Midi Bascule

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By Radio BasculeArts
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Midi Bascule episodes

  • S3E03 Intégrale - Spectacles lumineux, drone d'époque

    Un spectacle obsolète



    Les feux d'artifice sont de plus en plus critiqués et régulièrement interdits. Leur nombre d’adeptes décroît, que ce soit pour des raisons de nuisances sonores, de pollution ou de protection de la faune et de la flore. Les pièces pyrotechniques étant composées de charbon, de souffre, de salpêtre et de particules fines, il est difficile de faire pire pour le climat.





    Une alternative qui divise



    Au mois de mai dernier, Genève a connu le plus grand spectacle de drones d’Europe, Feu Ô Lac. Une majorité du public semble conquise : son aspect poétique et sa douceur ont été vantés. Pourtant, des interrogations subsistent quant à l'empreinte écologique de ces machines, leur fabrication, leur entretien ou encore leur durée de vie. Christophe Berthonneau, directeur artistique de Groupe F, a crée le spectacle de drone Feu Ô Lac. Il voit cette nouvelle forme de spectacle aérien comme une possibilité supplémentaire de créer avec la lumière, comme les feux d'artifice ou le mapping. Aujourd'hui, les drones se retrouvent dans les spectacles vivants, les pratiques photo et vidéo, mais aussi dans d'autres milieux : Rachel Maisonneuve se rend chez RigiTech, pour tout savoir sur la fabrication d’un drone de livraison.



    D'autres sortes d'œuvres lumineuses



    Le Geneva Lux Festival a mis en avant, au début de l’année, la faible consommation des pièces qu’il exposait, comme le Lotus, créé par le designer Alex Burdin-François.










    Le collectif SPOT dont l'acronyme signifie en français énergie solaire en tournée, promeut les énergies renouvelables par des créations artistiques. Il présente cette œuvre trois années de suite au centre du Kiosque du Jardin Anglais. Le Lotus y sera à nouveau exposé en janvier 2024. Jennifer Herger et Charles Hieronymi, membres du collectif, expliquent le contexte de création du Lotus, son utilisation de l'énergie accumulée durant la journée et le futur de l'œuvre. Le Lotus symbolise un recentrement, un retour à une connexion entre l'humain et la nature. La lumière et la musique représentent la durée de vie de la plante, ajoutant au matériel un aspect éphémère.



    Au bourdonnement des drones et aux faisceaux colorés du Lotus, José Lillo substitue les piaillements et plumes trop parsemées des assurés en Suisse. Cette actualité moins lumineuse, c'est la nouvelle hausse annoncée des primes d'assurance maladie.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 29 septembre 2023

    Publiée le 29 septembre 2023

    Crédits photo : Lotus SPOT au Geneva Lux d'Alex Burdin-François © Olivier Pasqual (2022)




    54 min
  • S3E02 Interview - Le haïku : la pizza de la poésie selon Magali Bossi

    Rencontrer le haïku



    Autrice, journaliste et musicienne, Magali Bossi est également chercheuse en littérature à l’Université de Genève. Elle s'est spécialisée dans le haïku, une forme de poème d'origine japonaise. Attirée depuis toujours par la culture du Japon, c'est en voyageant à Osaka qu'elle découvre ces petits poèmes, qu'elle retrouve ensuite lors d'un séminaire donné à l'UNIGE consacré au Haïku en langue française. Intriguée, elle en fait son travail de mémoire, puis sa thèse, soutenue en février 2023. Magali Bossi a récemment remporté le deuxième prix du jury de la finale genevoise Ma thèse en 180 secondes. Un temps réduit pour parler d'une forme littéraire brève, cela demande un long travail de préparation. Elle raconte d'ailleurs les aléas de la rédaction d'une thèse dans le podcast Thèsez-vous! créé lors des ateliers Radio Bascule.



    La nature du haïku




    Paix du vieil étang.

    Une grenouille plonge.

    Bruit de l'eau.




    Ces quelques vers, traduits ici en français, ont été écrits au XVIIe siècle par Matsuo Bashō, auquel est attribuée la naissance du genre. Le haïku cherche à saisir un instant sur le vif, à transcrire l'immédiat et à plonger le lecteur dans la nature. Dix-sept syllabes, souvent réparties en trois vers de cinq, sept et cinq pieds, suffisent à transmettre bon nombre d'idées, de sensations et d'atmosphères. Écrire de la poésie si succincte demande un grand travail des mots, pour choisir le terme exact capable de transcrire le sujet souhaité. Lorsqu'on lit un haïku, on en a une compréhension instinctive très rapide, mais bien plus longue et périlleuse lorsqu'on l'analyse. Ainsi, c'est un exercice complexe de vulgariser une telle recherche :

     





    Une forme poétique qui voyage



    Formellement très codifié au départ, le haïku s'est ensuite dispersé dans le monde et a été adapté par de nombreuses plumes et dans plusieurs langues tout au long du XXe siècle jusqu'à nos jours. En littérature française, trois vagues d'inspiration, ou mondialisations, se sont succédées. La première mondialisation débute autour de 1910 et s'étend jusqu'aux années 1940. Le haïku séduit alors par son immédiateté, dépourvue d'éloquence et d'artifices, qui laisse place aux sensations. Les poètes français s'appliquent à répliquer une forme stricte en trois vers de cinq, sept et cinq pieds, traitant de la nature et du quotidien. La seconde mondialisation a lieu entre 1950 et 1980 et marque un changement de voie conséquent dans l'interprétation du haïku. Si le fond semble rester, la structure rigide des pieds est abandonnée au profit d'une liberté de mouvement plus grande. La dernière vague d'inspiration du haïku est toujours en cours et est portée par la démocratisation d'internet, espace d'expression où tout poète en herbe peut s'essayer à l'exercice poétique du haïku.




    Aujourd'hui, on trouve même des haïkaï en breton ou en suisse allemand. Comme la pizza, la forme poétique se retrouve partout et a été retravaillée par de nombreuses cultures.




    Participant à ce partage du haïku, Magali Bossi anime des ateliers destinés à tous les âges pour se lancer dans la poésie. Le prochain aura lieu le 30 septembre 2023 à la bilbiothèque de la Servette.



    Donner le temps à la lecture



    Magali Bossi aime les mots et les livres, mais est consciente que tout le monde ne partage pas sa passion. Son conseil pour lire plus ? Contrairement aux amateurs de lecture rapide, elle recommande de prendre son temps pour rentrer en amitié avec un livre : en discuter autour d'un bon café, s'installer confortablement dans le canapé entouré d'un doux plaid et se rassurer, un livre ne mord pas. Pour mieux l'appréhender, il ne faut pas hésiter à toucher l'objet sans le sacraliser, à feuilleter les pages et admirer la couverture. Comme en plongée, il y a différents niveaux à découvrir, qui se déplient page après page.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 22 septembre 2023

    Publiée le 25 septembre 2023

     

    26 min
  • S3E02 Chronique de José - La rentrée, mais dans quoi ?

    C’est la rentrée

    Allez, tout le monde dedans

    Tassez-vous

    Dans le monde économique de la croissance infinie

    Où tout a un prix

    Sauf ne pas détruire le monde et la vie



    Appelons les choses par leur nom

    Pas de fausses pudeurs entre nous

    L’empire du fric est nu

    Devant nous

    À la télé, dans les débats, sur les réseaux

    Et dans nos têtes



    Tout va mourir, tout se meurt

    Le monde est en feu

    Le monde est en eaux

    En vents

    En mort



    Place à l’ère de l’ébullition mondiale

    L’effondrement climatique a commencé



    C’est l’heure du prime time

    Sortez les pop-corns



    - Comment fut l’été ?

    - Pire encore   non ?

    - Pire que pire

    - À ce point ?

    - L’été prochain, je n’aurai plus de mots pour le dire



    - Il paraît que Twitter va devenir payant

    - X tu veux dire

    - Oui, enfin, le réseau social où les scientifiques du GIEC ferment leur compte

    En raison d’attaques en haine organisée.

    - Des bots ?

    - Ou des humains, quelle différence à présent.



    - Sapere Aude

    - Quoi ?

    - Ose savoir. C’est du Kant et du latin. Ose faire usage de ton entendement, si tu préfères.

    La devise des Lumières.



    - Tiens, ça se couvre. Le ciel est noir comme l’abîme. On dirait qu’il va pleuvoir.



    J’espère pas comme en Chine

    En Grèce

    En Lybie

    En Turquie       En Bulgarie      En Algérie       En Espagne

    En Suède         En Norvège



    Pluies torrentielles     Tempêtes        Déluges



    Des blessés, des hospitalisés, des noyés, des morts

    Des sans-abris

    Il tombe en 24 heures l’équivalent de plusieurs mois de pluie

    Habitations inondées, maisons, routes qui s’effondrent



    À Derna, en Libye, deux barrages craquent, libérant un mur d’eau de deux étages, emportant des milliers de personnes en quelques secondes

    La ville, désagrégée sur l’image, n’est plus qu’un enchevêtrement de boue, de câbles, de sable et de bêton fracassé



    Du nord au sud           de l’est à l’ouest

    Étendues sans fin d’eau boueuse      d’infrastructures dévastées

    Productions agricoles irrémédiablement perdues

    Dégâts en milliards

    En milliards



    - C’est beau comme dans un blockbuster hollywoodien.

    - C’est même plus beau. Parce qu’il n’y a pas d’effets spéciaux.

    - Oui, c’est plus beau sans.



    Sur les réseaux sociaux, j’ai partagé, effaré, la photo d’une majestueuse trombe marine balayant en septembre la côte de l’île d’Eubée, en Grèce.

    Et aussitôt, en commentaire :

    - Bravo pour la photo !

    Oui, c’est vrai, elle était splendide. Belle au point d’être regardée              comme irréelle.



    Lorsque la température de la surface de la mer atteint des valeurs maximales et que les masses d’air froid créent de violents orages            alors             surgissent et se forment        des trombes d’eau      vrillées sur elles-mêmes et se hissant au plus haut du ciel.



    Les températures de l'Atlantique, de la Méditerranée et de la Manche ont été de 3°C à 5°C au-dessus de la norme.



    Simple à comprendre :



    Plus l’eau est chaude, plus il y a d’évaporation, plus il y a d’eau disponible dans l’atmosphère et plus les pluies sont intenses et les phénomènes extrêmes.



    Sapere Aude.



    Il est absolument sans équivoque aucune

    que l’activité de l’homme est responsable du réchauffement climatique.



    -Savez-vous ce que c’est qu’un consensus scientifique ?

    - Euh… oui mais vas-y.

    - C’est quand une science et ses scientifiques parviennent à l’accord complet. C’est quand un fait scientifique est établi scientifiquement                 à l’unanimité              par les scientifiques dont c’est le domaine de compétence            et qu’il n’existe plus, à ce sujet, aucune polémique ni discorde au sein de la communauté scientifique.



    - Je connais un influenceur qui…

    - Oh, tais-toi.



    J’avais tellement de larmes en moi cet été

    La nuit je me rêvais en Canadair

    Au-dessus de l’été le plus chaud jamais mesuré dans le monde



    Au-dessus de la Chine de l’Inde          de Hawaï         de la Sicile       de l’Espagne   de la Tunisie



    J’aurais voulu pleurer tout ce que j’avais

    Pour tout éteindre



    Au-dessus

    De la Turquie  De la Grèce     Du Canada     De la Corse     Des Pyrénées-Orientales.



    La végétation est trop sèche et s’embrase.



    Il a fait 52 degrés à Xinjiang

    50 degrés en Iran

    45 degrés en Thaïlande



    À Hawaï, Lahaina a quasiment été rayée de la carte par l’incendie

    À Tenerife, 7% de l’île disparaît sous les flammes

    Il brûle 15 millions d’hectares de forêt au Canada, soit le quart de la superficie de la France

    À Rhodes, 20'000 personnes sont évacuées en catastrophe

    25'000 d’un quartier-nord d’Athènes



    Les oliviers millénaires d’Evros brûlent du dedans

    Au creux de leurs troncs calcinés on voit des flammes encore ardentes danser, inextinguibles

    À Dubrovnik, le feu qui fait rage fait exploser les mines de la guerre oubliées dans la terre



    C’est la guerre de l’homme contre la nature, si nous la gagnons, nous la perdons

    Nous sommes en passe de la gagner



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 22 septembre 2023

    Publiée le 25 septembre 2023

    Crédits photo: Anne Bouchard

    6 min
  • S3E02 Chronique de Candice - L'arpentage : de l'Egypte à Marx en passant par la résistance

    La lecture rapide, c’est très scolaire comme thème de rentrée non ? Allez, 22 septembre, tu vas apprendre à lire vite. Alors moi je suis dyslexique et astigmate, donc la lecture, de base, c’est pas facile. Quand je lis l’intro, les autres sont déjà à la conclusion. Lire en sautant des pages, en lisant que les voyelles et les mots à 3 syllabes des pages impaires, ok, mais dans ce cas, c’est sûr que je capte rien au bouquin. Pour lire vite sans se fatiguer et en comprenant tout, j’ai une autre solution : l’arpentage.



    Quel rapport entre la technique de mesure des superficies des terres développée en Egypte ancienne pour le relevé des surfaces agricoles après les crues du Nil ? Et bien si, il y en a un. Arpenter veut aussi dire parcourir à grands pas un lieu délimité. Et bien là, c’est la même chose, mais avec un livre.



    Ça commence fin XIXe siècle, dans les milieux populaires ouvriers. L’idée est simple : se réapproprier un savoir théorique de la classe dominante de manière collective. Imaginez un groupe de mecs qui se partagent un livre, au hasard, le Capital. Et on découpe le livre, littéralement, pas de pitié pour les relieurs. Chaque personne a son petit chapitre et le lit tranquillement. Alternative : on fait ça à voix haute en petits groupes, notamment avec des personnes qui ne savent pas lire. Après ça, on met en commun, dans l’ordre, les passages du livre. À tour de rôle on résume ce qu’on a lu et on raconte ce que ça nous évoque. On pose des questions, on partage des impressions, on assimile le contenu théorique. On renverse les codes : la parole circule à temps égal, il n’y a pas une personne qui délivre son savoir et les autres qui écoutent tranquillement.



    Depuis, la méthode s’est transmise dans la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, dans l’éducation populaire, puis dans les milieux autogérés. C’est clair, c’est plutôt un truc de gauche. L’idée, c’est de désacraliser le savoir et l’objet livre. Libérer la parole politique et prendre conscience qu’un problème est partagé. C’est la force du collectif de faire ensemble ce qu’on ne pourrait jamais faire seul.



    Par exemple, tu te dis : je vais lire Proust. Tu commences, tu t’endors. Alors que là, tu vas lire des feuilles déchirées dans un bar avec des amis, c’est quand même plus sympa. Après, ça part en discussion façon cercle de parole, chacun parle de sa madeleine et on boit des coups pour oublier. Et là, tu as gagné un an de ta vie et la possibilité de dire ouais, j’ai lu à la recherche. Tu n'as même pas besoin d’acheter le livre ! Tu vas peut-être comprendre pourquoi l’existentialisme est un humanisme, rencontrer l’âme sœur ou des partenaires de manif et repolitiser tes problèmes individuels. Alors on arpente, on se réapproprie l’espace, on est dans l’action, le collectif, on co-construit la transformation sociale. Et surtout, on a plus de temps pour jouer à Candy Crush.  



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 22 septembre 2023

    Publiée le 25 septembre 2023

    4 min
  • S3E02 Intégrale - La lecture rapide, arnaque ou bénédiction?

    Pourquoi lire vite ?



    Si les grands lecteurs lisent entre 10 et 20 livres par an, les promoteurs de la lecture rapide se targuent de terminer 700 pages en deux heures, voire en 25 à 30 minutes, pour un total de quelques centaines de livres lus par année. Les techniques de lecture rapide ne datent pas d'hier, mais leurs objectifs ont évolué. Auparavant, doubler son rythme personnel semblait suffir, il faut aujourd'hui dévorer la connaissance, sans prendre le temps de la digérer. Les informations pullulent à l'écrit comme à l'écran et, si elles sont bien plus accessibles qu'avant, il faut désormais prendre le temps de les trier pour mieux les comprendre et les intérioriser.



    Une forme brève qui prend son temps



    Magali Bossi, chercheuse en littérature à l’Université de Genève, s'est spécialisée dans le haïku, une forme de poème d'origine japonaise. Formellement très codifié au départ, le haïku s'est ensuite dispersé dans le monde et a été adapté par de nombreuses plumes et dans plusieurs langues tout au long du 20ème siècle jusqu'à nos jours. Dix-sept syllabes, réparties en trois vers de cinq, sept et cinq pieds, suffisent à transmettre bon nombre de choses, souvent rattachées à une idée d'immédiateté. Cette forme brève attrape des instants sur le vif pour les ancrer sur papier. Mais brièveté rime-t-elle avec rapidité ? Pour l'écriture comme la lecture ou la réception du poème, rien n'est moins sûr.



    Démystifier la lecture rapide



    G Milgram est un youtubeur de la sphère sceptique et rationaliste. Il a publié il y a quelques mois une vidéo consacrée à la lecture rapide, dans laquelle il interroge les techniques pratiquées. Dans Lecture rapide : les médias gobent l'arnaque, le vidéaste revient sur la petite voix intérieure qui rythme la lecture, les saccades oculaires et les régressions, autant d'attitudes naturelles ou nécessaires à la bonne compréhension d'un texte que les amateurs de lecture rapide s'efforcent de neutraliser. Il s'intéresse à la vision périphérique qui permettrait, en ne fixant que le centre de la page, d'en saisir l'entièreté, ce qui est aisément réfutable en observant l'anatomie humaine. En effet, notre œil ne peut pas saisir avec netteté plus de sept lettres à la fois.



    Un vaste sujet qui inspire : Candice Savoyat s'intéresse à l'arpentage, ou comment se réapproprier un savoir théorique de la classe dominante de manière collective, tandis que José Lillo s'inspire du haïku et de sa connexion avec la nature pour livrer un constat amer de l'actualité climatique.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 22 septembre 2023

    Publiée le 22 septembre 2023

    Crédits photo : Jaredd Craig © Unsplash

    51 min
  • S3E01 Reportage - Une célébration des punks et de l'amitié

    Marion Duval a reçu le soutien du Label Plus Suisse Romande pour son spectacle intitulé Le spectacle de merde, qui s'est joué au Théâtre Forum Meyrin dans le cadre du festival de La Bâtie. Mettre en scène ses rêves, travailler avec et pour ses ami·e·s ayant choisi un mode de vie alternatif, s’affranchir des codes étriqués du théâtre bourgeois et surtout s’amuser, voici le parti pris de ce spectacle, autoproclamé par provocation « de merde ». Un reportage de Lucie Eidenbenz.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 15 septembre 2023

    Publiée le 18 septembre 2023

    Modifié le 27 septembre 2023

    Crédits photo : Le spectacle de merde, de Marion Duval



     

    7 min
  • S3E01 Interview - Maud Faucherre, clown et comédienne hors des normes

    Un modèle de foyer alternatif

    La comédienne et clown Maud Faucherre a grandi dans une coopérative, une grande famille qui dépasse les frontières de la cellule familiale traditionnelle. Ses parents se sont joints à d'autres pour poursuivre une vision égalitaire de la vie. Tous n'ont pas les mêmes chances, les mêmes revenus et l'objectif est alors de répartir les charges. Chacun met la part qu'il peut y mettre, explique-t-elle. Adolescente à Genève dans les années 1980 et en quête de liberté, elle fréquente les squats, qui lui donnent le sentiment qu'il y a une place pour chacun. Elle aime pouvoir choisir où aller et vivre dans une atmosphère créative :




    C'était une grande fête permanente, une impulsivité joyeuse.




    Poussée par cette envie de vivre différemment et en communauté, elle décide il y a une quinzaine d'années de se lancer, de vivre avec des gens et de construire des projets ensemble. C'est d'abord dans une maison qu'elle s'installe en coopérative, avant d'ajouter une, puis plusieurs roulottes pour agrandir l'espace habitable. Pour continuer à vivre ensemble malgré une maison trop petite, un terrain est trouvé pour installer les roulottes. Aujourd'hui, Maud Faucherre ne vit plus à temps plein en collectif : ça demande beaucoup d'énergie. Malgré ça, elle garde une préférence pour le quotidien en roulotte plutôt qu'en appartement.



    Trouver son chemin sur scène

    Dans sa carrière de comédienne, Maud Faucherre se rapproche du jeune public. Elle crée en 2019 le spectacle Un bébé à livrer, adapté de la BD de Benjamin Renner. Olivier Carrel, Jacques Douplat et Maud Faucherre sont amis et travaillent occasionnellement l'un avec l'autre, mais jamais les trois ensemble. Poussés par cet élan collaboratif, les trois amis se plongent dans cette histoire d'amitié qui leur parle et la jouent devant des enfants. Maud Faucherre est arrivée par hasard au théâtre pour enfants, mais a immédiatement aimé ça. C'est un vrai public, multiple. Contrairement à un public adulte qui, selon le genre de la pièce jouée, se ressemble d'une représentation à l'autre, un jeune public n'est jamais le même. Les enfants viennent des tous les horizons. Mais les histoires que la comédienne admire le plus sont celles qui s'adressent autant aux adultes qu'aux enfants et aux adolescents.



    Le clown, une figure alternative

    En plus des spectacles pour enfants, Maud Faucherre est clown dans les hôpitaux, une autre manière de sortir du cadre et de trouver sa liberté.




    Le clown, c'est celui qui va mettre les pieds dans le plat, qui n'est pas adapté.




    Il rate pour exister, il vit pour ses bides, il fait tout à l'envers et c'est sa raison d'être. Être clown à l'hôpital, c'est être en décalage avec le lieu. Si les visites aux enfants se sont aujourd'hui démocratisées, le principe reste en dehors de la norme et explose le cadre du quotidien et du traditionnel :




    Je me réjouis qu'il y ait des clowns dans les banques ou à la Migros !




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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 15 septembre 2023

    Publiée le 18 septembre 2023

    19 min
  • S3E01 Chronique d'Olivier - Le Cynique, parangon des alternos ?

    Marie-Eve : En voici un dont on ne sait pas trop s’il fait partie du clan des alternatifs, des paléobeatniks, des bourgeois canailles ou des plumitifs faméliques, j’ai nommé Olivier bien sûr. Il te revient l’honneur d’ouvrir le bal des chroniques de cette saison 3 et on espère que tu sauras t’en montrer digne !



    Tcheu la pression que tu me mets, je me sens tout liquide d’un seul coup. Heureusement que le premier nom que je vais citer aide beaucoup à ne pas se prendre trop au sérieux.



    M.-E. : Oh non, tu vas pas encore nous parler de Pierre Maudet !



    Mais pas du tout… Où t’es allée chercher ça ? Note bien que dans le genre rebelle en mousse, petit marquis qui se la joue proche du peuple et cynique aux crocs qui rayent le parquet, il se pose là l’ami Pierrot. Mais non, laissons-le pioncer dans sa crypte. Moi, je voudrais poser la question des modèles de comportement, des sources d’inspiration de l’éthique alternative. Je demande donc : qu’est-ce qui fait le bon jules ou la bonne souris alterno ? Allez, en vrac, quelques pistes : le rejet de ce que Pascal appelait les grandeurs d’établissement (les titres honorifiques, tous ces hochets que les puissants aiment agiter sous le nez des gueux) ; l’insoumission aux autorités politiques ; l’insertion dans des circuits économiques parallèles ; l’irrespect, la provocation, le culot ; la critique du civilisé, qui n’est souvent qu’un barbare en costume Prada. Eh bien vous mettez toutes ces qualités dans une colonne, dans une autre vous collez le nom de Diogène, et bingo ! Vous remarquez que ce diable de philosophe antique les cochait à peu près toutes.



    M.-E. : Tu fais référence à Diogène de Sinope, c’est ça ? Le représentant le plus célèbre de l’école cynique ?



    Oui da ! Diogène, c’est d’abord un look qui fait penser à un festivalier après cinq jours de Paléo sous la flotte. Un infâme manteau lépreux, une besace, un bâton et une grande jarre où crécher. Point barre, rien de superflu. But du philosophe : atteindre au maximum de la liberté et de l’autosuffisance. Et au passage, se payer la tête de ses contemporains, moquer les intellos et congédier les hommes ivres de leur propre gloire. C’est le genre de gars qui mendie, car pas question de s’aliéner à travailler. Qui se balade en plein jour avec une lanterne allumée en disant aux Athéniens ébahis qu’il cherche un homme (entendez : un sage). Qui ridiculise Platon en inventant le lancer de coq déplumé comme argument rhétorique qui tue. Et qui, anecdote la plus fameuse à son sujet, envoie un jour paître Alexandre le Grand himself. Imaginez : le conquérant s’approche de Diogène qui bulle dans sa jarre et lui demande ce qu’il désire. Réplique du philosophe : ben ôte-toi de mon soleil, grand sac, j’ai déjà tout ce qu’il me faut et tu me fais de l’ombre. (Seul le début est authentique hein, pour la suite j’ai brodé.)



    En résumé, il y avait du punk chez cet homme-là, du voyou, de l’alterno pur sucre, on peut dire qu’il avait du chien – ce qui est, comme les choses sont bien faites, justement la racine étymologique du terme cynique. Arrivé à ce stade, j’ai envie d’aboyer par contre.



    M.-E. : Mais qu’est-ce qui te met les nerfs en pelote, Olivier ?



    Eh bien de voir que dans la grande lessiveuse contemporaine, les codes du cynisme sont désormais recyclés et appliqués par ceux qui devraient en être la cible ! Aujourd’hui, c’est un Nicolas le Petit (l’ex-président là, l’amateur de Rolex et de chanteuses à voix) qui donne du Casse-toi pauv’ con à un citoyen. C’est un Micron Ier qui cajole les premiers de cordée et vilipende ceux qui ne sont rien et n’auraient qu’à traverser la rue pour dégoter un taf de misère. Et même chez nous, les politiques font assaut de cynisme ! Les prix d’à peu près tout explosent ? Mais c’est facile les pauvres, arrêtez de chouiner : suffit de mettre un couvercle sur l’eau des pâtes, suffit de prendre une douche à plusieurs, suffit d’opter pour une franchise plus élevée ou de changer une énième fois de caisse en espérant ne pas, ne jamais tomber malade. Merci Guy, Karin, Viola et les autres. Non mais vous êtes sérieux au Conseil fédéral ? En fait, parmi les sept nains, y'en a un seul qui a les épaules pour faire un vrai bon cynique moderne et pas une espèce de cuistre confit de vulgarité.



    M.-E. : Et qui est ce philosophe qui s’ignore ?



    Oh il se reconnaîtra. Lui, son job, il s’en cogne, il est déjà parti dans sa tête. Il soigne sa dégaine de bad boy à coups de panama, de havane, de boa fuchsia et de canette de bière, il fait le zazou sur un char à la Street Parade, quand il s’amuse pas à jouer le pirate de l’air en violant l’espace aérien français aux manettes de son coucou. Alain, t’es un vrai modèle pour tous les alternatifs. Par contre sois gentil et décale-toi un chouïa, parce qu’avec ton chapeau, ton avion et tes frasques, tu fais de l’ombre et tu nous empêches de profiter du soleil.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 15 septembre 2023

    Publiée le 18 septembre 2023

    6 min
  • S3E01 Interview - Lutherie sauvage : des instruments en matériaux recyclés - Andreas Fulgosi

    Recycler pour créer

    Récupérer des objets usés ou cassés et les bricoler pour leur donner une seconde vie : l'upcycling permet d'exprimer sa créativité et de consommer durablement. Andreas Fulgosi l'expérimente personnellement sous le terme de lutherie sauvage depuis plusieurs années et le partage avec le public depuis 2021. Guitariste, violoncelliste, compositeur et enseignant de musique, il a plus d'une corde à son luth. Comme il ne se limite pas aux instruments connus en en créant de nouveaux, le musicien dépasse le sens de lutherie pour y inclure toutes les formes que prendront ses créations. Une roue de vélo cassée, un tuyau d'arrosage et autres objets disparates se muent en instruments à corde, à vent ou à percussion.



    Expérimenter avec le fond comme la forme

    Musicien professionnel depuis 1994, Andreas Fulgosi s'est toujours intéressé aux instruments alternatifs et atypiques.




    En concert, je sortais une carte de voeux musicale achetée en papeterie !




    Il explore avec les outils qu'il rencontre et enregistre ses créations. Ces dernières suivent parfois le chemin de l'expérimentation emprunté avec les instruments, comme en témoigne son album de jazz improvisé One Year Off, enregistré en 2018 et sorti en 2020. Le terme lutherie sauvage lui vient de Max Vandervorst, qui la définit depuis 1988 comme une musicothérapie pour objets abandonnés. Mais les origines de la pratique remontent à plus loin et celle-ci se retrouve à différents endroits du globe :




    Ce n'est pas nouveau. Ça se pratique depuis des lustres dans d'autres cultures, notamment en Afrique de l'Ouest.




     



    Jouer ensemble à son rythme

    En 2021, il cofonde les ateliers de lutherie sauvage Joue à ton rythme !, qu'il anime avec Alexandra Tundo. Les deux musiciens s'adressent à tout type de public. Ces moments de création sont intergénérationnels et débouchent sur la formation d'orchestres, selon les familles des instruments inventés. Après avoir fabriqué ensemble un instrument propre à chacun, les participants le prennent en main et expérimentent en groupe.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 15 septembre 2023

    Publiée le 18 septembre 2023



     


    12 min
  • S3E01 Intégrale - Vies alternatives et punkeries artistiques

    Être alterno aujourd'hui à Genève



    Certaines choisissent d’habiter en collectivité ou en roulotte, d’aucuns élaborent des festivals qui offrent au public une expérience différente. La rebelle attitude concerne autant sa façon de consommer que celle de gérer ses relations : elle touche la vie dans son ensemble. Dans les années 80, Genève était la ville la plus squattée d’Europe. Cette époque est révolue mais des lieux autogérés existent toujours. Il y a les anciens, comme l’Usine ou la Cave 12 – qui malgré son changement d’espace a survécu – ou les nouveaux comme la Gravière ou le Motel Campo. Mais attention, ne devient pas underground qui veut ! Il ne suffit pas de quelques palettes ou de vieux meubles pour gagner cette appellation. Certaines enseignes, surfant sur l’effet de mode, ont adopté une esthétique sauvage et se retrouvent simplement avec une étiquette de bobo.



    Vivre et créer hors des normes



    La comédienne et clown Maud Faucherre a grandi dans une coopérative, une grande famille qui dépasse les frontières de la cellule familiale traditionnelle. En quête de liberté, elle fréquente ensuite les squats, qui lui donnent le sentiment qu'il y a une place pour chacun. Poussée par cette envie de vivre différemment et en communauté, elle décide il y a une quinzaine d'années de se lancer et emménage dans une roulotte.



    Guitariste, violoncelliste, compositeur et enseignant de musique, Andreas Fulgosi a plus d'une corde à son luth. Il a co-fondé et anime avec Alexandra Tundo des ateliers qui permettent de créer un instrument de musique avec des objets recyclés, tels que des tuyaux d’arrosage ou des roues de vélo cassées. C'est ce qu'il appelle la lutherie sauvage.



    Lucie Eidenbenz se promène dans les coulisses du Spectacle de merde de Marion Duval, joué entre le 13 et le 16 septembre 2023 au Festival La Bâtie. Cette dernière le définit comme le spectacle d'une communauté, celle de ses amis punks. Quant à Olivier Mottaz, il se penche sur la figure du cynique, en revenant à l'un de ses plus illustres représentants, Diogène de Sinope. Autant d'approches qui permettent d'explorer ces vies alternatives et punkeries artistiques.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 15 septembre 2023

    Publiée le 15 septembre 2023

    Crédits photo : Eric Gilkes © Unsplash

    56 min

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En 2020, Radio Vostok, la chaîne indé qui décape les oreilles, et le Théâtre Forum Meyrin, une scène qui porte haut l’étendard du spectacle vivant, créaient Radio Bascule, plateforme de podcasts plus accueillante encore qu’une auberge espagnole. Et comme l’appétit vient en mangeant, il n’était pas question de s’arrêter en si bon chemin. Pourquoi ne pas lancer une émission?