Midi Bascule

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Midi Bascule episodes

  • S3E20 Chronique d'Olivier - Bienvenue en enfer

    Marie-Eve: Dans notre équation du jour, bibliothèques + livres + futur = quoi?, il y a zéro inconnue, puisque la réponse sera toujours Olivier. Oui, notre Olivier Mottaz, que nous payons en vieux livres de poche aux pages jaunies tant il est fétichiste. Bon, d’après son titre du jour, Bienvenue en enfer, j’ai l’impression que son fétichisme se teinte de mélancolie. Alors Olivier, encore une chronique pour déplorer que les écrans vont tuer le livre papier et le vouer à la damnation éternelle?



    Ah mais alors... Pas du tout. En aucun cas. Aujourd’hui, je ne déplore rien, je célèbre! Aujourd’hui, je dis: bienvenue en enfer! Ou plutôt devrais-je préciser: bienvenue dans les enfers, car en effet, dans ce domaine, chaque bibliothèque a ou avait le sien, comme la Réserve du Directeur dont parle Lucie Eidenbenz dans son reportage. Chaque disque dur aussi je parie. Et même, tenez, soyons fous, chaque conscience. Ah les enfers! Cette zone de quarantaine pour livres problématiques, ce sous-fichier crypté où l’on planque ses échanges Tinder et ses codes d’accès les plus honteux, ce lieu de notre psyché qui est comme un tapis sous lequel glisser la poussière des affects... Eh bien je le clame avec force et conviction: Sartre était une tanche, l’enfer ce n'est pas les autres, l’enfer, il est en nous. C’est une citadelle mentale qu’il convient de prendre d’assaut, une Bastille à abattre ou peut-être simplement le rayon secret d’une bibliothèque. L’enfer c’est toi, l’enfer c’est moi et vive l’enfer!



    M.-E.: Bon Olivier, on t’avait pourtant interdit le metal ces derniers temps. C’est quoi alors cette humeur dark?



    Non mais attends, il faut voir le tableau complet. Tu ne trouves pas les gens un peu délicats sur les bords, de nos jours? Un peu susceptibles? C’est une épidémie de douillets. Tiens, pour preuve, tu as peut-être noté que certains carrefours de notre riante cité étaient dotés a. de passages piétons; b. de feux de circulation; et même c. de patrouilleuses scolaires à certains moments de la journée. C’est parlant, non?



    M.-E.: P... Parlant de quoi? Le lien entre enfer et prévention des accidents n'est pas d’une clarté biblique.



    Ah je t’arrête, pas d’accord! Le lien saute aux yeux. Si Jean-Eudes, Kevin ou Josette ont besoin, en plus des GROSSES bandes jaunes des passages piétons et des feux de circulation avec de la vraie lumière électrique dedans, qui illumine des silhouettes rouges, oranges ou vertes nous indiquant si l'on peut traverser ou pas, bref si Jean-Eudes, Kevin ou Josette ont besoin en plus de tout ça de patrouilleuses scolaires pour ne pas finir en smoothie sous les roues d’une bagnole, tu veux savoir Marie-Eve? Je ne donne pas cher de leur peau. La vie va les bouffer tout crus et ne recrachera même pas les os. Là, à ce stade, tu as deux possibilités, je m’adresse aux parents. 1. L’euthanasie, pour abréger les souffrances de l’espèce d’angelot éthéré, frétillant et craintif que vous avez enfanté; 2. L’éducation par les enfers. CQFD.



    M.-E.: Oui ben on n’est pas plus avancés pour autant. Pour quoi faire, tes enfers?



    Pour parfaire sa connaissance du monde et des humains qui le peuplent, pardi. Tu vois, mes premiers émois de lecteur ont souvent eu pour théâtres les enfers des bibliothèques paternelle et grand-paternelle. C’est dans le galetas de mon grand-père que je suis tombé, un soir d’été, sur une collection, bien planquée au fin fond d’une armoire, de numéros de Hara-Kiri gorgés de grossièretés, d’irrévérence et de sexualité débridée. Et c’est dans les recoins de la bibliothèque de mon père que je suis allé piocher, très tôt, trop jeune sans doute, les premiers San Antonio et les premiers SAS... En quelques temps, je découvrais la violence, les meurtres, l’argot, la démesure, le cul, le suspense, l’humour! J’étais mûr ensuite pour dévorer Stephen King et tous ses épigones.



    M.-E.: Et donc? C’est Stephen King qui t’a appris à respecter le code de la route, peut-être?



    Mais tsss quel mauvais esprit Marie-Eve, j’adore. Non, je ne dis pas ça. Je dis simplement qu’un gosse biberonné aux ouvrages tirés des enfers, il sait que derrière la flaque d’huile au milieu de l’étang se cache peut-être une créature sanguinaire; il sait que les bouches d’égout peuvent abriter des clowns tueurs; il sait que même les voitures peuvent être hantées et que les gens sont bien souvent timbrés, inattentifs, dangereux, manipulateurs. Par conséquent, un tel gosse, il n'aura pas besoin en plus d’une patrouilleuse scolaire pour éviter de se prendre une voiture dans le buffet quand il traverse la route! Il est sur ses gardes, le minot, il n'a pas besoin d’un chaperon à chasuble phosphorescent pour le tirer d’affaire! Quant à Kevin, Jean-Eudes et compagnie, c’est simple: placez-les sur le trottoir d’une rue à Naples et demandez-leur de la traverser. Les bouts d’enfants que vous récolterez de l’autre côté auront valeur de démonstration: il fallait nourrir vos petits d’autre chose que de Peppa Pig, de contes gentils et de classiques aseptisés de la littérature enfantine.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 1er mars 2024

    Publiée le 5 mars 2024

    6 min
  • S3E20 Interview - Interroge, un service des bibliothèques de la Ville de Genève présenté par Susana Cameàn et Florent Dufaux

    Développer des services numériques



    Selon le dernier rapport émis par le Département de la culture et de la transition numérique de la Ville de Genève sur la fréquentation des Bibliothèques Municipales, le nombre de visites sur place en 2022 est inférieur de 20% à la période avant-pandémie. En revanche, l’offre en ligne s’est développée et sa consultation est en constante augmentation. En plus des livres numériques, de la presse, de la musique ou des formations accessibles sur leur site, leur service de renseignements à distance remporte un franc succès. Son nom: Interroge.



    Répondre aux interrogations du public



    Florent Dufaux est responsable du service Interroge aux Bibliothèques Municipales et Susana Cameàn en est la coordinatrice. Le service promet une réponse aux internautes sous les 72 heures. Une équipe de mains humaines récupère les interrogations des genevoises et genevois, les traite et les redirige au besoin vers les services concernés par le sujet. Contrairement à l'intelligence artificielle parfois critiquée pour sa subjectivité, le service Interroge respecte une charte, évitant ainsi de donner d'opinions personnelles, de réaliser les devoirs d'étudiant·e·s ou encore de présenter des expertises.



    Un reflet des enjeux locaux



    Les interrogations abordent de nombreux sujets. Certaines apportent déjà un soupçon de réponse ou un avis sur la question, elles nécessitent un recadrage et des explications précises. D'autres n'attendent qu'un vrai ou faux.



    - Le CO2 influe-t-il sur la température terrestre?

    - Pourquoi est-il plus simple de s'exprimer oralement que par écrit?

    - Le mot virilité a-t-il un équivalent féminin?



    Les statistiques des questions les plus consultées peuvent être révélatrices des préoccupations genevoises, comme par exemple les questionnements touchant au droit du bail.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 1er mars 2024

    Publiée le 4 mars 2024

    Crédits photo: Interroge

    17 min
  • S3E20 Reportage - La "Réserve du Directeur" de la BGE

    Kesako? Une centaine de livres censurés par le Directeur et mis dans une réserve interdite à la consultation, à moins d’obtenir une autorisation spéciale bien argumentée. Mais que contenaient donc ces livres? Agnes Motisi, conservatrice de la collection générale nous révèle quelques secrets de la bibliothèque... Un reportage de Lucie Eidenbenz.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 1er mars 2024

    Publiée le 4 mars 2024

    Crédits photo: Lucie Eidenbenz

    7 min
  • S3E20 Intégrale - Les bibliothèques du futur

    Des bibliothèques dans l'air du temps



    Selon le dernier rapport émis par le Département de la culture et de la transition numérique de la Ville de Genève sur la fréquentation des Bibliothèques Municipales, le nombre de visites sur place en 2022 est inférieur de 20% à la période avant-pandémie. En revanche, l’offre en ligne s’est développée et sa consultation est en constante augmentation. En plus des livres numériques, de la presse, de la musique ou des formations accessibles sur leur site, leur service de renseignements à distance remporte un franc succès. Son nom: Interroge.



    Répondre aux interrogations du public



    Des bibliothécaires, caché·e·s derrière, répondent aux questions des internautes. Florent Dufaux est responsable du service Interroge aux Bibliothèques Municipales et Susana Cameàn en est la coordinatrice. Le service promet une réponse aux internautes sous les 72 heures. Toutes les questions sont traitées, aucune n'est laissée de côté. Une équipe de mains humaines récupère les interrogations des genevoises et genevois, les traite et les redirige au besoin vers les services concernés par le sujet. Contrairement à l'intelligence artificielle parfois critiquée pour sa subjectivité, le service Interroge respecte une charte, évitant ainsi de donner d'opinions personnelles, de réaliser les devoirs d'étudiant·e·s ou encore de présenter des expertises. Les statistiques des questions les plus consultées peuvent être révélatrices des préoccupations genevoises, comme par exemple les questionnements touchant au droit du bail.



    La médiation culturelle au cœur de la vie des bibliothèques



    Aujourd’hui, 44% de la population suisse fréquente les bibliothèques. Est-ce qu’un nouveau public se laissera convaincre? Les activités de médiation, en rapport avec l’actualité pour certaines, se multiplient au sein de ces établissements. Leur rôle social est primordial. Responsable de la Bibliothèque du Forum Meyrin depuis 1999, Cédric Pauli revient sur cet aspect du travail de bibliothécaire. De nombreux prêts concernent aujourd'hui les 2 à 8 ans, accompagnés par les familles ou les crèches. Il est plus difficile d'atteindre les adultes, notamment dans le domaine documentaire. Sciences sociales ou naturelles, les adultes ne semblent pas chercher ces informations sur place, mais plutôt en ligne. C'est donc l'un des défis des médiateur·rice·s culturel·le·s, mais pas le seul. L'exploration de sujets sociétaux en est un autre, avec l'apprentissage de la tolérence dès le plus jeune âge par exemple.



    Les secrets des bibliothèques



    Lucie Eidenbenz s’est intéressée aux Enfers des bibliothèques, notamment à la Réserve du Directeur de la BGE, qui existait jusqu’en 2013, il y a tout juste 11 ans. Une centaine de livres censurés par le Directeur et mis dans une réserve interdite à la consultation, à moins d’obtenir une autorisation spéciale bien argumentée. Mais que contenaient donc ces livres? Agnes Motisi, conservatrice de la collection générale, révèle quelques secrets de la bibliothèque. Olivier Mottaz, grand lecteur, rebondit sur l'Enfer et la lecture pour aborder la délicatesse et la susceptibilité de certain·e·s.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 1er mars 2024

    Publiée le 4 mars 2024

    Crédits photo: Gabriel Sollmann © Unsplash

    52 min
  • S3E19 Chronique de Candice - Jeannine et Georgette contre le Ministère des Ressources Naturelles

    Les dames d’Alma. Tout de suite, ça me parle, parce qu’il y a le mot dame. Bon ok, je n'irai pas jusqu’à dire que je me reconnais dans cette dénomination des femmes de haute naissance, des ménagères de plus de 50 ans ou des pions sur un damier. Même si clairement, je me sens plus proche de la dernière option. Les dames donc, ça m’intéresse, parce que ça parle de femmes.



    Alma par contre, ça me parle moins. Petite bourgade québécoise de 20'000 habitants à l’époque, dans la région de Saguenay-Lac-Saint-Jean, à 230 kilomètres au nord de Québec. On est en 1965. C’est la guerre du Vietnam, Malcom X a été assassiné et Christophe chante Aline. Et à ce moment-là au Québec, ça fait déjà quelques temps que l'on ensemence les nuages pour créer de l’eau et de l’électricité. Ça se fait un peu en soum soum entre le gouvernement et une entreprise la Weather Engineering Corporation. À l’époque, il n'y a pas Médiapart, donc les mecs sont tranquilles, ils peuvent décider comme ils veulent de faire la pluie et le beau temps. Littéralement.



    Tout se passe bien pour ce boys club de la déréglementation climatique, jusqu’au jour ou un autre boys club se manifeste: les agriculteurs. Pas contents, car trop de pluie sur leurs exploitations égal moins de rendement. Manifestations, demandes de dédommagement financier à hauteur de millions. Et là, magie de la diplomatie masculine, on trouve un accord. Le gouvernement autorise trois mois de soleil par an. Attends. Elle est tellement dingue cette phrase que je vais la refaire. Le gouvernement autorise trois mois de soleil par an. Mais dans quel monde on vit?



    Là où ça commence à devenir intéressant, c’est qu’il y a un journaliste qui publie un calendrier avec les jours de soleil et les jours de pluie. Histoire de savoir si on doit sortir le K-Way ou les lunettes de soleil. Pratique. C’est là qu’on arrive à Alma. Jeannine Simard, almatoise de 33 ans, découvre le calendrier et pète un cable. Elle va voir sa voisine, Georgette Geogrief. Ensemble, elles décident d’agir et lancent une pétition. C’est le carton plein, 60'453 signatures de femmes en deux heures.



    Parce que oui, cette révolte-là, elle va se faire sans les hommes. Parce que ce sont eux qui jouent à foutre le bordel dans le ciel pour savoir qui a la plus grosse. Elles lancent l’opération parapluie et elles sortent manifester dans les rues, parapluie ouvert, pour que l'on arrête de faire joujou avec la pluie et que l'on respecte un peu plus mère nature s’il vous plaît.



    Jeannine et Georgette sont en train de devenir des stars. On les appelle les Dames d’Alma.  Elles partent à Montréal, au Ministère des ressources naturelles. Il y avait pourtant un indice dans le nom du ministère. C’est ressources naturelles pas ressources naturelles manipulées par les hommes. Mais bon, apparemment, il n'y a même pas de respect pour le nom de leur propre ministère.  



    Et là, gros paternalisme du Ministre: naaaaaaan mais les filles vous êtes sympas avec vos parapluies, mais vous savez pas de quoi vous parlez, c’est une affaire d’hommes, de politiciens, de scientifiques. Il refuse de transmettre les données sur l’ensemencement des nuages. Du coup, elles se cachent dans les toilettes du Ministère et ressortent la nuit pour trouver les documents. Elles balancent tout à la presse.



    Gros scandale. La pluie artificielle devient l’ennemi public numéro 1. La cause de tous les maux. Baisse du tourisme, fermeture des piscines, chute des ventes de casquettes. Mais surtout, l’impact de l’iodure d’argent sur la santé des enfants et de la population. En plus de les empêcher d’aller faire des longueurs dans un bassin, on les empoisonne!



    Tout le monde s’en mêle, ça ne devient plus qu’une bataille de femmes. Se crée un mouvement anonyme qui appelé les Fils du Soleil, carrément. Les mecs, ils n'ont pas peur des mots. Ils se veulent francs-tireurs des machines à pluie. Ce sont un peu les terroristes des faux nuages. Ils envoient des menaces de mort aux opérateurs des vaporisateurs d’iodure d’argent, ils disent attention il va y avoir du sang, des explosions, du feu. On est clairement dans un mauvais film. Ils sabotent deux machines. En fait, c’étaient des instruments météos du ministère. Bravo les mecs. Tout ça pour ça.



    Résultat des courses, le Ministre cède et annonce l’arrêt de l’ensemencement des nuages. Seulement six semaines de révolte et Jeannine, Georgette et les autres arrivent à leurs fins. Par contre, la loi met cinq ans à arriver. Ils auraient dû engager les Dames d’Alma au Ministère des ressources naturelles, ça aurait été plus rapide.



    Morale de l’histoire, laissez faire les femmes, c’est plus efficace, il y a moins de morts et la planète vivra un peu plus longtemps.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 16 février 2024

    Publiée le 21 février 2024

    6 min
  • S3E19 Reportage - Regards d'enfants sur les nuées

    L'atelier imaginé par Mathieu Simonet est expliqué par Jean-Luc Riesen, autre médiateur culturel du Service de la culture de Meyrin. Une aventure à la fois poétique, politique et historique!



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 16 février 2024

    Publiée le 20 février 2024

    Crédits photo: Rachel Maisonneuve

    7 min
  • S3E19 Interview - Observer les nuages à sa manière, avec Mathieu Simonet et Laurent Deguillaume

    Mathieu Simonet est l’initiateur du projet d’Observatoire et de Journée internationale des nuages. Auteur de La fin des nuages, il revient sur son passé d'avocat, son changement de voie, ainsi que sur ce qui l'a mené à s'intéresser aux nuages, dans une approche aussi poétique que politique. N'abandonnant pas son implication juridique dans ses projets actuels, Mathieu Simonet entend utiliser l'outil qu'est le droit, le rendre démocratique pour aider les gens à se l'approprier:




    Un écrivain peut créer une passerelle entre les deux.




    Laurent Deguillaume, physicien du CNRS travaillant au Laboratoire de météorologie physique, explique l'étendue de son sujet de recherche depuis plus d'une vingtaine d'années. L'étude des nuages peut nous en apprendre beaucoup sur le plan météorologique, mais l'observation de leur composition peut également surprendre. À l'intérieur des nuages, il y a de la vie: des micro-organismes qui contribuent à leur formation et peuvent modifier leur composition.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 16 février 2024

    Publiée le 19 février 2024

    Crédits photo: Mathieu Simonet

    35 min
  • S3E19 Intégrale - La tête dans les nuages, entre science et poésie

    Un sujet transversal



    La manipulation des nuages soulève des questions juridiques vertigineuses, car après tout, si je fais pleuvoir un cumulonimbus sur mon champ, pourquoi mon voisin ne s’estimerait-il pas lésé? En lui volant son nuage, ne lui ai-je pas volé son eau? Les nuages, c'est un sujet passionnant. Des artistes aussi fameux que Goethe, Baudelaire, Constable ou Turner ont produit des œuvres qui s’intéressent de près à ces objets apparemment intangibles. Ainsi, Goethe a écrit des poèmes rendant hommage aux travaux de Luke Howard, le météorologue britannique qui est le père de la nomenclature moderne des nuages. Cumulus, cirrus, nimbus et tutti quanti, c’est lui!



    Laurent Deguillaume, physicien du CNRS travaillant au Laboratoire de météorologie physique, explique l'étendue de son sujet de recherche depuis plus d'une vingtaine d'années. L'étude des nuages peut nous en apprendre beaucoup sur le plan météorologique, mais l'observation de leur composition peut également surprendre. À l'intérieur des nuages, il y a de la vie: des micro-organismes qui contribuent à leur formation et peuvent modifier leur composition.



    L'Observatoire international des nuages



    Mais il y a plus encore. Saviez-vous que depuis quelques semaines et jusqu’à la fin du mois de mars, Meyrin héberge l’Observatoire international des nuages? Et que se déroulera sur le territoire de la commune, le 29 mars prochain, la 3e Journée internationale des nuages? Et que derrière le nuage comme surface de projection poétique se cachent des enjeux écologiques, juridiques, voire patrimoniaux?



    Mathieu Simonet est l’initiateur de ce projet d’Observatoire et de Journée internationale des nuages. Auteur de La fin des nuages, il revient sur son passé d'avocat, son changement de voie, ainsi que sur ce qui l'a mené à s'intéresser aux nuages, dans une approche aussi poétique que politique. Candice Savoyat s'intéresse à une anecdote racontée dans le livre de Mathieu Simonet, l'histoire des dames d’Alma, tandis que Rachel Maisonneuve a enregistré les réactions de quelques élèves visitant l’Observatoire des nuages. Ces derniers ont assisté à un atelier imaginé par Mathieu Simonet et expliqué par Jean-Luc Riesen, médiateur culturel du Service de la culture de Meyrin.



    La cabine de l’Observatoire des nuages est ouverte au Forum Meyrin les 24 et 25 février ainsi que les 15 et 16 mars, l’accès est gratuit. Du 23 février au 29 mars se tient l’exposition Collection de nuages, fruit d’un concours de photos et le 28 mars a lieu une journée de rencontres autour des nuages, avec des scientifiques qui répondront à vos questions, une dictée géante, une démonstration de chambre à brouillard et une lecture photographique de Mathieu Simonet. Enfin, le 29 mars se déroulera la Journée internationale des nuages, avec notamment un petit-déjeuner des nuages et un atelier d’écriture animé par l'écrivain.



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    Émission diffusée sur Radio Vostok en direct du Service de la culture de Meyrin, le 16 février 2024

    Publiée le 16 février 2024

    Crédits photo: Jason Blackeye © Unsplash

    56 min
  • S3E18 Chronique de Candice - La fraîcheur érotique d’Ulli Lust

    Ça commence avec la fonte des neiges. Puis, un bain chaud pour sortir de l’hiver. Ça mousse, ça mousse et ça s’envole en l’air. Littéralement. C’est Airpussy, l’héroïne dessinée par Ulli Lust, qui explore les joies de l’onanisme dans sa baignoire. Plus elle se touche, plus son corps entre en lévitation et se retrouve entouré d’une nuée de nuages. C’est beau, c’est poétique et surtout, c’est un message très fort: celui de la désacralisation du plaisir féminin. Oui, les filles se touchent sous la douche.



    Ça continue de plus belle. Airpussy part à l’assaut de la ville, en quête de chair fraîche. Elle siffle les hommes qu’elle croise dans la rue et elle n’hésite pas à se caresser devant ce qui ressemble à un tournage de film X à la fenêtre d’un immeuble. Les rôles sont inversés et les personnages masculins sont au service de l’émancipation féminine.



    Airpussy déambule nue sous son manteau rouge, elle porte des longues bottes noires et un large chapeau de mousseline blanche qui ressemble à une auréole et qu’elle ne quitte jamais, même dans ses activités érotiques les plus physiques.



    Les corps sont nus, le plus souvent. C’est plus pratique. Ulli Lust nous invite à réfléchir sur notre rapport au corps et ses injonctions. Elle normalise la nudité en revenant à l’essence originelle. Elle revient aux sources, aux mythes, à la création.



    AirPussy c’est en fait la déesse de la terre. Isis, Cérès, Cybèle, Artémis, Héra, Aphrodite, Vénus, Diane, Tiamat, et d’autres encore. Toutes celles qui fécondent le printemps et réveillent la nature endormie par l’hiver en faisant l’amour. Symbole de vie et de fertilité. Bon, c’est un peu le récit de la libération sexuelle aussi.



    Un trait tout en rondeur pour évoquer les courbes et les fantasmes qui vont avec. Une bichromie rouge et bleue pour passer du chaud au froid, et inversement. Un gaufrier de 9 cases qui parfois communiquent entre elles et vont jusqu’à l’explosion et la fusion, selon l’intensité des ébats. Et surtout, pas un mot, pas une parole. Même pas d’onomatopées. Ulli Lust suggère sans dire et c’est encore plus fort. Le tout fourmille de détails que l'on redécouvre à chaque lecture.



    Ulli Lust, c’est une autrice, illustratrice et éditrice autrichienne basée à Berlin. Elle est punk et elle a commencé avec des livres pour enfants avant de faire dans la BD érotico-mythologique avec la série Spring Poems, dont AirPussy fait partie, publiée sur la plateforme Electro Comics qu’elle a créée. Elle a aussi fait des albums autobiographiques et une adaptation de Voix de la nuit, la rencontre entre la fille de Goebbels et un acousticien. On est sur un parcours et une biblio assez dingue.



    Ulli Lust casse les codes. Elle crée des personnages féminins forts et affranchis de toutes les conventions sociales et sexuelles. On fait l’amour avec des animaux, dans l’espace public, avec des fruits, avec des personnes de même sexe. Il y en a pour tous les goûts.      



    Tout ça avec un ton décalé, libre et affranchi, loufoque, voire comique de situation. Dont une scène exquise au rayon fruits et légumes d’un supermarché. Je n'en dis pas plus.



    Airpussy est clairement le meilleur moyen de s’envoyer en l’air.



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    Émission diffusée le 9 février 2024 sur Radio Vostok, enregistrée au Service de la culture de Meyrin le 8 décembre 2023

    Publiée le 12 février 2024

    5 min
  • S3E18 Intégrale - Spéciale podcast: Pour une bande dessinée libre

    La BD indépendante aujourd'hui



    Le podcast intitulé Pour une bande dessinée libre, issu de l’appel à projets Radio Bascule 2022, a surgi du cerveau d’un bédéiste genevois. Entouré d’ouvrages qu’il affectionne, Yannis La Macchia explore la notion de liberté. Qu’il s’agisse de contenu, de ton ou de forme: tout semble matière à disserter. Avec bienveillance et admiration, le lauréat du Prix Töpffer 2005 et 2023 dresse le portrait de cinq collègues choisis. Non seulement le dessinateur se risque à l’exercice du micro, un médium qui n’est habituellement pas le sien, mais en plus, il se livre. Au moyen d’anecdotes et d’impressions personnelles, il utilise ses cordes vocales comme il manie le crayon: de façon sensible et dense.



    De la case au micro



    Dresser oralement un état des lieux de la BD indépendante, un art avant tout imagé, il fallait oser. Comment rendre compte d’images par le son? Est-il possible de s’improviser orateur? À la limite de se réinventer critique littéraire, l’artiste s’interroge sur les pratiques du 9e art et sur notre société aussi. Les épisodes de cette série sonore sont plus que de simples résumés de bouquins. À travers eux, leur créateur nous transmet, comme il le fait au moyen de ses bandes dessinées, une vision du monde. Accompagné d'Antoine Fischer au montage et à la musique, le bédéiste transpose le travail du texte de la bande dessinée au podcast. Familier des créations sonores, qu'il écoute en dessinant, il remarque une similarité dans l'écriture des deux formes artistiques. L'oralité est très présente dans le texte d'une BD et se retrouve dans le podcast.



    Candice Savoyat s'essaie aussi à la description sonore de bandes dessinées, en explorant le genre de l'érotisme, représentatif de la liberté que peut apporter cet art.



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    Émission diffusée le 9 février 2024 sur Radio Vostok, enregistrée au Service de la culture de Meyrin le 8 décembre 2023

    Publiée le 9 février 2024

    Crédits photo: portrait d'Antoine Fischer et Yannis La Macchia © Yannis La Macchia

    54 min

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En 2020, Radio Vostok, la chaîne indé qui décape les oreilles, et le Théâtre Forum Meyrin, une scène qui porte haut l’étendard du spectacle vivant, créaient Radio Bascule, plateforme de podcasts plus accueillante encore qu’une auberge espagnole. Et comme l’appétit vient en mangeant, il n’était pas question de s’arrêter en si bon chemin. Pourquoi ne pas lancer une émission?