Midi Bascule

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Midi Bascule episodes

  • S3E07 Interview - Devenir ourse, avec Fanny Wobmann et Laurence Maître

    Un intérêt pour des questionnements féministes



    Les comédiennes Fanny Wobmann et Laurence Maître ont fondé en 2012 la Compagnie Princesse Léopold, avec Laure Aubert. Leur spectacle Rock'N'Roll Star les emmène sur le chemin de l'émancipation féminine, un thème qu'elles souhaitent retrouver par la suite. Lorsque la ville de Neuchâtel leur offre un mois de résidence, elles saisissent l'opportunité de creuser cette question. Le projet est en route, le voyage qui questionne la façon dont le corps des femmes est appréhendé par les autres et par elles-mêmes commence.



    Un projet à plusieurs mains



    Devenir Ourse est joué au Théâtre du Pommier, à Neuchâtel. Une lecture d'un extrait de livre ouvre la pièce, il s'agit d'Un corps à soi, de Camille Froidevaux-Metterie, qui les a accompagnées durant toute l'élaboration du spectacle. Fanny Wobmann et Laurence Maître travaillent d'abord en duo pour écrire la pièce, en discutant longuement, en filmant des improvisations avant de les visionner et d'y réfléchir. Lorsque les répétitions commencent, elles s'entourent d'une équipe pour pouvoir se concentrer sur le jeu. La metteuse en scène Floriane Mésenge le leur permet, tandis que la chorégraphe Léonore Guy les guide dans le jeu corporel.



    Devenir ourse



    Présent dans de nombreuses mythologies et cultures, l'ours est un symbole fort qui représente la puissance, l'agressivité et la force, autant de qualificatifs tenus aussi loin que possible de l'image de la femme par la société actuelle. Les deux artistes tentent de se les réapproprier sur scène et de devenir, elles-mêmes, ourses.



    Deux corps nus



    La nudité traverse la performance et interroge certains spectateurs. L'entourage des deux artistes y réagissait déjà durant la production, ce qui a surpris les comédiennes, pensant que certains tabous étaient dépassés. Encore souvent associé à l'érotisme ou la pornographie, le corps nu, et surtout féminin, ne se résume pourtant pas qu'à cela. Le choc frontal avec le corps nu provient parfois de la pudeur personnelle, expliquent-elles, compréhensives. Le jeu de lumière a été pensé pour adoucir la rencontre.



    S'émanciper et exister



    Ni l'une, ni l'autre n'a ressenti de gêne à jouer nue. Ayant pris le temps d'en discuter, elles ont par exemple évoqué leurs habitudes vis-à-vis de leurs poils et ont décidé de ne rien changer pour les représentations. Aucun retour particulier ne leur a été fait sur cet aspect, elles estiment que la scène est plus tolérante que la caméra avec le corps féminin. La création ne s'achève pas sur un happy end. Le chemin n'est pas facile à parcourir pour devenir ourse, mais une voix les inspire. Nina Simone, forte et puissante, ne s'excuse pas d'exister et ouvre la voie.







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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 3 novembre 2023

    Publiée le 6 novembre 2023

    Crédits photo : Laurence Maître et Fanny Wobmann



    16 min
  • S3E07 Chronique d'Olivier - La complainte du morbac

    Marie-Eve : Halloween, c’est passé, mais quand il s’agit d’entendre des horreurs, avec toi Olivier c’est Halloween toute l’année. D’ailleurs vu le sujet du jour, je ne crois pas trop m’aventurer en disant que ta chronique sera comme un slasher movie bien gore : interdite aux moins de 18 ans. J’ai tout bon ?



    Mais quelle clairvoyance Marie-Eve, c’est quoi qui t’a mise sur la piste ? Le thème des poils ? Mon insistance un peu louche à chroniquer aujourd’hui ? Cela dit t’as raison, à une nuance près : je conseille d’éloigner en effet les jeunes oreilles, mais je suggère à toute personne âgée de 18 à 40 ans d’ouvrir toutes grandes ses portugaises. Il en va de la santé de nos concitoyens, de l’équilibre moral, de l’harmonie entre les bonobos sapiens sapiens et carrément de la survie d’une espèce animale injustement vilipendée.



    M.-E. : Tout ça, carrément ? Et pourquoi cette tranche d’âge de 18-40, au fait ?  



    C’est tout simple : les plus de 40 ans sont, je pense, un poil plus épargnés par cette épidémie. 



    M.-E. : Une épidémie maintenant, on aura tout vu. Une épidémie de quoi au juste ? T’arrêtes de teaser, tu rentres dans le vif du sujet ?



    Oh je ne tease pas, je me réfère simplement à ce document très officiel, oui, ça, cette brochure éditée par l’Office fédéral de la santé pileuse.



    M.-E. : Rah mais ça n’existe pas Olivier !



    Eh bien ça devrait ! Car ce rapport dresse un tableau glaçant de la situation. Premier constat : 113% des 18-40 ans pratiquent l’épilation intime. Et quand je parle d’épilation intime, faut s’entendre : il est question d’une éradication totale et régulière. Les gens de cette génération traitent leur pubis comme Gengis Khan traitait les cités qui résistaient : terre brûlée ! Tout doit disparaître ! Vive le lisse, vive le glabre, le pelé, le rasé, l’anéanti, vive la pureté induite par le feu du rasoir ou la cuisson de la cire dépilatoire !



    M.-E. : Euh oui bon d’accord, mais chacun fait ce qu’il veut dans sa culotte, non ?



    Ouiiii chacun fait fait fait ce qui lui plaît plaît plaît, mais chacun est bien neuneu et ferait bien de s’interroger : pourquoi, dans quel but et à quel prix ? D’abord sachez, Mâmes et Meûssieurs les adeptes du génital alopécique, que cette pratique, contrairement aux apparences, est anti-hygiénique et dommageable pour votre santé. En vous scalpant les génitoires, encore et encore, vous semez sur votre pubis tout plein de microcoupures qui sont autant d’invitations adressées aux IST et autres cochonneries : entrez les bactéries, bienvenue les mycoses, ici c’est open bar !



    Ensuite, c’est quoi cette manie de répondre aux injonctions du modèle pornographique ? Ça va le chalet ? Oui c’est bien là, à partir des années 1990 grosso modo, qu’on a commencé à voir dans le X des abricots et des zobs dépourvus de poils. Sans blague, vous les gens qui faites partie de cette génération si chatouilleuse sur les questions d’inclusivité, de consentement, ça vous pose aucun problème d’adopter une mode issue du porno ? Z’avez perdu les poils ET la boule, ma parole !



    Et c’est pas tout : on conspue très légitimement la pédophilie depuis quelques années. Personne ne semble percuter, mais faut quand même le dire : y'a comme un bug logique dans la matrice, ici. Haro sur les pédophiles, mais en même temps on se baise parmi avec des moules et des haricots débarrassés des caractères sexuels secondaires que sont les poils ? Avec des verges et des fentes de petit garçon et de petite fille, vraiment ? Mais enfin c’est insensé, prenez vos cachets, votre lithium, votre Xanax, je m’en cogne, mais réveillez-vous !



    C’est encore plus risible pour les mecs, si on songe que règne depuis un bon moment le look hipster, avec la barbe de série. C’est comme si les poils pubiens avaient migré de l’appareil génital pour venir décorer le faciès de ces gars. Or, je dois le rappeler aux plus étourdis : on ne pénètre pas sa ou son partenaire sexuel la tête la première, c’est formellement déconseillé par la Faculté ! Comptez pas sur les pompiers pour venir vous désincarcérer si jamais vous tentez le coup !



    M.-E. : Olivier, je suis… mortifiée.



    Oui je comprends, tu dois avoir l’image en tête. Mais moi j’en ai deux autres. Celle d’un Gustave Courbet désespéré s’il avait dû peindre L’origine du monde aujourd’hui. Il voulait pas faire une planche anatomique, Gustave, il voulait célébrer la pilosité aromatique du désir… La seconde image, je la dédie aux Verts, qui se sont pris une sacrée rouste lors des dernières élections fédérales. Il est temps qu’ils se recentrent sur leur cœur de métier. Par exemple la défense des espèces menacées d’extinction. Et là, qui dira, en cette époque de haine du poil, l’agonie du morpion privé de son biotope ?



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 3 novembre 2023

    Publiée le 6 novembre 2023

    6 min
  • S3E07 Chronique de Candice - La charge esthétique : une belle arnaque pour se sentir belle

    La charge mentale, vous connaissez ? La charge esthétique est beaucoup moins connue mais tout aussi présente dans nos vies. C’est le temps, l’énergie et l’argent que l'on dépense pour se faire belle. Et devinez quoi, comme la charge mentale, qui subit principalement la charge esthétique ? Les femmes ! Encore une belle arnaque pour se sentir belle !



    Être belle, ça a un coût. Et oui, ce n'est pas gratuit. Un coût financier d’abord : il faut aller chez le coiffeur, l’esthéticienne, s’acheter des montagnes de cosmétiques qui périment avant qu’on ne les finisse, aller à la salle de sport, au nail bar, faire des injections de collagène, des séances d’UV, des régimes, investir dans des talons hauts et de la lingerie qui fait les seins plus gros et les fesses plus lisses.



    Tout ça pour quoi ? Pour mentir aux autres et à nous-mêmes, sur le fait que oui, l’apparence compte et que toutes ces heures de préparation, de maquillage et d’épilation vont nous permettre de chopper samedi soir ou de garder notre mec plus longtemps. Sacré programme.   



    En plus, c’est un cercle vicieux. Plus tu te bouches les pores de la peau avec des couches de fond de teint et de blush, plus tes imperfections vont revenir. Tout est pensé pour consommer toujours plus, et qui se cache derrière tout ça ? Des multinationales, souvent dirigées et détenues par des hommes. Tant qu’à faire, autant prendre l’argent du beurre et la peau douce de la crémière.



    Il y a un second coût : le coût moral. Comme si ça ne suffisait pas que l'on dépense plus que les mecs en produits de beauté et en soins alors que l'on gagne moins en moyenne, il faut aussi que ça ait un impact sur notre mental. C’est la double peine.



    En tant que femme, il faut être belle. Et pour cela, il faut souffrir. On ne peut pas être belle naturellement. On nous fait croire que pour réussir dans la vie, il faut être désirable, susciter l’attention et être physiquement validée par les hommes et les autres femmes. Du coup, on a intériorisé le fait d’être constamment observées, scrutées, critiquées.



    Alors oui, on peut faire tout ça par choix, juste parce qu’on le vaut bien. Mais comment savoir si c’est nous qui avons envie de nous infliger ces produits chimiques et les douleurs qui vont avec ou si on a tellement bien intégré le discours depuis l’enfance que l'on croit que c’est un choix conscient, alors que non. Sérieusement, qui a vraiment envie de se retrouver à quatre pattes devant l’esthéticienne pour se faire épiler le sillon interfessier ? Et si on ne fait pas tous ces sacrifices, on se sent mal, jugée, délaissée. Il y a donc un coût moral qui pèse sur l’estime de soi, la confiance et la vie affective et sexuelle des femmes.



    Face à la pression de la charge esthétique, les femmes mettent en place des stratégies d’évitement. Par exemple, choisir une position plus flatteuse pendant un rapport sexuel pour paraître plus attirante. Non mais c’est quand même dingue, ça nous poursuit jusque dans l’intimité ! Ça peut aller encore plus loin et pousser à la dysmorphophobie, c’est-à-dire être préoccupée par des défauts inexistants et une image déformée et dégradée de son propre corps. C’est le degré maximal de l’intégration des injonctions à la beauté.



    Alors que la beauté ça ne veut rien dire. C’est subjectif. C’est un concept marketing inventé par le patriarcat et le capitalisme. En France, en 2018, les femmes dépensaient 2'482 euros par an pour soigner leur apparence. Alors qu’est-ce qu’on fait maintenant ? On continue et on consomme ou on arrête et on déconstruit les injonctions qui nous font du mal ?



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 3 novembre 2023

    Publiée le 6 novembre 2023

    5 min
  • S3E06 Micro-trottoir - Un marché solidaire comme enjeu artistique

    Le mercredi 27 septembre, trois étudiantes à la HEAD en Master TRANS ont organisé un marché au sein du Forum Meyrin en partenariat avec le Service de la culture de Meyrin. Ce projet s’inscrit dans leur cursus comme une pratique artistique socialement engagée. Rachel Maisonneuve est allée sur place pour questionner la compréhension des passants au sujet de ce concept.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 20 octobre 2023

    Publiée le 6 novembre 2023

    Modifié le 14 novembre 2023

    4 min
  • S3E07 Intégrale - Tout le monde à poils ?



    Les injonctions faites au corps féminin



    A-t-on véritablement le choix de faire ce que l'on veut de notre enveloppe personnelle ? Lorsque l'on sort sans maquillage, entendre les gens s’inquiéter - t’as l’air fatiguée - peut être décourageant. Les diktats sont nombreux dans un monde où prime un certain type de beauté, surtout lorsque l'on apprend aux femmes, dès l’enfance, que leur valeur se trouve dans leur physique. Candice Savoyat souligne la charge esthétique, autant financière que mentale, qui pèse sur leurs épaules.



    La nécessité de la beauté



    Des mouvements tentent de résister, comme le Januhairy, en français le janvier poilu, ou le Body Positive qui célèbre les différents types de morphologie et les imperfections. Ces élans de rébellion sont-ils efficaces ou imposent-ils encore une nouvelle injonction, celle de s'accepter et de s'aimer ? Depuis quelques temps a surgi le terme neutralité corporelle, qui oriente le regard vers la fonctionnalité du corps et non son apparence.



    L'art et les poils



    L'art influence-t-il la société ? Ou est-ce l'inverse ? Olivier Mottaz s'insurge par exemple contre le recours généralisé à l'épilation intime, bien moins hygiénique qu'on ne le pense et née de l'esthétique des films pornographiques. Mais les poils intimes ne sont pas les seuls à être éradiqués. Les jambes féminines au cinéma sont-elles glabres parce que, dans la société, la majorité des femmes s’épile ou est-ce que les femmes s’épilent parce que leurs héroïnes à l’écran le font ? Comment fabrique-t-on un imaginaire totalement neuf, loin de la réalité que l'on connaît ? Des artistes s'emparent du sujet, notamment les comédiennes Fanny Wobmann et Laurence Maître, ainsi que l'autrice et dessinatrice Émilie Gleason.



    Devenir Ourse



    Comédiennes, autrices et créatrices du spectacle Devenir Ourse, Fanny Wobmann & Laurence Maître ont joué ce voyage qui questionne la façon dont le corps des femmes est appréhendé par les autres et par elles-mêmes au Théâtre du Pommier, à Neuchâtel. L'ourse représente la puissance, l'agressivité et la force, autant de qualificatifs tenus aussi loin que possible de l'image de la femme par la société actuelle, et que les deux artistes tentent de se réapproprier sur scène.



    Un monde idéal pour nos poils









    La bédéiste Émilie Gleason a créé Ebourrifant.e.s, une bande dessinée dressant le portrait d'un futur qui célèbre les poils. Posant comme décor principal un salon de coiffure spécialisé dans le soin des poils, l'autrice illustre son militantisme joyeux et utilise l'humour pour dénoncer ce qui pèse sur le présent. Au premier comme à l'arrière-plan, ses convictions se dessinent et les cases étriquées de la beauté explosent. Poils, vêtements, maquillage, l'apparence ne devrait pas être un problème, ni même vraiment un sujet.







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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 3 novembre 2023

    Publiée le 3 novembre 2023

    Crédits photo : Spectacle Devenir Ourse © Guillaume Perret




    54 min
  • S3E06 Micro-trottoir - Les arts pluri, inter et transdisciplinaires selon vous

    Le public a aussi sa vision des pratiques pluri, inter et transdisciplinaires. Il a pu l'exprimer au studio Midi Bascule, durant l’apéritif de rentrée du Forum Meyrin.



    Le Carnaval de Bâle est cité, les gens semblent ouverts à l'idée, louant par exemple la capacité d'un spectacle pluridisciplinaire à toucher différentes parties du public grâce à la diversité d'arts représentés.




    C'est un peu comme les sauces à salade : tout est une question de goût !




    On peut être sensible à un mélange de disciplines artistiques et pas à un autre, ou encore tenir à une cohérence du tout, au suivi d'un fil rouge.



    Cela apporte de la nouveauté et permet d'étendre la palette culturelle. Une interrogation se pose cependant, concernant la formation et la qualité : comment exceller dans plusieurs domaines ?



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 20 octobre 2023

    Publiée le 23 octobre 2023

    Crédits photo : Service de la culture de Meyrin © Jade Bouchet

    4 min
  • S3E06 Interview - Franchir les barrières sociales et artistiques, avec Nicolas Musin

    Une formation pluridisciplinaire



    Directeur de l’école Urban Move Academy (UMA), Nicolas Musin cherche le contact entre les arts. D'abord étudiant à l'Opéra de Paris dans les années 80, il constate rapidement le manque d'écoles ouvertes au mélange des disciplines artistiques. En septembre 2022, il fonde l'UMA, qui propose des formations mêlant la pratique du skate, de la danse et du parkour, disciplines de liberté qui le fascinent depuis toujours.



    Une première production prometteuse



    Ollie, première création de l'UMA, est pour Nicolas Musin un spectacle humain représentatif de l'école :





    L'art par et pour tous



    L'aspect social de cette pratique pluridisciplinaire lui importe beaucoup :




    La scène est un espace de rencontre où l'on est tous égaux.




    Marqué par le manque de brassage social durant sa formation à l'Opéra de Paris, il tient aujourd'hui à accueillir des élèves de tous horizons à l'Urban Move Academy.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 20 octobre 2023

    Publiée le 23 octobre 2023

    Crédits photo : UMA © Sacha Novello et Fred Mortagne

    10 min
  • S3E06 Interview - L'œuvre au cœur de la curation artistique, avec Olivier Kaeser

    Une liberté de forme pour les artistes



    Également éditeur de livres et de sites web, Olivier Kaeser a fondé Arta Sperto, une structure de curation, production, organisation et édition de projets artistiques nomade. L'objectif est de remettre l'œuvre au centre de chaque projet, pour ensuite trouver le meilleur écrin à lui offrir : scène, espace d'exposition ou ouvrage.




    Les artistes sont souvent catégorisés malgré eux et cherchent à naviguer de discipline en discipline ou à collaborer avec d'autres artistes, pour que les arts se rencontrent.




    Toucher un public différent



    Commissaire de l’exposition-festival KorSonoR, qui s'est tenue du 28 septembre au 22 octobre 2023, Olivier Kaeser aime que l'art soit là où on ne l'attend pas. Il est heureux du succès de l'exposition, qui a permis à une discipline encore très niche, l'art sonore, d'être découverte par tout un chacun dans l'espace public.



    Suivre l'évolution artistique



    Contrairement à la politique culturelle actuelle, qui cherche à tout organiser par domaine, Olivier Kaeser et Arta Sperto comprennent ce glissement des artistes vers l'inter, la pluri et la transdisciplinarité. Les outils d'aujourd'hui facilitent celles-ci, comme l'ordinateur qui permet par exemple de s'atteler à la fois au son, à l'image et à la vidéo.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 20 octobre 2023

    Publiée le 23 octobre 2023

    13 min
  • S3E06 Chronique de José - Indicible : notre chroniqueur livre son regard sur le Proche-Orient

    Puisqu’on émet depuis ce petit territoire

    Qui a donné son nom aux conventions de                Genève

    Censées

    Depuis 1948

    - je cite -

    Fixer des limites à la barbarie de la guerre

    Protéger les personnes qui ne participent pas aux hostilités

    (civils, membres du personnel sanitaire, d’organisations humanitaires)

    Ainsi que celles qui ne prennent pas part au combat

    (Blessés, malades, prisonniers de guerre).



    Et là, je suis déjà contraint de marquer une pause,

    De reprendre mes esprits,

    De fournir un effort puissant pour maintenir un lien

    Entre ce qui est écrit

    Et la réalité

    Telle qu’elle se manifeste dans le monde

    Depuis au moins        une dizaine de jours               et des années

    Depuis des actes perpétrés et           innommables

    Que n’épuisent pas des mots tels que même :



    Terrorisme

    Crimes de guerre

    Crimes contre l’humanité



    Ou tout autre assemblage de mots cauchemardesques      révulsants



    Avec lesquels

    On noircit du papier   sans force,

    Avec lesquels

    Tenter de maintenir un semblant de consistance

    Entre ce qui                a lieu

    Et notre capacité à le concevoir        en faits et en pensée.



    Je n’ai pas les mots pour dire ce que j’ai vu,

    Je n’ai pas les mots pour le dire,

    Je n’ai pas les mots.



    Combien de fois

    À chaque jour de ces jours maudits

    La survivante,

    Le témoin,

    La victime,



    Et même

    Un haut-commissaire aux Nations Unies



    Se sont trouvés béants

    Alors même qu’ils parlaient ?

    L’abîme qui s’ouvrait

    Et qui leur trouait le langage

    À même la bouche.



    Et alors plus rien que les images de scènes abominables

    Au fond de leurs yeux

    Et plus aucun mot viable pour les dire



    Ou alors seulement dans leur factualité la plus brute.



    Les gens se faisaient massacrer dans leur maison

    Les uns après les autres

    Et durant toutes ces longues heures personne n’est venu.



    Je lui ai dit qu’elle devait être silencieuse comme une petite souris

    Et comme nous chuchotions tous,

    Elle a fait comme nous.



    À un moment la poignée de la porte de l’abri a bougé,

    Alors maman a pris un couteau à la main

    Et s’est tenue devant la porte.



    Vous qui parlez d’humanité, où est votre humanité ? lance, altière, une petite fille à Gaza

    à la caméra qui la filme

    au milieu des gravats gris des ruines de ce que fut une ville,

    un quartier,

    un coin de maison,

    et par-delà la caméra qui la filme,

    Elle le lance

    à l’Occident.



    Il est vain de se défausser.



    Elle le lance à ces adultes       civilisés           encravatés     qui signent des traités,

    Des conventions

    Entre nations,

    Entre peuples



    Aux opinions occidentales tétanisées,

    Galvanisées après s’être choisi un camp

    Ou l’autre



    Pour qui comprendre ces simples mots est tout bonnement insupportable :



    On est Palestiniens, on n’a rien à faire dans cette guerre.



    Voilà ce qu’on entend encore            et ceci défie l’imagination :



    Nous sommes devenus des réfugiés sur notre propre terre.



    Au point où on en est arrivé

    Dans la faculté collective à vider les mots et les traités internationaux de leur sens

    Même aux tués

    On dit            que leur sort est proportionnel

    Humanitaire

    Ou

    Que c’est seulement l’armée de résistance qui leur est passée dessus.



    Les cadavres sont entassés dans d’immenses containers réfrigérés

    Dans l’attente qu’on leur retrouve un nom.



    En Israël

    800, 1'000 blessés supplémentaires par jour

    À Gaza

    Par jour

    Et encore, ce sont ceux qu’on parvient à compter



    À combien en est la mort ?



    Plusieurs milliers et des milliers

    Je ne sais plus

    Le compteur ne cesse pas de battre des records

    Il va bientôt sauter

    Comme un hôpital dans une guerre

    Comme un cessez-le-feu à la table des négociations.



    Je sais qu’il y a beaucoup d’enfants

    Beaucoup beaucoup

    Beaucoup trop

    Parmi les morts.



    N’en faisons plus,

    Que plus personne n’en fasse.

    Vous avez vu               leur vie n’a plus la moindre valeur

    Puisque pour leurs ennemis              ils sont des ennemis.



    Ou dans le même ordre d’idées

    De simples chiffres

    À empiler

    Au moment de compter les morts

    Et les jeter à la face de l’adversaire

    Afin qu’il soit honni par l’autre moitié du monde.



    Il y a des douleurs qui ne sont pas commensurables,

    Des malheurs si grands

    Qu’ils sont sans proportions

    Incomparables           Sans symétrie.

    Passé un certain seuil           il n’y a plus de rivalité dans le malheur.



    Ce n’est pas un constat émotionnel,

    C’est un constat froid, rationnel,



    Sans quoi j’aurais opté pour un cri.



    Dans tout le bruit des commentaires qu’on entend dans les émissions de grande écoute,

    Les analyses, les opinions autorisées,

    Il y a parfois,

    Pour autant qu’on tende l’oreille,

    Des phrases limpides

    Que l’on voudrait incontestables

    Universelles

    Telles que celle-ci :



    L’enjeu aujourd’hui est de se demander à chaque instant comment on doit faire pour éviter des morts.



    Et c’est tout ce qu’il y a à faire.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 20 octobre 2023

    Publiée le 23 octobre 2023

    Crédits photo: Anne Bouchard

    5 min
  • S3E06 Intégrale - Les arts aujourd’hui : plutôt trans, inter ou pluri ?

    Catégoriser les œuvres



    Lorsque l'on va voir un spectacle, on sait généralement ce qui nous attend. Le programme de la salle annonce qu’il s’agit de danse, de théâtre ou d’humour. Ce choix vient-il des artistes, qui choisissent alors de ranger leur œuvre dans un domaine spécifique ? En pleine création, se posent-ils et elles la question de leur pratique ? Serait-ce le public qui demande une étiquette ou encore la société, qui aurait un besoin absolu de cloisonner ?



    Quelques définitions



    Parfois, des passerelles entre les spécialités sont officiellement créées : une vidéo est projetée dans le coin avant-gauche de la scène, pendant qu’une circassienne effectue une acrobatie sur un fond sonore de slam débité au micro, depuis le premier rang. On parle alors de pluridisciplinarité. D’autres fois, pour qualifier des festivals, des formations ou des évènements, les mots interdisciplinaires ou transdisciplinaires apparaissent. À une époque où classer les éléments dans des catégories est la norme, quelles nouvelles forces se dégagent lorsque l'on refuse de compartimenter ?



    L'œuvre guide le projet



    Commissaire de l’exposition-festival KorSonoR, à découvrir du 28 septembre au 22 octobre 2023, Olivier Kaeser est également éditeur de livres et de sites web. Il a fondé Arta Sperto, une structure de curation, production, organisation et édition de projets artistiques nomade. L'objectif est de mettre l'œuvre au centre de chaque projet, pour ensuite trouver le meilleur écrin à lui offrir : scène, espace d'exposition ou ouvrage. Selon Olivier Kaeser, les artistes sont souvent catégorisés malgré eux et cherchent à naviguer de discipline en discipline ou à collaborer avec d'autres artistes, pour que les arts se rencontrent.



    L'avis des spectateurices



    Le public a aussi sa vision des pratiques pluri, trans et interdisciplinaires. Certains ont pu l'exprimer au studio Midi Bascule, durant l’apéritif de rentrée du Forum Meyrin, d'autres en ont fait part à Rachel Maisonneuve, lors d’un marché organisé par trois étudiantes de la HEAD, le 27 septembre dernier.



    Une liberté de mouvement



    Le directeur de l’école Urban Move Academy (UMA) Nicolas Musin cherche le contact entre les arts. D'abord étudiant à l'Opéra de Paris dans les années 80, il constate rapidement le manque d'écoles ouvertes au mélange des disciplines artistiques. En septembre 2022, il ouvre l'UMA, qui propose des formations mêlant la pratique du skate, de la danse et du parkour, disciplines de liberté qui le fascinent depuis toujours. Le spectacle Ollie, première création de l'UMA, est pour lui représentatif de l'école :





    Si la liberté parcourt l'art, la guerre entache l'actualité : José Lillo se désole de sa barbarie. Face à cela, une seule réponse possible : se demander à chaque instant comment faire pour éviter des morts.

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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 20 octobre 2023

    Publiée le 20 octobre 2023

    Crédits photo : Spectacle Ollie © Sacha Novello et Fred Mortagne

    53 min

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En 2020, Radio Vostok, la chaîne indé qui décape les oreilles, et le Théâtre Forum Meyrin, une scène qui porte haut l’étendard du spectacle vivant, créaient Radio Bascule, plateforme de podcasts plus accueillante encore qu’une auberge espagnole. Et comme l’appétit vient en mangeant, il n’était pas question de s’arrêter en si bon chemin. Pourquoi ne pas lancer une émission?