Midi Bascule

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Midi Bascule episodes

  • S2E28 Chronique de José - Climat, le déni optimiste

    Amis du son, salut.

    Amis des voix graves pour parler des choses graves, salut.



    C’est ton moment, ton rendez-vous hebdomadaire avec ce qu’il reste de torailleur de clopes dans le digital-audio-broadcast-verse Midi Bascule, garanti 100% sans autotune, du pur son, du bon son de vrai grain de voix et pour te parler de quoi aujourd’hui? D’un truc encore plus impopulaire qu’Emmanuel Macron au contact du peuple dans les rues de France, je veux bien sûr parler, tu l’auras deviné, de l’écologie.



    Encore que le président français, même avec une popularité en cours d’effondrement, comme le révèle le dernier sondage Ipsos machin, au point où on se demande s’il va pas à un moment donné, dans sa chute, finir comme le Crédit Suisse, absorbé par l’UBS, peut encore compter sur 30% d’avis favorables lui. L’écologie, l’écologie vraiment conséquente et pas seulement de façade ou de carrière, c’est moins sûr. Qu’elle ait comme Macron au moins 30% d’avis favorables donc, pas qu’elle se fasse sauver par L’UBS, là, y’a vraiment pas de risque. Non, en 2023, y’a pas plus impopulaire que l’écologie. Essaie de citer une recommandation concrète du GIEC et les effets à court terme si on n’en tient pas compte… Je veux dire, si tu veux te faire un trip «c’était quoi la vie d’un lépreux sous l’Empire Romain», fais ça.



    Bon, allez, y’a bien des Verts çi et là dans les gouvernements et dans les parlements, mais, au niveau sauvetage de la planète, pour l’instant, ça a autant d’effet que des fleurs en plastoc dans un vase… sur une tombe. Oui, je suis un peu dur, je sais, j’avoue, mais là on n’a plus le temps. On n’a plus du tout le temps.



    Le problème avec les mauvaises nouvelles, c’est qu’elles sont pas très attirantes, elles sont même franchement assez antipathiques, t’as autant envie de t’approcher d’une mauvaise nouvelle que d’une zone de pets dans les transports publics, c’est un peu ça, en fait, le vrai problème avec l’écologie. Parce que les gens fuient les bad vibes comme si on leur toussait dessus pour leur faire attraper genre le Covid de l’anxiété. Ça se comprend comme réaction mais ça rend la tâche un peu compliquée pour faire passer de l’info quand-même: Oh non, attention quelque chose de réel mais de badant risque d’atteindre mon cerveau, de me faire badtriper et de me pousser à changer mes habitudes de consommation et mes convictions politiques.On s’en prend à ma liberté de croire à la croissance infinie et à l’exploitation infinie des ressources? Et la liberté d’expression bordel à foutre de Ctuhlu de sa race de on-peut-plus-rien-dire! Et mon libre-arbitre! Et en plus, non seulement on veut m’empêcher de penser par le moi-même, mais on prétend me convertir sans mon consentement au terrorisme intellectuel de gauche verchiasse! Non, c’est non! Quand la droite et les marchés disent non, ça a le droit de compter aussi, au moins autant que les non de vos coincées du cul sur vos affiches de propagande de gauchistes totalitaires et tristes et mysandriques! On est encore en démocratie, ici, c’est pas encore le Thumbergistan.



    Voilà un peu pour la mentalité générale. J’ai fait un rapide raccourci, mais je caricature à peine. De toute façon, même si je caricaturais, je serais encore en-dessous de la réalité…



    A propos de ce qui s’entend… Est-ce que quelqu’un sur ce plateau a entendu que la Suisse a dégringolé de sept places au classement climatique mondial par pays, le Climate Change Performance Index ?



    Dégringoler de sept places, en principe, ça doit quand même faire un boucan mais genre monstrueux. Je veux dire, moi quand je me rate, mais même une marche, disons, je sais pas, dans l’escalier de mon immeuble, ça s’entend. Je lâche au minimum un «Chié, putain» (sans offense). Je te dis même pas si je mets à dégringoler de sept marches, là, y’a tout mon corps, et l’escalier, qui deviennent un dispositif sonore portatif, comme on dit maintenant en France. Les casseroles à côté, mais c’est de la plume d’oreiller. Y’a les voisins qui sortent «Ça va José, tu t’es fait mal, qu’est-ce qui s’est passé?». Mais quand la Suisse dégringole de sept places dans le classement des pays, excusez du peu: cohérents avec les engagements pris aux accords de Paris sur le climat, rien, pas un bruit, on entend à peine un vague article bruisser par ci par là, alors que ça veut quand même dire que la Suisse s’est juste faite sortir de la liste des pays considérés comme efficaces dans la lutte contre le réchauffement climatique. Qu’elle se retrouve même derrière les Etats-Unis ou l’Égypte. Bon, l’Égypte, normal qu’elle se soit pas bien classée, on sait maintenant que ça fait des milliers d’années qu’ils ont une consommation d’électricité de malade, on change pas comme ça une tradition ancestrale… Pareil en Suisse, avec la tradition d’étouffer le bruit de la réalité quand elle n’est pas à notre avantage. Faudrait peut-être demander à des artistes du son de trouver une fois pour toutes la parade histoire qu’en Suisse on devienne enfin conséquents. Et pas que pour sauver les banques.



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    Emission diffusée sur Radio Vostok en direct du Forum Meyrin, le 21 avril 2023

    Publié le 27 avril 2023

    Crédits photo : © Anne Bouchard

     



     

    5 min
  • S2E28 Reportage - Le son: un matériau fertile

    Rachel et Candice sont parties à Arles pour suivre une formation de Phonurgia Nova intitulée «documentaire sonore de création». Ce reportage accompagne les stagiaires dans un périple ferroviaire, en compagnie de l'intervenant Marc-Antoine Granier, auteur et réalisateur radio ainsi que compositeur.





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    Emission diffusée sur Radio Vostok en direct du Forum Meyrin, le 21 avril 2023

    Publié le 25 avril 2023

    Crédits photo : © Marc-Antoine Granier

    7 min
  • S2E28 Interview - Carmelo Iannuzzo, directeur de l'ACSR

    Aujourd'hui nous parlons argent, et plus précisément celui que les responsables de la politique culturelle octroient – ou plutôt : n'octroient pas – à la création création sonore. Comme souvent, une exception confirme la règle, et dans le paysage francophone il s'agit de la Belgique. Nous recevons par téléphone le directeur de l'Atelier de Création Sonore Radiophonique, Carmelo Iannuzzo.



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    Emission diffusée sur Radio Vostok en direct du Forum Meyrin, le 21 avril 2023

    Publié le 25 avril 2023

    Crédits photo : © DR

    10 min
  • S2E28 Interview - Camille Dupon-Lahitte

    Pour parler de la situation de la création sonore en Suisse, nous recevons Camille Dupon-Lahitte qui passe cette heure d'émission avec nous. Animatrice et productrice du Labo, l’atelier de création radiophonique de la RTS, elle travaille en étroite collaboration avec les secteurs de la culture et de l’audio. Elle est notamment membre du comité de l'association eCHo, qui défend la culture sonore et radiophonique, en mettant en réseau les créateur·ice·s d’oeuvres sonores et en représentant leurs intérêts professionnels.



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    Emission diffusée sur Radio Vostok en direct du Forum Meyrin, le 21 avril 2023

    Publié le 25 avril 2023

    Crédits photo : Membres de l'association eCHo, © eCHo (Facebook)

    18 min
  • S2E28 Intégrale - Boom de la création sonore: où est l'argent?

    C’est en 2004 que le terme podcast apparaît, formé de la contraction des mots iPod et broadcast. On en distingue deux types: Les émissions de radio, disponibles en replay, et le format dit « natif », qui désigne des pièces essentiellement destinées au web. Leurs adeptes sont attirés par la diversité des sujets, la liberté de ton et l’offre presque illimitée. Chaque année, le nombre d’auditeur.ice.s augmente. A tel point qu’en 2019, Spotify dépensent des centaines de millions de dollars pour racheter un studio, une société de production ainsi qu’une plateforme de création dédiée. L’engouement des audiences s’est encore amplifié durant la pandémie. La présence accrue des écrans notamment dues au télétravail a donné aux gens l’envie de chercher des divertissements ailleurs, dans d’autres formats, sonores par exemple.



    S'il existe quelques studios rentables comme Binge Audio – à qui l'on doit entre autres la célèbre série « Le coeur sur la table » –, la plupart des auteur.ice.s sont bénévoles. Malgré un marché en plein essor, comment se fait-il que ce secteur culturel soit l’un des rares à ne pas bénéficier de soutiens publics? Il existe quelques initiatives comme Radio Bascule, ou le fond d’aide aux auteurs de podcast, en France, mais elles restent des exceptions. Cette réalité est-elle la même dans tous les pays francophones? A l’aube d’une nouvelle politique culturelle annoncée par la Confédération, la donne peut-elle changer?



    Pour en parler nous recevons une spécialiste: l’animatrice et productrice de l’émission Le Labo sur la RTS, Camille Dupon-Lahitte. Par téléphone depuis la belgique, nous échangeons avec Carmelo Iannuzzo, directeur de l'Atelier de Création Sonore Radiophonique. Nous partirons également en France avec un reportage de Rachel Maisonneuve. Elle s’est penchée sur le travail de fabrication avec la formation de Phonurgia. Et parce qu'une émission de Midi Bascule n'en serait pas une sans ses chroniqueureuses, nous retrouvons cette semaine José Lillo et Olivier Mottaz.





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    Emission diffusée sur Radio Vostok en direct du Forum Meyrin, le 21 avril 2023

    Publié le 22 avril 2023

    Crédits photo : © Phonurgia Nova / Pablo Sanz / Strange Strangers



     

    55 min
  • S2E27 Interview - Le militantisme n’a pas d'âge

    Pour cette émission sur le militantisme, nous recevons Mégane Belomo et Olivier de Marcellus, tous deux membres du collectif BreakFree Suisse, un collectif qui co-organise des actions de désobéissance civile. À près de 80 ans, Olivier de Marcellus est l'un des piliers du collectif. Mégane Belomo, quant-à-elle, fait partie de la relève des militants pour l'écologie. Encore à l'école obligatoire, du haut de ses 14 ans elle est déjà activiste écologiste féministe et actrice intermittente. 





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    Emission diffusée en direct sur Radio Vostok, le 31 mars 2023

    Crédits Photo: Olivier de Marcellus lors d'une action chez Crédit Suisse, © Colin Peillex (gauche), Mégane Belomo (droite)

    Publié le 4 avril 2023

    27 min
  • S2E27 Chronique de José - Y a t’il de la violence d’État ? Le cas français.

    Y’a-t’il de la violence d’Etat? Ça peut sembler idiot de poser la question comme ça, mais, parfois, il est bon de se demander si les choses sont vraiment comme on croit les voir. Prenons le cas Français:



    Si j’écoute les propos tenus par les gens qui sont les plus aptes à trancher la question, comme, allez, au bol, Gérald Darmanin, le ministre de l’intérieur, par exemple, c’est beaucoup plus subtil que ça. Pour lui: Il n'y a pas de violences policières, mais des actes individuels.



    Et là, franchement, comment lui donner tort, à Gérald. Quand tu te prends un coup de matraque dans la nuque, que tu te fais plaquer au sol avec un genou qui t’appuie dans le dos et que tu ne peux plus respirer, tu es quand même obligé d’admettre que c’est un acte individuel qu’on commet sur toi, commis par un unique individu et quand même pas par toute la police de France.



    Ce que Gérald veut dire c’est qu’il faut toujours garder en tête le sens de la nuance et pas tout de suite prendre le raccourci de la généralité. Si ça trouve, c’est toujours les mêmes flics déviants qui tabassent, éborgnent, foncent sur les gens en chargeant pour les comater, en France. Et nous là, tout de suite: eh mais y’a un problème de violence policière en France, c’est l’horreur, État facho, tout ça, Amnesty se met à paniquer, fait des communiqués, le Conseil de l’Europe s’en mêle, alors que non, c’est 3-4 pelés qui profitent de l’uniforme et qui sont sur toutes les vidéos qui circulent parce que c’est des hyperactifs. Et puis avec le TGV aujourd’hui, t’as vite fait de te faire Paris, Lyon, Besançon, et même Sainte-Soline dans la journée si tu veux taper tout ce qui bouge et que tu t’organises bien avec les horaires de train. En plus, à Sainte-Soline, tu pouvais te pointer en quad à donf et ça, ça motive pour faire le déplacement depuis Paris, et pis tu peux tirer des LBD à fond de balle sur des zombies écolo à cheveux multicolorés, le cul bien reposé, en fonçant dans les champs. Je veux dire à part dans les jeux vidéos c’est où que tu peux te faire des kifs pareils dans la vraie vie? Pourquoi faudrait, pour goûter à des plaisirs comparables, aller en Ukraine ou en Syrie, quand tu peux te la jouer sécure à domicile et être payé par l’argent public pour ça.



    Donc oui, il y a une poignée d’individus en France qui salissent l’honneur des forces de l’ordre et que la police arrive pas bien-bien à identifier de l’intérieur. C’est vrai que quand t’es occupé à encadrer une manif pour lui permettre d’avoir lieu dans de bonnes conditions, comme c’est ta mission quand t’es flic, t’as pas toujours la tête à vérifier si ton collègue chelou est pas en train de casser des têtes à côté de toi pendant que t’as le dos tourné, sinon tu ferais ton devoir et tu le neutraliserais, tu le foutrais au fourgon, tu rapporterais l’infraction à ses devoirs à ta hiérarchie, normal quoi quand on est flic, la République d’abord. Je rappelle que la police c’est quand même des gens qui prêtent serment et qui jurent de respecter la personne humaine et la loi. Si, si, j’ai vérifié.



    Et puis ces flics-casseurs de citoyens, autant ils sont nuls pour pas se faire filmer par des smartphones pendant qu’ils caillassent du citoyen en manif, et y’a pas une baffe qui est donnée qui se retrouve pas instantanément sur Twitter, autant, en même temps, c’est des génies du camouflage: les médias les voient pas, le gouvernement les voit pas, leurs collègues les voient pas. Ils ont un pouvoir d’invisibilité genre de ninja à l’intérieur du système, y’a que de l’extérieur qu’on les voit, y’a que quand t’as une retraite de merde qui t’attend ou que tu flippes pour le partage de l’eau que tu les vois, on dirait.



    J’veux dire plus invisible qu’eux y’a qu’une militante écologiste à une soirée des Césars qui peut rivaliser. Ou alors le président français en période d’insurrection civile. C’est vrai, depuis quelques semaines, on sait plus trop où il est passé, il sort peu. Il se prend des shit-storm sur les réseaux, à l’assemblée nationale, dans la rue on brûle son effigie en le traitant de tous les noms, même la presse internationale se met à le regarder de travers. Je veux dire, un président qui est tellement gentil qu’il donne des interviews dans Pif Gadget, ce serait un méchant? Ça tient pas debout. Pif le chien aurait jamais permis ça.



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    Emission diffusée en direct sur Radio Vostok, le 31 mars 2023

    Crédits Photo: © Anne Bouchard

    Publié le 3 avril 2023



     



     

    5 min
  • S2E27 Reportage - Booom! de la ZAD de la Colline à la scène

    Et si habiter voulait dire autre chose de plus grand que vivre entre quatre murs? C’est une des questions que soulevaient les zadistes de la Colline du Mormont, où Luxxx a vécu, et qui s’est faite brutalement évacuée en mars 2021. Luxxx, Adrien Rupp, Carolina Varela, Isabelle Vesseron et Michäel Scheuplein créent collectivement Booom! actuellement au Théâtre de Vidy, puis au Théâtre du Grütli à Genève en avril prochain. Les frontières entre militance et pratique artistique sont poreuses et la rencontre fertile. Un reportage de Lucie Eidenbenz.



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    Emission diffusée en direct sur Radio Vostok, le 31 mars 2023

    Crédits Photo: DR «Booom!»

    Publié le 3 avril 2023



     

    8 min
  • S2E27 Chronique de Candice - Méga bassines et maxi violence

    Assez parlé culture, aujourd’hui j’ai envie de parler agriculture. Mais attention, pas agriculture du genre variétés anciennes de cucurbitacées bio locales, plutôt agriculture céréalière intensive qui fâche. On a rarement autant entendu parler du département français des deux sèvres que ces derniers jours, avec Sainte-Soline, ou le scandale des méga bassines. Alors la méga bassine c’est quoi? C’est un peu comme une méga piscine au milieu des champs. Sympa pour les apéros de la CGT agriculture l’été. Surtout que 18 hectares pour une piscine ça fait du monde.




    La première question c’est pas tellement à quoi ça sert, mais comment on rempli ces dizaines de terrains de foot aquatiques de 8 mètres de profondeur au milieu de nulle part? C’est très simple. avec une pompe qui prend l’eau de la nappe phréatyque.



    La nappe phréatyque est une nappe aquifère, souterraine mais à faible profondeur, formée par l'infiltration des précipitations et alimentant des puits ou des sources.



    Bon alors là c’est plus des puits ou des sources mais plus de la moitié de la plaine de plainpalais.



    Et donc pourquoi conserver autant d’eau à la surface de la terre? Pour arroser les cultures en été pendant la canicule sans tenir compte des restrictions d’eau! Et oui parce que si t’es agriculteur et que tu as ta propre réserve d’eau, pas besoin de respecter la loi qui s’applique à tout le monde. Sympa. Alors on est d’accord que la méga bassine c’est pas un seul type mégalo qui décide de la construire sur ses terres. C’est un projet public, financé à 80% par l’État français, mais dans lequel les agriculteurs peuvent investir pour arroser leurs plantes. Pratique.



    Bien sûr, ça profite à une agriculture intensive business comme le maïs destiné à l’export et à l’élevage industriel. Tout ce qu’on adore. C’est pas comme si aujourd’hui on savait qu’on pouvait miser sur un modèle agricole plus résilient et moins exigent en eau. 



    Du coup ça suscite pas mal de protestations dans le milieu. 30'000 personnes se sont rassemblées samedi dernier pour bloquer un des chantiers des méga bassines. C’était la plus grande mobilisation anti-bassines à ce jour. C’est sûr qu’en période de sécheresse hivernale, l’assèchement programmé et subventionné des sols, ça fait un peu chier. Ça et aussi les loutres, les outardes et les anguilles qui sont menacées de disparaitre de l’écosystème.



    Bref, y a de quoi être pas contents. Sauf que la police ils sont encore moins contents. Artillerie lourde, hélicos, drones, grenades, LBD, 200 blessés dont deux dans le coma. Tout ça pour protéger un trou dans la terre. Est-ce qu’on n’est pas allés un peu trop loin dans la répression? C’est des gens en bottes de caoutchouc qui organisent des tables rondes et des spectacles pour rappeler que l’eau est un bien commun. Qui essayent de se battre pour préserver l’avenir des générations futures. Pas pour se faire éclater la gueule au flash ball.



    C’est enfin là que je relie avec le sujet du jour. Parce que l’idée c’était de parler du corps comme acte de résistance. Bah là c’est ça, sauf que c’est pas voulu. Se faire mutiler par les lanceurs de balles de défense, c’est jamais un choix. D’ailleurs balles de défense ça veut rien dire. Mais alors là où le corps devient vraiment acte de résistance c’est quand la gendarmerie retarde l’arrivée du SAMU sur site pour prendre en charge les blessés graves. En attendant on criminalise le mouvement anti-bassines pour justifier la violence. Et on continue de soutenir les lobbys industriels écocidaires.



    Alors oui, utiliser son corps comme outil de résistance c’est bien, mais avoir un corps en entier c’est mieux.



     



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    Emission diffusée en direct sur Radio Vostok, le 31 mars 2023

    Publié le 3 avril 2023

     



     


    5 min
  • S2E27 Intégrale - Militantisme, activisme et art de la performance

    Cette semaine, nous interrogeons les sources d’inspiration artistique de l’activisme militant, la pertinence et les limites d’une telle posture. Comment militer? Comment se faire entendre, dans un monde où le bruit médiatique est aussi puissant que la surdité des chefs d’Etat et des capitaines d’industrie? Il semble bien que les manifestations traditionnelles aient fait leur temps. En tout cas, leur efficacité paraît relative, ce qu’illustre peut-être le cas de la réforme des retraites en France: débarquer par millions dans les rues ne suffit plus à faire bouger les lignes.



    Faut-il alors s’inspirer des codes artistiques pour influer sur les consciences? Et puis au fond, est-ce que tout cela est bien nouveau? Il y a plus d’un siècle, les suffragettes s’enchaînaient à des grilles pour faire passer leur message. Il y a un demi-siècle, Greenpeace faisait parler d’elle en adoptant des formes proches du happening, de la performance. De nos jours, on tartine les vitres de protection des toiles de maître avec de la purée de pomme de terre ou de la tomate, on se colle les mains sur le bitume des autoroutes ou dans les concessions de vendeurs de voitures, on se met, comme le collectif tunisien Art Solution il y a quelques années, à danser le hip-hop sur un marché de Tunis pour se réapproprier l’espace public et lutter contre l’obscurantisme salafiste. Mais pour quel écho, pour quelle efficacité au final?



    Pour en parler, nous avons le plaisir de recevoir Mégane Belomo et Olivier de Marcellus, tous deux membres du collectif BreakFree Suisse. Nous entendrons aussi un reportage de Lucie Eidenbenz sur le prolongement théâtral de la lutte des zadistes du Mormont, ainsi que notre redoutable armada de militants par le verbe (et pas que): notre chroniqueuse Candice Savoyat et de son homologue José Lillo.



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    Emission diffusée en direct sur Radio Vostok, le 31 mars 2023

    Crédits Photo: © Colin Peillex

    Publié le 3 avril 2023

     

    56 min

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En 2020, Radio Vostok, la chaîne indé qui décape les oreilles, et le Théâtre Forum Meyrin, une scène qui porte haut l’étendard du spectacle vivant, créaient Radio Bascule, plateforme de podcasts plus accueillante encore qu’une auberge espagnole. Et comme l’appétit vient en mangeant, il n’était pas question de s’arrêter en si bon chemin. Pourquoi ne pas lancer une émission?