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Or


Le cœur de la commune de Meyrin est actuellement en plein chantier, raison pour laquelle le Théâtre Forum Meyrin n’héberge plus ni spectacle vivant, ni exposition d’arts plastiques. Pour pallier à cette absence, une exposition se tient à Meyrin du 15 février au 21 mai de cette année. Intitulé Prenons rendez-vous, ce nouveau concept est simple: 14 semaines, 14 lieux, 14 artistes différents – pour faire sortir l’art de ses murs et le faire venir au-devant de son public. Pour en parler, l'invitée fil rouge de cette émission n'est autre que Fanny Serain, responsable des expositions au Service de la culture de Meyrin.
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Par téléphone, Olivier Mottaz échange avec Adriana Wallis; une artiste passant de l’installation à la performance, de la sculpture à la photographie, et dont le travail creuse le sillon de la mémoire, de l’oubli, de l’intimité et du partage. Elle sera exposée lors du rendez-vous n° 5 proposé par le Théâtre Forum de Meyrin. Du 13 au 19 mars, elle proposera une double intervention: une performance intitulée Les Liseurs, et une installation frondeuse, Les Post-Scriptum.
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Pour cette émission autour de l’exposition «Prenons rendez-vous» organisé par le Théâtre Forum de Meyrin pendant 14 semaines dans toute la commune, l’écrivain Mathieu Simonet, exposé du 24 au 30 avril, nous a laissé quelques messages vocaux.
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A Genève, comme on ne peut pas vendre chaque mois un rein ou un poumon pour payer le loyer, on fait comme on peut pour dégoter un logement abordable. C’est ainsi qu’une tentative de squat à la rue Royaume, soutenue par une poignée de militants, a suscité de vives polémiques. J’ai donc tenté d’en savoir plus. Et quoi de mieux pour qui est soucieux de la qualité de l’information que notre service public, j’ai nommé la RTS. Qu’y apprend-t-on? Que :
«Si le rassemblement était plutôt bon enfant au départ, il a dégénéré en début d’après-midi»
Il a dégénéré, donc, comme ça, spontanément. Comprenez, explique la RTS, que :
«Pour procéder à l’évacuation, les policiers avaient besoin d’avoir les coudées franches, ils ont donc repoussé les manifestants dans les rues adjacentes en procédant à des charges.»
Oui, parce que pour franchir la porte d’entrée d’un immeuble, la police a besoin de prendre de l’élan, alors forcément, s’il y a des gens sur le passage, ça gène... Surtout si c’est une armada en tenues anti-émeute qui doit prendre de l’élan. C’est pour ça qu’ils ont chargé de Rue Royaume à Navigation, à Rue de Lausanne... Un peu plus et ils se retrouvaient gare Cornavin à mouliner à la Tonfa du pendulaire pour dégager un couloir.
Or, nous apprend la RTS :
«C’est lors de ces charges qu’un photographe de presse et un député de gauche ont été touchés et frappés.»
Ah, les cons. Au lieu de s’écarter. Ils se sont jetés sur les matraques. Le photographe de presse voulait faire un gros plan et, au lieu de zoomer, il s’est rué sur la matraque. Deux fois de suite.
Rien de grave, rassure la RTS :
«Le photojournaliste n’est pas blessé»... Mais : «il ressent des douleurs»
Bon, s’il ressent des douleurs sans s’être fait blesser… On flirte avec le surnaturel. Ou alors ses douleurs sont purement d’origine somatiques. Pas de quoi alerter Reporter sans frontières, qui s’est quand même alerté.
En revanche, pour le député de gauche, c’est: «Contusions diverses un peu partout sur le corps». Bon, à gauche, ils sont un peu obstinés, on sait qu’une fois qu’ils ont décidé de faire un truc, comme se jeter sur une matraque, ils n’en démordent pas. Un fait historiquement documenté.
Là, ce qui est embarrassant, c’est que le député s’est retrouvé avec une grosse croute rouge bien visible en plein milieu du haut du front. Le gars s’est baladé sur les plateaux télé affublé d’un troisième œil à l’hindou ce qui fait qu’en plus de ses démêlées avec la police, le pauvre risque aussi des ennuis pour appropriation culturelle et signe religieux ostentatoire portant gravement atteinte à la laïcité.
Mais la RTS pondère :
«Une manifestation qui dégénère ça peut arriver, mais là le sujet devient politique.»
Pour la RTS, une manifestation qui dégénère, ça n’est pas encore un sujet politique, si la police vous matraque mais que vous n’êtes pas photographe de presse, vous faites simplement partie d’un genre de rubrique météo.Non, le sujet est devenu politique parce que le photographe a vu sa carte de presse se faire jeter au sol par la police et qu’après avoir décliné son identité de journaliste il s’est simplement entendu répondre «J’en ai rien à foutre», suivi d’une volée de coups.
Bon, le député de gauche aussi a été frappé après s’être identifié en vain. «Je suis un élu de la république», mais eh, c’est un député de gauche, ça ne compte pas pour la matraque.
L’émission se poursuit avec le porte-parole de la police, lequel, assure que :
«Les forces de l’ordre ont vraiment limité leurs moyens de contrainte.»
Bon, si on tient compte du fait qu’elles n’ont pas utilisé de napalm ni l’arme nucléaire, c’est vrai. Allez, 1 point pour la police. Et il ajoute, avec la fierté genevoise qui nous distingue de nos voisins français:
«La police n’a pas fait usage de balles en caoutchouc.»
Ici, on n’éborgne pas les manifestants nous, non, nous on mouline dans le tas, nuance.
Mais passons au plat de consistance, le compte-rendu de l’incident par le Conseiller d’État en charge de la police, vivante incarnation de l’état de droit, qui déclare:
«Je rappelle que nous avons un état de droit qui garantit la propriété privée.»
Et là, un petit rappel des faits liés à la propriété privée en question s’impose. L’immeuble était tellement à l’abandon qu’il a en partie cramé il y a deux ans. Dedans: une quarantaine de sans-papiers entassés, entre 8 et 9 dans des 4 pièces lamentables, payant un loyer de 2 et demi à 3 fois plus cher que les prix déjà exorbitants du marché. La régie n’a relogé ni indemnisé à peu près personne au motif qu’il fallait que les sinistrés se mettent d’abord en conformité avec la légalité de leur situation. Depuis, le proprio a fait murer l’immeuble et la ruine continue de pourrir sur place pendant qu’on attend toujours qu’un jugement soit rendu suite aux multiples plaintes pénales déposées. Voilà pour la dignité de l’état de droit dans l’affaire.
Mais bon, le ministre de la Justice enchaîne, trémolo en glotte, évoquant «le triste souvenir qu’a Genève des squats.» Sans que la RTS ne bronche et ne daigne rappeler que la période dite de l’âge d’or des squats valait à Genève des articles dithyrambiques dans la presse internationale et que la moitié de la faune culturelle aujourd’hui en activité en provient.
Et le ministre en charge de la police de renchérir:
«La police n’a pas besoin d’ordres, la police agit en fonction des circonstances, toujours avec proportionnalité.»
Tel une sorte de chatGPT de l’application du respect de la justice et de la loi, donc. Ou d’infaillibilité papale de la matraque, à ce stade d’affabulation, on ne peut plus trancher. N’empêche qu’Amnesty International est à son tour intervenue et a saisi le procureur général pour demander «l’instauration d’une instance de plainte indépendante». Elle a aussi rappelé que «les matraques ne peuvent être utilisées qu’en réaction à des violences ou à une menace de violences imminentes».
Comme par exemple la menace de la preuve photographique de coups de matraques dans la gueule des citoyens.
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Prenons rendez-vous : c’est le titre, qui nous apostrophe directement, de l’exposition qui se tient à Meyrin du 15 février au 21 mai de cette année. L’événement s’inscrit dans des conditions-cadres acrobatiques : on le rappelle, le cœur de la commune est actuellement en plein chantier, raison pour laquelle le Théâtre Forum Meyrin n’héberge plus ni spectacle vivant ni exposition d’arts plastiques. Alors quand on a perdu pour un temps sa maison, que faire ?
La réponse peut tenir dans des formules originales. Ici par exemple, l’équation est la suivante : 14 semaines, 14 lieux, 14 artistes différents – à charge pour chacun d’eux de soumettre une proposition qui sera dévoilée durant la semaine qui lui est dédiée. Voilà comment l’art sort de ses murs et s’en vient au-devant de son public. Et quand on connaît l’abord parfois… délicat de l’art contemporain, on mesure toute l’ambition de cette approche. Pour en parler : Fanny Serain, l’une des deux commissaires de cette exposition est au micro d'Olivier Mottaz.
Nous échangeons ensuite avec Adrianna Wallis et découvrons la voix de Mathieu Simonet, deux des artistes de Prenons rendez-vous. José Lillo est également présent en studio et une vitrine podcast permet de découvrir en fin d’émission un extrait des Contes de la cité ouest, l’une des pépites de la plateforme Radio Bascule.
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L’actu est sinistrée par l’épouvantable tremblement de terre qui a ravagé les villes frontières de la Turquie et de la Syrie et qui a suscité dans un média local le reportage fictif de: Et si ça arrivait en Suisse?, histoire à la fois de nous sortir de notre torpeur de pays sans évènement et d’attiser chez nous le confort d’une identification sans risque mais dotée du frisson de vivre par procuration quelque chose de tragiquement consistant, pour une fois. Je veux dire, à part les augmentations annuelles des primes d’assurance maladie.
Oui, ça m’a bien accablé tout ça. Alors j’ai décidé de flâner dans l’actu.
Sinon, ici, comme d’hab’: On bagnole à bagnole-ville; on s’étripe à gauche et à droite, élections en cours obligent; la mobilité douce devient un thème encore plus clivant que le dernier épisode de Game of Thrones…
D’ailleurs, à franchement parler, Je ne vois plus trop ce qu’elle a de douce cette mobilité, puisque, douce ou pas, on a de toute façon affaire à ces perpétuels contingents de gens pressés, qu’ils soient en voiture, en vélo cargo ou en trottinette, il faut qu’ils foncent. Il n’y a plus que le retraité devant toi à une caisse de supermarché qui a encore le temps d’avoir le temps; et qui fait pas chier les arbres pour des pistes à déambulateurs reliant la Migros de Thônex à celle de Carouge. Non, nous les postmodernes, on sait bien que notre vie en journée, en périmètre urbain, se résume à aller le plus immédiatement possible d’un point A à un point B à un point C et ainsi de suite – tel l’a décidé le capitalisme – avant de s’achever le soir à la maison devant une série recommandée par l’algorithme, la paresse, ou une amitié malveillante. Quand je pense qu’à 20 ans j’étais capable de prendre le train pour aller voir à 50 kilomètres une projection de Salo de Pasolini dans un obscur ciné-club parce qu’un tel film ne passait évidemment pas à la télévision et que c’était invisible en salle, alors qu’aujourd’hui je suis vautré chez moi et que je m’écroule après avoir tenté de lancer 8 fois une quelconque série et m’être ravisé autant de fois après le premier quart d’heure. Vaillant cinéphile de jadis, vois ce qu’a fait de toi le wifi à domicile. Une loque numérique.
A propos de loque numérique, on a également appris que les intelligences artificielles sont capables de pipoter à peu près autant qu’un politicien en campagne. C’est ainsi que Bard, le concurrent de Google à ChatGPT – oui, Bard ! Et pourquoi pas Assurancetourix pendant qu’on y est. Et le jour où Apple sort son propre agent conversationnel, elle va l’appeler comment? Rhapsode? Ménestrel? Ah, ils nous auront tout fait à la Silicon Valley. – Et donc, Bard a prétendu, lors de sa présentation devant les médias, à Paris, que le télescope James Webb avait été le premier à prendre en photo une planète hors de notre système solaire – ce qui remonte en effet à septembre 2022 - alors qu’un télescope européen l’avait pourtant fait lui aussi, mais en 2004. Étourderie artificielle qui a eu pour conséquence immédiate de faire perdre 9% de la valeur de Google en bourse, l’équivalent de 100 milliards, une paille. En comparaison, l’amende de 3,5 millions d’euros d’Hanouna pour insultes répétées contre un député de gauche, c’est du pourboire. J’ai calculé: si Bard se plante encore 10 fois en public, c’en est fini de Google en bourse. L’empire s’effondre. L’Etoile noire part en paillettes. Skywalker du hacking, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Piu piu piu. Mais le comble dans l’affaire de la bourde, c’est que cette réhabilitation de la vérité a été le fait d’astronomes au moyen de tweets, et pas du tout des journalistes spécialisés présents qui n’ont pas cillé lorsque Bard s’est mis à faker de la news, ni d’ailleurs les informaticiens ou autres directeur du marketing de chez Google, trop concentrés à encaquer les superlatifs dans leur novlangue habituelle et cameloter les futurs champs d’application de leur merveille technologique. Ce qui tend à démontrer que dans cette société de la surinformation, on oublie tout, on ne sait rien, et, qu’au mieux, en tant que groupe humain, ce qu’on est susceptible de retenir au-delà de 24h, ce sont des choses telles que Céline Dion ne figure pas sur la liste du top 200 des plus grandes voix de la chanson mondiale d’après le classement de la revue de référence Rolling Stone. Doléance à laquelle je suis contraint politiquement de me rallier, malgré l’aversion profonde de mes tympans à l’égard de Céline Dion. Rien de personnel. Je la mets sur le podium, sur la même marche que Gilbert Montagné et Mariah Carey quand approche Noël, parmi les athlètes de l’exaspération auditive . Mais, par cohérence avec moi-même, je me dois, fut-ce à contre-cœur, de rallier les rangs du fan club mondial indigné dédié à la Dion puisque sa présence dans le classement aurait au moins permis de rééquilibrer un minimum un top 200 dont les voix de femme sont pour leur majorité anglosaxonnes – on ne trouve guère que Françoise Hardy, dont Thomas Dutronc, fils et chanteur, a applaudi la présence dans le classement, au détriment de toute autre considération, telle la rareté des figures féminine francophones dans le palmarès où figurait sa mère. Au hasard, Piaf, Barbara, Greco.
Ce qui tend à confirmer chez moi l’opinion que le familial chez les people est vraiment un organe majeur de la dépolitisation, de la complaisance et du status quo social, sans compter cette idée gênante de l’existence d’une transmission génétique du talent – alors qu’on n’est là en face que d’un phénomène de mimétisme passif, de reproduction sociale patentée et feignarde dont le cinéma français est actuellement devenu le plus parfait et triste exemple. Chez les anciens grecs, quand le sang tournait trop en rond, au sein du même clan, la moindre c’était de se crever les yeux et d’aller ensuite sur les routes en haillons pour demander pardon, pas de fricoter avec Bernard Arnault ou Vincent Bolloré. Autre temps, autres mœurs. Remarque, fils de ou pas fils de, quand la prod’ t’ordonne de te pointer chez Hanouna pour dire tout le bien que tu ne penses pas de la daube dans laquelle tu t’es commise, tu y vas. Et sans mauvais mouvements d’humeur, si tu ne veux pas te retrouver à tourner entouré de punks à chien dans un film de Delépine et Kervern. Ce qui vaudra toujours 1 millions de fois mieux que de figurer au générique du dernier Astérix, vous savez, ce comics gaulois où Bard se fait soigneusement bâillonner à la fin.
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Le grand fléau de notre temps – devant les trottinettes électriques et les personnes qui téléphonent en haut-parleur – c’est l’écoute accélérée de podcasts.
Et oui parce qu’il faut faire TOUT plus vite, il est aussi important de se divertir plus vite. C’est-à-dire que faire ses courses plus vite grâce à une pré-commande en ligne en fonction de nos préférences, ok. Mais écouter en x1,5 la dernière création de Louie Media, alors que c’est censé être le moment cool de la journée, où tu prends du temps pour toi, je suis pas sûre. À la limite, pour affaires sensibles, t’as vite envie de connaitre le coupable et au bout de 20 minutes tu supportes mal la voix de Fabrice Drouel, je comprends. Mais pour le reste, est-ce vraiment nécessaire? Déjà que tu écoutes des podcasts en faisant du sport ou la cuisine pour gagner du temps, en plus tu les accélères pour rentabiliser ta session ménage en nombre de podcasts écoutés.
Mais ça c’est de la faute des créateurs aussi. C’est parce qu’il y a trop de contenu. Quand tu t’abonnes, tu as beaucoup trop d’épisodes non lus sur ton téléphone. Et comme les newsletters, c’est oppressant. Alors il faut vite les écouter pour faire baisser le nombre de notifications. Mais le problème, c’est qu’apparemment le cerveau des gens s’habitue. Après, ils n’arrivent plus à écouter à la vitesse normale, ça devient pénible et même gênant. C’est quand-même problématique.
En réalité c’est normal: On accélère les podcasts pour se rapprocher de la vitesse d’une conversation, soit 210 mots par minutes. À la radio on est à 160, et 155 dans les livres audios. Par contre, on lit 300 mots par minutes. C’est la vitesse idéale pour assimiler les informations. Et si en fait c’était l’inverse, et que tout allait beaucoup plus lentement que notre cerveau? Et si YouTube avait raison en proposant 8 vitesses de lecture? Et les créateurs de contenu complétement tort quand ils se plaignent que le mode accéléré détériore leurs œuvres?
Alors la solution: Smart Speed. Une fonctionnalité d’écoute accélérée qui supprime les blancs, les pauses, les intros, les conclusions, bref: tout ce qui est jugé chronophage et inutile. Et là tu te dis: «génial!» Mais il faudrait que cette option soit applicable dans la vraie vie. Pour limiter le temps de parole des relous. Pas pour des podcasts qui ont été créés, écrits, réfléchis, montés, avec un certain rythme. Et oui parce qu’en création sonore, les blancs c’est fait exprès. C’est pour te laisser le temps de réfléchir à ce qui vient d’être dit. Mais toi tu réfléchis plus puisque t’as pas le temps.
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Rachel Maisonneuve est allée dans les sous-sols de l'HEPIA, la Haute école du paysage, d'ingénierie et d'architecture de Genève, accompagnée de Romain Boulandet, responsable du laboratoire acoustique appliqué, expérimenter la chambre anéchoïque et son opposé, la chambre réverbérante. Reportage. Écoute au casque fortement conseillée!
Aujourd’hui, nous parlons du son binaural. Ce dernier mot signifie «avec les deux oreilles». Il se rapporte ici, au fait que l’oreille droite et l’oreille gauche perçoivent les sons séparément. C’est le physicien allemand Heinrich Wilhelm Dove qui a découvert ce phénomène en 1839. Avec seulement deux capteurs, une tête humaine est capable de percevoir un espace en trois dimensions. Le binaural est une manière d’enregistrer comme les êtres humains entendent. Avec lui, des technologies récentes permettent aux univers sonores d’être élaborés de manière plus réaliste et plus expressive. Les émotions provoquées chez l’auditeur.ice sont démultipliées. On parle de véritable immersion sonore.
Qu’est-ce que l’ouïe a de particulier par rapport à la vue? En général, c’est ce dernier sens qui est le mieux valorisé dans notre société. Pourtant, on assiste depuis 2020, a une véritable explosion du podcast natif. Nous allons explorer les dernières évolutions techniques, et on verra en quoi ces avancées sont intéressantes également pour la production musicale.
Pour vivre avec nous cette expérience audio pleinement, l’émission est à écouter
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Par téléphone, Nicolas Bressoud participe à notre discussion sur l'Happycratie, ou l'injonction au bonheur. Enseignant spécialisé, il s’intéresse particulièrement au lien entre l’acquisition des disciplines académiques et la dimension de santé et bonheur chez les élèves et chez les pédagogues.
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En 2020, Radio Vostok, la chaîne indé qui décape les oreilles, et le Théâtre Forum Meyrin, une scène qui porte haut l’étendard du spectacle vivant, créaient Radio Bascule, plateforme de podcasts plus accueillante encore qu’une auberge espagnole. Et comme l’appétit vient en mangeant, il n’était pas question de s’arrêter en si bon chemin. Pourquoi ne pas lancer une émission?
Le rêve se concrétise en 2021. Son ambition? Proposer un espace de réunion et d’échange, à l’heure où la pandémie fait encore planer la menace d’un retour à la distanciation sociale. Être le sismophone des changements à venir, à la fois détecteur, porte-voix et acteur. Et surtout, sans jargon, dans un esprit curieux et convivial, réfléchir à l’impact des crises à répétition sur les interprètes, les techniciens, les créateurs – sur toutes ces bonnes volontés coalisées sans lesquelles l’art n’existerait pas.
Tandis que les fronts se durcissent, que les réseaux sociaux nous libèrent autant qu’ils nous enferment dans des bulles cognitives, que la défiance lamine les autorités politiques et scientifiques, que chacun ou presque s’intronise seul maître à bord et que d’aucuns, toute honte bue, n’ont à la bouche que le credo «Tout pour ma gueule, et merde aux autres», il est plus que jamais urgent de s’entendre. Écouter, échanger, inventer, débattre, rire et rêver: n’est-ce pas ce qui, sur l’aile du son, fait la beauté irremplaçable de la radio?
Midi Bascule, c'est tout cela. Un ensemble choral de reportages, d’interviews, de chroniques, de consignes créatives et de respirations musicales. Sans prétention mais avec cœur – et avec un auditoire que nous espérons considérable!
De septembre 2023 à juin 2024, Midi Bascule est produite en collaboration avec le Service de la culture de Meyrin.