Midi Bascule

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  • S2E32 Chronique d’Olivier - Le panoptique : paradis des crapules sur terre

    Vous connaissez le philosophe Jeremy Bentham? Bon moi non plus IRL, on a jamais tapé la discute – disons que je le connais par le meilleur outil qui soit quand on veut s’évader: les livres. Bentham imagine à la fin du XVIIIe siècle un modèle de prison: le panoptique. Imaginez deux cercles concentriques. Le plus petit, c’est la tour centrale des gardiens. Le plus grand contient les cellules individuelles, dont la paroi intérieure, qui donne sur la tour centrale, est ajourée. Ainsi, les gardiens peuvent observer sans être vus tous les détenus, ce qui donne à ceux-ci le sentiment d’être surveillés en permanence et doit par conséquent les amener à intérioriser les règles du bon comportement carcéral. Un avantage parmi d’autres: la prison coûte moins cher en gardiennage – comme les détenus ne savent pas si et quand ils sont observés, z’ont intérêt à se tenir toujours à carreau. Du coup, dans la tour centrale, vous pouvez mettre un seul gardien, un épagneul breton, Gilbert Montagné ou personne, ça sera kif-kif. En plus, Bentham avait prévu un comité de surveillance du personnel de la prison, histoire d’éviter les abus. Alors elle est pas belle la vie au gnouf, c’est pas le paradis des crapules sur terre, le panoptique?



    Aujourd’hui, le panoptique laisse comme un goût amer en bouche, et ce pour deux raisons. Primo, cette surveillance intériorisée rappelle l’un des mécanismes du totalitarisme tel que décrit par une autre philosophe, Hannah Arendt. On connaît l’importance de la figure du Chef dans un tel système. Or, le côté vicieux du principe, c’est que le Chef s’assure par capillarité des relais serviles dans toutes les couches de la société. Dit autrement: si vous viviez dans la Russie stalinienne ou l’Allemagne nazie, vous y réfléchissiez à deux fois avant d’émettre des réserves quant au gouvernement en place, puisque même votre meilleur ami ou votre conjoint pouvaient être à votre insu des fanatiques embrigadés qui rapporteraient vos critiques en haut lieu. Quand râler vous expose à tâter du goulag ou à manger du plomb, qu’est-ce que vous faites? Profil bas. Cornaquer les gens par la terreur, c’est pas jojo, et en plus ça vous gagne pas des adeptes sincères, ça grossit juste les rangs des séditieux qui rêvent de mettre à bas le système.



    Secundo, le panoptique est une belle allégorie de ce que sont devenues l’intimité et la liberté à notre époque, notamment par les progrès du numérique et la marchandisation universelle. Ah charrette, mais comment qu’on se sent libres dans notre monde ultraconnecté et regorgeant de possibles! Libres de choisir ses croyances, ses causes, son sexe, son boulgour bio à midi, son quinoa sinistre le soir et son vol low-cost pour aller teuffer à Ibiza. De quoi se plaint-on bordel? Disons qu’on est aussi libres de devoir bosser comme des galériens pour surnager, de devoir bosser tous les deux si on est en couple avec enfants; qu’on est libres, les salaires des gueux et de la classe moyenne étant ridicules, de s’acheter des merdes bon marché pour se vêtir et se nourrir; qu’on est libres, partout, de devoir bouffer des pesticides et des microplastiques, le monde entier étant désormais pollué. Oh les belles libertés que voilà! Quant à l’intimité, c’est encore plus cocasse. Sérieux, vous réalisez qu’en trois clics, un employé de Google peut sortir le verbatim de toute votre vie numérique et vous connaître ainsi mieux que madame votre mère? Être suivi à la trace, monitoré en continu, être nu, être transparent aux yeux de tous: mais le panoptique, c’est ça! Et de nos jours, on patauge en plein dedans sans même avoir besoin d’être embastillés! Alors que faire, si le monde contemporain est devenu une vaste prison à ciel ouvert?



    Vivre plus souvent en état de déconnexion est une piste, mais j’en ai une autre, que je pressentais déjà lors de ma dernière chronique consacrée au tatouage, quand j’avais baissé mon pantalon pour exhiber les tattoos sur mes fesses. Le concept de panoptique reposant aussi sur un sacré instinct de voyeurisme, je conseillerais de sauter directement à la conclusion: vivons numériquement et physiquement tous à poil! Plus de fringues, plus de mots de passe, plus de secrets, nada!



    Comme ça, le monde ne sera plus une prison: il sera, au choix, un jardin des délices peuplé de bonobos ou un vaste Fight Club où chacun aura envie de savater son voisin.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Forum Meyrin, le 19 mai 2023

    Publié le 22 mai 2023

    5 min
  • S2E32 Intégrale - Émission spéciale podcast : Gonz en Zonz



    «On est toutes, enfin toutes et tous, enfin je pense, potentiellement dangereux» avance Mélanie, détenue au centre pénitentiaire de Rennes: la plus grande prison pour femmes d’Europe.



    À Hong Kong, le pourcentage de femmes parmi les personnes emprisonnées est le plus élevé au monde: elles représentent 18,6% de la population carcérale. En Côte-d’Ivoire, l’État ne fournit pas de protections hygiéniques aux femmes détenues qui se débrouillent comme elles peuvent, avec du papier ou des chiffons.



    Et dans le studio du Théâtre Forum Meyrin où nous sommes libres d’entrer et sortir, on décortique Gonz en Zonz, un podcast qui donne la parole à celles que l'on aimerait oublier, celles qui ont fauté et qui le payent cher, isolées et exclues de la société.



    Avant d’aller plus loin, une petite précision: «zonz» est un mot d’argot qui signifie prison. Il vient de «zonzon», l’aphérèse de prison, avec un redoublement expressif. Pour celles et ceux qui n’auraient pas saisi la seconde partie de l’explication, ce n’est pas grave: la première suffit pour comprendre cet épisode.



    Trente minutes d’échange avec une ancienne détenue, c’est que propose le podcast en question. Cette création sonore a vu le jour dans le cadre du second appel à projets Radio Bascule. Elle est sortie en 2022.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Forum Meyrin, le 19 mai 2023

    Publié le 19 mai 2023

     




    53 min
  • S2E31 Chronique (bio) de Candice - Les végétariens nudistes du siècle passé avaient tout compris

    Est-ce que la ville du futur c’est pas le village du passé? Retourner à la campagne, cultiver des légumes en permaculture, faire de la céramique avec de la glaise locale dans une maison en terre paille, un dôme géodésique ou une yourte? Faire des pulls avec la laine de ses moutons et des savons avec la graisse de ses cochons? Grosse tendance de fuir la ville, les open space et les salles de sports ouvertes en continu, pour s’installer dans un coin perdu, sans 4G, en quête de sens. Comme tout concept sociologique à la mode, il y a un mot pour ça: les néo-ruraux.



    Mais est-ce que c’est vraiment nouveau? Réponse: non. Désolée les gars mais je crois que vous n’avez rien inventé.



    Retour en 1900, au Tessin, sur la colline d’Ascona, vue imprenable sur le lac Majeur. C’est ici que vont se retrouver pendant trois décennies des artistes, des écrivains, des philosophes, des anarchistes et des pacifistes venus du monde entier, à la recherche d’un refuge contre les pressions sociales et politiques de l'époque. Et oui déjà à l’époque c’était chaud.



    Et Monte Vérità est né. Symbole d’une quête de vérité spirituelle. Ils et elles vivent en communauté, dans des cabanes rudimentaires, construites en matériaux naturels: bois, pierre et terre. Ils ont même expérimenté les constructions en formes de dômes et les panneaux solaires pour le chauffage. Côté activités, on est bien: agriculture biologique et permaculture, activités artistiques et culturelles, enseignement, yoga, méditation, gymnastique. On libère les corps et les esprits.



    Des bobos avant l’heure. Et ils ont fait tout ça sans tutos YouTube. C’est fort hein. Tu te dis y a plus de 100 ans, les mecs avaient déjà tout compris.




    Bon c’est vrai que quand on parle d’une communauté qui vit dans un endroit isolé, qui mange des plantes et fait de la peinture à poil, on pense tout de suite aux dérives. Mais en fait c’est plutôt l’inverse. Monte Verità était un peu le lieu de passage obligé des intellectuels du début du 20ème siècle.



    Beaucoup d’artistes connus y sont passés: Isadora Duncan, Herman Hesse, Rudolph Laban, Jacques Dalcroze, Kandinsky, Picabia, Steiner, Mary Wigman… Le lieu était très ouvert sur l’extérieur, avec une Maison de la Culture, construite par la communauté, devenue un centre culturel important. Leurs idées et leurs pratiques ont contribué à façonner les mouvements artistiques et sociaux du 20ème siècle. Et encore aujourd’hui, elles continuent d'influencer les discussions sur l'écologie, l’architecture durable, le bien-être et la vie communautaire.



    Leurs idées? Vivre en harmonie avec la nature, avoir une vision commune basée sur la santé holistique, la liberté, l’expérimentation artistique, la collaboration interdisciplinaire, la pensée créative, le végétarisme, la nudité, le pacifisme et le respect de l'individu. Un joli programme de retraite de yoga sans wifi dans les grisons! Tout ça en refusant la société de consommation. T’imagines? Qu’est-ce qu’on consommait en 1900? Du bois et du charbon? Pas des publicités commanditées par des algorithmes sur TikTok, et pourtant ils fuyaient déjà! 



    Je pense que le passé c’est le futur. Le turfu comme on dit. Monte Verità n’est pas qu’une utopie. C’est un laboratoire de l’habitat du futur, inspirant pour les projets d’habitat participatif et d’architecture écologique.



    Ces idées, avant-gardistes pour l’époque, sont essentielles à avoir en mémoire aujourd’hui pour minimiser l’impact environnemental des constructions, tout en créant des espaces de vies confortables et fonctionnels, en harmonie avec la nature.



    Il ne faut pas seulement construire des logements durables mais des communautés durables.



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    Emission diffusée sur Radio Vostok en direct du Forum Meyrin, le 12 mai 2023

    Publié le 15 mai 2023


    5 min
  • S2E31 Reportage - Utopiana

    Rachel Maisonneuve s’est rendue à Utopiana, association fondée en 2001 dans le quartier de Vieusseux à Genève. Une maison, un jardin. Ses habitants? Anna Barseghian et Stefan Kristensen qui accueillent artistes, écrivains, auteurs, scientifiques, chorégraphes et tant d’autres acteurs du monde de l’art. Plus qu’un lieu artistique, c’est un laboratoire de pensée, de pratiques ancestrales, pluridisciplinaires, pour vivre la transition d’aujourd’hui et construire demain en conscience avec sensibilité. L’art est ainsi indispensable à la transition vers une société réellement écologique.



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    Emission diffusée sur Radio Vostok en direct du Forum Meyrin, le 12 mai 2023

    Publié le 15 mai 2023

     

    8 min
  • S2E31 Chronique de José - Le forcené de la République

    Alors, je préfère prévenir d’entrée, cette chronique pourrait s’appeller Le dépit du chroniqueur. Parce que je sais pas si vous avez vu mais l’actu, cette semaine, s’est surpassée. On la sentait déjà en forme la semaine dernière mais là, franchement, c’est plus de l’info, c’est de la satire… Et de l’info à la fois! On n’arrive plus à distinguer. J’ai personnellement mon cerveau qui arrive pas à suivre. Je sais pas vous, mais, moi ça me fait un désalignement neuronal. C’est comme des chakras désalignés, tu vois, mais dans le cerveau. Je sais plus si je regarde de la fiction dystopique what-the-fuckée ou du réel vrai. D’ailleurs, quelqu’un a le cerveau qui arrive encore à suivre dans le studio? Que cette personne se dénonce et qu’elle nous donne son truc, là, ça urge. Même si le truc ça peut être que: Si tu veux vraiment prendre soin de ton cerveau, ne suis pas du tout l’actu.



    Ah ouais… habile. Moi je suis beaucoup moins rusé. Je peux pas m’empêcher de guigner, histoire de savoir dans quel monde je vis. Oui, oui, je me complique la vie, je sais. Tant pis, c’est comme ça, on a toutes et tous nos morbidités, moi c’est guigner l’actu.



    L’actu en ce moment, comment te dire, c’est comme de mater un film qui a des erreurs de script, mais monumentales, à chaque plan. A côté de ça, les traces de pneu dans Ben-Hur, dans l’arène avant la course de char, mais pourquoi pas… Les Égyptiens avaient bien l’électricité, pourquoi les Romains auraient pas inventé le pneu en caoutchouc… Why not? Je suis ouvert à tout, j’ai plus de préjugés. 



    On est en 2023, je sais ce que l’époque attend de nous, mais là, il s’est quand même passé un truc qui dépasse tout. Lundi, c’est la commémoration de la capitulation de l’Allemagne nazie avec défilé du président français et de la garde républicaine sur les Champs Élysées, tu vois le style, à la fois sobre, fastueux, hyper digne, solennel. Vu qu’on est passé à ça d’avoir un continent européen avec des spasmes du bras droit et des éructements de gorge en guise de salut citoyen et de folklore collectif, entre autres désagréments. 



    Alors bon, je regarde ça distraitement, et tout-à-coup, je me focus sur le plan. Non mais... Sérieux, c’est possible ça… Y’a pas un seul figurant pour faire la foule sur les Champs Élysées, rien, nada, y’a pas de foule du tout, même pas quatre pelés sur un cadrage hyper serré à la Roger Corman pour faire illusion, non, là, y’a vraiment personne. Y’a que Macron avec sa garde qui roule à vide sur des artères parisiennes désertes en saluant un peuple fantôme, avec juste un écran géant, Place de l’Etoile, et la gueule à Macron en gros plan dessus, comme un espèce de gros selfie relou filmé en travelling qu’il s’envoie à lui-même et où il se reluque à la fois. Mais c’est quoi cette production chelou?



    La capitulation de l’Allemagne nazie en 45, c’est quand même la fête de l’humanité, c’est de la joie collective, c’est de la liberté retrouvée. Comme par exemple la liberté, quand t’es nazi, d’être autorisé à défiler dans Paris deux jours avant la commémoration de la capitulation nazie. Si c’est pas de l’esprit d’ouverture ça! Si c’est pas de la démocratie inclusive! C’est pas censé être que de la solitude présidentielle française en montée d’ego trip lâchée dans un désert de bitume et de drapeaux tricolores. Ils ont oublié de booker les figurants ou quoi? Ils sont où? Ils sont encore à la caf’ en train de se goinfrer des sandwichs beurre-cornichon aux frais de la prod? Personne leur a dit qu’on allait tourner le plan? Et qui a donné le feu vert pour tourner la scène alors que personne était en place? Retrouvez-moi le réal et le chef-op! je veux un contrat sur leur tête! Vous savez combien ça coûte de gâcher un plan pareil? C’était un One-Shot. En live, bordel, maintenant c’est irrattrapable. On a l’air de quoi! On a mis tout ce pognon dans ce plan, loué des des chevaux, des cavaliers, des limousines, bloqué les Champs-Élysées, et pourquoi? Pour quel résultat? Pour faire un film d’auteur perché qui fâche tout le monde. Il est où le peplum anti-nazi pour commémorer la démocratie, il est où le feel good movie à la french qu’on était censé tourner pour fédérer le pays?



    Parce qu’on a quoi là maintenant? Le message qu’on fait passer devant la Nation c’est: le peuple de France il existe pas? Et: le pouvoir tourne à vide? Merci Adolf, le parti unique c’était une sacrée bonne idée? J’essaie de comprendre… Finalement, il y a une explication simple, c’est juste que la fameuse phrase de Brecht, à force d’être tout le temps citée, a fini par passer dans la réalité: «Puisque le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple.»



    Brecht s’en amusait, Macron l’a fait.



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    Emission diffusée sur Radio Vostok en direct du Forum Meyrin, le 12 mai 2023

    Publié le 15 mai 2023

    Crédits photo: © Anne Bouchard



     



     



     



     



     



     

    5 min
  • S2E31 Interview - Repenser l’architecture avec David Malaud

    Cette semaine dans Midi Bascule, on se demande comment inventer l’habitat durable de demain. Pour en discuter, nous recevons David Malaud qui passe cette heure d'émission avec nous. Il est architecte et directeur de recherches chez TVK, une agence d'architecture basée à Paris qui a sorti, en 2021, un livre intitulé La Terre est une architecture. L'ouvrage sonde les mythes et l'histoire de la planète pour repenser la notion d'architecture. 



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    Emission diffusée sur Radio Vostok en direct du Forum Meyrin, le 12 mai 2023

    Publié le 15 mai 2023

    Crédits photo: DR

    12 min
  • S2E31 Intégrale - Inventer l'habitat bio de demain

    Aujourd’hui dans Midi Bascule, on se demande comment inventer l’habitat durable de demain. Alors que la population globale continue d’augmenter, les métropoles sont pleines. Même Tokyo et ses 38 millions d’habitantes et habitants n’a plus de place. En parallèle, les crises environnementales se succèdent et même si l’être humain en porte l’entière responsabilité, il ne diminue pas pour autant son empreinte

    carbone. Comme une chronique récente de José nous l’a rappelée: l’horloge de l’apocalypse en est actuellement à minuit moins 90 secondes. L’avenir terrestre n’existera que si nos habitudes de vie changent, dont notamment notre manière de construire. 



    Des architectes évoquent des immeubles intelligents, capables de transformer nos déchets en énergie renouvelable. D’autres, face à la montée des océans, proposent de bâtir des villes sur l’eau ou sous sa surface. Les initiatives foisonnent, qu’elles soient à l’état de projet ou réalisées. Mais lesquelles seraient pérennes? Comment imaginer une réalité différente de celle qu’on connaît? Existe-t-il des méthodes pour inventer et créer? 



    Pour faire le point sur ces questions, nous recevons en studio David Malaud, architecte et directeur de recherches chez TVK, une agence d'architecture basée à Paris. Daniela Liengme et Laura Mechkat, associées du bureau genevois Liengme Mechkat Architectes, nous ont quant à elles laissé des messages sur notre boîte vocale. Nous retrouvons également Candice Savoyat et José Lillo pour les chroniques de la semaine, ainsi que Rachel Maisonneuve qui nous emmène en reportage dans le lieu de résidences artistiques Utopiana.



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    Emission diffusée sur Radio Vostok en direct du Forum Meyrin, le 12 mai 2023

    Publié le 13 mai 2023

    Crédits photo: Coopérative Equilibre dans l'éco quartier des Vergers © BWO / OFL 



     



     

    55 min
  • S2E30 Interview - Clément Grandjean et le tattoo suisse

    Titulaire d'un master en Histoire et Histoire de l'Art, Clément Grandjean est journaliste, rédacteur en chef adjoint de l'hebdomadaire suisse romand Terre&Nature, mais également photographe et illustrateur. Il a mené une enquête sur le monde du tatouage helvétique, qui a donné lieu à l'ouvrage Swiss Tattoo, le graphisme dans la peau, cherchant à comprendre pourquoi le monde académique s’intéresse aussi peu à cette pratique. Recontre et discussions.



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    Emission diffusée sur Radio Vostok en direct du Forum Meyrin, le 5 mai 2023

    Publié le 13 mai 2023

    Crédits photo : © Clément Grandjean

    15 min
  • S2E30 Chronique de José - Quand l’A.I. fait aïe

    Bon, alors déjà, pour commencer, salut…



    Oui ça a l’air un peu pauvre comme début, je sais mais étant donné ce qui va suivre c’est toujours ça de pris alors voilà: salut. Oui, oui, je tergiverse, je temporise… Et pourquoi je vous prie? Pourquoi? Parce que c’est le moment de chroniquer l’actualité. Mais cette semaine, franchement, j’hésite. J’sais pas si vous avez vu passer la gueule de l’actu… mais ça implique de méchamment casser l’ambiance. Parce qu’il se pourrait bien que les choses, déjà, ne seront plus comme avant et que c’est écrit noir sur blanc dans l’actu. Bon, en même temps, dire que les choses ne seront plus jamais comme avant c’est le principe de l’émission. Midi Bascule ça s’appelle comme ça parce que les choses basculent dans totalement autre chose, et nous, ici, on prend la mesure de ces changements. A midi, d’où Midi Bascule, parce que midi c’est l’heure où la matinée bascule dans l’après-midi.



    Wow, t’as vu comme on est fort dans cette émission, comme y’a du niveau.



    Bon, allez, c’est parti: Lundi, Le Temps, le média suisse de référence, comme il le dit de lui-même avec une certaine satisfaction, constate que «les études se multiplient à propos de l’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi». Mais, tututut, attention, Le Temps invite à «prendre résultats de ces études avec beaucoup de précautions». Genre: Eh oh, on se calme avec la boule de cristal et les prédictions. Même quand elles émanent du Word Economic Forum. Ah ouais, Le Temps, c’est le quotidien qui occupe le sommet de la pyramide alimentaire. Il te bouffe même le World Economic Forum.



    Pas de chance pour Le Temps, à peine 24 heures plus tard, mardi, patatra, oups, Arvind Krishna, le directeur d’IBM annonce remplacer par des intelligences artificielles 7'800 de ses collaborateurs administratifs, soit environ un tiers des effectifs de l’entreprise.



    Voilà pour l’impact sur l’emploi.



    Encore plus fort, ce même lundi, c’est Geoffrey Hinton, l’un de ses pionniers, qui annonce quitter Google afin d’alerter sur les dangers de l’intelligence artificielle. Geoffrey Hinton, si vous ne le savez pas, est le concepteur du principe de « réseau de neurones » qui est à la base des développements de l’intelligence artificielle, ChatGPT inclu. Selon lui, jusqu’à l’année dernière, les progrès étaient puissants, mais restaient inférieurs au langage humain. Ce n’est désormais plus le cas: «Peut-être, dit-il, que ce qu’il se passe dans ces systèmes est en réalité bien mieux que ce qu’il se passe dans un cerveau humain. Avec la quantité astronomique de données qui est fournie aux intelligences artificielles, elles peuvent adopter des comportements imprévisibles. Or c’est un problème, à partir du moment où des IA sont autorisées non seulement à créer du code informatique, mais aussi à l'exécuter de façon autonome». Il ajoute: «Il est impossible d'imaginer comment empêcher des acteurs malveillants de l'utiliser pour faire de mauvaises choses».



    Mercredi, confirmation: On apprend que la start-up de surveillance de la désinformation NewsGuard a identifié au moins 49 sites web diffusant des informations générées par des robots conversationnels, certains sont déguisés en sites d’actualité, d’autres partagent des conseils de style de vie, des infos people. Aucun ne révèle qu’il est alimenté par des IA. Ces newsbots offrent des centaines de contenus par jour dont certains inventés de toutes pièces. Leur but : générer des recettes publicitaires. Pour comble, ces sites, avec l’aide de l’I.A. sont créés facilement et en un temps record.



    Toujours mercredi: on apprend que la combinaison de la neurobiologie et de l’intelligence artificielle permet de lire les pensées. Oui, oui, lire les pensées. Par un mélange d’imagerie cérébrale et de ChatGPT. L’I.A. arrive à traduire en langage la pensée d'une personne entraînée sans que celle-ci ne s'exprime. «Notre système fonctionne au niveau des idées, de la sémantique, du sens», a dit, lors de la conférence de presse, le neuroscientifique en charge de l’expérience. «Quand les participants imaginaient leurs propres histoires ou visionnaient des films muets, le décodeur était capable de saisir l'essentiel de leur pensée. Ces résultats suggèrent que nous décodons quelque chose qui est plus profond que le langage, puis nous le convertissons en langage». Le neuroscientifique avertit cependant que, «dans un avenir proche, cela pourrait se faire contre la volonté des personnes, par exemple lorsqu'elles dorment, et donc compromettre notre liberté». Il appelle en conclusion «à la mise en place d'une réglementation visant à protéger la vie privée.»



    Voilà. Et là, je n’ai couvert que trois jours de la semaine. Franchement, je crois que je n’ai pas besoin de ChatGPT ni d’imagerie cérébrale pour lire en ce moment vos pensées, je n’ai qu’à regarder les tronches de mes camarades et de l’invité dans le studio.





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    Emission diffusée sur Radio Vostok en direct du Forum Meyrin, le 5 mai 2023

    Publié le 11 mai 2023

    Crédits photo: © Anne Bouchard

    5 min
  • S2E29 Chronique de Candice - Draguer sans effort avec Snack, l'appli qui parle à votre place

    Vous en avez marre des applications de rencontre qui vous promettent monts et merveilles, mais qui finissent par vous faire perdre votre temps? Laissez-moi vous présenter Snack, l'application qui vous trouve l'âme sœur en un temps record. Mais attention, contrairement aux autres applications, Snack ne vous considère pas comme une simple marchandise sur un marché de l'amour. Comment ça marche? Vous vous créez un profil avec votre photo, votre prénom, votre âge et quelques infos croustillantes sur vous, comme votre signe astrologique, votre plat préféré. Ensuite, l'application vous propose des profils en fonction de vos critères de recherche, comme l'âge, la localisation et la couleur de cheveux. Grâce à la vidéo de présentation, vous pouvez voir en direct si votre potentiel partenaire a une voix de canard ou si son rire ressemble à celui d'une hyène. Jusque-là, rien de bien nouveau me direz-vous.



    Mais là où ça devient intéressant, c'est quand l'intelligence artificielle de Snack se met en branle. L'IA de Snack analyse votre comportement sur l'application, vos likes et vos dislikes, pour déterminer vos préférences et vous proposer des profils qui collent à votre personnalité. Et ça va plus loin que ça, car l'IA de Snack peut aussi rédiger des messages à votre place, en s'inspirant de vos conversations précédentes et en choisissant les mots qui vous correspondent le mieux. En gros, Snack fait le job pour vous, vous n'avez plus qu'à vous laisser séduire.



    Evidement, on sait jamais sur qui on tombe, c'est sûr qu'il y a toujours un risque de tomber sur un psychopathe, un pervers ou un végan. Mais bon, c'est comme dans la vraie vie. De toute façon, l'IA de Snack est là pour vous protéger, elle peut détecter les comportements suspects et les signaler à l'équipe de modération. Bref, vous êtes entre de bonnes mains, ou plutôt entre de bons algorithmes.



    Ce sont des canadiens qui se cachent derrière cette application révolutionnaire. Parce qu'après avoir inventé le sirop d'érable, le hockey et Céline Dion, ils ont décidé de s'attaquer aux applications de rencontre. Ils sont forts ces canadiens! Mais attention, il ne faut pas croire que Snack est réservé aux millennials. Non non non, tout le monde peut s'y mettre, sauf Olivier bien sûr, qui dépasse largement la limite d'âge de 35 ans!



    L'appli n'est pas encore disponible chez nous mais je suis sûre qu'Olivier est en train de demander à ses amis canadiens plus jeunes de lui enregistrer une vidéo pour s'inscrire. Blague à part, Snack est vraiment une appli intéressante qui pourrait changer la façon dont on rencontre des gens. Alors, si vous aussi vous êtes à la recherche de l'âme sœur (ou juste d'un plan cul, on ne vous juge pas), pourquoi ne pas tenter l'expérience Snack?



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    Emission diffusée sur Radio Vostok en direct du Forum Meyrin, le 28 avril 2023

    Publié le 9 mai 2023

    5 min

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En 2020, Radio Vostok, la chaîne indé qui décape les oreilles, et le Théâtre Forum Meyrin, une scène qui porte haut l’étendard du spectacle vivant, créaient Radio Bascule, plateforme de podcasts plus accueillante encore qu’une auberge espagnole. Et comme l’appétit vient en mangeant, il n’était pas question de s’arrêter en si bon chemin. Pourquoi ne pas lancer une émission?