morts, 30 internés. Et là, retournement de situation, en fait c’est la CIA qui a aspergé le village de LSD par voie aérienne. Le meunier est libéré, l’État français n’est plus coupable et à Pont-Saint-Esprit on arrête de manger des biscottes.
Mais c’est quoi le rapport avec la CIA ? Et bien dans les années 50, Sandoz passe un deal secret avec la CIA qui veut faire du LSD une arme chimique. Il y a un médecin qui a carte blanche pour faire des tests sur les militaires ET la population. Je pense que c’est un descendant de Paracelse. On en met dans les ampoules du métro à New York, dans des maisons closes en Californie, sur la plage, dans les bars, les restaurants… C’est délir-land. Et c’est subventionné par l'État. Apparemment, le nom de Pont-Saint-Esprit apparaît dans des documents classés de la CIA et de la Maison Blanche, on a vu un sous-marin américain dans le Rhône, donc la piste est plausible. En réalité, on est en pleine guerre froide et la CIA surveille la montée du communisme dans le sud de la France. C’est tout.
Bref, la morale de l’histoire, c’est que quand tu n'as plus rien à manger, tu bouffes du poison. Que les sorcières, elles étaient juste sous champis. Que l’intégrisme religieux et la guerre n’ont pas vraiment fait avancer la recherche scientifique. Que tout est politique. Que la drogue, ça doit rester récréatif. Et que si tu as appris à faire du pain pendant le confinement, et bien tu peux essayer avec du seigle ergoté, ce sera moins cher que les buvards.
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Apprendre du passé
Le levain avait, jusqu’à récemment, disparu des recettes au bénéfice de la levure industrielle. Il n’a pourtant pas dit son dernier mot et présente plusieurs avantages, comme sa composition plus digeste. À une époque où les denrées alimentaires hautement transformées sont ingérées en masse et où les maladies liées à l’alimentation sont en augmentation, un retour aux sources se dessine. Des micro-boulangeries qui optent pour le bio et la méthode du levain fleurissent, des systèmes de distribution du pain dans les casiers à lait se développent. Solution pour consommer sainement et local, tendance actuelle ou redécouverte sur le long terme, le levain se retrouve dans les étals des boulangeries, mais aussi sur scène et en création sonore.
Mettre en scène un savoir-faire artisanal
Michel Sauser est metteur en scène, comédien, programmateur de salle et ancien boulanger. Avec le musicien Pierre Audétat, il a créé le podcast Le Chant du Levain, lauréat de l'appel à projet Radio Bascule 2022-2023.
Deux compères se sont vu confier la mission d’enregistrer Le Chant du Levain. Pour répondre à cette demande, ils se rendent à Genève, à Berne et à Savigny, à la rencontre de personnalités ayant fait le choix radical de ne panifier qu’au levain naturel.
Le Chant du Levain, c'est d'abord un spectacle sur la fabrication du pain au levain. Cette performance boulangère multisensorielle est à découvrir entre le 14 novembre et le 10 décembre 2023 au Théâtre du Crève-Cœur. Sur scène, Michel Sauser partage un temps différent. Plus long à préparer, le pain au levain instille un calme dans la pratique artistique : prendre le temps de créer et de laisser reposer, prendre le temps de regarder et d'écouter. Le levain, à intervalles réguliers, chante.
Plongeant les mains dans la farine, Candice Savoyat explore un pan étonnant de l'histoire du pain, celui de l'ergot de seigle, champignon dont dérive le LSD, et des traces de ses ravages dans le passé.
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Ces drones font 3 mètres d’envergure, peuvent transporter jusqu'à 3 kg et voler jusqu'à 120 km/h. La société RigiTech a été créée en 2018 par Adam Klaptocz, David Rovira et Oriol López. Transportant différents colis comme du matériel médical, les drones connectent par exemple des zones rurales moins desservies par les autres modes de livraison.
Un reportage de Rachel Maisonneuve.
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Un spectacle de drones sur le lac
Au mois de mai dernier, Genève a connu le plus grand spectacle de drones d’Europe, Feu Ô Lac. Une majorité du public semble conquise : son aspect poétique et sa douceur ont été vantés. Pourtant, des interrogations subsistent quant à l'empreinte écologique de ces machines, leur fabrication, leur entretien ou encore leur durée de vie. Christophe Berthonneau, directeur artistique de Groupe F, a crée le spectacle de drone Feu Ô Lac.
Un outil supplémentaire pour raconter en lumière
Christophe Berthonneau voit cette nouvelle forme de spectacle aérien comme une autre possibilité de créer avec la lumière, comme les feux d'artifice ou le mapping. L'un ne remplace pas l'autre et chacun présente certains avantages et inconvénients. L'outil utilisé dépend du contexte de représentation : budget, environnement, mais aussi de l'atmosphère à retranscrire. Les feux d'artifice sont par exemple moins chers et touchent un vaste public, tandis que les drones, plus lents, sont propices aux spectacles poétiques.
La lumière est un outil formidable. Lucioles, étoiles ou vers à soie, elle permet une narration douce et sensible.
Une création complexe
Concevoir un spectacle de drone prend du temps. De nombreuses personnes sont impliquées en amont comme sur place et les machines doivent être achetées et entretenues, ce qui augmente le coût du spectacle et explique la préférence de certains évènements, plus petits, pour les feux d'artifice. Le travail de conceptualisation prend environ 6 mois et occupe 10 personnes. Sur place, 100 personnes sont présentes pour mener à bien la représentation. Les drones peuvent être une alternative aux feux d'artifice, mais ne sont pas les seuls. Les spécialistes du spectacle vivant continuent d'explorer les différentes manières de raconter et d'émerveiller avec la lumière.
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Créer pour sensibiliser
Jennifer Herger et Charles Hieronymi sont les membres fondateurs de l’association Solar Power on Tour, SPOT. Elle est spécialiste en communication dans le monde de la publicité et des institutions publiques, il est réalisateur et directeur créatif, spécialisé dans la communication autour de la transition écologique et énergétique. Le collectif SPOT, dont l'acronyme signifie en français énergie solaire en tournée, promeut les énergies renouvelables à travers différents projets, comme des créations artistiques et technologiques ou des jeux.
Reconnecter l'humain à la nature
SPOT a présenté au Geneva Lux Festival le Lotus, créé par le designer Alex Burdin-François. Conçu à l'origine pour apparaître dans un film écrit par Jennifer Herger, l'œuvre est également exposée au centre du Kiosque du Jardin Anglais durant le festival. Le symbole du lotus permet de transmettre un message universel : la fleur évoque le recentrement spirituel et le retour à la nature. À travers la création artistique, les membres du collectif SPOT adressent les questionnements énergétiques et écologiques à un vaste public.
Un spectacle son et lumière
Chaque soir, le Lotus se pare de lumière et de son, pour retranscrire la durée de vie de la plante. En collaboration avec le musicien Presia, Alex Burdin-François élabore un spectacle changeant. John Baillie, ingénieur à Belair Technology, crée la batterie du Lotus. Chaque jour, celle-ci emmagasine de l'énergie, qui est ensuite utilisée par un logiciel pour créer, en fonction de la quantité stockée, le spectacle son et lumière. Le cycle de vie du Lotus varie donc, tout en conservant les mêmes étapes : naissance de la plante, maturité, puis la fleur se fane. Pour le collectif SPOT, la technologie est un outil de création artistique qui permet d'immerger le public dans l'histoire et les messages transmis. À terme, le Lotus sera installé en montagne et fonctionnera à l'énergie solaire.
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En Helvétie, comme chaque année en cette saison, on entend un cri de douleur lugubre retentir dans tout le pays. Nul ne saurait décrire ce cri spécifiquement suisse ni aucun langage humain le dépeindre. C’est comme si on arrachait d’un coup les plumes à 8 millions et 865 mille 270 poulets.
À ce stade, vous vous dites c’est une chronique sur une secte satanique qui opère à échelle nationale chez nous là ou quoi ? Les poulets, les plumes, ça pue à fond le satanisme ça… Alors, pas tout à fait mais ce n'est pas loin, vous allez comprendre. Je vous donne un indice : ce rituel étrange et sinistre qui a lieu à l’automne se répète chaque année en Suisse depuis 27 ans. Et là, si vous n’avez toujours pas fait le lien, c’est que vous méritez vraiment d’être plumés.
Je veux bien sûr parler de l’annonce de la hausse annuelle des primes d’assurance maladie. Quand est-ce qu’en Suisse on crie de tout son corps, sinon au moment de l’annonce de l’augmentation des primes d’assurance maladie ? Il y a aussi, c’est vrai, quand on se qualifie pour le Mondial et quand on se fait sortir dans les seizièmes. Mais à part ça ? D’ailleurs, je ne m’exclus pas, moi aussi j’ai crié cette semaine avec les autres poulets. J’ai glotté de l’aigu et remué d’avant en arrière de la nuque en secouant les coudes quand j’ai su. J’ai popotiné en courant chez moi dans tous les sens, comme si ça allait changer quoi que ce soit, à part mon rapport à la dignité.
Rendu là, j’ai même allumé la télé : quasi 10% d’augmentation de primes cette année. Record historique battu. La prime atteint désormais presque trois fois son montant de 1996. Tout ça sur fond d’enchérissement, d’inflation de tout, les loyers, l’énergie, la bouffe. Mais aux infos, à la RTS, ils vont être en mode Che Guevarra chez le quatrième pouvoir à la télé ! Ça y est, c’est le grand soir au téléjournal, Zapata nous voilà, les Suisses sont avec toi. Pueblo Unido Jamás Será Vencido, tout ça.
Et là, quoi ? On nous fait dire par l’un de nos Conseillers fédéraux, Guy Parmelin, chef du département de l’économie, que oui, il comprend bien. Que d’ailleurs lui-même avec sa famille, chaque année ils changeaient de caisse, toujours vers la moins chère. Bien obligés. Habile, pas chef de l’économie pour rien le Guy. Ben voilà, c’est tout pour Guy. Et le TJ qui en rajoute une couche et se met à faire un didacticiel sur comment changer de caisse, les trois étapes et patati et patata.
Sauf que là, mes neurones se rallument, attends : si chaque année tu changes de caisse vers la moins chère et que la caisse qui était la moins chère, l’année d’après ce n'est plus la moins chère et que c’est devenu une caisse chère... Mais que la caisse qui est la moins chère maintenant c’est une des caisses qui étaient chères avant et ainsi de suite… C’est qu’en fait, il n'y a pas de caisse la moins chère. Les primes grimpent partout tout le temps à fond, mais juste pas en même temps.
Et puis, comme j’avais les neurones rallumés, j’en ai un peu profité encore. Je me suis dit, attends, c’est Guy Parmelin là. Guy Parmelin c’est un Conseiller fédéral. Bon, ça gagne combien un Conseiller fédéral ? Moteur de recherche mon ami, dis-moi. Trois secondes plus tard : ils se font en salaire annuel cumulé un bon 468‘276 francs, ça fait du 39'023 francs par mois. Brut hein, faut pas déconner non plus. À ça s’ajoute une indemnité de 30'000 boules par an pour frais non indexés. Ne me demandez pas ce que c’est, frais indexés, j’ai jamais vu ça sur aucune fiche de paye.
Bon, je crois que c’est clair qu’on est là, avec Guy, devant la réalité financière type du gars qui est obligé de changer chaque année de caisse avec sa famille pour tenir économiquement le coup et qui, par générosité, patriotisme et altruisme compassionel, partage avec ses administrés ses astuces économiques personnelles.
Guy, sérieusement, arrête, on nous plume mais on nous a pas encore coupé la tête. Toi, Guy, même si tes primes elles augmentent chaque année de 10%, t’as de quoi tenir un moment non ? Avant de devoir te mettre aux pâtes au beurre toute la semaine pour pouvoir payer tes primes. Non, Guy, vos gens de la com’ au Conseil fédéral sont de plus en plus nuls et ostensiblement voyants. Ton exercice calibré d’adresse au peuple par l’exemple personnel, ça avait des airs de Marseillaise de la mauvaise foi :
Aux primes, citoyens !
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En 2020, Radio Vostok, la chaîne indé qui décape les oreilles, et le Théâtre Forum Meyrin, une scène qui porte haut l’étendard du spectacle vivant, créaient Radio Bascule, plateforme de podcasts plus accueillante encore qu’une auberge espagnole. Et comme l’appétit vient en mangeant, il n’était pas question de s’arrêter en si bon chemin. Pourquoi ne pas lancer une émission?
Le rêve se concrétise en 2021. Son ambition? Proposer un espace de réunion et d’échange, à l’heure où la pandémie fait encore planer la menace d’un retour à la distanciation sociale. Être le sismophone des changements à venir, à la fois détecteur, porte-voix et acteur. Et surtout, sans jargon, dans un esprit curieux et convivial, réfléchir à l’impact des crises à répétition sur les interprètes, les techniciens, les créateurs – sur toutes ces bonnes volontés coalisées sans lesquelles l’art n’existerait pas.
Tandis que les fronts se durcissent, que les réseaux sociaux nous libèrent autant qu’ils nous enferment dans des bulles cognitives, que la défiance lamine les autorités politiques et scientifiques, que chacun ou presque s’intronise seul maître à bord et que d’aucuns, toute honte bue, n’ont à la bouche que le credo «Tout pour ma gueule, et merde aux autres», il est plus que jamais urgent de s’entendre. Écouter, échanger, inventer, débattre, rire et rêver: n’est-ce pas ce qui, sur l’aile du son, fait la beauté irremplaçable de la radio?
Midi Bascule, c'est tout cela. Un ensemble choral de reportages, d’interviews, de chroniques, de consignes créatives et de respirations musicales. Sans prétention mais avec cœur – et avec un auditoire que nous espérons considérable!
De septembre 2023 à juin 2024, Midi Bascule est produite en collaboration avec le Service de la culture de Meyrin.