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Or


À l'occasion du dernier épisode de la saison 2, la jeunesse était au micro de Midi Bascule. Matéo Genevay a coanimé l'émission et présenté un micro-trottoir enregistré devant le TFM. Interrogeant les passants sur leurs goûts musicaux, il nous propose de découvrir les oreilles éclectiques des Genevoises et Genevois.
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Bon, allez, un peu de motive, pffff... Mais où trouver ça fin juin franchement! En plein réchauffement global, où tu sues tes eaux la journée à Genève, comme si tu dansais fiévreusement le flamenco en plein août à Séville dans le cagnard zénithal de l’Hispanie primitive.
Au rythme où tout cuit partout, on pourra bientôt pêcher du poisson et des crustacés déjà frits dans l’Océan Atlantique tellement ça se réchauffe - pssssh - la mer devenant un immense barbec’ à fruits de mer et pouascaille à ciel ouvert, où y’a plus qu’à saisir, avec un gant de cuisine aquaproof, ton menu de midi ou du soir. Même plus besoin de four, de plaques de cuisinière à gaz ou électrique, de grill, de charbon, faut juste pas confondre la bouffe océanique avec de la chair humaine poisseuse de noyés de la Méditerranée. Maintenant, ça cuisine nature dans l’eau de mer, avec comme simple combustible de chauffage les conséquences de la connerie humaine organisée… Pour bouffer chaud, on dépend plus du gaz russe, ni des centrales atomiques, c’est fini ça. Laisse faire le réchauffement, tout bout sous canicule maintenant.
Franchement, tu veux te faire de la tune, mais laisse tomber tes petits investissements en Bitcoin et autres digital business de monnaies démat’ foireuses. L’avenir du fric, c’est revendre chez Christie’s tes bacs à glaçons que tu conserves précieusement dans ton congel’ thermorésistant pour l’apéro du soir. Le froid, c’est le nouvel or blanc. C’est de l’émeraude en barquette de cubitos dans le frigo domestique. C’est le placement du siècle ça, les glaçons, maintenant qu’on sait que la banquise, en Antarctique, en a plus que jusqu’en 2030 avant de devenir une grosse flaque qui va éclabousser tous les bords de mer de la planète… Adieu villas luxueuses les pieds dans l’eau, bars de plage où se faisaient et défaisaient les amours d’été, tout ça c’est glouglou partout pour dans tout de suite. C’est de l’Atlantide engloutie en barre de souvenirs mélancoliques et à la place: sauna pour touxtes, minuit, matin, midi et soir.
Ces futés de Finlandais avaient vu venir le truc, ils ont commencé à s’entraîner tôt avec leur stage de caliente, il y a 2'000 ans déjà, quand ils se sont mis à déforester pour construire des cabanes en bois à haute température et y suer en bandes, en prévision des conséquences de la future déforestation mondiale. Ils sont parés en Finlande. Ils sont génétiquement au taquet depuis des générations. Ils les ont entraînées les hautes températures... Réchauffement climatique, même pas peur!
Allez, je disgresse, je disgresse, mais c’est le moment de lâcher, poussivement, ma chronique, la gorge déshydratée. Elle était sur quoi déjà? Y’avait des verres d’eau dans le studio mais ils se sont tous évaporés là, même les gobelets en recyclé ont pris feu. Il a fallu que je crache dessus avec le peu qu’il me restait de salive, j’ai fait don de mes dernières liquidités de bouche pour que l’émission ait lieu. Allez, c’est le moment de lâcher poussivement, disais-je, ma dernière chronique de la saison, l’ultime salve de mauvaise humeur contre le pathétique boulevard de la finitude cataclysmique mondiale par laquelle on va passer, depuis la chaleur tropicale et magmatique du studio qui invite plutôt à la sieste méditerranéenne lascive qu’à un rapide tour d’horizon de la bouillante actualité du monde.
Ah, faites pas semblant qu’il se passe que des trucs chouettes sur la planète juste au prétexte qu’il fait beau et que c’est cool de traîner en terrasse le soir, que t’as enfin pu étrenner la sape de playa achetée ce printemps, robes légères, shorts, croptops, affeuses sandales qui font sploutch sploutch et autres t-shirts avec motifs de la pop culture, pillés par l’industrie du textile de masse pour du fast-shopping dans le moindre boui-boui à fringues, photo-printés sur du tissu cheap et mal taillé…
Bref, audience, réjouis-toi, on est à bout touchant des vacances, tel Ulysse de retour au bercail de la glande, après une année de bons et loyaux services dans les diverses strates de la société affairée et désabusée. Alors salut à toi, futur désœuvré de l’été, le salut est au bout du calendrier, le nada final des journées à rien devoir à personne est à nos portes. On va pouvoir débulber du bulbe, on va pouvoir déneuronner en toute bonne conscience, devenir aussi futiles que vains un peu partout sur le globe. Là où c’est prévu pour, pour qui a encore assez de pognon pour y aller et assez d’absence de scrupules pour prendre l’avion. Mais vu les résas annoncées, je crois que c’est le cas d’à peu près tout le monde. Allez, encore une dernière fois, tant qu’on peut, les Maldives, Bornéo, Cuba, la Californie... L’été prochain, c’est pas sûr que ce soit encore possible…
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Scène active, c’est un projet d’insertion professionnelle pour jeunes entre 17 et 25 ans, par la pratique des arts de la scène. Lors de leur événement de fin d’année, iels se faisaient photographier par un camion-photomaton d’où sortaient leurs portraits en format F1, affichés ensuite sur le mur de la Villa Tacchini.
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Olivier Mottaz anime le dernier épisode de cette saison, accompagné d'un coanimateur extraordinaire bien dans le thème de l’émission, Matéo Genevay. La fin de cette deuxième saison de Midi Bascule se veut résolument festive, détendue et tournée vers l’avenir: place aux jeunes! Oui, place à la jeunesse, puisqu'à part Olivier Mottaz, tous les autres intervenants du jour émargent à ce qu’on appelle parfois la Génération Z, celle des personnes nées grosso modo entre 1995 et 2010 – pour autant qu’une telle catégorisation soit autre chose qu’un bête outil marketing.
Yesim Kaplan, 20 ans, et Zaccharie Atgé-Delbays, 18 ans, échangent avec nos animateurs leur regard sur l'égalité des genres, la musique actuelle, l'intelligence artificielle ou encore l'urgence climatique. Un programme riche, auquel s'ajoutent un reportage de Lucie Eidenbenz sur Scène Active et une chronique de José Lillo, sous le signe de la chaleur estivale.
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De l’atelier à la galerie, Rachel Maisonneuve a suivi le parcours de l’œuvre SUGUS de Nicolas Noverraz, l’incontournable petit bonbon suisse. Produit de consommation transformé en œuvre d’art, il fait partie d’une série qu’il a appelée Et si Warhol avait été suisse?
L’artiste exploite le concept d’Andy Warhol à la manière suisse depuis 15 ans, c’est la série qu’il vend le plus. De l’idée à la fabrication, il nous raconte comment il gagne sa vie, entre autres avec ces marques iconiques.
Vous pouvez découvrir le Sugus géant jusqu’au 6 septembre à la galerie Calamart en Vieille-Ville.
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Pas évident. Blanche Gardin affirme publiquement qu’elle préfère aller chez le dentiste plutôt que de se faire 200'000 euros en se retenant de rire. Pas évident comme choix. Le 20 avril dernier, l’humoriste française publie sur Facebook une lettre adressée à Jeff Bezos, le milliardaire fou patron d’Amazon. Elle lui dit refuser de participer à l’émission de téléréalité LOL, malgré le petit cachet à 200'000 balles la journée de tournage.
LOL, qui rit sort, c’est LA nouvelle tendance du moment sur les internets. Le concept est simple: dix humoristes enfermés ensemble pendant six heures. Le but: ne pas rigoler. Et la personne qui gagne offre 50'000 euros à l’association caritative de son choix. Soit quatre fois moins que ce qu’elle empoche elle-même. Est-ce qu'il y a pas un peu du foutage de gueule? Super la charité d’Amazon.
Blanche Gardin en profite pour dénoncer les pratiques du grand groupe, et ça c’est pas mal. Elle dit à Jeff que ça lui trouerait le cul de toucher autant d’argent de la part d’une entreprise qui ne respecte ni la loi, ni la morale: fraude fiscale, conditions de travail déshumanisantes, empreinte carbone, camps de concentration ouïghours, mort du commerce de proximité, tout y passe. Même la fin programmée des sorties cinéma en salles. Car Blanche fait aussi du cinéma et elle aimerait bien que ça continue d’exister. Bref, elle refuse de participer à tout ça en faisant la promo de la plateforme en ligne.
Le problème, c’est que tous les humoristes bankable du paysage audiovisuel français sont passés dans l’émission. Que faire maintenant qu’on a cette info sur l’envers du décor? Les détester? Boycotter leurs spectacles? Arrêter de commander des couches en se grattant les couilles, comme dit Blanche Gardin? Elle est souvent dans la controverse avec ses posts Facebook et sa relation avec Louis C.K., mais là, c’est plus compliqué. On sait déjà tout ça, elle nous met juste un peu plus le nez dans notre caca. Et comme elle a balancé les chiffres, certains de ses amis du show-business lui reprochent d’avoir été transparente sur les montants faramineux des cachets. Et surtout d’avoir décrédibilisé leur statut de personnes cool et marrantes qui s’amusent bien dans la grande famille des comiques à la télé. L’humour est devenu un business et ça, Amazon l’a bien compris.
La plateforme se défend en répondant que oui, oui, ils payent des impôts, créent des emplois, font du greenwashing etc. Est-ce qu’on y croit? Non. Est-ce que ça va changer quelque chose à leurs pratiques? Non. Mais peut-être que ça a un peu marché, car Marion Cotillard et Camille Cottin ont refusé de participer à l’émission suite à la déclaration de Blanche. Bon après, venant des égéries Chanel et Dior, je sais pas vraiment ce que ça vaut comme boycott. Oui, oui, alors maintenant on va choisir les marques avec lesquelles on travaille, mais pas trop quand même. Tout ça n’est qu’une vaste supercherie. Et pour oublier la dureté du monde, on va retourner devant la télé regarder des vidéos de comiques pour nous détendre.
Alors, gros coup de promo pour Blanche? Véritable positionnement éthique et politique? Lynchage gratuit? Récupération d’Amazon? Une chose est sûre, maintenant plus personne ne rigole.
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Salut, audience intrépide et un peu suante, eh oui, c’est presque l’été, alors forcément, les gouttelettes d’aisselle sont au programme, ne nous mentons pas. Tu es bien sur Midi Bascule, l’émission qui ne pratique pas l’interruption publicitaire ni le placement de produit commercial - ce qui explique sans doute pourquoi elle n’émet financièrement qu’une fois par semaine et pendant une toute petite heure, de midi la chaude à 13 heures la bouillante sur l’antenne de l’indomptable Radio Vostok, tout aussi intransigeante en matière de mauvaises fréquentations.
Que d’accointances bassement commerciales, claquées au sol dans des flaques de lucre où se vautrent la grande finance de ce monde et ses produits dérivés qui nous bousillent la planète et, au passage, les conditions de vie d’à peu près tout ce qui vit… Ah, désolé, il fallait que ça sorte. Et donc, pas de compromis à Midi Bascule! Rébellion totale! Pas de pub! Eh oui, l’intégrité a un prix. Ou plutôt non. Pas de prix pour l’intégrité, ça ne s’achète pas. Il fallait bien qu’une poignée d’irréductibles se dévouent, eh ben c’est nous, le staff Bascule.
Pas de pubards dans nos relations proches, pas de contrat juteux qui lie nos destinées à une boisson énergisante ou à une nouvelle génération de smartphones… Abstinence! Austérité, sobriété! Tant pis pour la tune! L’équipe de Midi Bascule, cet été, on ira camper à Vésenaz Pointe-à-la-Bise, à 7 km du Jet d’Eau, voilà pour nos vacances, faute d’avoir vendu nos âmes et nos voix pour doper la croissance et enfin bronzer en string fluo aux Maldives, un Perfect Colada dans le gosier pendant que le monde court, incontinent, à sa perte. Au moins, à Vésenaz Pointe-à-la-Bise, au pire pendant que tu barbotes, tu te cognes contre un silure visqueux, pas contre un pubard huilé qui a capitalisé sur la ruine du monde pour se payer un Resort 5 étoiles à l’autre bout de la planète…
Alors non! Pas question de participer à ça! Pas question de prendre l’ascenseur social en fricotant avec des marques cotées en bourse qui dilapident nos dernières ressources et qui implémentent dans la tête des gens la pulsion de consommation. Comme une greffe pubardeuse d’un deuxième cerveau dédié à se faire stimuler par à peu près n’importe quoi de non-essentiel, comme on disait au temps jadis du Covid…
Scoop: je suis farouchement anti-pub. Rien. Même pas sur ma sape. Je refuse de porter des fringues avec les logos moches des marques. Soi-disant que ça empouvoirerait le charisme naturel des gens. Non mais on peut vraiment vous faire avaler n’importe quoi, tsss… Allons, allons, t’empouvoirer, il n’y a que des fringues noires qui peuvent faire ça, et je le prouve, regarde, t’as vu ce charisme, et pas la moindre marque. Bon, en radio, c’est plus difficile à prouver, évidemment. Mais les invités et les collègues peuvent témoigner. Témoignez s’il-vous-plaît.
En plus, le noir, c’est une façon de porter le deuil de toutes les bonnes décisions écologiques que l’humanité n’a toujours pas prises et ne prendra pas. Et de le faire savoir: dans un silence digne, quand tu te promènes sur les trottoirs de ces villes en sursis, d’où la nuit scintillent dans des vitrines inutilement illuminées, ces marchandises qui dans deux ans, six mois, une semaine, se retrouveront toutes aux Puces, ou bradées dans les seconde-mains, entassées aux côtés d’autres marchandises tout aussi vaines. Et là toi, tu vois, tout habillé de noir, sans marque, sans logo, sans rien. À cause de ce rien de la marque, tu portes le seul avenir possible sur toi, et tu fais signe avec ton noir pétant: Éteignez ces ineptes vitrines qui consomment de l’énergie dans le vide et qui ne servent qu’à nimber de lumière les idoles kitsch de ce monde finissant. Sans marques, quand on te regarde, tu ne transmets pas une pulsion d’achat à ton semblable. Tu ne lui codes pas dans la cervelle un de ces affreux logos à la pauvreté conceptuelle abyssale. Non, en noir, t’es digne.
Bon, je dis ça, je dis ça, mais j’ai jeté un œil sur les prévisions des investissements publicitaires mondiaux en 2023, Charles, Anne, qui produisez Bascule, tenez-vous bien, c’est 741 milliards de dollars d’investissement qui sont prévus, une augmentation de presque 6% en un an. J’dis ça, j’dis rien… Le numérique représente à lui seul les deux tiers de la croissance… Pour une petite radio indé qui émet sur le net et qui donne dans le podcast, dans un monde qui de toutes façons va dans le mur, faudrait être exagérément sentimental pour pas gratter un peu dans la manne et pouvoir se payer autre chose que Vésenaz Pointe-à-la-Bise en été. Ça fait deux ans qu’on se tient à nos grands principes, on peut bien se permettre un petit coup de mou pour la rentrée 2023, non?
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Aujourd’hui, nous passons à la loupe les collaborations entre les artistes et les marques. Elles se sont multipliées ces dernières années, à tel point que notre façon de consommer s’en ressent. L’attente du public et le buzz font partie du jeu. Les liens se tissent autant dans le luxe que dans la grande distribution et sont profitables aux deux signataires du contrat. La marque gagne une crédibilité culturelle et l’artiste reçoit un apport financier non-négligeable qui lui permet de travailler l’esprit plus tranquille.
À une époque où les fonds étatiques alloués à la culture ne sont pas infinis, le sponsoring est une solution. On distingue deux types d’ententes: la collaboration produit, où l’artiste intervient dans la conception de ce dernier, et la collaboration d’image dont le nom parle de lui-même. C’est cette dernière qui réunit par exemple George Clooney et Nespresso.
Pour que la magie opère il faut une certaine symbiose entre le produit et l’artiste qui s’associent. Dans ce cadre, comment la personne créatrice peut-elle garder sa personnalité? Autrement dit, comment ne pas vendre son âme? Et jusqu’à quel point les marques ont-elles leur mot à dire sur les créations issues des partenariats qu’elles tissent?
C'est le sujet du jour, abordé aux côtés de Mulah, DJ et co-fondatrice du label ZRO21, et Albane Schlechten, directrice de la FCMA, la fondation romande pour la chanson et les musiques actuelles. L'émission est parsemée de notes vocales du tatoueur et graphiste Maxime Büchi, tandis que Rachel Maisonneuve nous fait découvrir l'artiste Nicolas Noverraz, qui transforme des produits de consommation suisse, tels des Sugus, en œuvres d’art. José Lillo et Candice Savoyat se succèdent pour proposer leur regard sur ce sujet.
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Va le vent, emporte tout
À nos mélancolies
Que même les mots ne retrouvent pas
Toutes les luttes vont à l’oubli
Regarde ce que ça fait aux corps
Avant la cendre
Et autour les témoins
A qui le tour viendra
Tout d’abord tu crois que non
Et c’est l’amour qui le premier t’enseigne que non
Nos peaux se tiennent dans des replis
Déjà l’étreinte n’est plus
Et c’est pour ça que les amants se serrent la nuit
Tu n’avais plus les mots pour nommer
Toujours tout devenait
Là, tu trembles
Parce que c’est dit avec le grain de ta voix
Et où se loge
Elle qui ne gît plus que dans des transes intimes
Ici c’est une chanson
Et c’est parce que c’est ta voix
Au feu les dictionnaires, je veux ta voix avec des mots dedans
Je ne comprends pas qu’on soit à ce point flanqué de bruit
Nos machines sont là
De l’autre à l’autre c’est ce que nous sommes
La solitude, bien sûr, ça va quand on est tout entier
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Notre émission du jour est consacrée à un podcast qui s’intitule Fissurer le barrage. Il est question d’une parole qui se perd; celle d’une grand-mère qui souffre d’une aphasie progressive, un trouble de l’expression du langage, oral ou écrit, dû à une lésion cérébrale localisée. Et de manière plus générale, celle d’une famille endeuillée.
Marc Berman, l’auteur de ce podcast, a interrogé ses oncles et sa mère sur leurs souvenirs, pour tenter de comprendre leur histoire, à travers les générations. Il se questionne sur la communication au sein de sa famille, sur les non-dits aussi. Fissurer le barrage est l’un des lauréats du troisième appel à projets lancé par Radio Bascule. Le podcast a été sélectionné sur dossier, avant sa réalisation. Comme toute création artistique qui se respecte, il arrive que des facteurs indépendants de la personne qui réalise modifient sa conception. C’est ce qu’il s’est passé ici. Certes, le plan initial a été interrompu. Néanmoins, le podcast a su tracer sa propre voie pour un résultat inattendu des plus intéressants.
Pour en parler, nous recevons son créateur, le compositeur et musicien Marc Berman.
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En 2020, Radio Vostok, la chaîne indé qui décape les oreilles, et le Théâtre Forum Meyrin, une scène qui porte haut l’étendard du spectacle vivant, créaient Radio Bascule, plateforme de podcasts plus accueillante encore qu’une auberge espagnole. Et comme l’appétit vient en mangeant, il n’était pas question de s’arrêter en si bon chemin. Pourquoi ne pas lancer une émission?
Le rêve se concrétise en 2021. Son ambition? Proposer un espace de réunion et d’échange, à l’heure où la pandémie fait encore planer la menace d’un retour à la distanciation sociale. Être le sismophone des changements à venir, à la fois détecteur, porte-voix et acteur. Et surtout, sans jargon, dans un esprit curieux et convivial, réfléchir à l’impact des crises à répétition sur les interprètes, les techniciens, les créateurs – sur toutes ces bonnes volontés coalisées sans lesquelles l’art n’existerait pas.
Tandis que les fronts se durcissent, que les réseaux sociaux nous libèrent autant qu’ils nous enferment dans des bulles cognitives, que la défiance lamine les autorités politiques et scientifiques, que chacun ou presque s’intronise seul maître à bord et que d’aucuns, toute honte bue, n’ont à la bouche que le credo «Tout pour ma gueule, et merde aux autres», il est plus que jamais urgent de s’entendre. Écouter, échanger, inventer, débattre, rire et rêver: n’est-ce pas ce qui, sur l’aile du son, fait la beauté irremplaçable de la radio?
Midi Bascule, c'est tout cela. Un ensemble choral de reportages, d’interviews, de chroniques, de consignes créatives et de respirations musicales. Sans prétention mais avec cœur – et avec un auditoire que nous espérons considérable!
De septembre 2023 à juin 2024, Midi Bascule est produite en collaboration avec le Service de la culture de Meyrin.